‹ Zoologie descriptive, anatomiehistologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 20 sur 89 · II · texte numérisé non relu

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née, qui, par suite de sa juxtaposition avec les cornées voisines, présente un contour hexagonal. Au-dessous de la cornée se trouve un cône (cristallin) divisé en quatre parties égales par deux plans axiaux. Ce cône est coiffé, à son sommet, par une cellule allongée {retinula) dont Texlrémité proximale contient une formation axiale appelée rhahdôme.

Des organes chordotonaux se trouvent : près du cadre articulaire de Tantenne (fig. 451, B), devant le ganglion prothoracique (fig. 435 et 440), devant le ganglion métathoracique, dans le premier nœud, dans les pattes (fig. 444, A). Ces organes sont formés : l°d'un nerf; 2*^ d'un ganglion; 3*^ d'un groupe de corpuscules caractéristiques [corpuscules scolopaux) accompagnés chacun d'un noyau proximal et d'un noyau distal ; ¥ de filaments terminaux qui aboutissent aux téguments. Ils sont, presque toujours, en rapport avec des trachées, et on les considère comme des organes auditifs.

La cuticule chitineuse ne présente aucun point de discontinuité, mais elle s'amincit considérablement, au droit de certaines terminaisons nerveuses, pour constituer toute une série d'organes sensitifs tégumentaires. Bien que très variés, ces organes dérivent d'un même type fondamental. La figure 444, B et C, nous donne un exemple de poils articulés qui présentent un orifice et une cavité pour le logement d'une terminaison nerveuse, laquelle est précédée d'un petit ganglion accolé à l'hypoderme. La cupule d'insertion de ces poils peut prendre un très grand développement (fig. 444, C; 451, D). La figure 451, E, repré-

sente un des organes sensitifs qui sont groupés près du coulisseau de l'aiguillon (fig. 484, A).

En certains points du corps, par exemple sur le cou et sur les tibias (fig. 444, A ; 451, F), Torgane perd absolument l'aspect d'un poil et, prenant une forme qui rappelle celle d'une méduse, se loge, tout entier, dans le tégument.^ Le petit manubrium axial est le centre autour duquel la terminaison nerveuse vient s'épanouir pour s'étaler sur la face interne de l'ombrelle qui est formée d'une chitine molle et perméable.

Sur les derniers articles de l'antenne (fig. 451, C), articles qui sont remarquables par l'épanouissement du nerf antennaire et par l'énorme développement des ganglions nerveux qu'ils contiennent, nous retrouvons {Rg. 451, I) des poils sensitifs courts.

Sur ces mêmes articles, nous voyons encore des organes qui sont, pour ainsi dire, des poils invaginés (H) et, pour quelques-uns d'entre eux (G), l'invagination est si accentuée que l'organe, suspendu au bout d'un long tube, est reporté bien loin dans l'intérieur de l'article.

Org^anes génitaux mâles. — Les organes génitaux mâles (fig, 452, A, B) sont formés de deux groupes de quatre testicules qui chez les jeunes individus sont bourrés de faisceaux de spei^matozotdes. Les quatre testicules de chaque groupe aboutissent à un canal déférent qui conduit à une vésicule séminale à parois très épaisses. Les canaux qui sortent des deux vésicules, d'abord distincts, se soudent en un canal éjaculateur impair, qui vient déboucher sur l'armure génitale.

298 ZOOLOCilE DESCRIPTIVE

ISarmure génitale mâle (fig. 452, A, B, C) appartient à l'arceau ventral de l'anneau :39, c'est-à-dire à celui qui, chez les femelles, fournit le gorgeret et ses deux valves.

Fig. 452.

A, abdomen du mâle. Coupe sagittale. — B, organes génitaux mâles, vus de face. — C, coupe transversale de l'armure génitale mâle. — 2 4 à J3 10, 4« à 10° zoonites post-céphaliques. — t, testicules.

L'ensemble de cette armure exsertile présente une forme ovoïde. Elle est formée de deux grandes pièces protectrices (valves externes), de deux pièces terminées par un

crochet (valves moyennes) et enfin de deux lames (valves internes) qui sont garnies, sur leur bord ventral, de dents aiguës comme celles d'une scie et qui sont destinées à empêcher la séparation des individus accouplés. Ces deux valves dentées se soudent en arrière, laissant, entre elles, un profond sillon à la partie supérieure duquel débouche le canal éjaculateur.

Organes génitaux femelles. — Les organes génitaux femelles ne sont complets que chez les reines (fîg. 453). Dans la région supérieure de l'abdomen (2^4), sur les filaments conjonctifs qui supportent le tissu péricardial, s'attachent deux faisceaux de tubes ovariens qui vont passer à droite et à gauche du jabot et de l'estomac. Chaque faisceau contient douze tubes chez les reines normales. Chez un certain nombre de petits individus, ce nombre n'est pas atteint et, chez l'ouvrière, il n'y a plus qu'un seul tube de chaque côté du corps. Ces tubes se rétrécissent à leur partie inférieure et viennent déboucher dans deux vastes oviducteSj qui sont séparés par l'extrémité de la chaîne nerveuse et qui aboutissent aux deux angles supérieurs d'un utérus en partie recouvert de muscles. C'est là que débouche le canal du réceptacle séminal qui tient les spermatozoïdes en réserve pendant plusieurs années et qui reçoit, lui-même, les canaux de deux glandes appendiculaires (glandes du réceptacle). Une poche copulatrice qui s'étend horizontalement au-dessous de la vésicule séminale, constitue le prolongement du vagin. La vulve se trouve sur la membrane articulaire qui fait suite à récaille de l'anneau zl.

Chez les jeunes reines, les tubes ovariens sont minces

30O zoo LUCIE DESCRIPTIVE

et à surface unie. Après la fécondation, le germigène, qui forme rextrémité en cul-de-sac de chaque tube, donne naissance aux cellules qui doivent devenir des œufs, et à

Fig. 453.

Coupe sagittale de rabdomen de la reine.

celles qui doivent fournir, à ces derniers, les substances nécessaires à leur accroissement. Les œufs descendent, s'alignent les uns à la suite des autres et gonflent le tube

HYMENOPTERES. — LA FOlUMl

de manière à lui donner l'aspect d'un chapelet à graii plus en plus gros. Les cellules nutritives qui séparei oeufs deviennent, au contraire, de plus en plus petit finissent par disparaître. Les œufs qui se trouvent à trémité inférieure des tubes sont arrivés à maturit( tombent dans l'oviducte, passent dans l'utérus, o peuvent être fécondés, et, poussés par la musculatu ce dernier, sont expulsés par le vagin.

\J armure génitale femelle des Hyménoptères est fo par l'ensemble d'une paire d'appendices émis par neau z8 et de deux paires d'appendices émis l'anneau ^9. Le rôle originel de cette armure est de duire l'œuf au point, souvent peu accessible, où il d« développer. Chez les Fourmis, dont les œufs sont rec lis et soignés par les ouvrières, il ne remplit plus fonction ; il s'est transformé en un appareil vulnt (fîg. 453 et 454).

La l""® paire d'appendices s'est transformée en stylets aigus. Sur l'extrémité proximale, en form crosse, de ces stylets, s'insèrent des muscles protrac et des rétracteurs. Du côté distal, et sur environ la tié de leur longueur totale, les stylets s'accolent 1 l'autre. Ils portent chacun deux lamelles qui joue rôle de piston pour le refoulement du venin. Ils pn tent, sur toute leur longueur, une rainure de guida,

Les deux appendices de la 2® paire se soudent, au ( du développement, en une pièce impaire, le gorgeret les bords portent deux languettes en forme de i champignon. Ces languettes se logent dans les raii

302 zooLor.iK descriptive

d(\s deux stylets (fig. 4o4, B). L'ensemble des deux stylets et du gorgeret forme V aiguillon , véritable tube qui reçoit, dans sa partie supérieure, évasée, le venin que les pistons poussent et injectent dans la plaie. Pour produire cette plaie, la Myrmica applique la pointe, un peu obtuse, du gorgeret sur le corps de son ennemi, et elle imprime, ensuite, des mouvements de poussée et de va-et-vient aux

Fig. 454.

A, aiguillon de Touvrière vu de face. — B, coupe transversale

de l'aiguillon suivant il N.

deux stylets qui, extrêmement aigus et bien soutenus par le guidage que leur fournit leur gorgeret, pénètrent seuls.

Les deux appendices de la 3" paire, qui s'est développée au niveau et sur les côtés de la précédente, deviennent deux valves dont Tensemble forme une gaine protectrice, pourvue de nombreux poils sensitifs.

Larve. — Les ouvrières recueillent les œufs dès qu'ils sont pondus et en prennent le plus grand soin; elles

HYMÊXUPTKUliS. — LA FOlUMl

aident la petite larve qui en sort à se débarrasser de enveloppes, et la nourrissent, par dégorgement devan bouche, jusqu'à l'époque de la nymphose. Pendanl période larvaire, la larve (fig. 45o) passe, sans modif tion essentielle dans sa constitution anatomique,

Larve de trois jours.

volume qu'elle avait dans l'œuf au volume maximum l'animal doit atteindre.

A la suite d'un groupe d'anneaux, peu distincts, forment la tête, le corps de la larve présente 13 anne postcéphaliques. L'animal possède deux petites mai bules, et, sur son labium, on voit déboucher le cana la glande séricigène. Dix anneaux consécutifs, don premier est le mésothorax, portent, chacun, une paire stigmates. Le tube digestif antérieur et l'estomac qui i

déjà en communication au moment de Téclosion, sont bien visibles par transparence. Ce dernier forme une sorte de poche dans laquelle les résidus de la digestion s'accumulent en une masse noirâtre.

Le tube digestif postérieur forme un cul-de-sac soudé sur le fond de Te^tomac, en un point qui se perforera plus tard pour le rejet des excréments, rejet qui sera le dernier acte de la vie larvaire.

Le cerveau et la masse sous-œsophagienne, tous deux volumineux, sont suivis des ganglions, nettement délimités, des 10 premiers anneaux postcéphaliques. Quant aux trois derniers ganglions, ils sont déjà réunis en une seule masse.

La larve de la Myrmica ne tisse pas de cocon. Dès qu'elle a rejeté le sac chitineux contenant les aliments de la vie larvaire elle cesse de prendre de la nourriture. C'est alors que commencent les phénomènes de la nymphose qui se traduisent au dehors par une réduction considérable des dimensions transversales de certaines parties du corps. A la suite d'un état de pronymphe^ l'animal passe à l'état de nymphe^ pourvu de tous les appendices qu'il doit posséder. EnOn, entourée de quelques compagnes qui lui viennent en aide, la Fourmi rejette les exuvies qui l'ont abritée pendant les dernières phases de sa métamorphose; elle apparaît avec sa forme définitive d'imago, et elle commence aussitôt à prendre part à la vie active de la colonie.

Méthodes employées pour Tétude de la Myrmica. — Une dissection précise des organes d'un animal aussi petit que la Myrmica rubra est chose à peu près impossible. On peut cependant, en faisant sous la loupe,

dans Teau, des dissociations très soignées, isoler, entiers et intacts, un bon nombre d'organes.

Mais ce n'est que par la méthode des coupes que l'on peut obtenir des données précises sur la structure et une vue d'ensemble sur les rapports des organes.

Les préparations qui ont servi à la description qui précède ont été faites de la façon suivante. Les individus à étudier ont été fixés peu de temps après leur éclosion, afin que leurs téguments ne soient pas trop durcis. La fixation a été faite simplement par immersion des animaux vivants dans de l'eau légèrement alcoolisée, portée à une température de 75°, pais par le passage dans des alcools de plus en plus forts, jusqu'à l'alcool absolu. L'inclusion a été faite dans la paraffine par les méthodes ordinaires, mais le séjour dans la paraffine fondue et maintenue à une température de 55*^ a toujours été d'environ quarantehuit heures, à cause de la résistance que la chitine présente à la pénétration ^ Les coupes ont été collées avec l'albumine glycérinée de Meyer, colorées à l'hématoxyline, débarrassées de l'excès de matière colorante par de l'alcool à 70° contenant quelques gouttes d'acide chlorhydrique et montées dans le Baume du Canada.

Pour les études histologiques, les préparations ont été fixées dans l'acide osmique à 1 p. 100, lavées, puis colorées au picrocarminate d'ammoniaque.

* Je recommande pour maintenir la paraffine à une température constante le régulateur qui est décrit dans les Mémoires de la Société Zoologique de France, tome XVIII, page 83, et qui est tellement simple qu'on peut aisément le construire soi-même en quelques instants.

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