D. 15—2; A10; C, 20; BR. 7; V
Ce Stomias a le corps court, très-rétréci à sa partie postérieure. Sa tête est très-grosse et divisée presque dans toute sa longueur par la bouche qui est fort orande. La mâchoire supérieure est armée, en avant, de quatre dents fortes et crochues auxquelles font suite, sur les côtés, d’autres dents beaucoup plus petites ; la mâchoire inférieure, un peu plus grande que
la supérieure, n'a que deux fortes dents à la partie
antérieure et médiane ; sur les côtés, les dents qu'elle présente sont petites et réunies deux à deux. Cette dernière mâchoire porte en dessous un long barbillon grêle et simple à son extrémité. Les pectorales sont courtes et étroites. Les ventrales, situées à la partie moyenne du corps, sont également étroites mais plus longues. La dorsale, qui commence presque au niveau de celles-ci, est assez haute à sa partie antérieure, mais elle s’abaisse ensuite graduellement jusqu'à son extrémité postérieure; les derniers rayons, un peu plus relevés, en sont détachés, de manière à former une petite fausse nageoire. L'anale, placée au niveau de l'extrémité postérieure de la dorsale , est très-petite. La caudale est assez grande et fourchue.
Ce poisson a tout le corps noirâtre et parsemé de petits points blancs et argentés qui forment deux lignes, l’une en arrière, l’autre en dessous des pectorales. Toutes les nageoires sont blanches.
Sa longueur est de cinq centimètres environ ; nous l'avons recueilli en mer, dans l'océan Atlantique.
Ce Stomias nous parait se rapprocher beaucoup du Stomias fieldii, autant qu'il nous est possible d’en juger par la courte description que l'on trouve de cette espèce, dans l'ouvrage de MM. Cuvier et Valenciennes (4); mais il s’en distingue bien par la forme de sa caudale qui est fourchue et non arrondie, et par la petite pinnule que forment les derniers rayons de la dorsale. Nous regrettons de ne pouvoir donner
(4) Hist. nat. des Poissons, tom. XVIII, pag. 378.
nous-même une description plus détaillée d’une espèce appartenant à un genre qui n en compte encore que deux et la nôtre, et qui présente des caractères si remarquables ; mais le seul individu que nous possédions s'est trouvé égaré dans les galeries du Muséum, lorsque nous avons voulu le revoir pour en faire la description.
FAMILLE DES LEUTODEIRES.
GENRE CHANOS. — Charos, Lacépède.
CHANOS CYPRINELLE.
Chanos cyprinella, Valenciennes.
Chanos cyprinella, Cuvrer et VALENCIENNES, Hist. nat. des Poissons, tom. XIV, pag. 198.
Chanos oriental de notre atlas, pl. 7, fig. 1.
Ce poisson avait été rapporté par M. Valenciennes, dans la détermination des espèces de notre voyage, au Chanos oriental, nom sous lequel il se trouve représenté sur nos planches; mais, plus tard, M. Valenciennes a reconnu qu'il devait former une espèce disüncte qu’il a décrite sous le nom de Chanos Cyprinelle (Chanos Cyprinella), dans le dix-neuvième volume de l'Histoire naturelle des poissons, ouvrage auquel nous renvoyons pour les détails de sa description et pour l'indication de ses caracteres.
Sa longueur est de trente-quatre centimètres environ.
Il provient des îles Sandwich.
« FAMILLE DES SALMONOIDES.
GENRE SAURUS. — Saurus, Cuvier (1).
SAURUS FEROCE.
Saurux ferox, nobis.
PLancue 7, Figure 3.
Saurus, corpore elongato , posticé angusto , supré Jusco=viridi et maculis subnigris notato, infra argenteo ; pinn& dorsali magnä et
triangulari ; caudali furcaté.
Da1354..40:%6420:2P.,19 V8:
Ce saurus a le corps allongé et rétréei à sa partie postérieure; sa hauteur est comprise environ sept fois dans la longueur totale. La tête est longue et un peu déprimée supérieurement; les yeux, placés à la réunion du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs, sont assez grands et légèrement saillants en dessus du crâne. La bouche est tres-fendue, ses com-
(4) Les individus sur lesquels nous avons établi les deux espèces de ce genre qui se trouvent figurées dans notre atlas, n’ont pas été retrouvés dans les galeries du Muséum, où nous les avions déposés, lorsque nous avons voulu les revoir pour en faire la description ; cette circonstance nous a mis dans l’impossibilité de rendre cette description aussi complète qu’il eût été peut-être nécessaire de Ja faire.
Bonile, — Zool. Tome I. Partie IT. 14
missures s'étendant jusqu'au tiers postérieur de la tête; les mâchoires, d’égale longueur, sont armées d’une large bande de dents en herse, dont les internes sont plus fortes que les externes. La dorsale, placée vers le milieu du dos, est élevée à sa partie antérieure et de forme presque triangulaire. L’adipeuse est petite et inclinée en arrière. L’anale, de même forme à peu pres que la dorsale, est beaucoup moins grande. La caudale est fourchue. Les pectorales, de grandeur médiocre, sont arrondies. Les ventrales, de forme presque triangulaire, sont assez larges, surtout à leur partie antérieure.
Le corps de ce poisson est d’un brun verdätre, marqué de taches brunes dans sa moitié supérieure ; inférieurement, il est d’un blanc argenté. Les nageoires sont d’un blanc grisätre.
Nous ne pouvons donner les dimensions de cette espèce, ni indiquer la localité d’où elle provient.
ORDRE DES MALACOPTERYGIENS. 199
SAURUS GALONNE.
Saurus limbatus, nobis.
Saurus , corpore suprà vittis fuscis, nigris et subcæruleis ornato , infra argenteo ; pinnis pectoralibus parvis, rotundatis ; anali
magné ; caudalt furcatà.
D 493401750293: Pl. 19: V::8.
Dans cette espèce, le corps est plus élevé que dans la précédente ; sa hauteur n’est guère que six fois dans la longueur totale. La tête, assez longue, est bombée supérieurement ; les yeux sont placés presque à son extrémité antérieure, ce qui rend le museau trèscourt. La bouche est un peu moins fendue que dans le Saurus féroce, et les mächoires, dont l'inférieure dépasse la supérieure, sont armées de dents plus courtes, plus fines et d’égale longueur. La dorsale est grande et formée de treize rayons qui vont en diminuant un peu de longueur d'avant en arrière. L’adipeuse est très-petite. L'anale, beaucoup plus longue que dans l’espèce précédente, est composée de dixsept rayons qui ont à peu près tous la même longueur. Les pectorales sont très-petites et arrondies. Les ventrales, étroites en avant, s’élargissent beaucoup à leur parüe postérieure. La caudale est fourchue et présente deux petites paillettes écailleuses à sa base.
Le corps de ce Saurus est parcouru, dans sa moi-
lié supérieure, par plusieurs petites bandes longitudinales de diverses couleurs. Une de ces bandes, d'un brun jaune, est comprise entre deux autres bandes d’un gris bleuâtre; en dessous de celles-ci, s’en trouvent deux autres qui sont, l’une d’un brun verditre, l’autre blanchâtre ; toutes ces bandes sont bordées en outre par d’autres bandes plus petites et formées par des séries de petites taches noires. Une tache allongée et brunätre se voit encore, en dessus des pectorales, le long du bord supérieur de l’opercule. Les flancs et le ventre sont d’un blanc argenté.
Comme pour l'espèce précédente, nous ne pouvons donner les dimensions de ce Saurus, ni indiquer la
localité d’où il provient.
FAMILLE DES ANGUILLIFORMES.
GENRE CONGRE. — Conger, Cuvier.
CONGRE BORDEÉ.
Conger marginatus, Valenciennes (1).
Conger, corpore compresso, fusco, lateraliter lineä albo-punctatä notato ; capite parvo, elongato, conico ; pinnis dorsalé et anali albidis et nigro marginatis ; pectoralibus parvis, subrotundatis ,
maculà nigrä ornatis.
Ce Congre a le corps un peu comprimé et assez élevé, sa hauteur étant comprise environ douze fois dans la longueur totale. La tête est petite, assez allongée et conique; les yeux, situés à la réunion de son tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs, sont de
(4) M. Valenciennes avait donné à ce Congre, dans la détermination des espèces de ce genre, ce nom spécifique que nous avons
cru devoir lui conserver.
grandeur ordinaire; en avant de ces organes, se voient les orifices postérieurs des narines ; les orifices antérieurs occupent l'extrémité antérieure du museau et sont portés par deux petits prolongements tubuliformes. La bouche est médiocrement fendue ; les deux mächoires, dont la supérieure dépasse un peu linférieure , sont garnies latéralement de dents serrées, peu élevées, pointues, disposées sur une seule rangée ; antérieurement, la mâchoire supérieure présente une plaque ovalaire de dents en carde, et la mâchoire inférieure offre deux petites plaques semblables qui terminent les deux rangées de dents latérales. Les orifices des ouïes sont situés sur les côtés, en avant des pectorales. Ces nageoires, petites et de forme subarrondie, ont seize rayons. La dorsale, assez élevée, commence à peu près au niveau des pectorales; l’anale, moins haute, a son origine en arrière du tiers antérieur du corps.
Ce Congre est d’une couleur brune jaunâtre, un peu plus foncée à la partie supérieure du corps; la ligne latérale est ponctuée de blanc. La dorsale et l’anale sont blanchätres, avec une bordure noire; les pectorales sont aussi marquées d’une grande tache noiratre.
La longueur de ce poisson est de quatre-vingts centimètres environ; sa plus grande hauteur de sept centimètres, et son épaisseur de quatre centimètres.
Nous l'avons recueilli aux îles Sandwich.
Ce Congre se rapproche beaucoup du Congre com-
mun, par la plupart de ses caracteres ; mais 1} s'en dis-
ORDRE DES MALACOPTÉRYGIENS. 203 üngue d’une manière bien marquée par la forme de la tête qui est plus allongée et plus effilée à sa partie antérieure, par sa nageoire dorsale qui commence plus en avant, au niveau des pectorales, et par la tache noire que l’on remarque sur ces dernières nageoires.
CONGRE OXYRHYNQUE.
Conger oxyrhynchus, nobis, PLANCHE 9, FIGURE 2.
Conger, corpore compresso , elongato, suprà fusco, infra argçenteo ; capite longo , anticé angusto ; pinnis dorsali et annali albidis et
nigro marginatis ; pectoralibus parvis et acutis.
Dans cette espèce le corps est comprimé et allongé ; sa hauteur est comprise environ seize fois dans la longueur totale. La tête, de même grosseur que le corps à sa partie postérieure, se termine antérieurement par un museau allongé, grêle et pointu ; les yeux sont situés, comme dans l'espèce précédente, à la réunion de son tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs ; les orifices antérieurs des narines, placés au bout du museau, ne sont plus portés par des prolongements tubuliformes. La bouche est tres-fendue ; la màachoire supérieure dépasse l'inférieure et se recourbe un peu en bas à son extrémité; elle a, de chaque côté, une double rangée de dents en carde, excepté à sa partie
antérieure qui n'est garnie que de quelques dents plus
fortes et pointues; cette mâchoire présente encore une rangée de dents vomériennes dont les moyennes sont grandes, comprimées et armées, outre leur pointe terminale, de deux petites pointes latérales; la màchoire inférieure n'a que des dents latérales formant, de chaque côté, trois rangées serrées; les dents de la rangée moyenne sont semblables aux dents vomériennes, mais moins grandes; celles des deux autres rangées, placées en dehors et en dedans de la précédente, sont très-fines et courtes, comme des dents en velours; enfin, tout à fait en avant et sur les côtés, se voient encore deux fortes canines. Les ouvertures des ouïes sont situées en dessous des pectorales et s’étendent jusque sous la gorge où elles ne sont séparées que par une petite cloison médiane. La dorsale a son origine en arriere de la tête, au niveau des ouvertures branchiales ; celle de l’anale se trouve un peu en avant de la ligne moyenne du corps. Les pectorales sont étroites, allongées et pointues à leur extrémité; elles se composent de douze rayons.
Ce Congre est d’une couleur brune en dessus et arsentée en dessous; la dorsale et l’anale sont blanches et bordées de noir; les pectorales sont d’un gris blanchâtre.
Sa longueur est de soixante centimètres environ; sa plus grande hauteur de quatre centimètres et son épaisseur de deux centimètres.
Il provient de Macao.
Ce Congre se distingue surtout par ses orifices bran-
chiaux qui, au lieu d’être latéraux, s'étendent jusque
ORDRE DES MALACOPTÉRYGIENS. 205 sous la gorge. Par ce caractère et par l’organisation des diverses parties de la bouche qui présentent aussi des différences remarquables , il pourrait peut-être ètre séparé des véritables Congres ou former du moins
une section distincte parmi les espèces de ce genre.