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HÉLICE PEAU DE RENARD

Helix vulpina, Férussac.

Férussac, Prodrome; Limacons, pag. 60, n° 429. Voyage de l’Uranie, pag. 477, pl. 68, fig. 13-14.

PLancHEe 29, Ficures 3-4.

Cette espèce forme Île type d’un petit groupe d'Hélices que M. de Férussac a proposé d'appeler Æélictres, et dont M. Swainson a fait plus tard le genre

PULMONÉS. 509

Achatinella (À); les deux auteurs que nous venons de citer ont établi cette division d’après quelques caractères de la coquille, qui font, en effet, de ces espèces une section assez distincte dans le grand genre des Hélices.

Nous avons pu étudier lanimal des Hélictères ou Agathinelles sur l’espèce type, l'Æelix vulpina, et sur deux autres espèces de ce groupe, les Z7. decora et turritella. (PL. 29, fig. 5-6 et 7-8.)

Comme on le voit par les figures que nous en donnons, l’animal de ces espèces a tout à fait les caractères extérieurs de celui des Hélices; mais l’organisation intérieure nous a présenté des différences assez remarquables dans la conformation de l'appareil générateur.

L'organe en grappe qui est logé dans le foie, le conduit grêle et replié en zigzags qui en part, le canal plus large et comme boursouflé auquel aboutit ce conduit, ou, pour parler d’après les anciennes déterminations, l'ovaire, l’oviducte et la matrice sont à peu près comme chez les Hélices. Il n’en est plus de même de la plupart des autres parties de cet appareil : ainsi, celle que Cuvier nomme la portion large du testicule, est formée par un gros faisceau de cœcums très-gréles qui viennent aboutir à la partie postérieure de la matrice et à l’origine du canal déférent; l’autre portion

du testicule d’après Cuvier, ou celle qui longe la ma-

(4) Brand journal, ap., 1828. (Voir HERRMANNSEN, ind. Malac.)

en

o re)

trice, n'existe plus ou c’est à peine si l'en en voit encore quelque trace à l’origine de la matrice et du canal déférent ; de sorte que ce dernier canal se trouve libre dans presque toute son étendue, jusqu’à la verge. Enfin, l'appareil générateur des Hélictères diffère encore de celui des Hélices par l’absence des vésicules multifides et de la bourse du dard. La verge est munie d'un long prolongement flagelliforme, mais qui, au lieu d’être terminal, est antérieur et latéral.

Si ces différences, dans l’organisation intérieure, ne paraissent pas suffisantes pour justifier l’établissement d’une division générique, nous pensons que les Hélicteres doivent être placées plutôt parmi les Bulimes ou les Agathines, dont lappareil générateur offre quelques-unes des particularités que nous venons de signaler, d’après les observations de MM. Quoy et Gaimärd et celles de M. Deshayes (1), qu'au nombre des espèces du genre Hélice.

L'on sait que les Hélictères habitent surtout les îles Sandwich.

(1) Zoologie du Voyage de l’Astrolabe, tom. I, pag. 152. —Deshayes, nouv. édit. de Lamarck, tom. VIII, pag. 219.

PULMONES. 11

GENRE PARTULA. — Partula, Férussac.

PARTULE AURICULE.

Partula auricula, Férussac.

Férussac, Prodrome, pag. 70, n° 6.

Partule de Dumartroy, de notre Atlas, pl. 29, fig. 9-41 et Revue zoologique, 1842, pag. 102.

Auricula Owaïihiensis, Cnamisso; nov. act. acad. nat. Curios. ; tom. XIV, pag. 639, tab. xxxvi, fig. 1. Auricula sinistrorsa, Caamisso ; ëd., pag. 640, tab. xxxvi, fig. 2. Bulimus armatus, Micuers; Proceedings of the Boston Society , tom. IT, pag. 39.

PLancnEe 29, Ficures 9-11.

Nous avons décrit cette espèce, en 1842, sous le nom de P. Dumartroyii ; nous avons reconnu depuis qu'elle avait été décrite longtemps avant, et pour la première fois, par M. de Férussac, sous le nom de P. Auricula, que nous lui restituons. D'autres noms lui ont encore été donnés, comme on peut le voir par la synonymie ci-dessus.

Cette espèce présente des individus dextres et sénestres; elle offre aussi plusieurs variétés, sous le rapport de la coloration. Elle est commune aux îles Sandwich.

M. de Férussac a assigné pour caractères aux Partules, de n’avoir que deux tentacules et d’être ovovivipares. Le premier de ces caractères est inexact ,

comme le montre la figure que nous donnons de l'animal, lequel est tout à fait semblable extérieurement à celui des Bulimes et des Hélices; quant au second, il ne peut guere, comme on en a déjà fait la juste observation, servir de base à une division générique. La petitesse de cette espèce ne nous a pas permis de faire des recherches sur son organisation intérieure.

PULMONÉES. 513

Genre BULIME, — Bulimus, Bruguiere.

BULIME OMBILIQUE. Bulimus umbilicaris, nobis.

Revue zoologique, avril 1842, pag. 102.

Prance 29, Fiqures 12-15.

Bulimus, test& oblongo-conicä, umbilicatä, levigatä, albicante ; anfractibus 6-7, convexiusculis; apertur& ovato-oblongé , angustatä ; columell& subrectä, reflexiusculé ; labro tenui, subreflexo ;

umbilico magno, cylindrico, usque ad apicem perspicuo.

Coquille oblongue-conique, ombiliquée, assez lisse, d’un blanc quelquefois légèrement nuancé de rose. Tours de spire au nombre de sept à huit, un peu convexes. Ouverture ovale-oblongue, rétrécie; columelle presque droite, légèrement réfléchie sur lombilic ; bord externe mince, un peu réfléchi en dehors. Ombilic grand , cylindrique, s’apercevant jusqu'au sommet de la coquille.

L'animal est semblable à celui des autres Bulimes; il est d’un blanc grisätre.

Dimensions de la coquille. — Longueur, quinze millimetres; diametre, six millimètres.

Ce Bulime , remarquable par la grandeur et par la profondeur de Pombilic, habite les environs de Cobija, en Bolivie.

Bonite. — Zool. Tome If, Partie Ii. 33

GENRE CLAUSILIE. — Clausilia, Draparnaud.

CLAUSILIE COCHINCHINOISE. Clausilia cochinchinensis, Pfeiffer.

Lud. Preirrer. Symbolæ ad historiam Heliceorum, 4841. Prancne 29, Ficures 16-18.

Clausilia, testé subrimatä | fusiformi, minutissümée oblique striatt, basi confertim rugosä, livido-fusc&, nitidä; sutur& profundé ; anfractibus Ÿ latis, convexiusculis; apertur& pyriformi; peristo= mate continuo , reflexo , undiqué soluto ; plicä palatali X longissim , columellari immersé ; plic& lunat&, validé, subramosé ;

lamellis albis, inferiore sursum bipartitä (Pfeiffer).

Dimensions.— Longueur, vingt-quatre millimètres ; diamètre , six millimètres.

Cette espèce habite les environs de Touranne, en Cochinchine. — M. le docteur Pfeiffer l'ayant publiée, depuis notre voyage, nous nous bornons à reproduire la description qu’en a donnée cet auteur.

L'animal est d’une couleur grisàtre; les tentacules supérieurs sont assez longs et grêles; les inférieurs sont très-courts et non renflés au sommet.

D’après l'examen anatomique que nous en avons fait, cette Clausilie offre la particularité intéressante d’être vivipare.

PULMONÉS. eZ |

Ca

GENRE AURICULE. — Auricula, Lamarck.

Le genre Auricule, tel que Lamarck l'avait institué, a déjà subi d’assez nombreuses réformes. Des espèces dont cet auteur l'avait composé , les unes ont été reconnues comme devant appartenir aux Bulimes ; d’autres ont été placées avec raison, à côté des Lymnées, sous le nom de Chilines ; enfin, M. Deshayes a encore séparé des Auricules une auire espèce, l’Auricula ringens, pour en former le genre Ringicule. Ainsi réduit, ce genre comprend encore des espèces qui diffèrent assez, par la forme générale de la coquille, pour que les Conchyliologistes les aient généralement réparties en groupes dont la plupart ont même été regardés comme devant constituer de nouvelles coupes génériques. La valeur de ces divisions ne pouvant être établie que par la connaissance exacte des animaux, nous avons fait représenter ceux de toutes les espèces que nous avons pu étudier.

Dans le groupe des Auricules proprement dites, MM. Quoy et Gaimard ont déjà fait connaître l’animal de l’espèce qui en est, pour ainsi dire, le type, de l’Auricule de Midas (A. Midæ). Nous avons eu occasion d'étudier une autre espèce de ce groupe, l’Auricule de Judas (A. Judæ); d’après les figures que nous en donnons, l’on peut voir que l'animal est semblable à celui de V4. Midæ, par sa forme extérieure, mais

516 MOLEUSQUES.

qu'il en diffère un peu par les tentacules, lesquels ne sont plus terminés en pointe, mais présentent un petit renflement vers leur sommet (pl. 29, fig. 19, 20 ). Nous avons recueilli cette Auricule dans l’île de Pulo- Penang (détroit de Malacca), dans des mares d’eau saumâtre , à peu de distance des hords de la mer.

Apres le groupe d’Auricules dont nous venons de parler, se trouve celui dont M. de Férussac avait formé le genre Cassidule ( Cassidula), et qui a pour type l’Auricule de chat (A. felis), de Lamarck. L’animal de cette espèce ressemble encore beaucoup à celui de l'espèce précédente, par la forme du pied et par celle de la tête; mais les tentacules sont subulés, terminés en pointe très-effilée, et les yeux se voient à la partie interne de leur base, où ils forment une légère saillie (1). La peau est aussi moins tuberculeuse, ou plus lisse que dans les Auricules de Midas et de Judas qui, sous ce rapport, ressemblent aux grands mollusques pulmonés terrestres (pl. 29, fig. 21-23).

Un autre groupe bien distinct d'Auricules, est celui des Mélampes de Montfort où Conovules de Lamarck. MM. Quoy et Gaimard ont aussi décrit l'animal de ces espèces, qui diffère d’une manière assez marquée de celui des espèces dont nous avons déjà parlé. Le pied , de grandeur médiocre, est divisé en deux parties, comme dans le Piétin d’Adanson ; mais cette division à lieu à la réunion du tiers antérieur avec les

(4) Pendant que l’animal rampe, la partie supérieure de ces tentacules se courbe un peu en arrière, comme on le voit sur une

de nos figures (fig. 22).

PULMONÉS. 517 deux tiers postérieurs. La tête, terminée antérieurement par un mufle assez saillant, porte supérieurement deux tentacules qui se touchent à leur base; les veux , sessiles , sont placés en arriere de ces organes, sur les côtés de la ligne médiane (pl. 29, fig. 24-28). L'espèce que nous avons fait figurer habite les îles Sandwich; elle vit sur les bords de la mer, où elle est assez commune ; M. Philippi l’a décrite sous le nom d'A. fusca (1).

Nous avons fait figurer une autre petite espèce appartenant à un groupe d’Auricules qui ont de l’analogie avec celles du groupe des Conovules, par la forme de la coquille, et qui offrent aussi quelques rapports avec le Piétin d'Adansor. L'animal est tout à fait semblable à celui des Conovules, à l'exception du pied qui n’est plus divisé en deux parties, comme dans celles-ci (pl. 29, fig. 29-32). Cette espèce, dont nous donnerons la description plus loin, provient aussi des iles Sandwich, et habite, comme la précédente, les bords de la mer.

L'organisation intérieure des Auricules n’a été étudiée encore que dans quelques-unes des espèces de ce genre, et demande à être connue d’une manière plus complète ; nous allons exposer le résultat de nos recherches sur l’une de celles dont nous avons déjà

/ , . . s parlé, l’Auricule brune qui, comme nous l'avons vu, appartient au groupe des Conovules.

(4) Voir le nouveau Chemnitz, vol. F, 16° partie ; Nuremberg ,

1844; Auriculacea, par Küster, pl. >», fig. 18-20.

Le rebord du manteau, qui constitue le collier, est saillant et assez mince dans ces Auricules ; l’on voit, à sa partie postérieure et du côté droit, un orifice assez grand, mais contractile, qui est l’orifice pulmonaire (pl. 32, fig. 1, 2, pl); la terminaison de l'intestin ou le rectum vient aboutir à cette ouverture (fig. 1, «). Plus en avant et du même côté, se trouve un autre petit orifice qui est celui de Poviducte (fig.2, 0"); enfin, tout à fait antérieurement , l’on voit une troisième ouverture qui est celle de la verge (fig. 2, w); un sillon formé par un repli de la peau joint cette ouverture à celle de l’oviducte (1).

D’après quelques auteurs, les Auricules du groupe des Conovules seraient des mollusques marins, à respiration branchiale (2); mais cette opinion est erronée: l'appareil respiratoire de ces Auricules est le même que celui des mollusques pulmonés, c'est-à-dire eonstitué par un réseau vasculaire, tapissant une cavité intérieure qui offre seulement ici une disposition assez singulière. En effet, ce réseau n’occupe plus le plafond de la cavité respiratoire, comme cela a lieu chez les autres mollusques pulmonés, et même dans l'Auricule de Midas, d’après les observations de MM. Quoy et

Gaimard ; on ne voit, dans ce point, que quelques rami-

(4) Cette disposition paraît exister dans toutes les Auricules ; MM. Quoy et Gaimard l'ont indiquée dans lAuricule de Midas , et nous l'avons aussi observée dans les Auricules de Midas et de chat, comme on peut le voir sur nos figures (pl. 29, fig. 19, 22).

(2) Cette opinion a été soutenue surtout par M. Lovwe, dans le

Zoological journal, tom. V, pag.

PULMONÉS. 319 fications vasculaires très-fines, aboutissant à une grosse veine qui longe l'organe dépurateur (fig. 4); mais la cavité respiratoire présente, en avant, une poche conique, qui occupe la partie antérieure du dernier tour de la coquille, et dont les parois, recouvertes d’un réseau vasculaire très-serré, nous semblent étre le siége principal de la respiration dans ces mollusques chap, ét.fisi8).

La position du cœur vient tout à fait à l'appui de la détermination que nous venons de donner. En effet, cet organe n'est plus situé au fond de la cavité respiratoire, comme dans les mollusques pulmonés, à coquille turbinée ; mais il se trouve à la base de la poche dont nous venons de parler (fig. 1, 2, 3, c). Deux troncs veineux viennent se jeter dans l'oreillette : l’un, qui longe l'organe dépurateur et auquel viennent aboutir, comme nous l'avons dit, quelques ramifications vasculaires très-fines qui se voient au plafond de la cavité respiratoire (fig. 4 et 3, g); l’autre, qui rapporte tout le sang de la poche pulmonaire (fig. 3).

Le ventricule donne naissance à une aorte qui se divise bientôt en deux troncs dont la distribution est tout à fait analogue à celle qui existe dans la plupart des gastéropodes (fig. 2, €, et fig. 3,r). Les vaisseaux artériels qui se rendent dans le foie, forment un réseau trés-riche à la surface de cet organe (fig. 1 ).

L'appareil digestif offre beaucoup d'analogie avec celui de l’4. Midæ, d’après la description qu’en ont donnée MM. Quoy et Gaimard. La bouche est située à l'extrémité du mufle et a la forme d’une fente qui se

prolonge un peu vers sa partie inférieure ; le mufle se dilate, sur les côtés de cette ouverture , de manière à former deux petites expansions labiales (fig. 2). La masse buccale est assez volumineuse et renflée à sa parte postérieure (fig. 2, 4, fig. 4 et 5); elle est armée d'une petite dent cornée, à son ouverture, comme dans les autres mollusques pulmonés; sa cavité présente également un renflement lingual considérable qui se prolonge en arrière et s’y termine en pointe mousse (fig. #, 5, /). L’œsophage est court et d’un calibre uniforme dans toute son étendue; il aboutit à une poche stomacale assez petite, sub-arrondie, membraneuse, et cerclée seulement d’une bande de fibres musculaires dans sa partie moyenne (fig. 2, «,e). L'intestin nait de l'estomac, à côté du point où vient finir l'æsophage ; après avoir formé plusieurs circonvolutions dans le foie, il pénètre dans la cavité respiratoire , longe le plancher de cette cavité, du côté droit, et vient se terminer à l’orifice pulmonaire (fig. 4, 2, #, , a). Cet intestin est cylindrique et d’un calibre égal dans toute sa longueur.

La masse buccale est pourvue de deux glandes salivaires allongées , adhérant l'une à l’autre à leur partie postérieure, et se terminant antérieurement par des canaux excréteurs gréles, en dessus de la masse buccale et sur les côtés de l’œsophage (fig. 2, 4, 5,5).

Le foie forme une masse brunâtre qui est divisée en plusieurs lobes par les circonvolutions intestinales (fig. LE 2, f).

L'ovaire occupe la partie postérieure du paquet

viscéral; il est aplati et d’une structure radiée (fig. 1, 2,0). De sa partie centrale part l’oviducte replié en zigzags, dans la plus grande partie de son trajet , et aboutissant à un utérus situé au fond de la cavité respiratoire (fig. 2 et 6, d, m). Cet utérus, formant une masse globuleuse par ses circonvolutions, donne dans une sorte de vagin très-long, qui se voit sous la paroi inférieure de la cavité respiratoire, et qui vient se terminer en avant, sous le bord libre du manteau , à l'endroit que nous avons déjà indiqué (fig. 4, 2, 6, d', 0"); ce canal recoit, à son origine, celui d’une vésicule copulatrice allongée (fig. 2, x), et, un peu plus en avant, deux autres petites vésicules à plusieurs lobes et comme multifides (fig. 4, 2, 6, »).

La verge est un long tube que l’on voit aussi ramper sous la paroi inférieure de la cavité respiratoire (Hs Gilo)sret qui.se renfle un peu à son extrémité postérieure, sur laquelle vient s’insérer son muscle rétracteur (fig. 6, #2). Cet organe nous a paru tout à fait isolé et sans connexions avec le reste de l’appareil; nous avons indiqué plus haut son orifice Che 12,08)

Nous n'avons trouvé aucun autre organe qui puisse être regardé comme le testicule ; d’après cela, l'organe postérieur, que nous avons désigné comme l'ovaire, serait un organe hermaphrodite analogue à celui des limaces et des hélices (1 ).

(4) MM. Quoy et Gaimard nous paraissent avoir pris pour le

testicule, dans 4. Midæ, une portion de la matrice.

Le plafond de la cavité respiratoire est occupé, en parte, par un organe correspondant à celui que Cuvier a désigné , dans les hélices et les limaces , sous le nom d'organe sécréteur de la viscosité, et que d’autres auteurs considèrent comme l'organe de la dépuration urinaire ; sa cavité intérieure présente des plis transverses très-serrés qui lui donnent assez bien l’aspect d’une branchie. Cet organe s'ouvre à son extrémité par un très-petit orifice (fig. 4, z, z )(4).

Le système musculaire se compose surtout d'un gros muscle columellaire, divisé antérieurement en plusieurs faisceaux, dont les uns se rendent autour de la masse buccale, et les autres au pied; un de ces faisceaux , très-grêle , va s'implanter à la partie posté-

rieure de la verge (fig. 2, |

L'anneau nerveux se compose de deux ganglions sus-œæsophagiens ou cérébraux et de quatre ganglions sous-æsophagiens. Les premiers fournissent des nerfs aux tentacules , aux yeux et à la bouche, etc., comme dans les autres mollusques céphalés (fig. 7); les ganglions sous-œæsophagiens se divisent en ganglions du pied, et en ganglions viscéraux qui sont placés en arrière des précédents; les commissures qui unissent ces ganglions aux ganglions cérébraux, présentent, du côté droit, deux autres petits renflements ganglionnaires ( fig. 8). La masse buccale est munie de deux

(1) La place qu'occupe cet organe, son aspect plissé, la veine qui le longe dans toute son étendue et qui se rend à l’oreillette du cœur, nous l’avaient d’abord fait prendre à nous-même pour une branchie.

PULMONES. 523 petits ganglions comme dans la plupart des autres mollusques.

Nous n'avons pu étudier l’organisation des autres espèces d’Auricules que nous avons fait figurer, d’une manière assez complète, pour en donner ici une description détaillée; nous nous bornerons à dire que ces espèces, et surtout l’Auricule sandiwichienne, nous ont montré, dans les principaux points de leur organisation, de grandes analogies avec celle que nous venons de décrire.

Comme nous l’avons vu précédemment, les espèces appartenant aux divers groupes du genre Auricule différent par des caractères extérieurs assez sensibles ; il nous parait probable que les recherches faites sur l’organisation interne de ces espèces, feront découvrir aussi des différences qui conduiront peut-être plus tard les malacologistes à ériger en genres quelques-uns de ces groupes, et à faire ainsi du genre Auricule une famille.

Les Auricules sont, comme nous l'avons dit, des Mollusques pulmonés, mais qui vivent constamment sur les bords de la mer ou auprès des marais salins, et pour lesquels la proximité de l’eau salée parait étre aussi nécessaire que le séjour dans l'eau douce, pour les pulmonés fluviatiles; les Auricules vivent même une partie du temps sous l’eau, ce qui a sans doute porté quelques zoologistes à les regarder comme des

animaux marins, respirant par des branchies.

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AURICULE SANDWICHIENNE.

Auricula sandiwichiensis, nobis.

Auricula, testä ovato-conicä, longitudinaliter tenuè sulcatä, albidolutescente , fusco-fasciatäà 5 anfractibus septents , depresso-convexiusculis ; infimo Spiram superante ; apertur& ovatd ; labio intus tri-plicato; plicis superioribus lamelliformibus ; infimo dentiforme ;

labro acuto, intus longé uniplicato.

Coquille ovale-conique, marquée de sillons longitudinaux très-fins, d’un blanc jaunâtre, ornée de fascies de couleur marron, quelquefois très-foncées. Spire conique-aiguê , composée de sept tours dont le dernier est plus grand que tous les autres réunis. Ouverture ovale; lèvre interne réfléchie , adnée , portant antérieurement trois plis : les deux plis supérieurs plus grands, lamelliformes, un peu obliques et plongeant dans l'ouverture; linférieur dentiforme. Levre externe tranchante, garnie intérieurement d’un long pli, en face du pli central de la columelle.

Nous avons déjà parlé précédemment des caracteres de l'animal.

Dimensions de la coquille. — Longueur, douze millimètres ; largeur, sept millimètres.

Cette espèce provient, comme nous l'avons dit, des

iles Sandwich.

Cr ce

PULMONÉS.

GENRE LYMNEE. — Zymnæa, Lamarck.

LYMNÉE DE LUCON.

Lymnæa Luzonica, nobis.

PLaNcHE 29 , Ficures 33-37.

Lymnaæa, testä ovatä, tenui, fragilissimä, pallidé virescente ; spiré brevissimd , retusä ; anfractibus tribus ; infimo maximo, convexo ; apertur& ovato-oblongé , bast angustatä ; labio inflexo, arcuato ;

labro acuto, fragilissimo.

Coquille ovale, très-mince et très-fragile, translucide, d’un vert olivâtre päle. Spire très-courte, aplaüe, munie de trois tours dont le dernier forme à lui seul presque toute la coquille. Ouverture ovale-oblongue, rétrécie vers la base; bord interne infléchi et arqué; bord externe tranchant et d’une grande fraoilité.

Cette Lymnée appartient au groupe des espèces de ce genre, qui a pour type la Zymnée glutineuse (L. olutinosa) et dont M. Nilsson a proposé de faire, peutêtre avec raison, un genre distinct, sous le nom d’4/"nplupeplea (4). Les bords du manteau peuvent, en se développant, recouvrir toute la coquille ; le pied est grand, sub-arrondi en avant et acuminé à sa partie postérieure ; la tête, bordée par une espèce de voile

(1) Nissonx, Hist. Moll. Sueciæ, pag. 58.

triangulaire, porte deux tentacules aplatis, allongés et terminés en pointe; les yeux sont placés à la base de ces organes et à leur partie interne, comme dans les autres Lymnées. — Tout l’animal est d’un brun noirâtre, marqué de petites taches noires qui sont disposées, sur le manteau, en séries transversales.

Dimensions de la coquille. — Dans les plus grands individus que nous avons recueillis, la coquille avait environ trois centimètres de longueur, et deux centimètres de largeur.

Cette espèce est assez commune dans la baie de Manille , où elle est apportée par les eaux de la rivière du Passig.

PULMONÉS. 527

LYMNÉE DE OAHOU.

Lymnæa Oahouensis, nobis.

PLancHe 29, Ficures 38-41.

LyYmnæa, test& oblongo-conicä, dextré vel sinistrorsé, tenu, subpellucidä, fuscä, interdüm rigratä ; spiré conicä ; anfractibus 4-5 , convexo-depressis ; apice sæpius eroso; aperturé ovaté ; labio re-

Jlexo, adnato; labro tenui, acuto.

Coquille oblongue conique, dextre ou sénestre, mince, subtranslucide, d’un brun-fauve, parfois couverte d’un enduit noirâtre et persistant. Spire conique, à sommet le plus souvent rongé, et composée de quatre à cinq tours d’une forme convexe-déprimée. Ouverture ovale; levre interne réfléchie et adhérente à l’'avant-dernier tour; labre mince et tranchant.

Cette espèce présente, comme nous venons de le dire , la particularité d’être tantôt dextre et tantôt sénestre. L'animal a le pied court et assez brusquement rétréci en pointe à sa partie postérieure; le bord antérieur de la tête est légèrement échancré sur la ligne médiane ; les tentacules sont courts, aplatis, étroits et terminés en pointe aiguë. — Toutes ces parties sont d'un gris noirâtre.

Dimensions de la coquille. — Longueur, douze millimétres ; largeur, au dernier tour, neuf millimètres.

Cette Lymnée habite les ruisseaux de l'ile Oahou (îles Sandwich ); elle y est très-commune.

LYMNÉE VOISINE.

Lymnæa affinis, nobis.

PLANCHE 29, Fieures 42-44.

Lymnaa, testé ovatà, sinistrorsà , tenu, fusca; spir& brevissimé , lateral; anfractibus tribus , supremo eroso; apertur4& oblique

ovatä ; labio suprà planulato , subseptiformi ; labro tenui , acuto.

Coquille ovale, sénestre , mince, d’un brun fauve. Spire très-courte, latérale, à sommet rongé, et à trois tours dont le dernier forme presque toute la coquille. Ouverture ovale ; bord interne remarquable par son aplatissement et par le prolongement de sa marge un peu en forme de demi-cloison; le bord droit, mince et tranchant.

Cette espèce est toujours sénestre; l’animal est entièrement semblable à celui de l'espèce précédente.

Dimensions de la coquille. — Longueur, sept millimètres; largeur, quatre millimètres.

Nous avons recueilli cette Lymnée dans les mêmes

lieux que la précédente.

Gevre HÉLICINE. — /Jelicina , Lamarck.

HÉLICINE SANDWICHIENNE.

Belicina sandwichiensis, nobis.

PLANCHE 30, FIGurEs 1-5.

Helicina, testä orbiculato-conoide& , carinatà, subalbidä, flammulis rubicundis et undatis ornat&; spiré conico-depressä, obtustuscul ; anfractibus quinis, depressiusculis ; apertur& subtrigon ; peristomate acuto , posticé incrassato.

Operculum corneum, subovatum , tenue, pellucidum, substriatum.

Coquille orbiculaire-conoïidale, carénée, blanchätre, ornée de flammules d'un brun rougeûtre, serrées et ondées. Spire conique-déprimée, un peu obtuse au sommet et formée de cinq tours légèrement déprimés. Ouverture presque triangulaire; péristome tranchant, étendu en arrière en une plaque calleuse, peu épaisse.

Opercule corné, subovale, mince, translucide, substrié.

L'animal a le pied étroit et allongé, les tentacules effilés à leur sommet. Il est d’un brun jaunätre dans toutes ses parties.

Dimensions de la coquille. — Largeur, quatre millimètres; hauteur, trois millimètres.

Cette petite Hélicine habite les iles Sandwich. + Elle a d’assez grands rapports avec l’Hélicine flammée (4. flammea) de MM. Quoy et Gaimard ; mais elle en

Bonite. — Zool, Tome If. Partie II. 34

diffère par sa forme plus déprimée, par la carène du dernier tour et par son péristome tranchant et non rebordé.

GENRE CYCLOSTOME. — Cyclostoma, Lamarck.

CYCLOSTOME ANGULIFÈRE.

Cyclostoma angulifera, nobis.

Revue zoologique , novembre 1841, pag. 347.

PLANCHE 30, Ficures 6-11.

Cyclostoma, testä suborbiculari, supernè planulatä , subtus latè umbilicatä , rufo-nigricante ; anfractibus quinis, convexo-depressis , interdum obsoleté costulatis, transversim levissimé striatis ; apertur& circulari, superné angulosä : angulo supra convexo, subtus Jornicato ; peristomate crasso , reflexo , albo, submargaritaceo :

intüs marginato.

Operculum convexum , supra planum , subtus concavum et auratum,

spiratim carinatum ct sulcatum : cartnis larmellosis.

Coquille suborbiculaire , planulée en dessus, largement ombiliquée en dessous, d’un roux noiràtre, maculée de quelques taches blanchätres en dessus. Cinq tours de spire convexe-déprimés, finement siriés en travers, et portant parfois des costuies rayonnanies, obsolètes. Ouverture arrondie, anguleuse supérieurement, à angle formant en dessous une dépression voûtée; péristome épais, réfléchi, blanc et presque nacré , bordé d’un bourrelet intérieurement. — Nous

avons trouvé sur quelques individus le fond de l’ombilic obturé par une pellicule brune.

Opercule tres-convexe, orné de carènes lamelleuses et de sillons spiraux, plane au sommet, concave et d'une teinte dorée inférieurement.

L'animal présente tous les caractères de celui des Cyclostomes (1), comme le montre la figure que nous en donnons. Il est d’un gris-brun, marqué d’un grand nombre de petites taches noirâtres; la partie antérieure du mufle est blanchitre.

Dinensions de la coquille. — Largeur, vingt-deux millimètres; hauteur, sept millimètres.

Cette espèce habite les bois des environs de Touranne, en Cochinchine.

Ce Cyclostome appartient à la division des espèces de ce genre dont MM. Benson et Troschel ont fait, l'un, le genre Pterocyclos (2), l’autre, le genre Steganotoma (3), d'après la forme de la coquille qui esi planorbulaire dans ces espèces, et surtout d'après le caractère singulier qu'elle offre d’avoir la partie postérieure ou supérieure du péristome prolongée en une sorte de languette creusée en gouttière inférieurement, ou relevée en forme de canal. Mais, d’après ce

(1) C'est à tort que les auteurs assignent généralement comme caractère, aux tentacules des Cyclostomes , d’être renflés au sommet , d'après ce qui existe, en effet, dans le Cyclostome élégant (C. elegans); dans toutes les espèces exotiques, ces organes sont subulés, allongés et effilés à leur extrémité.

(2) BENson, Asiat. Soc. Calcutta, 1832, 1, p. 11.

(5) Troscnez, Archives de Wiegmann, 1837, p. 163.

que nous avons dit des caracteres de l'animal qui est entièrement semblable à celui des autres Cyclostomes, cette division générique ne nous parait pas pouvoir

être admise.

CYCLOSTOME DE LA GIRONNIÈRE.

Cyclostoma Gironierii, nobis.

Revue zoologique, avril 1842, pag. 101.

Cyclostoma Wodianum. Lx, Mem. 1849, pl. 12, fig. 19. C. Luzonicum. Sowersx, Zool. proceedings, june 1842.

PLance 30, Ficures 12-17.

Cyclostoma , testä orbiculari, conico-depressä , umbilicatä , supra albidä et maculis rufo-fuscis, subundatis et confluentibus picté, subtus fusco-castaneä S anfractibus quinis, CONVEXIS ; sptraliter crebré striatis, ad suturam leviter depresso-canaliculatis ; aperturä rotundatä ; peristomate crasso, albo, sub-reflexo; umbilico dilatato, spirali, profundo.

Operculum correum, supra concavum el epidermide vestitun, infrà

convexum, nitidum, auratum, in medio apiculatum.

Coquille orbiculaire, conique-déprimée, ombiliquée, blanchàtre en dessus et maculée de taches d’un brunroux presque onduleuses et confluentes, d’un brunmarron en dessous; cinq tours de spire convexes, marqués dans le sens de leur longueur de stries fines et pressées, légèrement déprimés et canaliculés vers la suture. Ouverture arrondie; péristome épais, blanc, presque réfléchi; ombilic dilaté, profond, spiral.

Opercule corné , concave et épidermé en dessus, convexe en dessous, brillant, doré et garni, dans le milieu, d’une petite pointe mousse.

Nous n'avons pas observé l'animal.

Dimensions de la coquille. — Yargeur, vingt-deux millimètres; hauteur, quinze millimètres.

Ce Cyclostome habite l’île Luçon. — M. Sowerby l'a décrit, après nous, sous le nom de Cyclostoma luzonicum, et il nous parait très-probable que c’est aussi la même espèce que celle qui avait été publiée antérieurement par M. Lea, sous le nom de C. Wodianum ; d'après cela, ce serait ce dernier nom qui devrait être conservé.

CYCLOSTOME TROCHIFORME.

Cyclostoma voloulus, Lamarck.

PLancHE 30, Ficures 18-21.

Nous n'avons fait figurer cette espèce que pour en faire connaitre l'animal. Celui-ci a le pied allongé, acuminé à sa partie postérieure; les tentacules sont longs et effilés à leur sommet ; les yeux sont placés à la partie externe de leur base, comme dans les autres espèces du genre (4). — Tout l'animal est d’un gris violacé.

(1) Ce caractère n’a pas été indiqué d’une manière bien exacte

sur quelques-unes de nos figures. Les yeux, dans les Cyclostomes,

L'opercule est corné, arrondi, mince, de couleur jaune dorée, multispiré.

Nous avons recueilli ce Cyclostome à l'ile de Pulo- Penang, dans le détroit de Malacca.

CYCLOSTOME SUBTROCHIFORME.

Cyclostoma subinvoleulus, nobis.

PLANCHE 30, Ficures 22-24.

Cyclostoma, testé orbiculari-conicä, umbilicatä, sub-carinatä, tenuissimé striaté ; Spirä conico-depressä , fusco-castancä ; anfractibus senis, convexo-depressis, striis transversis strias longitudinales secantibus impressis ; infimo sub-carinato, rufescente-fusco et albo variegato et fasciato ; aperturé rotundatä, postice angulaté , intüs albidé ; peristomate reflexo , crasso, lacteo; umbilico pro-

fundo.

Coquille orbiculaire-conique, ombiliquée, subcarénée, très-fmement striée. Spire conique-déprimée, formée de six tours convexes, marqués de stries transversales et longitudinales ires-fines; le dernier tour subcaréné, varié de brun et de blanchâtre, avec une large fascie brune en dessous de la carène; les autres tours , d’un brun-marron. Ouverture arrondie, légerement anguleuse en arrière, blanchätre à l'intérieur; péristome épais, réfléchi, d'un blanc de lait; ombilie profond.

ne sont pas sur les tentacules , mais à la base et en dehors de ces organes, où ils font ordinairement une légère saillie.

PULMONÉS. 235

Nous n'avons pas observé l'animal de ce Cyclostome ; nous n’en avons également pas vu l’opercule.

Dimensions de la coquille. — Targeur, trente millimètres ; hauteur, vingt-deux millimètres.

Ce Cyclostome provient de la presqu’ile de Malacca. — Il offre d'assez grands rapports avec le précédent ou le C. voloulus ; mais il s'en distingue d’une maniere bien marquée par sa contexture plus épaisse, par sa spire un peu moins élevée et moins acuminée, par son ombilic moins évasé, par son péristome plus épais, et enfin par sa coloration qui est aussi un peu différente.

CYCLOSTOME TROMPETTE.

Cyclostoma tuba, Sowerby.

Zool. proceedings, june 1842, pag. 83.

PLANCHE 30 , FicurEs 25-27.

Cyclostoma, testä suborbiculari, depressiusculä, tenui, lævi, albicañte, rufescente-fusco variegaté et nubeculaté ; spérä brevi, subdepressé, acuminatä; anfractibus quinis, planiusculis, primis carinatis, ultimo maximo, rotundato ; apertur& maximaä, circulari, expansä, albicante ; peristomate albicante , tenui, lato, revoluto, suprà anfractum ultimum interrupto ; umbilico magno.

(Sowerby) (1).

Nous avions cru devoir donner une figure de œette

(4) Les caractères que M. Sowerby assigne à cette espèce, dans

belle espèce qui n'avait été encore que décrite par M. Sowerby, lorsque nous avons fait représenter les Cyclostomes de notre voyage; depuis, cet auteur en a donné aussi une très-bonne figure dans sa Monographie des Cyclostomes (1).

L'individu unique que nous avons rapporté, provient aussi de Malacca; nous n'en avons observé ni l'animal, ni l'opercule.

Dimensions. — Largeur, trente-cinq millimètres ; hauteur, vingt-deux millimètres.

la description que nous venons de citer, ne nous paraissent pas complétement exacts; sur l'individu que nous avons rapporté de notre voyage, et sur deux autres très-beaux individus que nous avons vus dans la collection de M. Petit de la Saussaye, et qui proviennent de M. Cuming , les premiers tours de la spire ne sont pas carénés, comme le dit M. Sowerby, tandis que le dernier , au contraire , présente toujours un indice de carène plus où moins prononcé.

(1) Thesaurus Conchyliorum ; Monogr. des Cyclostomes, pl. 27, fig. 129.

PULMONES. 537

CYCLOSTOME DE TOURANNE.

Cyclostoma Tourannensis, nobis.

PLANCHE 30, Ficures 28-32.

Cyclostoma, testä orbiculari , conico-depressä, umbilicatä, ferrugineä, epidermide conspurcatä ; anfractibus quinis, convexis , supra depressis , sutur& profundä divisis ; aperturé circulari, albicante ; peristomate reflexo, intüs marginato, albo ; umbilico dilatato, infundibuliformi, profundo.

Operculum calcareum, margaritaceum, crassiusculum.

Coquille orbiculaire, conique-déprimée , ombiliquée, ferrugineuse, revétue d’un épiderme sale et comme encroûté. Cinq tours de spire ventrus, déprimés supérieurement, séparés par une suture profonde. Ouverture circulaire , blanchàtre à l’intérieur ; péristome réfléchi, bordé intérieurement. Ombilic grand , infundibuliforme et profond.

Opercule calcaire, nacré et assez épais.

Nous n'avons pas observé l’animal de ce Cyclostome.

Dimensions de la coquille. — Yargeur, dix millimêètres ; hauteur, sept millimètres.

Nous avons recueilli cette espèce dans les environs de Touranne, en Cochinchine.

Cr co e 2]

CYCLOSTOME DE GARREL.

Cyclostoma Garreli, nobis.

Cyclostoma , testä orbiculato-conicä, umbilicatä, fusco-olivace , lineis elevatis et angustis cinctä ; spird conico-acutä , depressiuscul&; anfractibus senis, convexis ; aperturd cérculari, albid& ; peristomate reflexiusculo, intüs incrassato et lacteo; umbilico pro-

fundo, intus angustato.

Operculum corneum, tenue, pellucidum, multispiratum.

Coquille orbiculaire-conique, ombiliquée, d’un brun verdàätre, ornée de lignes saillantes, spirales et assez régulièrement disposées sur les tours. Spire conique-aiguê , peu élevée, formée de six tours convexes. Ouverture arrondie, blanchâtre à l'intérieur; péristome un peu réfléchi, épaissi et lacté intérieurement.

Opercule corné, mince, translucide et multispiré.

Nous n'avons pas observé l'animal de cette espèce.

Dimensions de la coquille. — Largeur, neuf millimètres ; hauteur, sept millimètres.

Ce Cyclostome habite l’île de Pulo-Penang. Il a été recueilli par M. Garrel, officier de notre expédition, à qui nous l'avons dédié.

PULMONES. 539

CYCLOSTOME TACHETÉ.

Cyclostoma maculosum, nobis (1).

Revue zoologique , avril 1842, pag. 101.

Turbo immaculatus ? Caemnirz, tom. IX. pag. 57; tab. 123, fig. 1063.

Cyclostoma læve, Sowerex .—Y'hesaurus ; Monog. des Cyclostomes, pl. 29, fig. 220-222.

Cyclostoma, testä orbiculato-conicä, umbilicatä , carinatà , tenui , levi, pellucidä, albidä, lituris fulvis creberrimis et maculis castaneis remotis ornatä; Spirä conico-acuté ; anfractibus senis , convexis; superioribus levigatis ; ultimo ventricoso, ad periphæriam carinato, supra sptraliter striato; apertur& subcircularti ; peristomate reflexo, albo, superné interrupto, ad umbilicum compresso ; umbilico mediocri, profurdo.

Operculum corneum, tenue, multispiratum.

L'animal de ce Cyclostome a le pied assez court, présentant en dessus de son extrémité postérieure une petite pointe charnue. Il est de couleur gris-jaunûtre ; la tête et les tentacules seulement sont d’une couleur légèrement rougeûtre.

(4) D’après M. Sowerhy, ce Cyclostome serait le même que celui dont M. Gray a donné une figure (2 supp. ro. Woods ind. Test., t. VI, fig. 5) sous le nom de C. /æve , quoique cette figure semble avoir rapport à une espèce différente ; quoi qu'il en soit, M. Gray n’ayant pas décrit cette espèce, et M. Sowerby ne l'ayant décrite qu'après nous, sous le nom qui lui avait été donné

Dimensions de la coquille. — Largeur, quatorze millimètres ; hauteur, onze millimetres.

Ce Cyclostome habite les îles Philippines (Luçon). — 1] présente un assez grand nombre de variétés sous le rapport des couleurs ; les grandes taches marron sont plus ou moins nombreuses et différemment disposées ; elles peuvent manquer tout à fait. M. Sowerby a fait représenter un individu sur lequel ces taches sont remplacées par des bandes brunes sur les tours. Enfin, il est d’autres individus qui sont entièrement blancs. — Le dernier tour présente quelquefois, en dessus de la carène, deux ou trois lignes légèrement saillantes, et distantes les unes des autres, qui font paraitre ce tour comme multicaréné ; nous croyons que c'est sur cette variété que M. Sowerby a établi l'espèce qu'il a désignée sous le nom de C. perplezum , dans sa Monographie des Cyclostomes.

par M. Gray, nous avons cru devoir conserver le nom que nous lui avions nous-même assigné, comme ayant l’antériorité.

M. Sowerby et quelques autres conchyologistes paraissent admettre que ce Cyclostome serait aussi le même que celui qui est décrit et figuré dans Chemnitz , sous le nom de Turbo immaculatus , ce qui devrait faire conserver , dans ce cas, à cette

espèce, ce dernier nom spécifique.

PECTINIBRANCHES. — Cuvier.

L'ordre des PEcrINIBRANCHES nous fournit encore un exemple de la difficulté qui se trouve à classer les Gastéropodes d’une manière naturelle, d’après la considération seule des organes respiratoires; les Mollusques, qui composent ce groupe, ne sont pas les seuls, en effet, à qui la dénomination de Pectinibranches pourrait s'appliquer, en n'ayant égard qu'à la position et à la forme de ces organes.

Un des caractères distinctifs des Pectinibranches, c’est d’avoir les sexes séparés; aussi M. de Blainville a-t-il fait de ces Mollusques une sous-classe, d’après ce caractere. Les Hétéropdes ont aussi les sexes distincts, comme nous l’avons vu précédemment; mais, quoique ayant de grandes affinités avec les Pectinibranches, ils s'en distinguent facilement par l’ensemble de leurs caractères, et surtout par leur pied converti en nageoire.

On ne connait encore que très-incomplétement un grand nombre de Pectinibranches; il est à croire qu'une étude plus approfondie de ces Mollusques fera découvrir, dans leur organisation, des différences importantes qui conduiront à établir peut-être de

nouveaux groupes, ou à rapporter un certain nombre d’entre eux à des groupes déjà établis; c’est ainsi que les observations de MM. Quoy et Gaimard ont déjà fait voir que les Troques, les Turbos, etc., présentaient les plus grands rapports avec les Mollusques scutibranches.

Genre MÉLANIE. — Melania, Lamarck.

Nous avons fait représenter l'animal des Mélanies dans trois espèces de ce genre, la Mélanie rayée (M. Virgulata, Férussac), la Mélanie thiare (M. Amarula, Lamarck), et une autre espèce qui est désignée, sur nos planches, sous le nom de Mélanie indienne, et dont nous parlerons plus loin (pl. 31, fig. 4, 8, 12); cet animal nous a offert les caractères suivants :

Une tête proboscidiforme, assez grosse, déprimée, surtout sur les côtés qui forment un bord anguleux et mince; cette tête déborde plus ou moins le pied en avant, et présente, à son extrémité, une petite échancrure dans laquelle se trouve l’orifice de la bouche. Les tentacules, placés à sa base et sur les côtés, sont longs et terminés en pointe tres-effilée. Les yeux occupent la partie supérieure et externe de la base de ces organes. Le pied, court et de forme subarrondie, est assez mince, si ce n'est à son bord antérieur qui est légèrement renflé; ce bord se prolonge en pointe sur les côtés, et présente un sillon marginal dans toute son étendue. Le bord libre du manteau est festonné.

La cavité branchiale, disposée comme dans les autres Pectinibranches, ne contient qu'une seule branchie. Nous n'avons pas fait de recherches sur l'organisation intérieure de ces Mollusques.

MÉLANIE DE TOURANNE.

Melania Tourannensis , nobis.

Melania, testä elongato-turrité , supernè eroso-truncat& , fusco-ntgratä ; anfractibus medio convexis, spiraliler tenué striatis, suturà profund& discretis ; ultimo ventricoso, suprà medium depresso , basi sulcato ; apertur& ovato-acuté, intus albidä; labio concavo , bast albido ; labro anticè productiusculo, inferné oblique producto,

acuéto.

Operculum corneum, semi-ovatum, fuscum, basi subacutum, pauci-

sptratum.

Coquille allongée, turriculée, à tours supérieurs rongés et tronqués, d’une couleur brun-noirûtre, convexes dans le milieu et montrant à lœil nu des stries circulaires peu prononcées. Tous ces tours sont séparés par une suture profonde; le dernier, ventru, est pourvu, au-dessus de son milieu, d’un angle qui limite une forte dépression subsuturale, et qui remonte même sur l’avant-dernier ; la base de ce dernier tour porte trois à quatre sillons de moins en moins prononcés en remontant. L'ouverture est ovale-

aiguë, d'un blanc bleuâtre à l’intérieur; la columelle

est très-concave, blanchätre à la base; le bord externe est sinueux, tranchant, et se prolonge obliquement en pointe à la base.

Dunensions. — Longueur, cinq centimètres environ ; largeur , au dernier tour, deux centimètres. Cette espèce provient de la rivière de Touranne, en Cochinchine.

MÉLANIE TURRITELLE.

Melania turritella, nobis.

PLANCHE 31, Ficures 8-11.

Melania, testé turrito-subulatä, fusco-nigrä, apice erosä; anfractibus depresso-planis, glabris ; ënfimo in medio subargulato ; apertur& ovato-acutà, intus fuscatä; labio arcuato; labro acuto, ad

basim producto.

Operculum corneum, tenue, ovato-oblongum, unispiratum.

Coquille turriculée, atténuée en alène, d’un brunnoir, rongée au sommet, à tours déprimés, presque planes, glabres, séparés par une suture bien marquée; le dernier sub-anguleux dans son milieu. Ouverture ovale-aiguë, brunâtre intérieurement ; lèvre interne arquée; labre tranchant et saillant en cuilleron vers sa base.

Dimensions. — Longueur, vingt-cinq millimètres; largeur du dernier tour, huit millimètres.

Cette espece provient des îles Philippines.

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