‹ Zoologie (volume 4)Chapitre 5 sur 50 · CALMAR DE TOUCHARD · texte numérisé non relu

CALMAR DE TOUCHARD

Loliso Touchardii, mobis.

PLancue 2, Ficures 6-13.

Loligo, corpore elongato, cylindraceo, posticè acuto ; alis parvis, subrotundis, obtusis; capite magno, oculis prominentibus ; brachiis inæqualibus, cotyledonibus remotis, biserialibus instructis ; tentaculis perbrevibus, subpedunculatis, ad extremitatem cotyledoni-

bus minimis et multiserialibus instructis.

Corps allongé, cylindracé, termimé en pointe postérieurement ; les nageoires petites, occupant le quart postérieur du sac, pédiculées, très-obtuses à leur extrémité, subarrondies et séparées par l'extrémité du sac en arriére;

Tête volumineuse, arrondie; yeux saillants et protégés par un repli de la peau;

Bras courts, grêles et de longueur inégale; les ventouses alternes, pédicellées, assez écartées les unes des autres et sans dentelures à leur bord libre;

Tentacules très-courts, gréles, légèrement pédonculés, garnis d’une touffe de ventouses microscopiques et très-serrées à une petite distance de leur extrémité qui est terminée en pointe ;

La lame dorsale comme dans l'espèce précédente ;

Les couleurs sont aussi les mêmes que dans cette espèce.

CEPHALOPODES. 23

Dimensions :

cent. millim.

fonséeumioiles se 0... I 9 — ETS E OMR Pure 0 VE DEMO 1 ) — HeNACTE EN RE TA Re Da RS aoete (1 4 — destbras (1°(paire): 2... 0 4 — TR IA EE N DATES) ste se sers ds) — id. (fipaire). APTE 8: 0 3 — desstentacules: #12 4 2 7 3

Cette espèce diffère de la précédente par la forme cylindrique du corps, par les nageoires qui sont plus arrondies, par les bras qui sont un peu plus courts, et surtout par les tentacules qui sont très-courts et munis d’une seule touffe de ventouses non loin de leur extrémité. Sous ce dernier rapport, le Calmar que nous décrivons ici, offre également de l’analogie avec le Calmar vitré (L. vitreus) de M. Rang ; mais, dans cette dernière espèce, les tentacules sont beaucoup plus longs et les ventouses, moins nombreuses, sont dispo-

sées seulement sur deux rangées irrégulières.

Le S

(Division des Calmars-Plumes, de Blainv.) CALMAR PLAGIOPTÈRE.

Loligo plagioptera, nobis.

Loligo, corpore bursiformi, brevi, posticè acuto; alis subrotundis, obliquis ; capite magno ; tentaculis non pedunculatis, cotyledonibus

quadriserialibus, ferè usque ad basim instructis.

Corps court, bursiforme, acuminé en arriere; le bord dorsal du sac formant une saillie anguleuse en avant et sur la ligne médiane; les nageoires petites, pédiculées, subarrondies et dirigées un peu obliquement en arriere, au lieu de se porter transversalement en dehors comme dans les autres espèces de ce genre ;

Tête volumineuse, aussi haute que large; les yeux médiocrement saillants ;

Bras de longueur presque égale (les deux tiers de la longueur du sac); ceux des premiere et quatrième paires, un peu plus courts que les autres ; les ventouses alternes, très-rapprochées et pédicellées ;

Tentacules un peu plus longs que les bras, non pédonculés, garnis dans presque toute leur étendue de ventouses très-serrées et disposées sur quatre rangs à

leur extrémité, plus rares et ne formant que deux rangées vers la base ;

La lame dorsale, comme dans les espèces de ce groupe, c'est-à-dire en forme de plume, très-mince et de couleur jaunûtre.

Ce Calmar est d'un blanc bleuätre, légérement diaphane; de nombreuses taches violacées, brunûtres, recouvrent le sac, la tête, la face externe des bras et des tentacules ; ces taches sont larges et serrées sur la face dorsale du sac et de la tête; elles présentent la plupart une disposition annulaire; les nageoires sont entièrement blanches.

Nous avons recueilli ce Calmar dans l’océan Atlantique par 29° de lat. N. et par 37° de long. O.

Dimensions :

cent. millim.

Longueur totale 2e TRS UP RE UE 1 5 Æ AUSACS 2 as RER ES AV 1) 7 — de télen E MORes einen AE (E 3 — déSbras fie. AUCUN RAR EILIUE RE 0 4 desstentaculess ct. trad 2 St AuRÔ 5

Ce Calmar est très-voisin du suivant, le Calmar cardioptère (L. Cardioptera) de Péron; mais il en diffère par la forme du corps qui est moins acuminé en arriere, et surtout par les tentacules qui ne sont point élargis à leur extrémité et qui sont garnis de ventouses dans une grande partie de leur étendue.

CALMAR CARDIOPTÈRE.

Loligo cardioptera, Péron.

PLancue 2, Ficures 23-29.

Loligo, corpore brevi, posticè acuto; alis magnis, obtusis, cordiformibus, extremitate corporis disténctis ; brachiis æqualibus ; tentaculis longioribus, ad extremitatem dilatatis et cotyledonibus mul-

tésertalibus instructis.

Corps court, terminé en pointe postérieurement ; le bord dorsal du sac formant une légère saillie obtuse en avant et sur la ligne médiane ; les nageoires grandes, occupant un peu plus du tiers postérieur du sac, aussi hautes que larges, pédiculées, obtuses à leur extrémité, cordiformes et bien séparées par l'extrémité postérieure du sac dans toute leur étendue;

Tête volumineuse, plus large que haute; les yeux peu saillants ;

Bras presque égaux en longueur (les deux tiers de la longueur du sac), assez grêles, munis de deux rangées de ventouses rapprochées, sans dentelures à leur pourtour, alternes et pédicellées ;

Tentacules plus longs que les bras, pédonculés et garnis à leur extrémité d’un grand nombre de petites ventouses disposées sans ordre et pédicellées ;

La lame dorsale comme dans l'espèce précédente;

Les couleurs sont aussi les mêmes que dans cette espèce.

CÉPHALOPODES. 27 Nous avons recueilli ce Calmar dans l'océan Atlantique par 27° de lat. S. et par ?° de long. E.

Dimensions :

cent millim.

Longueur totale..... RÉ MES ES DIN ER TA ; 3 — sac eau , 5 — delatétes] PME UNE LUCE

ee des bras (4r° et 4° paires). .......

cs LE ND et 3 PAIEES). een — des tentacules....... NE MERS ARS

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Nous rapportons ce petit céphalopode à celui que Péron a fait connaître sous le nom de Calmar cardioptère ( L. cardioptera) (A), d’après l’examen que nous avons fait de l’individu même rapporté par ce naturaliste et qui se trouve encore déposé dans les galeries du Muséum.

Cette espèce a été successivement placée depuis dans les genres Cranchie, Sépiole et Onychotheute ; mais, comme nous allons le faire voir, c’est parmi les Calmars qu'elle doit être conservée.

Dans sa classification des Céphalopodes proposée en 1817, Leach ayant créé le genre cranchie pour quelques espèces très-voisines des Sépioles, mais en différant par leurs nageoires tout à fait terminales et comme confondues en une seule nageoire à leur point d’attache, crut pouvoir y rapporter le Calmar cardioptère de Péron, d’après la figure que ce naturaliste en avait donnée. La disposition des nageoires, qui est indiquée sur cette figure, semble, en effet, conforme à celle que

(1) Voyage aux terres australes, atlas, pl. 60, fig. 5.

Leach a assignée comme caractère au genre Cranchie; mais nous nous sommes assurés, par l'examen de l’animal, qu’elle était inexacte (1). En outre, le genre Cranchie, beaucoup mieux défini aujourd'hui par la description que M. Richard Owen a donnée de l'espèce type, la Cranchie rugueuse (Cranchia scabra) (2), diffère encore de l'espèce dont il est ici question par la forme du corps qui est globuleux et non cylindrique, par la disposition du bord dorsal du sac qui est adhérent et non libre sur la ligne médiane, enfin par la forme de la lame dorsale qui est tout à fait différente; l'opinion de Leach, que plusieurs zoologistes ont adoptée, ne peut donc plus être admise.

Quelques années après, Lesueur, dans un mémoire inséré dans le Journal de l Académie des sciences naturelles de Philadeljhie (3), crut devoir retirer aussi ce petit céphalopode des Calmars pour le rapporter au genre Sépiole ; mais le Calmar cardioptère de Péron n'a encore évidemment pas les caracteres de ce dernier genre caractérisé surtout : par la forme du corps qui est court et globuleux ; par la disposition du bord dorsal du sac qui, comme dans les Cranchies, est adhérent et non distinct; par la position des nageoires

(1) Elle est inexacte en ce que l’extrémité postérieure du sac qui séparait les deux nageoires postérieurement, comme dans la figure que nous donnons, se trouve entièrement enlevée sur l’animal rapporté par Péron, par suite d’une déchirure qui est encore trèsapparente et qui a échappé au dessinateur.

(2) Trans. zool. soc., vol. IE, p. 130, pl. 21.

(3) Voir ce recueil, t, IE, p. 100:

qui sont situées à la partie moyenne du sac et non terminales; enfin par la forme de la lame intérieure qui est aussi entièrement différente. Du reste, la place assignée par Lesueur à ce petit céphalopode n’a été adoptée par aucun zoologiste.

Enfin, M. Alcide d'Orbigny, après avoir adopté l'opinion de Leach sur cette espèce et l'avoir décrite, dans son Voyage, sous le nom de Cranchie cardioptère (A), d’après l'examen d'un grand nombre d'individus recueillis par lui, a émis plus récemment une autre opinion et l’a placée parmi les Onychotheutes, après avoir reconnu, dit-il, qu'elle présentait, avec les crochets, tous les autres caractères zoologiques de ce genre (2). Nous ne savons si M. d'Orbigny a étudié ce petit céphalopode de visu, comme il dit l'avoir fait pour toutes les espèces dont les types ont été déposés dans les galeries du Muséum ; dans ce cas, nous serions forcés d'admettre qu'il s’est mépris sur ses véritables caracteres, car, après l'avoir étudié nousmémes avec soin, nous nous sommes assurés que ces caractères étaient entièrement semblables à ceux que nous avons décrits et figurés, et par conséquent les mêmes que ceux des Calmars.

(1) Foy. dans l’ Amérique méridionale, t. V, p. 34. (2) Histoire naturelle des Céphalopodes, par Férussac et d’Orbigny, p. 221 (en note), p. 222 et 333.

CALMAR SUBAILÉ Loligso subalata, nobis.

Sepiola subalata. — Gervais et Van Beneden (1). PLANCHE 3, Ficures 1-5.

Loligo, corpore oblongo, posticé obtuso; alis angustis, subrotundis ;

brachiis longis, inæqualibus ; tentaculis prælongis, pedunculatis.

Corps oblong, lisse, obtus en arrière; le bord dorsal du sac formant une saillie anguleuse au-dessus de la région cervicale; les nageoires occupant un peu plus de la moitié de la longueur du sac, étroites, non pédiculées à leur origine, arrondies à leur bord libre et se prolongeant jusqu’à l'extrémité du sac en arrière ;

Tête un peu moins large que le corps, légèrement renflée latéralement ; yeux larges, peu saillants ;

Bras de longueur inégale; ceux de la première paire les plus courts (un peu plus du tiers de la longueur du sac); ceux des deuxième, troisième et quatrième paires, dans les proportions suivantes, par rapport aux premiers : 2—3—2; les ventouses alternes, pédicellées, sans dentelures à leur bord et ne commençant qu’à une petite distance de la base ;

Tentacules trés-longs, trés-grêles, élargis en forme

(4) Note sur les mollusques du genre Sépiole, dans le Bulletin de l’Acad. roy. de Bruxelles, E. V, n° 7.

de lance à leur extrémité qui est munie en dedans de sept ou huit grosses ventouses pédicellées, non dentées, et d’un certain nombre d’autres ventouses trèspetites, également supportées par un court pédicule;

La lame dorsale, de même forme que dans les espèces précédentes, large, mince et de couleur jaunâtre.

Ce Calmar est d’une teinte rose pale, parsemée de petits points d'un rouge foncé, plus serrés sur la tête et manquant tout à fait en dessous de celle-ci, ainsi qu'à la face inférieure des nageoires et sur les bras.

Cette espèce provient de la baie de Manille, île

Lucon.

Dimensions :

cent. millim

Forneueur "totales 0S CEA der 18 2

— USINE POSTES RAR Lt 5 0

— deslastétes£ : get cime à : 1 2 Longueur des plus longs bras (3° paire). ... 5 b)

—= dés -tenticules. . 520 1. no sceu ce 12 0

Cette espèce a été décrite par MM. Gervais et Van Beneden, dans leur Mémoire sur le genre Sépiole, sous le nom de Sépiole subailée (Sepiola subalata) : mais elle n’a pas évidemment les caractères des Céphalopodes de ce dernier genre, dont elle diffère surtout par la forme du corps, par celle des nageoires qui sont terminales et non pédiculées à leur point de Jonction avec le sac, par la forme de la lame intérieure, et enfin par la disposition du bord dorsal du sac qui est libre sur la ligne médiane.

D'après ce dernier caractère, M. Alcide d'Orbignx

a cru devoir la rapporter au genre Rossia qui diffère du genre Sépiole, comme on le sait, par cette disposiion du manteau dont le bord est libre sur le cou, ainsi que cela a lieu dans les Calmars et dans la plupart des Décapodes ; mais ses autres caractères l’éloignent du genre Rossia, comme des Sépioles (1).

Nous la placons parmi les Calmars dont elle nous semble offrir tous les caracteres; elle se distingue cependant d'une manière assez remarquable des autres espèces de ce genre par la longueur des bras, par la forme des nageoires qui sont subarrondies, et par celle du corps qui est obtus et non terminé en pointe à son extrémité postérieure. Sous ces deux derniers rapports, cette espèce lie réellement les Calmars aux Rossies, aux Cranchies et aux Sépioles (2).

(4) Hist. naturelle des Céphalopodes, p. 249.

(2) Le Zoliso brevipinna de Lesueur est celui qui nous paraît se rapprocher le plus de notre espèce par la forme du corps qui est également obtus et arrondi à son extrémité postérieure.

GENRE SEICHE. — Sepia, Lamarck.

SEICHE DE TOURANNE.

Sepia tourannensis, nobis.

PLANCHE 3, FicurEs 6-12.

Sepia, corpore brevi, depresso, suborbiculart, supra anticé acuto, posticé rotundo; alis angustis, apice disjunctis ; Cotyledonibus brachiorum quadriserialibus ; tentaculis tenuibus, longissimis, co-

tyledonibus multissimis instructis.

Corps court, suborbiculaire, déprimé, lisse, arrondi à son extrémité postérieure, se prolongeant en dessus du cou de manière à former une saillie obtuse ; le siphon large et court ; nageoires très-étroites en avant et se terminant en pointe à peu de distance du bord bre du manteau, un peu plus larges en arrière où elles se terminent sur les côtés de la ligne médiane ;

Tête large, déprimée; veux gros et saillants ;

Bras courts, garnis de quatre séries de ventouses peütes et pédicellées ; les bras de la quatrième paire un peu plus forts et plus longs que ceux des autres paires ;

Tentacules très-longs et tres-gréles, légèrement dilatés à leur extrémité et munis dans cette partie d’un trés-grand nombre de ventouses microscopiques , pédicellées, se prolongeant un peu sur la partie rétrécie de ces tentacules, en devenant de plus en plus rares.

Bonite. — Zool. Tome II. Partie I. 0 3

La pièce dorsale ovalaire, arrondie en avant, coupée carrrément en arrière, légèrement convexe et présentant une côte longitudinale en dessus, bombée en dessous et comme échancrée à sa partie postérieure.

Ceite espèce a toute la partie supérieure du corps et la face externe des bras d’un violet foncé , surtout sur la ligne médiane; les parties mférieures présentent une teinte violacée beaucoup plus pale, parsemée de petites taches plus foncées de la même couleur.

Elle provient de la baie de Touranne , en Cochinchine; elle parait assez commune dans cette localité.

Dimensions :

cent. millim.

Longueur totale (non compris les tentacules). 6 0 — USAGE: ae AL Le 3 0 Largeur du sac (les nageoires comprises). . 3 0 Longueur de la tête. ...... SE RS ei 1 b) — des bras (1'°, 2° et 3° paires)... 1 0 — des teñtacules. ÿ sntanie sets. 10 4

Cette espèce se rapproche un peu de la Sepia inermis de Van Hasselt (1) par les ventouses des bras tentaculaires et par la forme de l’osselet; mais elle en diffère beaucoup sous plusieurs autres rapports.

(4) Hist. naturelle des Céphalopodes, par Férussac et d’Orbigny, pl. 20.

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