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APPAREIL REPRODUCTEUR

L'Arion, comme les Limaces proprement dites, les Hélices et un grand nombre d'autres Gastéropodes, est hermaphrodite; seulement l'hermaphrodisme est insuffisant, c'est-à-dire que l'individu, tout en produisant à

1. Il est bien entendu qu'il ne 8*agit ici que d'un rapprochement et non de Tai&rmation d'une identité.

la fois des œufs et des spermatozoïdes, ne féconde pas lui-même ses propres œufs; un rapprochement sexuel entre deux individus est nécessaire; chacun de ceux-ci fécondant les œufs de Tautre.

Chose très curieuse, on ne trouve point ici un ovaire et un testicule distincts; les fonctions des deux glandes sexuelles sont remplies par un seul et même organe appelé , pour ce motif , glande hermaphrodite ou ovotestis (fig. 45, A, gh).

La glande hermaphrodite est constituée par la réunion d'un nombre très considérable de follicules ou culs de sac ovoïdes. Ces follicules sont à la fois le siège de la production des œufs et des spermatozoïdes ; des éléments mâles et des éléments femelles dérivant des cellules épithéliales d'un même cul de sac glandulaire.

La production des ovules et des spermatozoïdes chez les Gastéropodes hermaphrodites n'est généralement pas simultanée ; à im moment donné, un follicule ou même la glande entière peuvent donner lieu soit exclusivement à des spermatozoïdes, soit exclusivement à des œufs. La formation des produits mâles précède en général celle des produits femelles.

Les œufs ovariens ont une composition très simple ; les spermatozoïdes sont remarquables par la grande longueur de leur filament terminal.

Les produits des divers follicules passent dans un canal commun, le canal efféreyit (fig. 45, A, ce), qui sort de la glande à sa partie antérieure. Assez étroit, d'abord rectiligne, ce canal devient sinueux, longe

Testomac, puis aboutit à un tube beaucoup plus large, Voviducte ou utérus ( fig. 45, A, ov ). En cet endroit existe une glande très développée, la glande albuminipare (fig. 45, A, ga), sécrétant vraisemblablement la couche d'albumine qui enveloppe le vitellus de chaque œuf.

Depuis la glande hermaphrodite jusqu'au point d'insertion de la glande albuminipare, œufs et spermatozoïdes doivent parcourir exactement la même route. A partir du point en question, les œufs et les spermatozoïdes cheminent par des voies parallèles et séparées. En effet, toute la partie élargie du canal commun se compose d'un tube à grand diamètre, offrant des boursouflures ou des plis, Yuiérv^ ou oviducte , longé, sur un de ses côtés, par une gouttière étroite faisant directement suite au canal efférent de l'ovotestis : la gouttière efférente (fig. 45, A, gou).

Les spermatozoïdes suivent la gouttière; les œufs, au contraire, écartent les lèvres de celle-ci et passent dans la portion large. On peut donc considérer l'ensemble comme formé d'un oviducte et d'un canal déférent parallèles, mais communiquant l'un avec l'autre, par une fente dans toute leur longueur.

Vers l'extrémité antérieure du corps du Mollusque à peu près à la hauteur de l'orifice respiratoire, la gouttière efl'érente se transforme en tube complet indépendant et porte alors le nom de canal déférent (fig. 45, A, crf). Celui-ci aboutit à un organe de rapprochement sexuel , le pénis , rétracté au repos dans la cavité du

corps, mais susceptible de se déployer et de faire saillie par l'orifice génital (fig. 45, A, p).

L'oviducte devenu indépendant aussi prend la dénomination de vagin. Une poche spacieuse, la poche copulalrice ou spermatothèque, lui est annexée et est destinée à recevoir le liquide séminal de l'individu avec lequel TArion s'accouple (fig. 45, A, pc).

Les conduits mâle et femelle aboutissent à un cloaque génital n'offrant qu'un orifice externe commun, situé à droite , immédiatement sous l'orifice respiratoire * (fig. 43, g).

Dix à douze jours après l'accouplement , les Arion pondent chacun une quarantaine d'œufs blancs, parfaitement sphériques, semblables à des perles mates de 4 millimètres de diamètre. Nous exposerons plus loin (§ 8, page 285) les faits principaux du développement embryonnaire des Gastéropodes.

CŒUR ET APPAREIL CIRCULATOIRE, ORGANE URINAII^E, APPAREIL RESPIRATOIRE.

L' Arion ayant été disséqué et les différents organes étant étalés comme dans la figure 45, on coupe les insertions du pénis et du vagin au cloaque, et on rejette

1. Chez les Umax proprement dits, comme la limaee des caves, par exemple, rorifice génital est sitnéjprès du tentacule oculifëre droit ; par conséquent loin de Torifice respiratoire.

en arrière l'ensemble des organes reproducteurs. On trouve alors la région de la paroi du corps située à la hauteur de la partie postérieure du manteau et qui se trouvait cachée par la fin de loviducte, par le vagin, etc., occupée par une lame discoïde peu épaisse, un peu translucide, sous laquelle on devine Texistence d'organes légèrement brunâtres. Du milieu de cette lame on voit sortir deux vaisseaux sanguins d'un fort calibre.

Cœur. Si, introduisant la pointe des ciseaux au point de sortie des vaisseaux que nous venons d'indiquer, on fend la lame translucide, on met à nu le cœur du Mollusque entouré d'un péricarde. Ce cœur, exclusivement artériel, est divisé en deux chambres successives : une oreillette antérieure à parois minces, recevant le sang de l'appareil respiratoire, et un ventricule postérieur à parois épaisses , se continuant en un tronc aortique qui se divise presque immédiatement en deux branches ; l'une , Yartère céphalique ou aorte antérieure, se dirigeant en avant, distribuant ses ramifications aux organes situés dans les régions antérieures du corps et pénétrant enfin dans le pied ; l'autre, l'ar/éi-^ viscérale ou acyt^te postétnewe, se dirigeant en arrière et fournissant les innombrables ramifications artérielles dont nous avons constaté la présence à la surface des intestins, de la glande digestive, etc.

Ces ramifications sont, nous l'avons déjà signalé, d'un blanc pur, aspect qui est dû à la présence d'abondantes concrétions calcaires dans les parois des vaisseaux.

Malgré la richesse de ces ramifications vasculaires, il nexiste, chez les Gastéropodes (comme chez les Lamellibranches), ni réseau capillaire, ni réseau veineux ' . Le sang s'épanche dans un système de lacunes * parcourant Tenveloppe musculo-cutanée de Fanimal et les interstices compris entre les organes de la vie végétative. Ces lacunes sont en communication avec la cavité générale du corps qui fonctionne ainsi comme un grand réservoir sanguin.

Les voies lacunaires jouent donc les rôles de capillaires, de veines et de vaisseaux lymphatiques. Le sang revient, par leur intermédiaire, vers les organes de la respiration.

Lés Céphalopodes à tous égards si remarquables par leur complication organique, différent de tous les autres Mollusques par l'existence d'un appareil circulatoire complet. En efi'et, sauf un vaste sinus veineux entourant une grande partie du tube digestif, le système des lacunes est, chez eux, entièrement remplacé par un riche réseau capillaire et de véritables veines.

Le sang des Mollusques se compose encore d'un plasma et de globules ; mais les globules sont relativement peu abondants, incolores, et ne semblent jouer qu'un rôle secondaire.

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