MURÈNE DE VALENCIENNES
Muræna V'alenciennii, nobis.
Murène catenulée de notre Atlas, pl. 8, fig. 1. PLANCHE 8, FIGURE 1.
Muræna, corpore compresso, fusco-violaceo, vittis albidis et catenatis ornato; capite elongato, conico et acuto; pinnä dorsali altà ;
anal depressà.
Cette Murène a le corps comprimé et assez élevé ; sa hauteur est comprise douze fois environ dans la longueur totale. La tête est allongée, conique et pointue à son extrémité ; les orifices antérieurs des narines, placés au bout du museau, sont tubuliformes ; les yeux , assez grands , sont situés à peu de distance en arrière. La bouche est très-fendue ; les mâchoires, de longueur égale, sont armées, sur les côtés, d’une rangée de dents courtes, aiguës, légèrement inclinées en arrière et semblables à des dents de scie; ces dents, qui vont un peu en grossissant d’avant en arrière, sont remplacées, à la partie antérieure, par des dents plus fortes, longues, coniques et pointues, qui sont au nombre de deux, pour chaque rangée, à la mâchoire inférieure, et au nombre de cinq ou six, de chaque côté, à la mâchoire supérieure; cette dernière mà-
choire présente, en outre, une rangée de dents vo- 2 , s
mériennes dont les antérieures sont également fortes, coniques et pointues. Les dents antérieures, dont nous venons de parler, présentent encore la particularité d'être, la plupart du moins, mobiles et comme articulées à leur base. Les ouvertures branchiales sont peu étendues et tout à fait latérales. La dorsale est élevée et a son origine en dessus de la tête; l’anale, beaucoup moins haute, commence à peu près au milieu du Corps.
Cette Murene a le corps et les nageoires d’une couleur brune violacée, interrompue par des bandelettes blanches, en forme de chainettes, et disposées comme l'indique notre figure ; à la tête, ces bandelettes sont remplacées par de petites taches blanchâtres et trèsserrées.
Sa longueur est de soixante-dix centimètres ; sa plus grande hauteur, sans y comprendre les nageoires, de six centimètres; son épaisseur, de quatre centimétres, à la partie antérieure du corps.
Nous l'avons recueillie aux îles Sandwich.
Dans la détermination des poissons de notre voyage, M. Valenciennes avait cru devoir rapporter cette espèce à la Murène catenulée où à bracelets (Gymnothorax catenatus, Bloch ‘), qui paraît étre la même
(4) C’est aussi à tort que cette espèce a été attribuée à Schneider sur nos planches ; c’est Bloch qui l’a décrite dans son Histoire naturelle des Poissons (tom. I, pag. 222, pl. 76); mais la figure qu'en a donnée cet auteur est imexacte sous plusieurs rapports. Celle que l’on trouve dans Lacépède la représente d’une manière beaucoup plus exacte.
que la Murène ondulée ( Murænophis undulata, Vacépède), dont elle se rapproche beaucoup en effet par le système de coloration; mais, d’après l’examen que nous avons pu faire de cette dernière espèce, sur un individu que possède la collection du Muséum, pous nous sommes assurés que la nôtre en différait d'une manière bien tranchée par la forme de la tête qui est beaucoup plus allongée et plus effilée, ainsi que par la forme et la disposition des dents; nous en formons donc une espèce distincte que nous nous faisons un plaisir de dédier au collaborateur de Cuvier, pour l'histoire naturelle des poissons.
GENRE CARAPE, — Carapus, Cuvier.
CARAPE SABLE.
Carapus arenatus, nobis.
Carapus, corpore elongato, postice angustissim”, luteo-fusco, minu-
téssimis punctis nigris distincto ; capite compresso , anticé brevi.
Le corps de ce Carape est allongé, comprimé, rétréci en arrière où il se termine par une queue trèslongue et grêle. La tête est assez grande et comprimée, terminée par un museau court. La bouche est peu fendue; les mâchoires, à peu près d’égale longueur, sont garnies chacune d’une large plaque de dents pointues, plus fortes à la mâchoire supérieure. Les yeux sont très-petits et plus rapprochés de l'extrémité du museau que de la partie postérieure de la tête. La nuque est élevée et arrondie. Les pectorales, petites et subovalaires, sont composées de seize rayons. L’anale, dont la hauteur est le quart de celle du corps, en arrière des pectorales, commence au niveau de celles-ci et se prolonge, en se rétrécissant graduellement, Jusqu'à peu de distance de l'extrémité de la queue; le nombre de ses rayons est de deux cent soixante-dix environ.
Tout le corps de ce poisson est d'une couleur jaune brunâtre, un peu plus foncée sur le dos et tres-fine-
ORDRE DES MALACOPTÉRYGIENS. 211 ment pointillée de noir, ce qui lui donne l'aspect qu’indique le nom spécifique que nous lui avons donné; une bande d’un jaune plus clair longe les parties latérales de l'animal, depuis le milieu du tronc jusqu'à l'extrémité de la queue.
La longueur totale de ce Carape est de soixante centimètres ; sa plus grande hauteur est de sept centimètres ; la longueur de la tête est de sept centimètres; l'extrémité de la queue, qui dépasse la nageoire anale, est de dix centimètres.
Nous l’avons recueilli dans la riviere de Guayaquil
(Amérique méridionale ).
FAMILLE DES GYMNODONTES.
GENRE TÉTRODON. — Tetraodon, Linné.
TÉTRODON ÉTOILE.
Tetraodon stellatus, Lacépède.
LacÉPèDE, Hist. nat. des Poissons, tom. 1, pag. 483.
Tetraodon, corpore globoso, posticé producto, suprà flavescente et cæœruleo guttato, infra albido, maculis oblongis et viridibus late-
raliter notato ; oculis magnis et prominentibus ; pinnis flavis. D.42; 4.405 :C. 9:52. 49.
Ce Tétrodon a le corps globuleux, bombé sur le dos, assez allongé à sa partie postérieure. La tête est courte, un peu déprimée supérieurement, dans l’intervalle des yeux qui sont gros et saillants. Les mâchoires sont fortes; la supérieure, très-crochue, descend audevant de l'inférieure. La dorsale, de grandeur mé-
diocre, est plus haute que large et arrondie à son ex-
trémité; l’anale est de même forme et de même grandeur ; les pectorales sont terminées par un bord droit; la caudale, assez large, est arrondie.
Les piquants, qui recouvrent le corps de ce poisson, sont longs de quatre à cinq millimetres et portés sur quatre ou cinq racines divergentes qui font paraitre leur base comme étoilée. Ces piquants sont plus forts et plus serrés sur le ventre, surtout en dessous des pectorales ; ils sont plus rares et finissent par disparaître entièrement à la partie antérieure de la tête et à l'extrémité de la queue.
Ce Tétrodon a la moitié supérieure du corps d’une couleur jaunâtre , parsemée d’un grand nombre de petites taches rondes, d’un beau bleu de cobalt (1); inférieurement , il est blanchätre et offre seulement, sur les côtés, quatre ou cinq taches allongées, d’une couleur verte foncée, dont la principale se trouve en avant et en dessous des pectorales. Ces dernieres nageoires sont teintes de la même couleur à leur base ; elles sont jaunâtres dans le reste de leur étendue, ainsi que la caudale; la dorsale et l'anale sont aussi légèrement jaunâtres.
Cette espèce a été décrite par Lacépede qui l'avait trouvée indiquée dans les écrits de Commerson; nous
(1) Ces taches se décolorent et deviennent blanches sur les individus conservés dans l'alcool. Dans la description de Commerson, citee par Lacépède, ces taches sont indiquées comme noires, ce qui peut faire supposer que cette espèce varie peut-être sous le rapport des couleurs.
Bonite. — Zool. Tome I. Partie 11. 15
avons cru devoir en donner une description plus complète, surtout pour les couleurs.
L'individu que nous avons fait figurer a environ trente-cinq centimètres de longueur, ce qui concorde avec les dimensions données par Lacépède, d’après Commerson.
Il provient des îles Sandwich.
TÉTRODON A BROSSE
Tetraodon scaber, nobis.
Tetraodon, corpore subgloboso, suprà fusco-viridi, infra albido ; capite brevi; maxillis æqualibus ; pinnis subalbidis; caudali
cinered et nigro marginatà.
Dans cette espèce, le corps est subglobuleux, bombé seulement en-dessous. La tête est très-courte, un peu déprimée entre les yeux qui sont légérement saillants. Les mâchoires sont assez fortes et d’égale loneueur. La dorsale, l'anale et les pectorales sont petites et subarrondies à leur extrémité; la caudale, treslarge, se termine par un bord arrondi.
Les piquants, qui recouvrent le corps dans presque toute son étendue, sont trés-serrés et tres-grêles, ce qui donne à sa surface l'aspect de celle d’une brosse ; ces piquants manquent seulement à la partie antérieure
de la tête et à l’extrémité de la queue.
Ce poisson est d’une couleur brune verdätre en dessus et sur les côtés, blanche en dessous; les nageoires sont également blanchätres, à l'exception de la caudale, qui est grisätre; celle-ci présente en outre une bordure noire à son bord postérieur.
La longueur de ce Tétrodon est de onze centimètres environ.
Il provient de Macao.
TÉTRODON PANTHÈRE.
Tetraodon pantherinus, nobis.
Tetraodon, corpore globoso, posticé producto, supra cinereo et nigro
maculato, infra albido ; pinnis flavescentibus.
Ce Tétrodon a le corps assez globuleux; son profil supérieur décrit une ligne courbe régulière depuis la tête jusqu à la queue. La tête, un peu plus longue que dans les espèces précédentes, est aussi moins déprimée en dessus. La mächoire supérieure dépasse légerement l’inférieure. Les narines ne sont plus garnies d'appendices tentaculaires, mais d’un petit tube membraneux. La dorsale, assez élevée à sa partie antérieure, présente une hauteur moitié moindre en arrière; l’anale est petite et subarrondie; les pec-
torales sont assez grandes, ainsi que la caudale, et terminées également par un bord arrondi.
Tout le corps est recouvert de piquants plus serrés et plus grèles en dessus, surtout à la queue; ces piquants manquent entierement à la partie supérieure du museau, sur les côtés et en dessous de la tête.
Ce Tétrodon est d'une couleur grisätre, parsemée d’un grand nombre de petites taches noires ; le ventre seulement est blanchätre. Les nageoires sont jaunatres.
Sa longueur est de douze centimètres environ.
Il provient de Macao.