LA
L 2 ÉRICHTHE ARMÉE.
Erichthus armatus , Latreille.
Smerdis armata , Leacn, Narrat. of an expedit. the river Zaire,
app. n° 4, pag. 407, pl. 48, fig. 7.
Erichthus armatus, Larreinze, Encyclopédie méthodique, pl. 354,
fig. 6 —— Id —— Desmarrsr, Considérations sur les Crustacés, pag. 252, pl. 44, fig. 3.
—— Id —— Mrine-Epwaros, Hist. nat. des Crustacés,
tom. IT, pag. 504.
PLANCHE 5, Ficures 12-17.
Erichthus, testä trianguliformi, subelongatä, supra posticé spin perlongä leviterque inflexä armatä, lateraliter infra curvatä et inermi; rostro sat longo ; spinis latero-posticis longis et divergentibus ; penultimo segmento abdominali in medio posticé bidentato ;
ultimo lateraliter tridentato.
Cette espèce se rapproche beaucoup de la précédente, mais elle s’en distingue par quelques caractères que nous allons indiquer.
La carapace, de forme également triangulaire , est un peu plus allongée et moins élevée ou renflée en dessus et en arrière; l’épine médio-dorsale postérieure , qui est aussi trés-longue , est dirigée en haut et en arriére, au lieu de s'élever perpendiculairement à la carapace; le rostre est plus court; les épines latéro- -postérieures sont aussi un peu moins longues et atteignent ! à peine le dernier segment abdominal ;
to
les parties latérales de la carapace sont également sans épines sur les bords; les petites épines, qui se trouvent à la base des grandes épines latéro-postérieures, sont placées tout à fait en dedans de celles-ci et sont formées par le prolongement des bords latéraux de la carapace, ce qui fait paraitre le bord postérieur de celle-ci comme échancré. Les antennes internes sont un peu dépassées en avant par l'extrémité du rostre. L’abdomen n’est que peu recouvert par la carapace, qui atteint seulement le milieu du deuxième segment; ses segments sont arrondis sur les côtés; le sixième, plus court et plus étroit, porte deux petites dents à la partie moyenne de son bord postérieur. La lame caudale est un peu plus large que dans l'espèce précédente et sa troncature postérieure un peu plus étroite. Le prolongement lamelleux de l'article basilaire des fausses pattes du sixième anneau abdominal diffère aussi par ses pointes terminales qui sont un peu plus grandes. Les branchies sont tout à fait rudimentaires.
Dinensions. — Longueur (de l'extrémité du rostre à celle de l'abdomen), douze millimètres.
Nous avons recueilli cette espèce dans l'océan Pacifique.
Quoique cet Érichthe soit connu depuis longtemps et se trouve déja décrit dans plusieurs ouvrages, nous avons cru utile cependant d'en donner une nouvelle figure qui fit connaître ses caractères d’une manière plus exacte. C’est à tort, en effet, que M. Milne- Edwards place cet Érichthe dans sa division des es-
peces de ce genre qui ont le rostre plus court que les antennes internes ; cet auteur parait n'avoir consulté que la figure donnée par Desmarest , laquelle est une copie altérée de celle de Leach; si M. Milne-Edwards avait consulté aussi ce dernier auteur, qu'il cite cependant, il aurait vu que, dans la figure donnée par lui de cet Érichthe, le rostre est plus long que les antennes. La figure que Latreille en a donnée dans l’Encyclopédie, d’après un dessin de Leach, représente également le rostre plus long que les antennes.
ÉRICHTHE VITRE.
Erichthus vitreus, Latreille.
Squilla vitrea, Farricius, Ent. syst. suppl. pag. 513, n° 6. Smerdis vulgaris, Leacn, Expedit. the river Zaïre, app. pag. 407, pl. 18, fig. 6.
Erichthus vitreus, LATREILLE, Encyclop. méth., insect., tom. X,
pag. 474, pl. 354, fig. 7.
—— Àd. —— Desmaresr, Consid. sur les Crustacés, pag. 2592, pl. 44, fig. 2.
—— dd. —— Mirne-Enwaros, Hist. nat. des Crustacés, t. II, pag. 501.
PLANCHES 9, Fiqures 18-25.
Erichthus, testä brevi, subtriangulari, supra gibbosé et posticè spinä » , Lo) 2 o
perbrevi armatä, lateraliter infra curvatä et spin& brevissimä in
medio instructä; rostro brevi; spinis latero-posticis sat longis,
basi latis ; ultimo segmento abdominali lateraliter tridentato.
Quoique cette espèce ait été aussi décrite déjà par plusieurs auteurs, ses caractères ne nous ont pas paru avoir été encore indiqués d’une manière suffisamment exacte.
La carapace est courte et assez bombée en dessus ; l’'épine médio-dorsale postérieure est très-courte et semblable aux épines latéro-antérieures; le rostre est de plus de moitié moins long que la carapace et ne dépasse pas les antennes internes; les épines latéro-postérieures sont assez longues et larges à leur base; elles attei-
gnent le milieu du cinquième segment abdominal; les
bords latéraux de la carapace, repliés en dessous, présentent , à leur partie moyenne , une petite épine très-courte; ces bords se terminent en arrière par deux épines semblables, placées en dedans et en dessous des grandes épines latéro-postérieures. L’extrémité des antennes internes atteint celle du rostre. Les yeux sont assez courts et renflés à leur extrémité. Les pattes ravisseuses sont de longueur médiocre, à bras et mains grêles. L’abdomen est assez grand, recouvert par la carapace jusqu’à la partie moyenne du deuxième segment ; ses segments sont arrondis sur les côtés, le sixième, plus court et plus étroit, ne porte pas de dent au milieu de son bord postérieur. La lame caudale est un peu plus large que longue, rétrécie en arrière et terminée latéralement par deux épines assez longues; ses bords latéraux présentent trois petites dents, comme dans les espèces précédentes; le prolongement lamelleux de l’article basilaire des fausses pattes du sixième anneau est terminé par deux pointes dont l'externe est beaucoup plus petite que l’interne; ce prolongement et les lames ciliées qu'il porte, sont courts et n’atteignent pas la partie moyenne de la lame caudale. Les branchies sont plus développées que dans les espèces déja décrites; elles se composent de trois branches dont les deux supérieures sont bilobées, et dont l'inférieure est divisée en trois lobes inégaux.
Dimensions.— Longueur, vingt-quatre millimètres.
Nous avons recueilli cet Érichthe dans l'océan Atlantique.
ÉRICHTHE DE LEACH.
Erichthus Leachi, nobis.
PLancxe 5, Ficures 26-31.
Erichthus, testä brevi, subtriangulari, suprä posticè gibbosä et spinä armatä, lateraliter infra curvatä et spinä in medio instructé ; rostro brevi; spinis latero-posticis sat longis ; ultimo segmento ab-
dominali lateraliter bidentato.
Cette espèce ressemble beaucoup à ia précédente, mais elle s’en distingue par sa carapace qui est un peu plus allongée, par les épines des bords latéraux qui sont plus longues, par l’épine médio-dorsale postérieure qui est aussi plus longue et située à une plus grande distance du bord postérieur de la carapace, enfin par sa lame caudale qui n’a que deux petites dents sur les côtés. Le prolongement lamelleux de l’article basilaire des fausses pattes du sixième anneau et ses appendices ciliés sont assez grands et dépassent un peu la première épine latérale du dernier segment. Les branchies sont tout à fait rudimentaires et représentées par un simple tubercule.
Dimensions. — Longueur, vingt millimetres.
Nous avons recueilli cet Érichthe dans l'océan
Atlantique.
ORDRE DES SFOMAPODEFS, 259
ÉRICHTHE DE GUÉRIN.
Erichthus Guerinii, nobis.
Erichthus, testà brevi, suprà posticé leviter gibbosé et inermi, lateteraliter infra curvat& et spin perbrevi armatä; rostro longo;
spinis latero-posticis longis ; ultimo segmento lateraliter bidentato.
Cette espece est encore assez voisine des précédentes, mais elle s’en distingue facilement par l'absence d’épines en dessus de la carapace; les épines des bords latéraux sont trés-courtes ; les épines latéro-postérieures atteignent à peine le bord postérieur du quatrième segment abdominal; le rostre est assez long et dépasse les antennes internes. La lame caudale n’a que deux petites dents sur les côtés. Les branchies sont assez développées et rameuses; elles sont formées de quatre branches principales dont l'antérieure est bilobée et les autres composées chacune de quatre ou cinq lobes
plus minces.
Dimensions. — Longueur, de vingt-huit à trente millimètres.
Cette espèce provient de l'océan Pacifique.
Nous la dédions à M. Guérin-Menneville qui a bien voulu nous aider de ses conseils et mettre à notre disposition ses notes et sa riche collection , pour la ré-
daction de cette partie de notre ouvrage.
ÉRICHTHE D'EDWARDS.
Erichthus Ediwarsi, nobis.
PLANCHE 5, Ficures 39-54.
Erichthus, testä magnä, suprä in medio gibbosé et spiné armaté, lateraliter infra curvat& et spinà longä instructä; rostro longo ; spinis latero-posticis longis; ultimo segmento abdominali latera-
liter bidentato.
Dans cette espèce, la carapace est grande , assez allongée , légèrement renflée en dessus et armée, dans ce sens, d'une épine médiane assez forte, qui se trouve placée beaucoup plus en avant que dans les autres espèces déjà décrites; le rostre est long et dépasse les antennes internes ; les bords latéraux de la carapace sont fortement repliés en dessous et armés, à leur partie moyenne , d’une épine très-forte, presque aussi longue que le rostre; les épines latéro-postérieures sont grandes et atteignent la partie moyenne de la lame caudale; les dents placées en dessous de ces épines sont fort courtes comme dans les autres espèces. L’extrémité des antennes internes n'atteint pas celle du rostre qui les dépasse sensiblement en avant. Les pattes ravisseuses sont assez courtes, à bras et mains grêles. L'abdomen est à peu près égal en longueur à la carapace qui s’avance jusqu’au milieu de son quatrième segment ; les bords latéraux de ses segments sont arrondis, à l'exception du cinquième qui a ces bords sub-aigus. La lame caudale est un peu
ORDRE DES STOMAPODES. 261 plus large que longue, et légèrement élargie au niveau de la ligne médiane ; son bord postérieur, faiblement échancré au milieu, se termine latéralement par deux petites pointes un peu recourbées en dedans; ses bords latéraux présentent trois dents dont la postérieure est très-peu marquée. Le prolongement lamelleux de l’article basilaire des fausses pattes du sixième anneau est terminé par deux pointes dont l’externe est la plus courte ; la lame ciliée extérieure n’a qu'une dent à son bord externe; ces parties atteignent à peu près le milieu du dernier segment abdominal. Les trois dernières pattes thoraciques sont complètes ; les fausses pattes caudales n'offrent qu'un très-petit tubercule à la place des branchies.
Dimensions. — Longueur, de vingt à vingt-quatre millimètres.
Nous l’avons recueilli dans l'océan Atlantique.
Cet Érichthe nous paraît se rapprocher de celui que M. Milne-Edwards a désigné sous le nom d'Érichthe hérissé (E. aculeatus) (1); mais il en diffère d'une manière marquée par sa carapace qui est plus grande et plus longue, par son épine médio-dorsale qui est moins grosse et beaucoup plus antérieure, par ses épines latéro-postérieures qui sont plus longues , enfin, par la forme du dernier segment abdominal. Il est possible , du reste, que ces différences tiennent à l'âge, car l’individu décrit par M. Milne-
Edwards n'avait que quatre lignes de longueur.
(4) Histoire naturelle des Crustacés, t. II, pag. 501.
Bonitle, — Zooïl. Tome I. Partie I]. 18
Genre SQUILLE. — Squilla, Fabricius.
SQUILLE À QUATRE POINTES.
Squilla quadrispinosa , nobis.
Squilla, corpore fusco, levigato ; test non cristatä et anticé leviter angustatà; lamellé rostrali transversarié&, rotundatä, in medio productiusculé; antennis internis brevibus ; pollicibus tridentatis ; ultimo segmento abdominali quinqué-cristato, lateraliter spinis duobus armato, posticé in medio spinis duobus aliis mobilibus
instructo.
Cette squille a le corps allongé et à bords latéraux presque parallèles ; sa carapace est divisée en trois lobes par deux sillons longitudinaux presque droits ; la lame rostrale est transverse, un peu plus large que longue, arrondie et un peu avancée à sa partie moyenne. Les antennes internes sont assez courtes ; les yeux ont leur cornée arrondie et non transversale et bilobée. Les trois segments thoraciques sont de la largeur des segments abdominaux ; le segment précédent, un peu plus étroit, est laissé entièrement à découvert par le bord postérieur de la carapace qui est légèrement échancré ; tous ces segments sont lisses, à l'exception du pénultième qui porte six dents spiniformes ; le dernier segment est garni en dessus de sept crêtes minces; il est armé, de chaque côté, de deux fortes dents pointues , et au milieu de son bord
postérieur, de deux épines mobiles dont la droite est simple et la gauche bifide (1). L'article basilaire des fausses pattes du sixième segment est prolongé en une forte lame fourchue dont l’épine externe est un peu plus courte que l’interne ; les griffes sont armées de trois dents, y compris la dent terminale.
La couleur de cette squille est d’un brun de corne.
Dimensions. — Sa longueur, sans comprendre les antennes, est d'environ sept centimètres.
Nous l’avons recueillie aux îles Sandwich.
Cette espèce appartient à un petit groupe de Squilles qui se distinguent des autres : par leurs yeux peu élargis à leur extrémité, recouverts à leur base par la lame rostrale, à cornée longitudinale et non transversale et bilobée; par leurs antennes supérieures assez courtes; enfin, par la présence de deux épines mobiles à l'extrémité de la queue. M. Guérin forme de ce groupe un sous-genre, qu'il nomme Pseudosquille et qui renferme, outre l'espèce que nous venons de décrire, les quatre espèces suivantes : la Sg. ciliata, Fab., la Sg. cylindrica, Guér., la Sg. oculata, Brullé, et la Sy. leptodactyla, Guérin.
(1) C’est par une erreur de notre dessinateur que ces épines ont été représentées toutes deux bifides sur notre figure. Nous ne pouvons dire si cette différence assez curieuse est constante ou si elle tient à une anomalie, n'ayant pu nous procurer qu’un seul individu de cette espèce.
GENRE CLORIDE, — Clorida, nobis.
Nous avons cru devoir séparer des Squilles, pour en former une nouvelle division générique, des Crustacés qui ressemblent beaucoup à celles-ci par leurs formes et par l’ensemble de leurs caractères, mais qui s'en distinguent d’une manière assez tranchée par leurs yeux situés en avant de la lame rostrale et contigus sur la ligne médiane, rétrécis à leur base et à leur extrémité, à cornée très-petite et comme double. Leur carapace est élargie en arrière et laisse à découvert ‘article qui précède les trois derniers segments ihoraciques. Ces segments et la base de l'abdomen sont plus étroits que les segments qui suivent ; la queue ne porte pas d’épines mobiles. Les pattes ravisseuses sont semblables à celles des vraies Squilles.
M. Guérin-Menneville , qui a adopté ce genre dans un travail qu'il prépare sur les Crustacés de cette famille, s’est assuré que la Squilla microphthalrna (1) de M. Milne-Edwards doit en faire partie ; l'espèce sur laquelle nous l’avons établi est la suivante.
(4) Histoire naturelle des Crustacés, t. II, pag. 523.
CLORIDE DE LATREILLE.
Clorida Latreillii, nobis.
€lorida, testä posticé dilatatä, antice lateraliter spinosä; lamellä rostrali latiore quäm longä; corpore suprà lineis longitudinalibus et elevatis notato; ultimo segmento abdominali tuberculato et in
medio cristato.
La carapace est petite, beaucoup plus large en arrière qu'en avant; sa face supérieure présente deux sillons longitudinaux en avant et sur les côtés: un large sillon transverse et une petite crête longitudinale se voient sur cette même face, en arrière ; le bord postérieur est assez fortement échancré ; les bords latéraux sont arrondis à leur partie postérieure; le bord antérieur est également arrondi et se termine, de chaque côté, par une petite épine. La plaque frontale est transversale et légèrement échancrée en avant. Les antennes internes sont grandes et beaucoup plus longues que les externes. Le second anneau thoracique est très-étroit et armé d'une épine sur les côtés. L'abdomen est arrondi et un peu plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités ; il présente, de chaque côté, trois lignes saillantes longitudinales qui se prolongent sur les anneaux thoraciques; lavant-dernier segment est armé de six épines; le dernier porte une forte crête longitudinale au milieu de trois ou quatre
bosselures lisses sur les côtés; son pourtour est armé de six dents fortes et aiguës entre lesquelles se trouvent plusieurs petites dentelures. L'article basilaire des fausses pattes du sixième segment est terminé par trois épines dont l’interne est la plus longue. Les six pattes thoraciques sont de forme ordinaire , mais leur appendice latéral est en forme de lame membraneuse ovalaire et allongée, un peu comme dans le genre Coronis. Nous ne pouvons rien dire des pattes ravisseuses qui manquent sur notre individu; mais dans l'autre espèce dont nous avons déjà parlé, la C. Microphthalma, ces parties sont semblables à celles des vraies Squilles.
Ce crustacé est grisätre dans toutes ses parties.
Dimensions. — Sa longueur est de soixante-cinq millimètres, sans comprendre les antennes.
Nous l'avons recueilli dans l'Inde, à Sincapour.
FAMILLE DES HYPÉRINES.
Genre OXYCÉPHALE. — Oxycephalus, M. Edwards.
OXYCÉPHALE ARME.
Oxycephalus armatus, M. Edwards.
Histoire naturelle des Crustacés, t. III, pag. 101.
PLancHE 4, Ficures 13-32.
Oxycephalus, corpore perangusto, elongatissimo, pellucido et roseo ; capite longo, antice rostro longissimo et acuto terminato ; ultimirs segmentis abdominis longis, angustis et spinosis ; ultimo perlongo
et acuto.
M. Milne-Edwards a déjà fait connaitre cette espèce fort remarquable ; nous allons en donner une nouvelle description un peu plus détaillée et qui nous permettra en même temps de compléter aussi, sous quelques rapports, l'histoire du genre auquel elle appartient.
La tête, moins longue d’un tiers environ que le reste du corps, est un peu rétrécie après sa naissance et de forme cylindrique ; elle présente ensuite un renflement allongé sur lequel se trouvent les yeux qui
sont grands, ovalaires, non saillants, et qui ne se dis-
nr
linguent du reste de la tête que par les facettes dont ils sont composés; après cette portion renflée, la tête se rétrécit en un rostre styliforme tres-grêle et trèsaigu à son sommet, qui est à peu pres deux fois aussi long qu'elle. En dessous de la base de ce rostre, en avant des yeux et dans une fossette assez profonde, se trouvent les antennes supérieures ou de la preniére paire, qui sont courtes, recourbées, composées de trois articles dont le second est très-grand, arqué, cilié en dehors, dilaté au bout et portant le troisième article, qui est très-petit et rudimentaire, au milieu de son bord antérieur. Dans les femelles, cette antenne est également composée de trois articles, mais qui sont d’une forme tout à fait différente; c’est le deuxième article qui est le plus petit, et le troisième, qui est le plus grand, est de forme ovalaire et cilié à son extrémité seulement. A la base de la tête et inrmédiatement au-dessus de la lèvre supérieure, sont insérées les antennes inférieures ou de la deuxième paire, qui sont extrémement longues, plices trois fois sur elles-mêmes, composées de quatre articles dont les trois premiers sont renflés à leur partie antérieure, et le dernier terminé en pointe aiguë (1). En dessus de ces antennes, se trouvent deux tiges tres-grêles et allongées, composées de trois articles dont les deux derniers sont beaucoup plus courts et d’égale lon-
gueur, l’article terminal formant une pointe tres-aiguë
(1) Nous considérons ces parties comme des antennes, à l'exemple de M. Milne-Edwards, quoique leur conformation s’e-
loigne beaucoup de celle des antennes ordinaires.
et légerement recourbée en dessous; il est difficile de donner une détermination de ces parties qui n'ont pas encore été indiquées chez les Oxycéphales et que nous considérons provisoirement comme les analogues des lames latérales qu'offrent les antennes chez les Crustacés macroures. D’après ce que nous avons vu sur un individu seulement, les antennes inférieures seraient beaucoup plus petites chez les femelles. Immédiatement apres les parties que nous venons de décrire, vient le tubercule buccal contre lequel sont appliquées deux paires de petites pattes didactyles, auxquelles font suite quatre autres paires de pattes ambulatoires assez longues, grèles et uniformes dans les mâles, à articles basilaires plus ou moins renflés chez les femelles. Le dernier segment thoracique est beaucoup plus court que les autres, dans les deux sexes, et dépourvu de la paire de pattes qu’il porte chez les Amphipodes voisins et même chez l'Oxycéphale océanique ; il présente seulement, en dedans, une petite lamelle arrondie qui ne déborde pas ses parois latérales et qui semble être le vestige de la dernière paire de pattes. Les autres pattes portent en dedans et à leur base, de grandes lamelles ovalaires , placées longitudinalement sur les côtés des segments thoraciques et qui, en se croisant par leurs bords, servent de réceptacle aux œufs et aux jeunes. L’abdomen est composé de six segments dont les trois premiers sont assez grands et portent chacun une paire de fausses pattes courtes, à tige très-large et terminée par deux filets ciliés. La queue est formée par les trois articles
suivants qui sont allongés, minces, cylindriques, épineux en dessus et en dessous, les épines supérieures étant beaucoup plus petites que les inférieures; les deux premiers portent à leur extrémité postérieure de fausses pattes à tige très-longue et très-grêle, et terminées chacune par deux filets ciliés et fort courts; le dernier, aussi long que les précédents, se termine en pointe aiguë.
En étudiant une femelle de cette espece, M. Guérin-Menneville a trouvé , entre les grandes lames basilaires des quatrièmes pattes, un certain nombre de Jeunes individus qui paraissaient être récemment éclos et qui adhéraient encore à la partie interne de ces lames. M. Guérin-Menneville a pu les détacher et en tracer la figure que nous donnons sur notre planche (fig. 22). On peut voir, par cette figure, que les Jeunes Oxycéphales sont tres-différents des adultes et ont une assez grande ressemblance avec le genre Pronoë de l’entomologiste que nous venons de citer. On ne peut guère admettre cependant que les Pronoés ne soient que de jeunes Oxycéphales, car les jeunes individus de ce dernier genre qui ont été examinés par M. Guérin-Menneville, n'avaient qu'un millimètre de longueur , tandis que le Pronoé décrit par le même auteur avait de douze à quatorze millimètres.
Le crustacé que nous venons de décrire est transparent ; les parties intérieures, le rostre, les derniers segments abdominaux et les fausses pattes qu'ils portent sont de couleur rosée.
Dimensions. — Sa longueur générale, depuis lex-
trémité antérieure du rostre, jusqu'à celle de la queue, est de six centimètres environ.
Ce crustacé parait assez rare; nous n'en avons l'apporté que quelques individus qui ont été recueillis par M. Gaudichaud dans l'océan Pacifique.
M. Guérin-Menneville, qui a bien voulu étudier avec nous cette espèce, pense qu'elle devra être séparée du genre Oxycéphale pour former une nouvelle division générique à laquelle on pourrait donner le nom de Xyphicépale, qui exprime son principal caractère; il se fonde en cela sur ce que les Oxycéphales véritables ont le corps plus court, de forme différente, et en ce qu'ils ont sept paires de pattes, dont deux didactyles et cinq ambulatoires. M. Guérin-Menneville pense aussi, d'après un nouvel examen qu'il en a fait, que son Oxycephalus oceanicus , qui ne diffère guère de PO. piscator que par la brièveté des antennes inférieures et la forme des antennes supérieures, n’est que la femelle de ce dernier , et que dès lors cette espèce doit être supprimée.
Ayant eu occasion! d'étudier nous-même lOxycéphale pécheur, nous nous sommes assuré que les antennes inférieures sont accompagnées des tiges minces et tri-articulées que nous avons signalées dans
l'Oxycéphale armé.
Nous devions donner plus d’étendue à cette partie de notre publication et la consacrer surtout aux crustacés des ordres inférieurs, dont nous nous étions occupé d’une manière particulière, pendant notre voyage; mais la nécessité dans laquelle nous nous sommes trouvé de n'accorder que cinq planches de notre atlas aux animaux de cette classe, nous force à passer sous silence un assez grand nombre d'espèces entièrement nouvelles ou peu connues, la plupart fort curieuses, que nous avons recueillies et observées, mais que nous ne pourrions décrire convenablement ici , sans le secours de figures. Nous nous proposons de publier plus tard nos observations à ce sujet.