LA SECHE
celles de la base et de rextrémité sont fort petites ; celles des bords dans la région moyenne sont mélangées de petites et d'autres un peu plus grandes ; enfin, au milieu, on voit sur deux rangées huit ventouses beaucoup plus grandes, dont deux surtout sont énormes (fîg. 554).
Musculature des bras. — Sur la coupe de l'un des bras ventraux (fig. 555) l'on peut voir la disposition des fibres musculaires. L'axe elliptique du bras est entouré de trois triangles de tissus plus ou moins mous et le tout est recouvert par le tégument commun P.
L'axe est creux et, dans sa cavité, court un cordon nerveux dont la coupe N rappelle celle de la moelle épinière des Vertébrés. Autour de ce canal nerveux est un feutrage de fibres .dirigées dans tous les sens {F. ax.)^ mais dont les faisceaux principaux se dirigent radialement vers la périphérie. Ils passent alors entre des paquets, fort régulièrement distribués, de fibres longitudinales {L. g.), séparés les uns des autres par des cloisons trabéculaires (c. tr.). Au-dessus deux couches musculaires circulaires enveloppent complètement l'axe du bras {cir. 1, cir. 2) et sont séparées par une couche fibreuse intercalée. De nombreuses fibres
Fig. 554.
Palette tentaculaire de la sèche, de grandeur naturelle (d'après Jatta).
Fig. 55S.
Coupe transversale d'un bras de Sèche, grossi environ 15 fois.
Cire. 1, Cire. 2, couches de fibres musculaires circulaires. — Cr. (en haut), croisement des fibres. — Cr. (en bas à gauche), cartilage. — L. g., fibres musculaires longitudinales. — F. av., feutrage axial de fibres. — c. tr., cloisons iubéculaires. — N., nerf médian. — u., vaisseaux. — P., peau. — 5/)., pédoncule de la ventouse à fibres spiralées. — V., ventouse.
centrales, perforant la gaine circulaire, vont se répandre
DEGAPODE. — LA SECHE
dans les régions superficielles, rampent dans le tissu conjonctif entre les vaisseaux, ou bien se dirigent de divers points vers la base des ventouses ; elles se tordent en spirale sp. pour en former, au moins en partie, le pédoncule.
La musculature du tentacule rappelle de très près celle du bras, mais elle est réduite à l'axe central dépouillé des lames cartilagineuses ou feutrées qui donnent à cet organe son aspect triangulaire dans le bras.
Ventouses. — Elles occupent sur les bras toute la face buccale, et sont disposées sur quatre rangées longitudinales ; à peu près toutes de même taille sur la moitié inférieure du bras, elles diminuent rapidement de diamètre jusqu'à la pointe où elles deviennent microscopiques. Ces ventouses sont portées sur un pédoncule charnu, court, qui s'insère à leur face inférieure, mais pas tout à fait au centre. Elles
Fig. 556.
Anneaux cornés des ventouses du tentacule de Sèche ; les deux figures de gauche représentent la face et le profil d'un anneau des grandes ventouses, les deux dessins de droite représentent les anneaux cornés de ventouses moyenne et petite (d'après Jatta).
ont la forme d'une cupule dont un des bords est un peu plus haut que l'autre, de sorte que le plan de l'orifice est un peu oblique par rapport à celui de la base. L'orifice est circulaire et entouré d'un anneau corné jaunâtre- dont le bord est très finement denticulé; leur surface supérieure est recouverte de minuscules papilles (fîg. 856).
Les ventouses des tentacules sont plus plates que celles des bras ; leur pédoncule s'insère dans une dépression de la face inférieure. Sur une coupe (fig. 557) on distingue au centre un piston charnu dont la face supérieure est
Coupe transversale d'une grande ventouse tentaculaire de Sèche.
Grossie environ 30 fois.
C. c, cercle corné. — /". wi. r,, fibres musculaires verticales. — m. c, muscle circulaire. — g. n., ganglion nerveux. — péd., pédoncule. — r., vaisseaui.
légèrement déprimée au milieu, et qui est séparé de la paroi de la ventouse par une rainure circulaire où est logée la base de l'anneau corné.
La paroi latérale est constituée par des muscles verticaux (fig. 557, f. m. V.) ou obliques et par un fort muscle annulaire (m. c.) qui joue le rôle de sphincter. Le fond est formé par des fibres musculaires courbes qui, partant de la région située sous le muscle annulaire, vont constituer
DEGAPODE. — LA SECHE
le piston central. L'axe de la ventouse est formé par les muscles provenant du pédoncule (péd.) que parcourent aussi les vaisseaux de la cupule ; on y trouve encore un nerf axial qui pénètre dans un léger renflement cellulaire, probablement gan glionnaire (g. n.). L'épithélium qui recouvre la ventouse est garni de cellules ^ muqueuses caliciformes ; il sécrète, en dedans de la cavité, l'anneau corné (Ce).
TÉGUMENTS. — La peau (fig. 558) se compose d'un épiderme épithélial (ep.) superficiel, d'une couche conjonctive mince, sous-jacente, (6.), d'une couche à chromatophore's (c), d'une couche à iridocystes (d.), enfin d'un derme conjonctif et musculaire plus ou moins épais (e. m.).
L'épiderme formé d'un seul rang de cellules est presque partout lisse, mais il peut présenter çà et là quelques papilles, notamment au-dessus des yeux ou sur la tète. La couche des chromatophores est beaucoup plus intéressante ; c'est elle qui, avec les iridocystes, donne à
Fig. 558.
Coupe de la peau de la Sèche
(d'après Girod).
ep., épidémie. — 6, couche fibreuse superficielle. — c, couche des clipomalophores. — d, couclie des iridocystes. — e, couche musculaire et conjonctive. — m., muscle. — r., vaisseau.
ranimai sa couleur et lui permet en outre de la faire varier, soit en des points spéciaux, soit dans toute retendue de sa peau.
Chromatophores. — Ces petits organes sont répartis en quantité considérable dans les couches superficielles de
Fig. 559.
Schéma d'un chromatophore de Sèche.
Dans la moitié gauche de la figure le protoplasma coloré est supposé étalé, pr. et. Dans la moitié droite il est au contraire supposé contracté, pr. c. — c, paroi delà cellule chromatique. — /., liquide périphérique. — c. 6., cellules bordantes. — f.r. fibres conjonctives radiées. — n., noyau.
la peau, ce qui permet de les yoir à travers répithélium transparent. Ce sont des cellules (fig. 559) à parois minces, de forme étoilée, pourvues d'un noyau, qui renferment un pigment pouvant présenter les variétés de couleurs les plus nombreuses, depuis le jaune pâle jusqu'au noir, en passant par le brun, le rouge et le rose. Il y en a môme de bleus.
DECAPODE. — LA SÈCHE 523
Un chromatophore se compose des parties suivantes :
1** Une cellule principale, de forme étoilée (fîg. §59, c), dont le contenu protoplasmique se divise en deux parties : Tune centrale (pi\ c.) plus dense, contenant le noyau et le pigment, l'autre périphérique plus liquide (/.), où nage la première ; au repos le protoplasma coloré est contracté en une masse ronde centrale (pr, c.) : à l'état actif cette masse s'étale (p9\ ét.)^ et occupe alors toute l'étendue de la cellule étoilée dont elle moule, en quelque sorte, le contour équatorial interne. Le protoplasma coloré a alors perdu sa forme globuleuse pour prendre une forme lamellaire sans que cela ait, d'ailleurs, changé quoi que ce soit à son volume.
2° Autour de la cellule étoilée on distingue d'autres cellules dites bordantes, généralement arrondies, qui lui forment une couronne ; ce sont simplement des cellules conjonctives (c. b.) du voisinage, refoulées par la cellule étoilée pendant son développement.
3^ Aux angles de la cellule étoilée, qui même y pénètrent comme un coin, s'attachent des fibres rayonnantes (/". 7\) qui s'épanouissent plus loin en petits bouquets fibrillaires ; ce sont de petits faisceaux qui servent, comme des cordages, à maintenir la cellule colorée toujours parfaitement étalée en forme d'étoile dans le plan de la surface cutanée. On a longtemps pris ces fibres, qui ne sont que passives, pour des muscles insérés sur le protoplasma coloré et dont la contraction servait à l'étaler ou à le contracter. Mais il n'en est rien, le protoplasma pigmenté s'étale ou se contracte par le fait de sa propre contraclilité, apanage de tout protoplasma vivant, sous l'influence des impressions, volontaires ou non, transmises
lerminaison nerveuse qui vient y aboutir ; le nerf ipport avec les ganglions étoiles et cérébroïdes. iromatophores servent à l'animal à adapter sa i celle des objets qui Tenvironnent, réalisant ainsi plus curieux exemples de mimétisme que l'on bserver. Cette adaptation est tantôt volontaire, i contraire réflexe et liée au fonctionnement du ique. L'animal exprime encore par le fonctionle ces petits organes les passions les plus diverses, e la crainte, la colère ou la convoitise. C'est par 3n qu'il prend ces bandes colorées d'un fort bel mt il a été parlé plus haut.
rsTES. — Au-dessous de la couche des chromatoî trouve une mince couche en nappe de cellules, abondantes surtout sous la face ventrale du corps. Elles sont généralement ovoïdes (fig. 560), de couleur jaunâtre ; on y distingue une foule de petits bâtonnets qui, à l'état normal masquent un noyau arrondi et incolore. La lumière en se réfractant dans ces cellules pleines de cystes de la , , . , , „ . , „
la Sèche. bâtonnets réfringents, fonctionnant
comme une pile de lamelles transdonne à l'animal l'aspect irisé, d'un vert métallarquable qui les rend si brillants.
;S ET ORIFICES DE LA CAVITÉ PALLEALE. FendoUS
Sèche adulte mâle la paroi ventrale en suivant ire gauche (fig. 561); puis, tournant au bas.