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2. Pictet, Traité de Paléontologie, 2« édition, tome i. Paris, 1863.

étant, du reste, caractérisées par une nageoire caudale hétérocerque, c est-à-dire à lobe inférieur beaucoup plus développé que le supérieur — Amphibies protéiformes de grande taille, à branchies, à corde dorsale pleinement persistante. — Reptiles. — Oiseaux (traces). — Autres grands Amphibiens à vertèbres ossifiés. — Mammifères implacentaires. — Poissons téléostéens ou Poissons osseux, à nageoire caudale homocerque, c'est-à-dire à deux lobes égaux. — Reptiles en grand nombre. — Oiseaux nombreux. — Mammifères pUicentair es \

Sauf certains crochets latéraux qui s'expliquent très bien par l'existence de rameaux multiples*, on peut considérer chacun de ces âges zoologiques successifs de Poisson, d'Amphibie, de Reptile, d'Oiseau et de Mammifère, comme correspondant à une étape, à un point d arrêt plus ou moins éloigné du début, dans le développement embryonnaire proprement dit ou Ontogénie.

Le point de départ pour tous ces êtres est constamment le même : une simple cellule, la cellule œuf. Pour tous, cette cellule subit le phénomène du fractionnement et devient le lieu d'une multiplication cellulaire active. Les éléments cellulaires dérivés se groupent toujours, ensuite, de façon à constituer un embryon sacciforme.

1. Voir à ce sujet, dans Beiabt (Prineipet éUmentaire» de FaUonUitogie, Bibliothèque bblob, Mons, H. Manceaax, 1883) le tableau des pages 3ô à 43 et les pages 187 à 294.

2. Nous avons déjà dit (page 566) que la filiation en li^e droite n*est pas probable.

la gastrtda, à deux feuillets cellulaires, un ectoderme et un endoderme ; un mésoderme apparaît ultérieurement. Chez tous ces organismes, Tectoderme donnera naissance à Tépiderme de la peau et aux éléments épidermiques superficiels, au système nerveux central ; le mésoderme produira le derme cu<ané, le squelette, les muscles; Tendoderme formera les éléments glandulaires du tube digestif, etc., etc. Chez tous, enfin, Taxe du squelette sera d abord représenté par une corde dorsale.

De nombreux Vertébrés se sont arrêtés dans la formation de Taxe de leur squelette à la corde dorsale entourée de sa gaine ; tels sont les Acrâniens * , les Poissons Marsipobranches, d'innombrables Ganoïdes.

Le squelette de tous les embryons de Vertébrés est d'abord cartilagineux, leur boite crânienne étant en grande partie représentée aussi par un tube à parois cartilagineuses. Les Poissons plagiostomes (raies, squales), les Ganoïdes cartilagineux (esturgeons, etc.), se sont arrêtés en ce point, leur endosquelette ne devient jamais osseux *.

Nous avons vu, plus haut, que les Poissons anciens ont la nageoire caudale hétérocerque ; M. Alex. Agassiz

1. Xoos D'avons pas de preuves de l'existence d'Acràoiens ou Leptocardes (Amphioxus) dans les époques antérieures à la nôtre. Ces animaux petits et délicats n'auront pu laisser de traces.

2. Dans le sens strict du mot. Avec l'âge, les pièces cartilagineuses de leur squelette se recouvrent d'incrustations osseuses superficielles en forme de mosali^ne.

a montré, par d'intéressantes observations sur le développement de la queue, que cette nageoire est toujours hétérocerque vers les débuts; et quelle ne devient homocerque, chez les Poissons osseux, qu'après avoir passé par la forme hétérocerque. Les Ganoïdes et les Plagiostomes se sont encore arrêtés à cette phase embryonnaire de la nageoire; les Téléostéens la franchissent.

Tous les Vertébrés passent par une période où ils ont la tête très forte, des yeux gros et saillants, des fentes profondes et multiples sur les côtés du cou, le cœur situé dans la partie tout à fait antérieure du tronc, ce cœur ne se composant que de deux cavités successives, une oreillette et un ventricule. Si l'animal, dans son développement, ne dépasse pas ce stade, il possède une organisation de Poisson ; les fentes de la région pharyngienne restent ouvertes pendant toute la vie et constituent des fentes branchiales; le cœur ne possède jamais que deux cavités principales et reste exclusivement veineux.

Chez l'embryon des Reptiles, des Oiseaux, des Mammifères, il apparaît des poumons qui fonctionneront ultérieurement comme organes de respiration aérienne. Plus tard, le cœur se subdivise par des cloisons; les fentes branchiales s'oblitèrent, sauf la première qui concourt à la formation de certaines cavités de l'organe auditif. Or, les diverses formes d'Amphibies nous font assister, après l'éclosion, à des métamorphoses du même ordre se passant chez un être libre. Comme nous le

savons, ils atteignent dans leur développement de.s degrés très diflérents. Ainsi, TAmphibie inférieur à branchies persistantes (Protée, par exemple) n est autre chose qu un Vertébré arrêté à la phase où les poumons existent déjà, mais où les fentes branchiales sont encore ouvertes.

Chez tous les Vertébrés, le cœur fournit à Torigine, à sa partie antérieure, une série de vaisseaux, en forme d'arcs, disposés par paires; ils longent les bourrelets séparant les fentes branchiales ou pharyngiennes les unes des autres, bourrelets que Ion nomme arcs branchiaux ou pharyngiens, puis se recourbent vers la colonne vertébrale et, arrivés au-dessus du tubedigestif^ déversent leur sang dans un tronc dorsal longitudinal, Taorte. Chez les Poissons, ce système qui constitue lensemble de leurs artères et de leurs veines branchiales, se modifie peu; leur circulation reste embryonnaire* Les Amphibies à respiration exclusivement aérienne (grenouille, par exemple) et les Reptiles dépassent Tétat en question; certaines portions de leurs arcs vasculairea s'atrophient et ils ne conservent, en général, que deux arcs en tout, un de chaque côté. Enfin, chez les Oiseaux et les Mammifères, un seul de ces vaisseaux courbés en crosse, celui de droite chez les Oiseaux, celui de gauche chez les Mammifères, persiste comme origine de Taorte.

Tous les Vertébrés possèdent d'abord des organes excréteurs embryonnaires, les corps de Wolff'. Chez les Poissons et les Amphibies, le développement de Torgane rénal ne va pas plus loin; chez les Reptiles, les Oiseaux,.

les Mammifères, il y a un grand pas de plus; aux corps de Wolfi* se substituent, comme organes urinaires, des reins proprement dits, etc. '.

En résumé, le Mammifère, par exemple, passe, durant son développement individuel, par une série de phases pendant lesquelles ses différents organes affectent graduellement la structure et presque toujours la disposition qu'on observe chez les Poissons, les Amphibies, les Sauropsides (Reptiles, Oiseaux). Il revêt donc successivement, dans un temps très court, les aspects qu ont revêtus successivement aussi, mais avec des gradations d'une lenteur excessive, tous les êtres dont il descend.

Nous pourrions pousser ce parallélisme entre TOntogénie et la Phylogénie jusque dans les petits détails ; montrer que ce parallélisme apparaît d'une façon tout aussi nette pour les autres groupes d'animaux; ce que nous en avons dit suffit pour faire saisir son importance. Cette importance est non seulement grande comme argument en faveur du transformisme, elle est encore considérable au' point de vue du progrès des études morphologiques. La Phylogénie, dans ses rapports avec l'Ontogénie, peut seule, en effet, nous faire comprendre réellement ce que c'est, dans un groupe donné, qu'un animal supérieur et un animal inférieur. C'est aussi.

1. Notre lifre n'étant pas destiné aux savants, il iaut excuser la iaçon parfois un peu nalre arec laquelle nous exposons les phécomènet du déreloppement.

seulement, en partant de ces considérations que Ton peut donner la raison d'un grand nombre, sinon de tous les faits d anatomie comparée. Les anatomistes se bornaient, autrefois, à constater qu un organe existe ou manque, est développé ou est rudimentaire, chez tel ou tel type animal; c'était tout. Aujourd'hui, on peut montrer comment il en est ainsi, quelle est l'origine des diflérences et des rapports de structure.

Si Ton accepte la théorie de révolution avec toutes ses conséquences, non seulement la notion vague de Yespèce * disparaît, mais les seules classifications vraiment naturelles, c'est-à-dire exprimant les rapports de structure qui, nous venons de le voir, se résument à des rapports de parenté, sont des généalogies.

Haeckel, s'appuyant sur l'ensemble de nos connaissances en fait d'embryologie, d'anatomie comparée et de succession paléontologique, a tenté hardiment la reconstitution de l'arbre généalogique de chaque groupe en particulier et enfin du règne animal entier.

1. Aacnne des définitions que Ton a tentées de Tespèce n'est satisfaisante. CuTier {Bèçne animal, tome i, page 19, édition de 1817) définissait Tespèce la réunion des individus descendus tun de Fautre ou de parents communs, et de ceux gui leur ressemblent autant qu'ils se ressemblent entre eux. De BlainriUe disait : L'espèce est Vindividu répété et multiplié dans tespace et dans le temps.

Ces définitions partent d'une conception fausse : l'immutabilité des formes.

Comme l'a fort bien dit M. Tbury, pour les naturalistes qui adoptent les Tues de Darwin, Tespèce, si Ton Teut garder ce mot, n'est autre chose qu'une forme temporaire et Tariable de Torganisation, la variété indéfiniment extensible et graduellement Tariable.

L'arbre généalogique du règne animal offre, à sa base, les organismes monocellulaires (Protozoaires nucléés) ; ceux-ci proviendraient des Monères (Protozoaires cytodiques).

Les Monères constituant aussi les racines de larbre généalogique du règne végétal , les deux immenses groupes qui représentent aujourd'hui la nature animée seraient issus des organismes monériens, premiers et seuls habitants du monde à Tépoque éloignée où les conditions géologiques ont permis, pour la première fois, lexistence d'êtres vivants *.

1. D'autres naturalistes que Darwin et Hacckel ont cherché à expliquer, d'une manière différente, l'origine des formes animales ou les rapports morphologiques que l'on obserre entre elles. On lira arec intérêt, à cet égard, un résumé des idées de M. Cari Vogt publié par M. de Quatrefages dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Paris, tome xcvii, n® 1, 2 juillet 1883, page 23, et l'arlicle de M. Thnry intitulé : Une hypothèse sur r origine des espèces (théorie des germes J, dans les Archives des Sciences physiques et naturelles, me période, tome vu, n*» 2, 15 février 1882, p. 118.

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