XANTHE A SEIZE DENTS
Xantho sexdecim dentatus, Edw. et Lucas.
Munr-Enwanos et Lucas, ouvrage déjà cité, pag. 15, pl. 7, fig. 2.
Xanthe dentelé de notre atlas, pl. 2, fig. 1.
PLANCHE 2, FIGURE f.
MM. Milne-Edwards et Lucas ayant décrit cette espèce depuis la publication de nos planches, nous avons cru devoir adopter le nom que ces auteurs lui ont assigné, et nous renvoyons, pour les détails qui la concernent, à la description qu'ils en ont donnée.
Nous l'avons recueillie, comme M. d'Orbiony, sur la côte du Chili.
GENRE PANOPÉ. — Panopeus, Milne-Edwards.
PANOPÉ CRÉNELE.
Panopeus crenatus, Edw. et Lucas.
Mirr-Eowanrps et Lucas, ouvrage cite, pag. 16, pl. 8, fig. 4. Panopé marbré de notre atlas, pl. 2, fig. 2.
Nous nous sommes encore assurés que le Panopé que nous avons fait figurer sur nos planches sous le nom de P. marbré, était le même que celui qui a été décrit et figuré depuis par MM. Milne-Edwards et Lucas sous le nom de Panopé crénelé (P. crenatus); nous avons donc adopté le nom qui a été donné à celte espèce par ces deux auteurs, et nous renvoyons également à leur ouvrage pour sa description.
Nous ajouterons seulement que les individus que nous avons rapportés de notre voyage et qui provien nent aussi de Callao, au Pérou, différent un peu par leur coloration, car leur carapace est verdâtre et marquée seulement de petites taches rosées; la couleur des autres parties est la même.
Bonile. — Zool. Tome FI. Partie TI. 1€
230 CRUSTACES.
GENRE TRAPEZIE. — Trapezia, Laireille.
TRAPÉZIE A TACHES JAUNES.
Trapezia flavo-punctata, nobis.
Trapezia, testà rubescente, flavo-maculatä, levigatä, lateraliter uni dentaté; fronte obtusä, sexlobatä; secundo et quarto articulis
primi paris, digitibusque intüs denticulatis. DICLES q
Cette Trapézie a la carapace plus large que longue, plane, parfaitement unie, brillante et comme vernissée; ses bords latéraux sont faiblement unidentés. Le front, légèrement incliné, est divisé en six petits lobes arrondis, dont les deux médians sont plus petits. Les orbites, de forme ovalaire, présentent une forte dent en dessous de leur angle interne ; leur angle externe est également spiniforme. Les yeux, assez gros, sont portés sur des pédoncules très-courts. Les deuxième et troisième articles des pieds-mächoires externes ont leur bord interne légèrement incisé, comme dans les Grapses, de manière à laisser entre eux un espace en forme de losange. Les régions ptérigostomiennes ont deux lignes courbes, saillantes. Le plastron sternal, très-large et ovalaire, est rétréci entre la première paire de pattes. L'abdomen de la femeile est formé de sept articles; le dernier est semi-lunaire et le sixième
est le plus large; tous ces articles sont bordés de
poils. Les pattes antérieures, asséz fortes, sont un peu plus développées que dans les autres espèces lisses ; le bras est armé, au côté interne, de six grandes dents aplaties, et d’une crête au côté externe; la portion palmaire de la main est tres-longue, arrondie et garnie d’une crête au côté externe ; elle présente à sa partie supérieure quelques gros points enfoncés et quelques tuberceules à la partie inférieure, vers la base des pinces; celles-ci, légèrement infléchies et assez fortement dentées, surtout vers la base, se joignent dans toute leur longueur. Les autres parties sont lisses, avec quelques poils aux jambes, mais surtout aux tarses.
La couleur générale de cette espèce est d’un rouge brun, avec de nombreuses taches jaunes ; les pinces ont dans leur milieu une large bande noire.
Dimensions.— Longueur, vingt et un millimètres ; largeur, vingt-deux millimètres.
Cette espèce se rapproche assez, par sa taille et par la grandeur des dents du front, du Cancer rufo-punctatus de Herbst; mais elle s'en distingue facilement par sa couleur et sa forme qui sont différentes, et par les dents mêmes du front qui, au lieu d’être aiguës, sont au contraire très cbtuses.
Elle provient des iles Sandwich.
TRAPÈZIE TIGRÉE.
Trapezia tigrina, nobis.
Trapezia, testä flavä, punctis rubescentibus maculatä, levigaté, lateraliter unidentaté ; fronte obtusä, inequaliter sexdentatä ; securdo
articulo prèmi parts intüs dentato ; digitis magnis, denticulatis.
Dans cette espece, la carapace est plus large que longue, plane et parfaitement lisse, armée latéralement d’une dent assez forte; les bords latéro-antcrieurs sont plus arrondis que dans l'espèce précédente; les latéro-postérieurs plus courts. Le front, légèrement incliné, est armé de six dents très-courtes. obtuses, dont les deux médianes sont les plus petites, et les plus externes placées un peu en arrière des autres. Les orbites, ovalaires, sont armés, en dessous de leur angle interne, d’une dent tres-aiguëé. Les pieds-mâchoires externes laissent entre eux un espace en forme de losange. La dent post-orbitaire, qui existe comme dans l'espèce précédente, est très-saillante et trés-acérée. Le plastron sternal, de forme ovalaire, n'est pas sensiblement rétréci-entre la première paire de pattes. L’abdomen du mâle est formé de cinq articles; le troisième article est très-2rand, mais cette grandeur tient à la soudure de trois articles dont on voit encore les traces ; l'abdomen aurait donc, chez le mâle, sept articles comme dans les femelles. Les
ORDRE DES DECAPODES. 233
pattes antérieures sont fortes et lisses; les bras sont * armés de six grandes dents au côté interne et d’une crête tranchante au côté externe. Le carpe est muni également d’une épine; la portion palmaire de la main est garnie d’une crête tranchante en dessous; les pinces, arrondies et dentées, se joignent dans toute leur étendue. Les autres pattes, assez gréles, sont garnies de quelques poils.
Cette Trapézie est d’une couleur jaune päle, tachetée de points arrondis rouges; la couleur des pinces est un peu plus foncée que celle des autres parties.
Dimensions. — Longueur, dix-sept millimètres ; largeur, quinze millimètres.
Cette Trapézie se rapproche encore beaucoup, par sa coloration, du Cancer rufo-punctatus de Herbst ; mais elle en diffère par sa forme, par les dents de son front et par la longueur des pattes antérieures
Nous l'avons recueillie, comme la précédente, aux iles Sandwich.
Gevre DOMÉCIE. — Domecia, nobis.
Nous proposons ce genre pour des crustacés qui sont très-voisins des Trapézies, mais qui s’en distinguent d'une maniere assez tranchée par quelques-uns de leurs caractères. Leur carapace est plus large que longue, plane et fortement rétrécie en arrière; ses bords latéro-postérieurs sont plus obliques que dans les Trapézies, et les latéro-antérieurs plus obliques aussi en avant, ce qui donne à cette partie une forme un peu losangique. Le bord fronto-orbitaire occupe presque toute la largeur de la carapace, mais il n’est pas incliné comme dans les 7rapézies ; il est divisé, sur la ligne médiane, par une échancrure assez profonde. Le cadre buccal est plus large en avant qu'en arriere, Le deuxième article des pieds-mâchoires externes est plus long que large, très-grand, plane, et non incisé à son côté interne; le troisième article est plus large que long et recoit l’article suivant dans une échancrure. Les orbites et les antennes sont comme dans les Trapézies. Les pattes antérieures sont fortes, mais courtes; les pinces sont légérement infléchies et se joignent dans toute leur longueur. Le bras est comprimé et dentelé à son bord antérieur, mais il ne dépasse pas la carapace. Les articles des autres pattes sont un peu comprimés, et les crochets des tarses légérement recourbés.
Comme on le voit, ce genre se rapproche beaucoup
du genre Trapézie, mais il s’en distingue facilement par la forme de la carapace, par l’échancrure du front, par les pieds-mächoires et par la brièveté des pattes antérieures. Il pourra être placé après ce genre, pour faire le passage au genre Mélie.
La seule espèce connue jusqu'à présent est la suivante.
DOMÉCIE HÉRISSÉE.
Domecia hispida, nobis.
PLancHe 2, Fieures 5-10.
Domecia, testä pilosä, flavescente, lateraliter et anticè spinosä et denticulaté; sterno anticé acuto ; pedibus primé paris brevibus et suprà Spinosis ; subsequentibus pilosis.
La carapace est assez lisse, à régions non distinctes, couverte de poils blonds et armée sur ses bords latéroantérieurs de cinq à six dents, dont une post-orbitaire très-aigué; quelques autres dents sont placées sur les parties latérales de sa face supérieure, en dedans des précédentes. Le front présente, de chaque côté de la ligne médiane, un groupe de trois dents réunies, auxquelles font suite plusieurs autres dents moins distinctes et de différentes grandeurs. La partie supérieure de l'orbite est finement denticulée; sa partie inférieure présente également plusieurs dents d’inégale grandeur. La partie supérieure du cadre buccal est aussi finement dentelée. Le deuxième article des pieds-
màchoires externes est lisse, sans sillon et échancré à sa partie antérieure; le troisième article, très-court, est transversal, bosselé, armé de cinq à six dents placées au milieu de sa surface. Le plastron sternal est terminé en avant par une forte pointe ovoide. Le deuxième article de l'abdomen du màle est plus étroit que ceux qui l’avoisinent; le dernier est semi-lunaire. Les pattes antérieures sont fortes; la crête du bras est armée de sept à huit dents; le carpe ainsi que la main sont couverts d’épines en dessus, mais lisses en dessous; les pinces, faiblement dentées, sont pointues et recourbées à leur extrémité; le doigt mobile est armé supérieurement de trois rangées d’épines. Les pattes suivantes, assez fortes et lisses, sont couvertes de poils blonds ; les tarses sont dentés en dessous.
Cette espece est de couleur jaune verdâtre ; la carapace est marquée de quelques taches rougeûtres, irrégulièrement disposées ; la couleur des pattes antérieures est plus foncée; les pinces sont brunes; les autres paites sont d’un jaune pale; toutes les épines sont noiràtres.
Dimensions. — Longueur, de six à sept millimètres ; mais l'individu que nous avons rapporté est un individu jeune.
Ce Crustacé provient des iles Sandwich.
GENRE TRICHODACTYLE.—7richodactylus, Latreille.
TRICHODACTYLE PONCITUE.
Trichodactylus punctatus, nobis.
PLancue 3, l'icurzss 1-2.
Trichodactylus, testà flavo-fusca, valdé purctat&, lateraliter subtiditer denticulatä; orbitis granulatis ; pedibus primé paris validis et levigatis ; tertio articulo ëntus unispinoso ; subsequentibus levigatis ;
tarsis elongatis et tomentosis.
Dans cette espèce, la carapace à la même forme que dans l'espèce connue, le 7. quadratus ; ses bords latéraux sont aussi légèrement relevés et très-finement denticulés. Le front est incliné et un peu déprimé sur la ligne médiane. Les orbites sont arrondis, légerement granuleux sur les bords ; les yeux sont courts et grêles. L'épistome est grand, lisse, sans ligne transversale, comme dans le 7°! quadratus. Les régions ptérygostomiennes sont arrondies et lisses. Le plastron sternal est pointu et garni de longs poils à sa partie antérieure. L’abdomen est formé de sept articles dans la femelle et garni d’une rangée de poils à son pourtour. Nous n'avons pas examiné celui du mâle. Les pattes antérieures sont assez fortes et lisses ; le carpe est armé d'une épine à son côté interne; la portion palmaire de la main est aussi longue que la digitale ;
les doigts ne se joignent qu'à l'extrémité et sont garnis oO le] le)
de sept à huit tubercules. Les pattes suivantes sont cylindriques et lisses ; les tarses, très-longs, sont arronüis et couverts d’un duvet fin et serré.
Cette espèce est d'une couleur jaune brunûtre, moins foncée aux pattes et parsemée de petits points bruns, irrégulièrement disposés. La carapace et la partie supérieure des pattes présentent des points enfoncés.
Dimensions. — Longueur, vingt-cinq millimètres ; largeur, vingt-cinq millimètres.
Cette espèce provient des iles Sandwich.
Gevre DYNOMÈNE. — Dynomena, Latreille.
DYNOMÈNE DE LATREILLE.
Dynomena Latreillii, nobis.
Dynomena, testà flavescente, pilos&; fronte triingulari, inflexd, marginibus subprominentibus ; orbitis ovatis, extüs non denticu-
latis.
Cette nouvelle espèce, du petit genre si curieux que Latreille a établi sous le nom de Dynomène, diffère par plusieurs caractères importants de l'espèce type que ce savant a désignée sous le nom de D. hispida. Nous allons, par une description détaillée, faire connaître les particularités qui la distinguent.
La carapace est peu bombée, lisse, à régions bien distinctes ; elle est un peu plus tronquée postérieurement que dans la D. hispida ; les bords latéro-antérieurs sont courbes, entiers, sans aucune trace de dents; les bords latéro-postérieurs, longs et trèsobliques. Les orbites, ovalaires, n’ont pas de dents à l'angle externe et sont ouverts à l’angle interne. Le front est triangulaire, incliné, et son bord est légèrement relevé en forme de gouttière. Le premier article des antennes internes est très-grand et un peu aplati; les deux suivants sont cylindriques ; le filet terminal interne est le plus petit. Les antennes externes sont
placées au-dessous des internes et des pédoncules oculaires ; les trois articles basilaires sont aplatis, garnis de poils et d'épines, et servent à compléter la paroi orbitaire ; le filet terminal est assez grand, multiarticulé, s’'insérant à l’angle externe du troisième article. Le cadre buccal est aussi long que large, rétréci en arrière. Les pieds-mächoires externes sont aplatis, non sillonnés, légèrement échancrés intérieurement. Les régions plérygostonsiennes sont COnvexes, couvertes de petits poils serrés. Le plastron sternal est plus large en avant qu’en arrière; les vestiges des appendices du pénultième anneau sont très-visibles entre le sixième et le septième segment. Les pattes antérieures ne sont pas très-fortes ; le carpe est armé de deux dents, l’une au bord supérieur interne, l'autre à l’externe. La portion palmaire de la main est un peu plus longue que la digitale; les pinces ne se touchent pas dans toute leur longueur et sont creusées en cuiller; les pattes suivantes, assez fortes et comprimées, sont terminées par un tarse un peu recourbé.
Cette espèce est d’un gris jaunâtre ; la couleur des pattes est un peu plus claire. Toutes les parties du corps sont couvertes de petits poils rudes et courts.
Dimensions. — Longueur, six millimètres ; mais l'individu unique que nous avons recueilli est probablement un jeune individu.
Il provient des iles Sandwich.
FAMILLE DES CATOMÉTOPES.
GENRE MACROPHTHALME. — Macrophthalmus, Latreille.
MACROPHTHALME PODOPHTHALME.
WMacrophthalmus podophthalmus , nobis, PLancne 3, Ficures 6-7.
Macrophthalmus, test& flavescente, pssticè angustatä, lateraliter anticé trédentatà& ; oculés perlongis ; chelis extus cristatis.
Dans ce Macrophihalme, la carapace est une fois et demie aussi large que longue , un peu plus étroite en arrière, à régions bien distinctes, lisse au milieu, granuleuse sur les côtés. Le front, plus étroit entre les yeux qu'à son bord inférieur, est incisé au milieu. Les orbites sont très-larges, ouverts exiérieurement ; leurs bords supérieur et inférieur sont très-finement dentelés, le supérieur étant beaucoup moins saillant que l’inférieur. Les pédoncules oculaires sont grèles et plus de deux fois aussi longs que les orbites. Les bords latéraux de la carapace sont armés antérieurement de trois dents dont la plus antérieure constitue l'angle orbitaire externe ; ces dents sont suivies en arrière d'une série de dentelures trés-fines qu'on n'apercoit que difficilement à cause des longs poils qui garnissent les côtés de la carapace. Les pattes-mâchoires externes
sont presque aussi larges que longues , bombées d'avant en arrière vers leur milieu. Le plastron sternal est semi-lunaire. L’abdomen est composé de six articles. Les pattes antérieures sont moins longues que celles de la deuxième paire et à peu près d’égale grosseur. Les mains, légèrement granuleuses, ont une petite crête à la face externe; les pinces sont peu infléchies ; les doigts laissent un espace vide entre eux et sont garnis tous deux d’une forte dent crénelée. Les pattes suivantes sont comprimées; les trois premières paires augmentent successivement de longueur et présentent une petite épine près de l'extrémité du bord supérieur de leur troisième article, qui est légèrement granuleux en dessus et en dessous; les pattes de la cinquième paire, très-petites, ont leur avant-dernier article qui dépasse à peine le troisième article de celles de la quatrième paire; les tarses sont légèrement comprimés. Toutes les pattes sont couvertes de grands poils à leurs partie supérieure et inférieure.
La couleur générale de cette espèce est d’un gris jaunàtre ; les pédoncules oculaires sont jaunes.
Dimensions. — Longueur, dix-huit millimètres ; largeur, vingt-cinq millimètres.
Nous avons recueilli cette espece aux iles Sandwich.
MACROPHTHALME TOMENTEUX.
Macrophthaimus tomentosus, nobis.
Macrophthalmus, testé virescente, granulosé, postice dilatatä, lateraliter tri-emarginatà ; orbitis suprà et infrà fortiter granulatis,
ab oculis non superatis; chelis extüs non cristatis.
Cette espèce a la carapace une fois et demie aussi large que longue, un peu‘plus large en arrière qu'en avant, granuleuse dans toute son étendue en dessus, à l'exception d'une petite plaque, en forme de losange, placée sur la région cardiale et qui est treslisse; deux séries longitudinales de petites granulations se voient sur les régions branchiales ; les bords latéraux sont granuleux et divisés en trois dentelures dont l’antérieure est beaucoup plus prononcée que les deux autres. Le front est plus étroit entre les yeux qu’à son bord inférieur. Les bords supérieur et inférieur de l'orbite sont aussi fortement granulés. Les pédoncules oculaires ne dépassent pas les orbites. Les régions ptérygostomiennes sont granuleuses et présentent deux sillons qui forment un angle de chaque côté; le sillon inférieur est garni de longs poils et se prolonge jusqu'à la partie supérieure de l'orifice respiratoire. Les pieds-mâchoires externes sont plus longs que larges et non bombés dans le milieu, comme dans l'espèce précédente. Le plastron sternal est à peu près semi-
circulaire. L'abdomen est composé de six articles. Les pattes antérieures sont aussi longues que celles de la deuxième paire et lisses; le bras est armé, en dessus et en dessous, d'une rangée de grands poils ; le carpe a au côté interne une série de petites dents ; la main, parfaitement lisse, a la portion palmaire plus longue que la digitale; les pinces sont infléchies; le doigt immobile est creusé en cuiller au bord et a, vers sa base, une grosse dent denticulée; le doigt mobile manque sur notre individu. Les pattes suivantes sont comprimées; les trois premieres paires augmentent progressivement de longueur et présentent une petite épine près de l'extrémité du bord supérieur de leur troisième article, qui est légèrement granuleux en dessous et en dessus. Les pattes de la cinquième paire sont très-petites; les tarses, garnis de deux rangées de poils, ont une forme lancéolée.
La carapace est verdâtre; ses bords latéraux, ainsi que la partie supérieure des pattes sont couverts de poils assez longs et droits. La main des pattes antérieures est couverte d’un duvet soyeux brun et trèscourt.
Dimensions. — Longueur, vingt-deux millimètres ; largeur, trente millimetres.
Cette espèce provient de Manille, iles Philippines.
FAMILLE DES OXYSTOMES.
GENRE CALAPPE. — Calappa, Fabricius.
CALAPPE TUBERCULEUX.
Calappa tuberculata , (variété) Fabricius.
Calappe sandwichien de notre atlas, pl. 3, fig. 9-10.
PLrancne 3, Fiqures 9-10.
Cette variété nous avait paru différer assez du Calappe tuberculeux (C. tuberculata), pour que nous ayons cru pouvoir en faire une espèce nouvelle; mais une comparaison attentive de notre individu et de plusieurs échantillons, provenant de divers points des Indes orientales, nous a démontré que la forme plus ou moins arquée du bord postérieur de la carapace, n'était pas un caractère spécifique suffisant, et, d’après cela, nous rapportons notre espèce au Calappe tuberculeux dont elle ne doit former qu'une variété.
Bonite, — Zool. Tome I. Partie ]]I, 17
FAMILLE DES CARIDIOIDES.
GENRE LEUCIFER. — Leucifer, Thompson.
Ce genre curieux, établi par Thompson (1), n'est encore connu que d'une maniere assez incomplète ; les figures détaillées que nous en donnons nous dispenseront d’une longue description.
Le corps de ces Crustacés est très-allongé et de forme presque linéaire; la carapace, qui constitue à peu près le tiers de sa longueur, se rétrécit brusquement dans sa moitié antérieure et forme un prolongement céphalique, très-étroit et cylindroïde , qui porte à son extrémité les yeux et les antennes. Les yeux, assez gros, sont supportés par de longs pédoncules biarticulés à leur base. Les antennes supérieures ou internes, plus longues que les pédoncules oculaires, sont composées de quatre articles dont les trois derniers réunis sont beaucoup plus courts que le premier; celui-ci, un peu renflé à sa base, présente intérieurement une petite capsule sphérique, parfaitement trans-
(1) Thompson, Zoological researches, tom.T, pag. 58.
parente, que nous croyons être l’analogue de la capsule auditive rudimentaire qui existe dans la plupart des Mollusques. Les antennes externes, beaucoup plus longues que les précédentes, s’insèrent au-dessous et un peu en dehors de celles-ci ; elles se composent de trois articles basilaires cylindriques, dont les deux premiers sont très-courts et se terminent par une tige très-longue et très-grêle (1); le premier article basilaire, un peu plus gros que les suivants, porte en dehors une petite tigelle assez longue, ciliée , et qui nous à paru biarticulée. La bouche, placée en dessous de la carapace, à l'endroit où celle-ci se rétrécit pour constituer le prolongement céphalique , forme un petit tubercule composé d’une lèvre supérieure, de deux mandibules , d'une lèvre inférieure rudimentaire , de deux paires de mâchoires et de deux paires de pattes-mâchoires dont les dernières sont grandes et pédiformes. Viennent ensuite quatre paires de pattes, dont les deux premières sont plus courtes; ces pattes, longues et gréles, sont composées d’un article basilaire très-court et de quatre autres articles allongés, cylindriques, garnis de poils rares et très-déliés. En arrière de ces pattes se trouve, chez les mâles seulement, un organe impair, en forme de massue, et suscepüble de rentrer dans la cavité thoracique. L'abdomen est trés-étroit et beaucoup plus long que le
(1) Cette tige terminale des antennes externes manque presque toujours d’une manière plus ou moins complète ; nous ne l'avons trouvée que sur un seul individu, dans plus de cent que nous avons examinés dans ce but.
céphalo-thorax; il est composé de sept anneaux ou segments, dont les cinq premiers, à peu près d'égale longueur, portent chacun une paire de fausses pattes assez longues, composées d’une tige cylindrique et de deux lames terminales ciliées. Chez les mâles, les fausses pattes de la première paire portent, vers le milieu de leur tige, un appendice particulier qui paraît formé de trois articles, comme l’indiquent nos figures; elles présentent, en outre, une petite dent en avant de cet appendice; les fausses pattes de la deuxième paire se terminent par trois lames dont l’antérieure est plus courte, plus grêle et non ciliée. Le sixième anneau ou segment, plus allongé et plus étroit que les autres, porte à son extrémité une paire de fausses pattes qui forment, avec le dernier segment, la nageoire caudale. Chez les femelles, les deux derniers segments sont simples; mais chez les mâles , ils portent chacun, en dessous, deux dents plus ou moins
prononcées.
LEUCIFER TYPE.
Leucifer tÿpus, Milne-Edwards.
Mirve-Eowanps, Hist. nat. des Crustacés, tom. II, pag. 469. Leucifer Reynaudii, Mizne-Enwarps, même ouvrage, tom. II,
pag. 469.
PLancue 4, Ficures 1-12.
Leucifer, corpore perlongo, angustissimo, pellucido ; testä suprà et utrinqué ir medio spin& armatä, anticé trispinosä; ultimo segmento abdominali lateraliter bidentato et posticé spénis acutis et divergentibus terminato.
Tous les détails que nous avons donnés précédemment sur le genre Leucifer s'appliquent à cette espèce. Nous indiquerons, comme des caractères qui lui sont peut-être propres, deux petites épines qui se trouvent en dessus et sur les côtés de la carapace, à peu près à sa partie moyenne, et les trois épines qui terminent antérieurement son prolongement céphalique. Le dernier segment abdominal offre deux petites dents sur les côtés, et, en arrière, deux épines assez longues, aiguës et divergentes, en dessous desquelles se voient deux autres épines plus petites, dirigées en sens contraire.
Nous réunissons à cette espèce celle que M. Milne- Edwards a décrite sous le nom de Z. Reynaudit; nous nous sommes assurés que la principale différence sur laquelle cette espèce a été établie, la séparation de la carapace et de son prolongement oculifère par une
suture, n'était qu'une différence apparente et qui n'existait réellement pas (1); les autres différences spécifiques indiquées par M. Milne-Edwards, ne sont, comme nous l'avons déjà dit, que des différences de sexe.
Dimensions. — La longueur de ce Crustacé, sans comprendre les antennes, est de dix à douze millimèetres.
IL est assez commun dans toutes les mers.
(4) Sur les individus qui ont été un peu ballottés dans des bocaux, on trouve souvent le prolongement antérieur de la carapace infléchi sur celle-ci, ce qui détermine en dessus un pli que l’on peut prendre facilement pour une suture ou une articulation.
FAMILLE DES UNICUIRASSÉS.
GENRE ERICHTHE. — Zrichthus, Latreille.
ÉRICHTHE ÉPINEUX.
Erichthus spinosus, nobis.
PLaNcHE 5, Ficures 6-11.
Erichthus, testä trianguliformi, suprà posticé gibbosé et spin& perlongä perpendicularique armatä, lateraliter infra curvaté et inermi; rostro longo; spinis latero-posticis perlongis, rectis et divergentibus ; penultimo segmento abdominali in medio postice bidentato ; ultimo segmento lateraliter tridentato.
La carapace, assez courte, de forme triangulaire, est élevée en arrière et armée en dessus, près du bord postérieur , d’une très-longue épine qui se dirige directement en haut; ses parties latérales, repliées en dessous, sont légèrement échancrées sur la ligne médiane, mais n'offrent aucune trace d’épines sur les bords; le rostre est à peu près aussi long que la carapace et dépasse beaucoup les antennes supérieures ou internes ; les épines latéro-postérieures sont très-longues, dirigées en arrière et un peu en dehors, et dépassent l'extrémité de l'abdomen; en dessous de ces épines et à leur partie interne, se voient deux autres épines très-courtes et très-fines, dirigées en arrière et un peu en dedans; enfin la carapace présente
252 CRUSTACES.
encore en avant et sur les côtés, comme dans les autres espèces de ce genre , deux petites épines semblables à celles dont nous venons de parler. Les antennes internes ne dépassent guère le milieu de la longueur du rostre. Les yeux sont allongés et un peu renflés à leur extrémité. L’abdomen est assez court, en partie couvert par la carapace qui atteint le milieu de son troisième segment ; ses segments sont arrondis sur les côtés, à l'exception des deux avant-derniers, qui ont leurs angles postérieurs un peu épineux; le sixième segment, plus court et plus étroit que les autres, porte deux petites dents placées au milieu de son bord postérieur. La lame caudale est grande , à peu près aussi large que longue , élargie sur les côtés , tronquée en arrière, avec une faible échancrure au milieu et une forte épine de chaque côté de la troncature; ses bords latéraux présentent trois petites dents à leur partie postérieure. Le prolongement lamelleux de larticle basilaire des fausses pattes du sixième anneau abdominal est terminé par deux pointes inégales dont l’externe est la plus longue ; ce prolongement et les lames qu'il porte sur les côtés sont courts et n’atteignent pas la première épine latérale de la lame caudale. Les branchies sont tout à fait rudimentaires et représentées seulement par un petit tubercule placé à la base de la lame interne des fausses pattes abdominales.
Dimensions. — Longueur (de l'extrémité du rostre à l'extrémité de l'abdomen), douze millimètres.
Nous avons recueilli cet Érichthe dans l'océan Atlantique.
ÉRICHTHE ARMÉ.
Erichthus armatus, Latreille.
Smerdis armata, Leacu, Narrat. of an expedit. the river Zaire,
app. n° 4, pag. 407, pl. 18, fig. 7.
Erichthus armatus, Larrere, Encyclopédie méthodique, pl. 354,
fig. G.
o —— Id. —— Desmaresr, Considerations sur les Crustacés , pag. 259, pl. 44, fig. 3.
—— Id —— Mrnr-Epwarps, Hist. nat. des Crustacés,
tom. IT, pag. 504.
PLancxe 5, Ficures 12-17.
Erichthus, testä trianguliformi, subelongatä, supra posticé spinà perlongä leviterque inflexä armatä, lateraliter infra curvatä et
inermi; rostro sat longo ; Spinis latero-posticis longis et divergen-
tibus ; penultimo segmento abdominali ir medio posticé bidentato ; ultimo lateraliter tridentato.
Cette espèce se rapproche beaucoup de la précédente, mais elle s’en distingue par quelques caractères que nous allons indiquer.
La carapace, de forme également triangulaire , est un peu plus allongée et moins élevée ou renflée en dessus et en arrière; l’épine médio-dorsale postérieure , qui est aussi tres-longue , est dirigée en haut et en arrière, au lieu de s'élever perpendiculairement à la carapace ; le rostre est plus court; les épines latéro-postérieures sont aussi un peu moins longues et atteignent à peine le dernier segment abdominal ;
les parties latérales de la carapace sont également sans épines sur les bords; les petites épines, qui se trouvent à la base des grandes épines latéro-postérieures, sont placées tout à fait en dedans de celles-ci et sont formées par le prolongement des bords latéraux de la carapace, ce qui fait paraître le bord postérieur de celle-ci comme échancré. Les antennes internes sont un peu dépassées en avant par l'extrémité du rostre. L’abdomen n'est que peu recouvert par la carapace, qui atteint seulement le milieu du deuxième segment; ses segments sont arrondis sur les côtés; le sixième, plus court et plus étroit, porte deux petites dents à la partie moyenne de son bord postérieur. La lame caudale est un peu plus large que dans l'espèce précédente et sa troncature postérieure un peu plus étroite. Le prolongement lamelleux de l’article basilaire des fausses pattes du sixième anneau abdominal diffère aussi par ses pointes terminales qui sont un peu plus grandes. Les branchies sont tout à fait rudimentaires.
Dimensions. — Longueur (de l'extrémité du rostre à celle de l'abdomen), douze millimètres.
Nous avons recueilli cette espèce dans l'océan Pacifique.
Quoique cet Érichthe soit connu depuis longtemps et se trouve déjà décrit dans plusieurs ouvrages, nous avons cru utile cependant d’en donner une nouvelle figure qui fit connaître ses caractères d’une manière plus exacte. C’est à tort, en effet, que M. Milne- Edwards place cet Érichthe dans sa division des es-
peces de ce genre qui ont le rostre plus court que les antennes internes ; cet auteur paraît n'avoir consulté que la figure donnée par Desmarest , laquelle est une copie altérée de celle de Leach; si M. Milne-Edwards avait consulté aussi ce dernier auteur, qu'il cite cependant, il aurait vu que, dans la figure donnée par lui de cet Érichthe, le rostre est plus long que les antennes. La figure que Latreille en a donnée dans l’£ncyclopédie, d’après un dessin de Leach, représente également le rostre plus long que les antennes.
ÉRICHTHE VITRE. # Erichthus vitreus, Latreille.
Squilla vitrea, Fasrrerus, Ent. syst. suppl. pag. 543, n° 6. Smerdis vulgaris, Lxacu, Expedit. the river Zaïre, app. pag. 407, pl. 18, fig. 6.
Erichthus vitreus, Larrerzre, Encyclop. méth., insect., tom. X,
pag. 474, pl. 354, fig. 7.
—— Id. ——— Desmaresr, Consid. sur les Crustacés, pag. 252, pl. 44, fig. 2.
—— Id. —— Mirne-Enwanros, Hist. nat. des Crustacés, t. II, pag. 501.
PLancHes 5, Freures 18-25.
Erichthus, testä brevi, subtriangulari, suprä gibbosä et posticè spinä perbrevi armatä, lateraliter infra curvatä et spinä brevissimä in medio instructä; rostro brevt; spinis latero-posticis sat longis,
basi latis ; ultimo segmento abdominali lateraliter tridentato.
Quoique cette espèce ait été aussi décrite déjà par plusieurs auteurs, ses caractères ne nous ont pas paru avoir été encore indiqués d’une manière suffisamment exacte.
La carapace est courte et assez bombée en dessus ; l'épine médio-dorsale postérieure est très-courte et semblable aux épines latéro-antérieures; le rostre est de plus de moitié moins long que la carapace et ne dépasse pas les antennes internes; les épines latéro-postérieures sont assez longues et larges à leur base; elles atteigpent le milieu du cinquième segment abdominal ; les
bords latéraux de la carapace, repliés en dessous, présentent, à leur partie moyenne , une petite épine très-courte; ces bords se terminent en arrière par deux épines semblables , placées en dedans et en dessous des grandes épines latéro-postérieures. L’extrémité des antennes internes atteint celle du rostre. Les yeux sont assez courts et renflés à leur extrémité. Les pattes ravisseuses sont de longueur médiocre, à bras : et mains gréles. L’abdomen est assez grand, recouvert par la carapace jusqu'à la partie moyenne du deuxième segment ; ses segments sont arrondis sur les côtés; le sixième, plus court et plus étroit, ne porte pas de dent au milieu de son bord postérieur. La lame caudale est un peu plus large que longue, rétrécie en arrière et terminée latéralement par deux épines assez longues; ses bords latéraux présentent trois petites dents, comme dans les espèces précédentes; le prolongement lamelleux de l’article basilaire des fausses pattes du sixième anneau est terminé par deux pointes dont l’externe est beaucoup plus petite que l’interne; ce prolongement et les lames ciliées qu'il porte, sont courts et n’atteignent pas la partie moyenne de la lame caudale. Les branchies sont plus développées que dans les espèces déjà décrites; elles se composent de trois branches dont les deux supérieures sont bilobées, et dont l’inférieure est divisée en trois lobes inégaux.
Dimensions. — Longueur, vingt-quatre millimètres.
Nous avons recueilli cet Érichthe dans l'océan Atlantique.
ÉRICHTHE DE LEACH.
ÆErichthus Leachi, nobis.
Prancxe 5, Ficures 26-31.
Erichthus, testä brevi, subtriangulari, supr& posticé gibbosä et spinä armatä, lateraliter infra curvatä et spinä in medio instructé; rostro brevi; spinis latero-posticis sat longis ; ultimo segmento ab-
dominali lateraliter bidentato.
Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente, mais elle s’en distingue par sa carapace qui est un peu plus allongée, par les épines des bords latéraux qui sont plus longues, par l’épine médio-dorsale postérieure qui est aussi plus longue et située à une plus grande distance du bord postérieur de la carapace, enfin par sa lame caudale qui n’a que deux petites dents sur Îes côtés. Le prolongement lamelleux de l'article basilaire des fausses pattes du sixième anneau et ses appendices ciliés sont assez grands et dépassent un peu la première épine latérale du dernier segment. Les branchies sont tout à fait rudimentaires et représentées par un simple tubercule.
Dimensions. — Longueur, vingt millimètres.
Nous avons recueilli cet Érichthe dans l'océan
Atlantique.
ÉRICHTHE DE GUÉRIN.
Erichthus Gucrinit, nobis.
Erichthus, testä brevi, suprà posticé leviter gibbosä et inermi, lateteraliter infra curvatä& et spin& perbrevi armaté; rostro longo ;
spinis latero-posticis longis ; ultimo segmento lateraliter bidentato.
Cette espèce est encore assez voisine des précédentes, mais elle s’en distingue facilement par l'absence d’épines en dessus de la carapace; les épines des bords latéraux sont trés-courtes ; les épines latéro-postérieures atteignent à peine le bord postérieur du quatrième segment abdominal; le rostre est assez long et dépasse les antennes internes. La lame caudale n'a que deux petites dents sur les côtés. Les branchies sont assez développées et rameuses; elles sont formées de quatre branches principales dont l’antérieure est bilobée et les autres composées chacune de quatre ou cinq lobes plus minces. .
Dimensions. — Longueur, de vingt-huit à trente millimètres.
Cette espèce provient de l'océan Pacifique.
Nous la dédions à M. Guérin-Menneville qui a bien voulu nous aider de ses conseils et mettre à notre disposition ses notes et sa riche coliection, pour la ré-
daction de cette partie de notre ouvrage.
- ÉRICHTHE D'EDWARDS.
Erichthus Edwarsiü, nobis.
PLancxe D, Fieures 39-54.
Erichthus, testä magnä, suprà in medio gibbos& et spinä armatü, lateraliter infra curvaté et spinä longä instruct&; rostro longo ; spinis latero-posticis longis; ultimo segmento abdominali latera-
liter bidentato.
Dans cette espèce, la carapace est grande , assez allongée, légèrement renflée en dessus et armée, dans ce sens, d'une épine médiane assez forte, qui se trouve placée beaucoup plus en avant que dans les autres espèces déjà décrites; le rostre est long et dépasse les antennes internes ; les bords latéraux de la carapace sont fortement repliés en dessous et armés, à leur partie moyenne , d’une épine très-forte, presque aussi longue que le rostre ; les épines latéro-postérieures sont grandes et atteignent la partie moyenne de la lame caudale; les dents placées en dessous de ces épines sont fort courtes comme dansles autres espèces. L’extrémité des antennes internes n'atteint pas celle du rostre qui les dépasse sensiblement en avant. Les pattes ravisseuses sont assez courtes, à bras et mains grêles. L’abdomen est à peu près égal en longueur à la carapace qui s’avance jusqu'au milieu de son quatrième segment ; les bords latéraux de ses segments sont arrondis, à l'exception du cinquième qui a ces bords sub-aigus. La lame caudale est un peu
ORDRE DES STOMAPODES. 261 plus large que longue, et Iégèrement élargie au niveau de la ligne médiane ; son bord postérieur, faiblement échancré au milieu, se termine latéralement par deux petites pointes un peu recourbées en dedans; ses bords latéraux présentent trois ‘dents dont la postérieure est très-peu marquée. Le prolongement lamelleux de l’article basilaire des fausses pattes du sixième anneau est terminé par deux pointes dont l’externe est la plus courte ; la lame ciliée extérieure n’a qu'une dent à son bord externe; ces parties atteignent à peu près le milieu du dernier segment abdominal. Les trois dernières pattes thoraciques sont complètes ; les fausses pattes caudales n’offrent qu’un très-petit iubercule à la place des branchies.
Dimensions. — Longueur, de vingt à vingt-quatre millimètres.
Nous l'avons recueilli dans l'océan Atlantique.
Cet Érichthe nous parait se rapprocher de celui que M. Milne-Edwards a désigné sous le nom d'Érichthe hérissé (E. aculeatus) (N); mais il en différe d'une manière marquée par sa carapace qui est plus grande et plus longue, par son épine médio-dorsale qui est moins grosse et beaucoup plus antérieure, par ses épines latéro-postérieures qui sont plus longues , enfin, par la forme du dernier segment abdominal. Il est possible , du reste, que ces différences tiennent à l’âge, car l'individu décrit par M. Milne- Edwards n'avait que quatre lignes de longueur.
(1) Histoire naturelle des Crustacés, t. TI, pag. 501.
Bonite, — Zoo, Tome I. Partie 11. 18
GENRE SQUILLE. — Squilla, Fabricius.
SQUILLE A QUATRE POINTES.
Squilla quadrispinosa, nobis.
PLANCHE 5, FIGurE 1.
Squilla, corpore fusco, levigato ; testä non cristatä et anticé leviter angustatä; lamell& rostrali transversariä&, rotundatä, in medio productiusculé; antennis internis brevibus ; pollicibus tridentatis ; ultimo segmento abdominali quinqué-cristato, lateraliter spinis duobus armato, posticé in medio spinis duobus aliis mobilibus
instructo.
Cette squille a le corps allongé et à bords latéraux presque parallèles ; sa carapace est divisée en trois lobes par deux sillons longitudinaux presque droits ; la lame rostrale est transverse, un peu plus large que longue, arrondie et un peu avancée à sa partie moyenne. Les antennes internes sont assez courtes ; les yeux ont leur cornée arrondie et non transversale et bilobée. Les trois segments thoraciques sont de la largeur des segments abdominaux ; le segment précédent, un peu plus étroit , est laissé entièrement à découvert par le bord postérieur de la carapace qui est légèrement échancré ; tous ces segments sont lisses, à l'exception du pénultième qui porte six dents spiniformes ; le dernier segment est garni en dessus de sept crêtes minces; il est armé, de chaque côté, de deux fortes dents pointues, et au milieu de son bord
postérieur, de deux épines mobiles dont la droite est simple et la gauche bifide (1). L'article basilaire des fausses pattes du sixième segment est prolongé en une forte lame fourchue dont l’épine externe est un peu plus courte que l’interne ; les griffes sont armées de trois dents, y compris la dent terminale.
La couleur de cette squille est d’un brun de corne.
Dimensions. — Sa longueur, sans comprendre les antennes, est d'environ sept centimètres.
Nous l’avons recueillie aux iles Sandwich.
Cette espèce appartient à un petit groupe de Squilles qui se distinguent des autres : par leurs yeux peu élargis à leur extrémité, recouverts à leur base par la lame rostrale, à cornée longitudinale et non transversale et bilobée; par leurs antennes supérieures assez courtes; enfin, par la présence de deux épines mobiles à l'extrémité de la queue. M. Guérin forme de ce groupe un sous-genre, qu'il nomme Pseudosquille et qui renferme, outre l'espèce que nous venons de décrire, les quatre espèces suivantes : la Sg. céliata, Fab., la Sg. cylindrica, Guér., la Sg. oculata, Brullé, et la Sg. leptodactyla, Guérin.
(1) C’est par une erreur de notre dessinateur que ces épines ont été représentées toutes deux bifides sur notre figure. Nous ne pouvons dire si cette différence assez curieuse est constante ou si elle tient à une anomalie, n'ayant pu nous procurer qu’un seul individu de cette espèce.
264 CRUSTACES.
GENRE CLORIDE, — Clorida, nobis.
Nous avons cru devoir séparer des Squilles, pour en former une nouvelle division générique, des Crustacés qui ressemblent beaucoup à celles-ci par leurs formes et par l’ensemble de leurs caractères, mais qui s'en distinguent d’une manière assez tranchée par leurs yeux situés en avant de la lame rostrale et contigus sur la ligne médiane, rétrécis à leur base et à leur extrémité, à cornée très-petite et comme double. Leur carapace est élargie en arrière et laisse à découvert ‘article qui précède les trois derniers segments thoraciques. Ces segments et la base de l'abdomen sont plus étroits que les segments qui suivent ; la queue ne porte pas d’épines mobiles. Les pattes ravisseuses sont semblables à celles des vraies Squilles.
M. Guérin-Menneville , qui a adopté ce genre dans un travail qu'il prépare sur les Crustacés de cette famille, s’est assuré que la Squilla microphthalma (1) de M. Milne-Edwards doit en faire partie ; l'espèce sur laquelle nous l'avons établi est la suivante.
(4) Histoire naturelle des Crustacés, t. IT, pag. 523.
CLORIDE DE LATREILLE.
Clorida Latreillii, nobis.
Clorida, testà posticè dilatatä, anticè lateraliter Spinosä; lamellä rostrali latiore quäm longä; corpore supra lineis longitudinatibus et elevatis notato; ultimo segmento abdominale tuberculato et in
medio cristato,
La carapace est petite, beaucoup plus large en arrière qu'en avant; sa face supérieure présente deux sillons longitudinaux en avant et sur les côtés; un large sillon transverse et une petite crête longitudinale se voient sur cette même face, en arrière ; le bord postérieur est assez fortement échancré ; les bords latéraux sont arrondis à leur partie postérieure ; le bord antérieur est également arrondi et se termine, de chaque côté, par une petite épine. La plaque frontale est transversale et légèrement échancrée en avant. Les antennes internes sont grandes et beaucoup plus longues que les externes. Le second anneau thoracique est très-étroit et armé d’une épine sur les côtés. L’abdomen est arrondi et un peu plus large à sa partie moyenne qu'a ses extrémités ; il présente, de chaque côté, trois lignes saillantes longitudinales qui se prolongent sur les anneaux thoraciques; l’avant-dernier segment est armé de six épines; le dernier porte une
forte crête longitudinale au milieu de trois ou quatre
bosselures lisses sur les côtés; son pourtour est armé de six dents fortes et aiguës entre lesquelles se trouvent plusieurs petites dentelures. L'article basilaire des fausses pattes du sixième segment est terminé par trois épines dont l'interne est la plus longue. Les six pattes thoraciques sont de forme ordinaire , mais leur appendice latéral est en forme de lame membraneuse ovalaire et allongée, un peu comme dans le genre Coronis. Nous ne pouvons rien dire des pattes ravisseuses qui manquent sur notre individu; mais dans l’autre espèce dont nous avons déjà parlé, la €. Microphthalma, ces parties sont semblables à celles des vraies Squilles.
Ce crustacé est grisätre dans toutes ses parties.
Dimensions. — Sa longueur est de soixante-cinq millimètres, sans comprendre les antennes.
Nous l'avons reeueilli dans l'Inde, à Sincapour.
FAMILLE DES HYPÉRINES.
Genre OXYCÉPHALE. — Oxycephalus, M. Edwards.
OXYCÉPHALE ARME.
Oxycephalus armatus, M. Edwards.
Histoire naturelle des Crustacés, t. III, pag. 101.
PLANCHE 4, FicurEs 13-32.
Oxycephalus, corpore perangusto, elongatissimo, pellucido et roseo ; capite longo, anticé rostro longissimo et acuto terminato ; ultèmis segmentis abdominis longis, angustis et spinosis ; ultimo perlongo et acuto.
M. Milne-Edwards a déjà fait connaitre cette espèce fort remarquable ; nous allons en donner une nouvelle description un peu plus détaillée et qui nous permettra en même temps de compléter aussi, sous quelques rapports, l’histoire du genre auquel elle appartient.
La tête, moins longue d’un tiers environ que le reste du corps, est un peu rétrécie après sa naissance et de forme cylindrique; elle présente ensuite un renflement allongé sur lequel se trouvent les veux qui sont grands, ovalaires, non saillants, et qui ne se dis-
tinguent du reste de la tête que par les facettes dont ils sont composés; après cette portion renflée, la tête se rétrécit en un rostre styliforme très-grêle et trèsaigu à son sommet , qui est à peu près deux fois aussi long qu'elle. En dessous de la base de ce rostre, en avant des yeux et dans une fossette assez profonde, se trouvent les antennes supérieures ou de la premiere paire, qui sont courtes, recourbées, composées de trois articles dont le second est très-grand, arqué, cilié en dehors, dilaté au bout et portant le troisième article, qui est très-petit et rudimentaire, au milieu de son bord antérieur. Dans les femelles, cette antenne est également composée de trois articles, mais qui sont d’une forme tout à fait différente; c’est le deuxième article qui est le plus petit, et le troisième, qui est le plus grand, est de forme ovalaire et cilié à son extrémité seulement. A la base de la tête et immédiatement au-dessus de la lèvre supérieure, sont insérées les antennes inférieures ou de la deuxième paire, qui sont extrêmement longues, pliées trois fois sur elles-mêmes, composées de quatre articles dont les trois premiers sont renflés à leur partie antérieure, et le dernier terminé en pointe aiguë (1). En dessus de ces antennes, se trouvent deux tiges très-gréles et allongées, composées de trois articles dont les deux derniers sont beaucoup plus courts et d’égale lon-
gueur, l’article terminal formant une pointe très-aiguë
(1) Nous considérons ces parties comme des antennes, à l'exemple de M. Milne-Edwards, quoique leur conformation s’é- Î ,
loigne beaucoup de celle des antennes ordinaires.
et légèrement recourbée en dessous; il est difficile de donner une détermination de ces parties qui n'ont pas encore été indiquées chez les Oxycéphales et que nous considérons provisoirement comme les analogues des lames latérales qu'offrent les antennes chez les Crustacés macroures. D'après ce que nous avons vu sur un individu seulement, les antennes inférieures seraient beaucoup plus petites chez les femelles. Immédiatement aprés les parties que nous venons de décrire, vient le tubercule buccal contre lequel sont appliquées deux paires de petites pattes didactyles, auxquelles font suite quatre autres paires de pattes ambulatoires assez longues, grêles et uniformes dans les mäles, à articles basilaires plus où moins renflés chez les femelles. Le dernier segment thoracique est beaucoup plus court que les autres, dans les deux sexes, et dépourvu de la paire de pattes qu'il porte chez les Ampbipodes voisins et même chez l'Oxrycéphale océanique ; il présente seulement, en dedans, une petite lamelle arrondie qui ne déborde pas ses parois latérales et qui semble être le vestige de la dernière paire de pattes. Les autres pattes portent en dedans et à leur base, de grandes lamelles ovalaires , placées longitudinalement sur les côtés des segments thoraciques et qui, en se croisant par leurs bords, servent de réceptacle aux œufs et aux jeunes. L'abdomen est composé de six segments dont les trois premiers sont assez grands et portent chacun une paire de fausses pattes courtes, à tige trés-large et terminée par deux filets ciliés. La queue est formée par les trois articles
suivants qui sont allongés, minces, cylindriques, épineux en dessus et en dessous, les épines supérieures étant beaucoup plus petites que les inférieures; les deux premiers portent à leur extrémité postérieure de fausses pattes à tige très-longue et très-gréle, et terminées chacune par deux filets ciliés et fort courts; le dernier, aussi long que les précédents, se termine en pointe aiguë.
En étudiant une femelle de cette espèce, M. Guérin-Menneville a trouvé , entre les grandes lames basilaires des quatrièmes pattes, un certain nombre de jeunes individus qui paraissaient être récemment éclos et qui adhéraient encore à la partie interne de ces lames. M. Guérin-Menneville a pu les détacher et en tracer la figure que nous donnons sur notre planche (fig. 22). On peut voir, par cette figure, que les jeunes Oxycéphales sont tres-différents des adultes et ont une assez grande ressemblance avec le genre Pronoë de l’entomologiste que nous venons de citer. On ne peut guère admettre cependant que les Pronoés ne soient que de jeunes Oxycéphales, car les jeunes individus de ce dernier genre qui ont été examinés par M. Guérin-Menneville, n'avaient qu'un millimètre de longueur , tandis que le Pronoé décrit par le même auteur avait de douze à quatorze millimètres.
Le crustacé que nous venons de décrire est transparent ; les parties intérieures , le rostre, les derniers segments abdominaux et les fausses pattes qu'ils portent sont de couleur rosée.
Dimensions. — Sa longueur générale, depuis l'ex-
trémité antérieure du rostre, jusqu'a celle de la queue, est de six centimètres environ.
Ce crustacé paraît assez rare; nous n'en avons rapporté que quelques individus qui ont été recueillis par M. Gaudichaud dans l’océan Pacifique.
M. Guérin-Menneville, qui a bien voulu étudier avec nous cette espèce, pense qu'elle devra être séparée du genre Oxycéphale pour former une nouvelle division générique à laquelle on pourrait donner le nom de Xyphicépale, qui exprime son principal caractère; il se fonde en cela sur ce que les Oxycéphales véritables ont le corps plus court, de forme différente, et en ce qu'ils ont sept paires de pattes, dont deux didactyles et cinq ambulatoires. M. Guérin-Menneville pense aussi , d’après un nouvel examen qu'il en a fait, que son Oxycephalus oceanicus , qui ne diffère guère de l'O. piscator que par la brièveté des antennes inférieures et la forme des antennes supérieures, n’est que la femelle de ce dernier , et que dès lors cette espèce doit être supprimée.
Ayant eu occasion) d'étudier nous-même lOxycéphale pécheur, nous nous sommes assuré que les antennes inférieures sont accompagnées des tiges minces et tri-articulées que nous avons signalées dans l'Oxycéphale armé.
Nous devions donner plus d’étendue à cette partie de notre publication et la consacrer surtout aux crustacés des ordres inférieurs, dont nous nous étions occupé d’une manière particulière, pendant notre voyage; mais la nécessité dans laquelle nous nous sommes trouvé de n'accorder que cinq planches de notre atlas aux animaux de cette classe, nous force à passer sous silence un assez grand nombre d’espèces entièrement nouvelles ou peu connues, la plupart fort curieuses, que nous avons recueillies et observées, mais que nous ne pourrions décrire convenablement ici , sans le secours de figures. Nous nous proposons de publier plus tard nos observations à ce sujet.