‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 32 sur 139 · ÉPONGES CALCAIRES. — G L A T 1 1 R I N E · texte numérisé non relu

ÉPONGES CALCAIRES. — G L A T 1 1 R I N E

éléments par leur aspect réfringent et vitreux. Enfin, au niveau inférieur de la préparation, au-dessous des spiculés, on voit une couche continue de cellules épithéliales, qui revêtent la surface externe de la paroi, Y épithélium dermal ( ép . d.). Pour bien étudier cet épithélium, il faut

disposer la préparation avec la surface dermale en haut.

L’épithélium dermal est formé par une couche de cellules très minces et aplaties dans l’état épanoui. Les limites des cellules sont très difficiles à voir sans traitement spécial (nitrate d’argent). Dans les préparations ordinaires, on ne voit que les noyaux assez éloignés les uns des autres ; chacun est entouré par une foule de granules tout à fait semblables aux granules des porocytes, mais d’ordinaire plus petites et moins nombreuses.

Ainsi on trouve dans la paroi de l’éponge cinq sortes de cellules :

1° L’épithélium vibratile de choanocytes;

2° L’épithélium dermal aplati ;

3° Les cellules sur les spiculés, « scléroblastes » ;

4° Les porocytes ;

o° Les amibocytes.

Ces diverses cellules sont disposées de manière à faire deux couches :

A. La couche gastrale, « l’endoderme » des auteurs, formée par l’épithélium de cellules à collerettes ;

B. La couche dermale, qui se divise en deux parties, une partie contractile, c’est-à-dire l’épithélium dermal, et les porocytes (dite ectoderme) et une partie conjonctive ou parenchymateuse : la substance gélatineuse contenant les spiculés et leurs scléroblastes (dite mésoderme).

Les amibocytes, quoique logés dans la parenchyme,

doivent être considérés comme n’appartenant ni à la couche dermale, ni à la couche gastrale ; ce sont des cellules spéciales, d’origine distincte, d’où naissent les produits génitaux.

La paroi des tubes ramifiés, dont se composent les

colonies de la Clathrine, montre partout la structure

anatomique et histologique que nous venons de décrire, excepté dans la région du rebord osculaire.

Si l’on examine cette région par la face interne, on trouve que la couche gastrale et les pores cessent subitement, et que toutes les deux sont remplacés par un épithélium plat de grandes cellules très granuleuses, qui tapissent l’intérieur du rebord osculaire (ép. por.).

Les autres éléments de la paroi sont tels que nous les avons déjà signalés. En étudiant la région de transition, on trouve aussi que l’épithélium granuleux de l’intérieur passe par une série graduelle de modifications dans la couche de porocytes de la paroi générale. On peut voir, en effet, que les cellules de l’épithélium gastral, par leur prolifération et leur croissance dans une direction verticale à l’intérieur du tube osculaire, arrivent à entourer peu à peu les cellules de l’épithélium granuleux du rebord osculaire, qui deviennent en même temps plus compactes et moins étendues.

De même, les cellules épithéliales granuleuses, une fois entourées par les choanocytes, se portent vers l’extérieur à travers la paroi, et se creusent d’une perforation pour fournir les pores.

L’épithélium interne du rebord osculaire n’est, en effet, qu’un épithélium composé de porocytes, qui n’exercent leur propre fonction que lorsqu'elles se trouvent au milieu

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de la couche gastrale. Ainsi le rebord osculaire n’est qu'une extension de la couche dermale, composée des mêmes éléments qu'à l'ordinaire ; il n’y a que la couche gastrale qui manque, et, en conséquence, les porocytes forment un épithélium continu qui prend sa place.

Si l’on suit maintenant l’épithélium porocytaire du rebord osculaire vers le bord de l’oscule, on trouve qu’à mesure que l’on s’éloigne de la couche gastrale, les cellules deviennent d’autant moins granuleuses et plus petites.

Au bord de l’oscule, enfin, l’épithélium interne passe directement dans l’épithélium externe, de manière qu’on ne peut indiquer aucun point défini où l’on puisse dire que l’épithélium dermal ordinaire devient l’épithélium porocytaire.

Dans leur modification graduelle, les cellules de l’épithélium dermal grossissent; les granules deviennent plus grands et plus nombreux, et le noyau devient plus grand et se colore beaucoup plus faiblement.

Toutes ces dispositions histologiques que nous venons de décrire se montrent très bien sur les coupes.

Il faut étudier surtout des coupes verticales (longitudinales) passant par le tube osculaire. Si l’échantillon est bien épanoui, on voit dans la région du rebord osculaire les dispositions telles que nous le montre la figure 44; à l’extérieur, l’épithélium de la couche dermale ( ep . d.) ; à l’intérieur, l’épithélium cylindrique des cellules à collerette. Tous deux sont interrompus par les pores, sauf dans le rebord osculaire, où l’on voit à l’intérieur l’épithélium granuleux des porocytes [ep. por.).

Le sphincter, ou la membrane cribriforme, quand il s’en

ZOOLOGI K DESCRIPTIVE.

en

tD

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trouve clans l’éponge, est formé entièrement par l’épithélium porocy taire, avec un peu du mastic gélatineux, et quelquefois entre les deux une amibocyte (fig. 44, sph.).

Le réseau endogastral est aussi formé par des porocytes entourant un filament central, qui se colore dans les préparations comme le mastic (fig. 46, r. e.). La paroi de l'éponge entre les deux couches épithéliales est composée de la substance gélatineuse avec les spiculés et les seléroblastes (s. cl.), couche conjonctive, et contient les amibocytes.

Les échantillons parfaitement épanouis sont difficiles à trouver; le plus souvent on rainasse des éponges plus ou moins contractées.

Selon le degré de contraction, l’éponge montre des modifications successives, dont l’étude se fait mieux par la méthode de coupes.

Dans le procédé de contraction l’épithélium dermal et les porocytes jouent le rôle d’éléments actifs, tandis cpie les choanocytes

EPONGES CALCAIRES. — CLATHRINE

et le système conjonctif subissent des modications passives.

Fig. 45 .

Coupe de la paroi dans la condition un peu contractée.

Leltrcs comme dans la figure 43, X 500,

Lorsque la contraction n’est pas très forte (fig. 45), on trouve d’abord les pores fermés, et les porocytes en forme de grandes cellules granuleuses avec une cavité à l’intérieur, logées dans la paroi au-dessous (vers le côté extérieur) de l’épithélium gastral {p. c.).

Les choanocytes ( ep . g.), sont comprimées l’une contre l’autre, de sorte qu’elles prennent une forme plus étroite et allongée, avec une collerette très courte.

Dans l’épithélium dermal {ep. d.), les cellules commencent à perdre la forme aplatie ; les granules s’amassent sur le noyau qui se déplace vers l’intérieur.

Quand la contraction va plus loin (fig. 46), les porocytes ( p . c .) se ferment complètement, et quittant la couche conjonctive,

Coupe de la paroi d’une colonie incrustante, plus contractée que la précédente.

r.e. réseau endogastral, X 500.

passent entre les cellules à collerettes (ep. g.). L’épithélium dermal (ep. d.) continue les modifications déjà décrites, de sorte que les cellules perdent de plus en plus leur forme aplatie et prennent l’aspect d’une série de petits champignons. La paroi du corps devient plus épaisse et les spiculés se disposent en plusieurs rangs.

Dans l’état de contraction excessive, comme celui que l'on rencontre dans les colonies coriaces (fig. 47), les choanocytes sont

Fig. 47.

Coupe de laparoi d’un échantillon très contracté (forme coriace), X 500.

tassées les unes sur les autres et se disposent en plusieurs couches. On ne trouve plus les collerettes, mais quand l’extrémité de la cellule est libre, on remarque encore le llagellum.

La plupart des porocytes passent à l’intérieur, et arrivent souvent à former un épithélium granuleux, dont les cellules sont, pour ainsi dire, perchées sur les têtes des choanocytes, et forment un revêtement plus ou moins continu de la cavité gastrale ( p . c.).

La paroi du corps est très épaisse et contient plusieurs rangs de spiculés. Les cellules de l’épithélium dermal ont tout à fait la forme de champignons (ep. d.) ; le noyau est entouré par une petite quantité de cytoplasma d’où s’élève vers l’extérieur une tige, une sorte de cou, soutenant un disque en forme de plaque granuleuse, qui se joint avec les disques voisins pour former une espèce de cuticule externe.

Lorsque la contraction atteint sa limite, la cavité gastrale

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