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OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

Les difficultés presque insurmontables qu’offrent les recherches anatomiques, pendant le cours d’un voyage de circumnavigation , et l'impossibité de faire servir à des recherches de cette nature des objets qu'un long séjour dans l'alcool a toujours plus ou moins altérés, nous ont fait recourir quelquefois aux Mollusques de nos côtes, pour compléter nos études sur certains groupes; nous avons des remerciments à adresser, sous ce rapport, à M. Vérany et à M. Bouchard-Chantereaux qui ont mis un grand empressement à nous adresser les espèces de l'Océan et de la Méditerranée, qui pouvaient être utiles à nos recherches.

Malgré l'extension que nous avons donnée à cette partie de notre travail, aux dépens de celles qui sont consacrées aux animaux supérieurs et aux animaux articulés, nous avons été forcés, par les limites imposées à notre publication, de passer sous silence plusieurs observations qui nous restaient à mettre au jour sur les derniers Mollusques céphalés, et sur un certain nombre d’acéphalés; nous regrettons surtout trèsvivement de ne pouvoir faire connaître ici celles que nous avons recueillies sur les coquilles microscopiques pélagiennes et sur le développement des Anatifes; mais peut-être nous sera-t-il permis plus tard de compléter la publication de nos recherches.

Par les raisons que nous venons de donner, nous n'avons pu exposer aussi dans cet ouvrage qu'une partie de nos observations sur les Zoophytes.

Il nous reste à remercier M. Petit de La Saussaye,

4 OBSERVATIONS PREÉLIMINAIRES.

dont la belle collection nous a été souvent d’un grand secours pour la détermination de nos espèces, ainsi que M. Récluz, dont l’obligeant concours nous a été aussi très-utile pour cette partie de notre travail.

Enfin, nous ne terminerons pas ces observations préliminaires sans dire encore une fois tout ce que nous devons à M. Gaudichaud qui, après avoir été notre premier guide, n'a pas cessé de nous témoigner un intérêt dont nous sommes heureux de lui exprimer ici notre profonde gratitude.

Cuvier.

Avant de décrire les Céphalopodes nouveaux, où encore incomplétement connus, que nous avons recueillis pendant notre voyage, nous allons présenter quelques observations qui pourront, à des titres différents, servir à l’histoire de ces animaux.

Parmi les Moliusques qui composent cette classe, il en est trois, la Spirule, le Nautile flambé et l’Argonaute, sur lesquels l’Académie avait fixé notre attention d’une manière spéciale (1). Les deux premiers ont échappé à toutes nos recherches; mais nous avons été plus heureux pour le dernier, l’Argonaute, et nous avons pu vérifier l'observation déjà faite par Cranch, que ces animaux, retirés de leur coquille, ne paraissent pas en être incommodés, et continuent leurs mouvements; nous avons même recueilli, non loin du cap de Bonne-Espérance, un individu sans coquille, qui a été déposé par nous dans les galeries du Muséum, et que nous avons

(4) Voir les Znstructions de l’Académie, tom. F, pag. vi

conservé vivant pendant presque toute une journée. Ces faits et les conséquences qui en découlent , pour la question du parasitisme de ces Céphalopodes, ont déjà été indiqués par M. de Blainville, dans son rapport sur les résultats scientifiques de notre voyage.

Nous avons rapporté des îles Sandwich, de Macao et de Touranne, quelques poulpes qui ne paraissent pas différer de l'O. vulgaris; nous avons aussi recueilli à Macao une Seiche qui offre de très-grands rapports avec la S. aculeata de Van -Hasselt; nous donnons ces renseignements comme pouvant offrir quelque intérêt pour la distribution géographique de ces espèces.

Quelques naturalistes ont avancé que les Céphalopodes sont des animaux très-communs dans les hautes mers, et voyageant ordinairement par grandes troupes; nous devons dire que nos observations sont en désaccord avec cette assertion; en effet, pendant tout le cours de notre voyage, nous n'avons recueilli que des individus en très-petit nombre ou isolés.

GENRE POULPE. — Octopus, Lamarck.

POULPE HAWIIEN.

Octopus hawiüensis, nobis.

Octopus, corpore rotundato, lævi; capite magno ; brachus crassis,

basi palmatis.

Corps petit, globuleux, lisse dans toute son étendue ; l’ouverture antérieure du sac ne comprenant pas tout à fait la moitié de la circonférence ; l’entonnoir assez long et grêle.

Tête volumineuse, aussi large que le corps.

Bras tres-forts, proportionnellement au volume du corps, et légèrement palmés à leur base; ceux des première , troisième et quatrième paires (1), presque égaux en longueur (quatre fois la longueur du sac); ceux de la deuxième paire, d’une longueur un peu plus grande ; les ventouses alternes peu élevées et trèsrapprochées.

Ce poulpe offre partout une teinte d’un gris bleuâtre, très-finement pointillée de noir, ce qui fait paraître sa couleur noirâtre; cette couleur est moins foncée en dessous du sac et surtout à la partie inférieure de la tête.

(4) En comptant ces bras, des supérieurs aux inférieurs, comme on le fait ordinairement.

Il provient de Hawaii, l’une des îles Sandwich; 1l ne parait pas très-commun dans cette localité, car nous n’en avons rapporté qu'un seul individu.

Dimensions :

centimetres.

Longueur OtA IE Ne elemele Dames Galles eiele 13 — Au SAC NT ele cel à 2 — (a LAB CNE CS RP MER PE EUR 2e CRT 1 — des bras (1°, 3° et 4° paires). ......... 8 — des bras (2 paire) Ant. Are re 10

Les caractères qui nous ont paru distinguer surtout cette espèce sont : la petitesse et la forme arrondie du sac, le volume et la longueur médiocre des bras, enfin l'absence de rugosités et d’éminences sur la peau qui est partout parfaitement lisse. Les espèces dont elle se rapproche le plus sont : le poulpe tehuelche (O. tehuelchus), de M. d'Orbigny (1), et le poulpe brevitentaculé (O. brevitentaculatus), de M. de Blainville (2); mais elle diffère de la première de ces espèces par la grosseur et la brièveté des bras, et de la seconde, par la palmature moins considérable de ces appendices et par leur proportion qui est tout à fait différente.

(4) Poyage dans l'Amérique méridionale, t. V, p. 27, pl. 1. (2) Dict. des sciences naturelles, t. XVII, p. 187.

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