FLÈCHE DEUX-POINTS
Sagitta bipunctata, Quoy et Gaimard.
Annal. des Scienc. natur., tom. X de la 1'° série, 1827, pag. 233. VERS, PLANCHE 1.
MM. Quoy et Gaimard ont proposé le genre Sagrtta, en 1827, pour un petit animal pélagien qu'ils avaient eu occasion d'observer dans le détroit de Gibraltar, au début de leur second voyage de circumnavigation, mais qu'ils n’ont pu faire connaître que d’une manière assez incomplète. Avant les naturalistes que nous venons de citer, M. Lesueur, qui avait rencontré le même animal dans l’océan Atlantique , en avait fait aussi un genre nouveau, sous un nom presque identique, celui de Sagitella (A). Plus tard, M. d’Orbigny a rappelé
ces curieux animaux à l'attention des naturalistes et
(1) Ces observations de M. Lesueur sont restées inédites, et nous ne les connaissons que par ce que M. de Blainville, à qui M. Lesueur les avait communiquées, en a dit dans son Manuel de Malacologie (pag. 492, et surtout page 636).
a ajouté quelques détails à ceux que l’on connaissait déjà, mais malheureusement, comme nous le verrons bientôt, presque entièrement inexacts (4). Enfin, plus récemment, M. Krohn a publié un travail étendu sur le Sagitta bipunctata de la Méditerranée, qu'il a fait connaître d’une maniere trés-détaillée, non-seulement dans ses caracteres extérieurs, mais encore sous le rapport de sa structure interne dont on n'avait encore qu'une idée peu exacte et fort incomplète (2). Nous avons eu plusieurs fois l’occasion d'étudier nousmême, pendant notre voyage, ce même animal qui est assez commun dans toutes les mers; comme le feront voir les détails dans lesquels nous allons entrer , nos observations s'accordent presque entièrement avec celles de l’observateur que nous venons de citer.
Le corps des Ælèches ou Sagitelles est entièrement transparent, allongé, cylindrique, plus ou moins renflé à sa partie moyenne, et terminé en pointe obtuse en arriere. Cette extrémité postérieure donne insertion à une sorte de nageoire de forme subtriangulaire , ressemblant à la nageoïre caudale d’un poisson, ou plutôt, comme on l'a déjà dit, à la nageoire terminale d’un cétacé, à cause de sa disposition horizontale. Quatre autres nageoires disposées par paires, et horizontales comme la précédente, se voient sur les côtés du corps, celles de la paire antérieure vers sa parte moyenne , les deux autres plus en arrière et occupant
(1) Foy. dans l’Amér. mérid., tom. V, pag. 140.
(2) Ce mémoire, publié à Hambourg, en 1844, a été traduit
dans les Annales des Sciences naturelles de Vannée 4845.
VERS. 647 presque toute l'étendue de son tiers postérieur (1). Ces nageoires , dont nos figures indiquent la forme, semblent constituées, de même que la nageoire terminale, par de simples replis de la peau, soutenus intérieurement par des rayons fibreux d’une ténuité extrême ; c’est avec raison, en effet, que M. Krohn affirme d’une manière expresse, dans son mémoire , que les stries régulières que ces nageoires montrent , même à l'œil nu, n’ont rien de musculaire; et le même auteur a encore fait l'observation fort juste que ces nageoires ne servent pas d’une maniere active à la nataüon, comme la nageoire des Hétéropodes , à laquelle on a voulu les assimiler, mais que leur rôle dans la locomotion les rend bien plus comparables aux nageoires des poissons (fig. 1, 2, 8 ).
La tête, placée à l'extrémité antérieure du corps, dont elle est ordinairement séparée par un léger rétrécissement , est cordiforme. Sa face supérieure, déprimée et presque plane, présente deux points oculiformes, vers sa partie moyenne (fig. 1, 8). L'inférieure, un peu oblique d’avant en arrière et de haut en bas, est plus inégale (fig. 2, 3, 4). La bouche se voit sur
(4) Nous avons toujours trouvé les nageoires disposées de la même manière et au nombre de cinq, en y comprenant la nageoire terminale, sur les individus que nous avons examinés ; nos observations s’accordent, sur ce point, avec celles de MM. Quoy et Gaimard et de M. Krohn; nous sommes donc très-porté à regarder comme inexactes les différences que M. d’Orbigny a mdiquées sous ce rapport, et d’après lesquelles ce naturaliste a proposé trois nouvelles espèces. (Loc, cit., pag. 142 et suiv., pl. 10.)
cette face, dans une dépression qui se trouve sur la ligne médiane (fig. 3, b). En avant de cet orifice et de chaque côté, l’on aperçoit une série transversale de petits crochets cornés; une autre série semblable, mais un peu moins étendue, occupe le bord antérieur de la tête ; enfin, sur les parties latérales de celle-ci, sont implantés , suivant une ligne un peu courbe, dirigée obliquement de haut en bas et d’avant en arrière, d’autres crochets cornés beaucoup plus volumineux que ceux dont nous venons de parler. Ces derniers crochets, dont le nombre parait varier de cinq à neuf, sont aplatis, un peu arqués et terminés en pointe très-aigué ; par leur base, qui est beaucoup plus large, ils s’attachent non sur la peau, comme le dit M. Krobn, mais sur une lamelle cornée qui recouvre les parties latérales de la tête (fig. 3, 4, 8, #, et fig. 5, 6). L'animal peut écarter ces crochets , ainsi qu’on le voit sur la plupart de nos figures, ou les rapprocher en un faisceau longitudinal de chaque côté (fig, 2) ; d’après M. Krohn, ce mécanisme s’opérerait à l’aide d’une espèce de capuchon membraneux entourarit la base de la tête, et que l'animal pourrait, à volonté, porter en avant ou retirer en arrière, pour en recouvrir celle-ci ou la mettre à découvert. Nous avons vu, en effet, sur quelques individus, un repli de la peau assez marqué et disposé à peu près comme M. Krohn l’a indiqué ; mais, bien que les observations de ce naturaliste se fassent remarquer ordinairement par une trèsgrande exactitude , nous croyons cependant qu'il a
exagéré un peu la disposition de cette partie et sur-
iout les usages qu’il lui a assignés; nous n'avons jamais vu, du moins, les choses se passer ainsi, sur les nombreux individus que nous avons étudiés (4).
Le corps des Flèches offre encore à considérer extérieurement l’orifice anal et les ouvertures des organes de la génération; nous indiquerons bientôt leur position , en parlant des appareils digestif et générateur.
L'organisation intérieure de ces animaux est assez simple.
La surface extérieure du corps n'offre rien qui puisse être regardé comme un organe de respiration , et c'est sans doute ia peau qui est le siége de cette dernière fonction.
M. d’Orbigny a décrit et figuré un cœur qui serait placé, d’après ce naturaliste, à la partie inférieure du corps, et dans une sorte de nucléus analogue à celui des Firoles; mais rien de cela n'existe, et, d’après la position qu'il assigne à cet organe, il nous paraît évident que M. d'Orbigny a pris pour des pulsations du cœur, les mouvements de dilatation et de contraction de l’ouverture anale. M. Krohn dit #’avoir jamais pu
(1) M. d’Orbigny a même regardé toute la partie céphalique de ces animaux comme une sorte de masse buccale complétement rétractile à Pintérieur, et analogue , par conséquent, à la masse buccale des Carinaires et des Firoles. Ce naturaliste a fait représenter un individu dont toute la tête serait ainsi rentrée, et qui ne présente plus, à sa partie antérieure, qu’une petite ouverture circulaire; mais il nous paraît hors de doute que cette figure a été faite d'après un individu mutilé et privé de toute la partie céphalique.
distinguer le moindre vestige d'un système vasculaire dans ces animaux , et toutes les recherches que nous avons faites nous-même à ce sujet, nous ont conduit à un résultat presque semblable; nous n'avons trouvé d’autre trace de l'appareil circulatoire qu’un vaisseau qui se trouverait dans l'épaisseur du repli mésentérique inférieur , mais dont nous n'avons pu saisir ni l’origine, ni la terminaison, et sur la nature duquel nous ayons même conservé quelques doutes ( fig. 9, 10,82)
L'appareil digestif est représenté par un tube d’un calibre presque uniforme dans tout son trajet , et qui se porte directement de la bouche à l'anus ( fig. 2, 8, 4, &). Cette dernière ouverture est située en dessous et sur la ligne médiane, à la réunion du quart postérieur avec les trois quarts antérieurs du corps (fig. 2, 8, «a ). Le tube intestinal est maintenu dans la cavité du corps, dont il occupe le centre, par deux replis verticaux que nous appellerons replis mésentériques, et qui vont s'attacher supérieurement et inférieurement aux parois de cette cavité (fig. 8, 9, m, m', et fig. 10).
On aperçoit, autour des parois de l'intestin, un grand nombre de petites granulations arrondies qui ont été indiquées par M. Krohn, et qui servent sans doute, comme l’a pensé ce naturaliste, à sécréter quelque liquide propre à favoriser l'acte de la digestion (fig. 9).
Les Flèches possèdent des organes mâles et des organes femelles réunis sur le même individu. Les or-
VERS. 651 ganes femelles sont représentés par deux ovaires, en forme de cœcums, situés sur les côtés et le long de la partie postérieure de l'intestin. Le développement de ces poches ovariques est en rapport avec celui des œufs qui s'y trouvent contenus; ainsi, sur quelques individus, elles n’occupent qu'une très-petite étendue dans la cavité du corps, tandis que, dans d’autres, elles remplissent en grande partie cette cavité, présentant alors, dans leur intérieur, des œufs à tous les états de développement (fig. 41, 2, o, et fig. 11, 14). Ces ovaires se continuent antérieurement avec un ligament très-grêle qui va s’insérer en avant sur les parois du corps, à peu de distance de la tête ; par leur extrémité postérieure, ils viennent s'ouvrir en dessus et sur les côtés de la ligne médiane, un peu en arrière de l'ouverture anale (fig, 4, 8, 0’, 0°).
Les organes mâles sont constitués également par deux poches latérales, situées à l’extrémité postérieure du corps, et s’ouvrant sur les côtés, un peu en avant de la nageoire caudale (fig. 1, 2, 8,13, 4,t, et #', d). Le développement de ces poches est toujours en rapport avec celui des ovaires; ainsi, quelquefois à peine apparentes, elles sont comme gonflées et font à l'extérieur une saillie très-marquée sur les individus dont les ovaires sont aussi très-développés (fig. 43). Suivant M. Krobn, qui s’est trouvé dans des circonstances beaucoup plus favorables que nous pour faire cette étude, la liqueur séminale contenue dans ces organes, est d’un blanc de craie, épaisse, et formée uniquement de spermatozoïdes, lorsqu'on l’examine à l’époque de
652 s ZOOPHYTES.
la fécondation; avant cette époque, et surtout chez les jeunes individus, ce liquide, plus limpide, présente des amas de cellules, constituant les globules séminaux dans lesquels doivent se développer plus tard les spermatozoiïides (1). Nous renvoyons, pour les diverses phases de ce développement, au travail de M. Krohn qui les a indiquées d’une manière tres-détaillée. Ce naturaliste a été conduit à admettre, d'apres ses recherches, que ces animaux se fécondaient eux-mêmes, et que cette fécondation s’opérait probablement par le rapprochement des ouvertures mäles et femelles.
Le système musculaire est constitué par des bandes de fibres musculaires qui doublent, en dessus et en dessous, la face interne de la peau. M. Krobhn en ayant donné une description très-exacte et qui s’accorde entièérement avec ce que nous avons vu nous-même, nous nous abstiendrons d’entrer ici dans plus de détails à ce sujet (fig. 8). Ce système comprend aussi les muscles qui mettent en mouvement les parties de la bouche, et pour lesquels nous renvoyons également au mémoire de M. Krohn.
Le système nerveux, que M. Krohn a décrit avec d'assez grands détails, présente une disposition assez remarquable dans les Flèches. Il se compose de deux sanglions principaux, un ganglion céphalique et un ganglion abdominal, réunis par deux commis-
(4) Nous avons fait représenter un de ces globules séminaux d’après M. Krohn (fig. 12). C’est par erreur que, dans la table explicative de nos planches, cette figure est indiquée comme représen-
ant une partie du testicule.
VERS. 653 sures qui constituent un véritable collier œsophagien. Le ganglion céphalique , situé à la partie supérieure de la tête, au-dessous de la peau, fournit trois paires de nerfs : les nerfs de la premiere paire, antérieurs, vont se perdre dans les muscles des crochets, après avoir formé, d’après M. Krohn , un petit renflement duquel partent les filaments qui se distribuent à ces muscles ; les nerfs de la deuxième paire, latéraux, ne sont autre chose que les commissures qui se rendent au ganglion abdominal ou sous-œsophagien ; les nerfs de la troisième paire, postérieurs, nous ont paru se rendre directement aux yeux, ce qui ne s'accorde pas avec la description qu’en a donnée M. Krohn (fig. 8, g, et fig. 16).
Le ganglion abdominal est situé au milieu de la paroi inférieure du corps , en avant des nageoires antérieures ; il est sous-cutané , comme le précédent, et forme même souvent une saillie assez marquée à la face inférieure du corps (1). Ce ganglion, allongé et ovoide, fournit deux paires de nerfs; les nerfs de la première paire , antérieurs, ne sont que les commissures qui font communiquer ce ganglion avec le ganolion céphalique; les nerfs de la deuxième paire, postérieurs, se portent en arrière, en divergeant un peu, et fournissent successivement des branches tres-grêles qui se perdent dans les parois du corps (fig. 8, 10, 2’). Les fibres des nerfs de la paire antérieure semblent se
(4) Nous avons trouvé cette disposition, qui paraît singulière ,
sur plusieurs individus (fig. 10, 2’).
continuer directement , à la surface du ganglion, avec celles des nerfs de la paire postérieure (fig. 17).
D'après M. Krohn, le ganglion abdominal fournirait encore un grand nombre de filaments nerveux s’en détachant de tous les côtés ; mais nous n'avons pu voir ces filaments d'une manière bien distincte.
Les yeux sont formés par une capsule sphérique dans laquelle pénètre le nerf optique. On voit, au centre de cette capsule, un cristallin très-transparent, enveloppé d’une masse pigmentaire noirâtre. Celle-ci est elle-même complétement entourée, en dessous et à sa circonférence, par l'épanouissement du nerf optique (fig. 45).
La peau, quoique très-transparente et en apparence gélatineuse, est assez épaisse et résistante.
Les Flèches sont, comme nous l’avons déjà dit, des animaux assez communs dans toutes les mers. Elles nagent avec beaucoup d’agilité, en imprimant des mouvements d’ondulation à tout leur corps. Elles paraissent très-voraces.
Outre l'espèce commune, la Sagitta bipunctata, nous avons recueilli plusieurs individus remarquables par la forme grêle de leur corps et par leur tête volumineuse et comme renflee ; nous ne savons si ces individus appartiennent à une espèce distincte, ou ne sont qu'un jeune âge, ce que leurs dimensions plus petites nous porteraient à admettre.
Les zoologistes ne savent encore quelle place ETSSE
VERS. 655 gner à ces singuliers animaux. MM. Quoy et Gaimard n'ont émis aucune opinion à ce sujet, avouant n'avoir pu étudier leur organisation d’une manière assez complète pour se prononcer. M. Lesueur, trompé par une certaine analogie dans la forme, les avait rapprochés des Firoles, ce que M. de Blainville paraît avoir d’abord adopte (1); mais, un peu plus tard, ce célèbre zoologiste rejeta cette manière de voir, en disant que c’étaient des animaux tout différents des Firoles, puisqu'ils n'avaient ni nucléus, ni pied abdominal en nageoire, mais une forme de poisson (?). Depuis, M. d'Orbigny est revenu à l'opinion de M. Lesueur, qu'il a cru étayer par ses observations ; mais nous avons vu que les détails donnés par ce naturaliste étaient à peu près complétement inexacts. Enfin M. Krohn, guidé par une connaissance bien plus complète et bien plus exacte de l’organisation de ces animaux, les a rapportés aux Annélides , tout en reconnaissant cependant qu'ils s’éloignaient beaucoup de ceux-ci par plusieurs de leurs caractères. Dans une note qui fait suite à la traduction du mémoire de M. Krobn, M. Milne-Edwards a eru devoir donner son opinion sur le rapprochement proposé par ce naturaliste, et sur les affinittés naturelles du genre Sagitta ; M. Milne-Edwards s'exprime ainsi à ce sujet :
« Ayant eu occasion de voir le Sagitta bipunctata pendant mon dernier voyage à Messine, je crois de-
(1) Manuel de Malacologie, pag. 492.
(2) Même ouvrage, dans les nouvelles additions et corrections, pag. 656.
voir dire que je ne partage en aucune façon opinion de M. Krobn sur les affinités naturelles de cet animal. Je ne vois rien dans son organisation qui puisse le faire considérer comme un annélide, et 7e ne doute pas que ce ne soit un Mollusque, ayant à certains égards une assez grande analogie avec les Firoles. W me semble que la partie désignée par l’auteur sous le nom de tête est formée principalement par le bulbe charnu de la bouche portant l’armature dentaire, et que c'est le pli appelé capuchon dans le mémoire paécédent qui représente la tête. La disposition curieuse des organes de la génération, signalée par M. Krohn, constitue la principale anomalie dans la structure de cet animal » (1). — Comme on le voit par ce passage, M. Milne-Edwards, en rejetant la manière de voir de M. Krohn, sur les rapports naturels du genre Sagitta, est revenu à celle de MM. Lesueur et d'Orbigny; mais, si ces deux naturalistes ont pu, jusqu'à un certain point, considérer les Flèches comme des Mollusques voisins des Firoles, d’après la connaissance très-incomplete ou l’idée inexacte qu'ils avaient de leur organisation, nous croyons qu'une semblable opinion ne peut plus être soutenue aujourd’hui. Il nous paraît certain, comme à M. Krohn, que ces animaux ne sont point des Mollusques, à moins que l’on ne tienne pas compte de l'absence des appareils de la circulation et de la respiration, et, qu'à l'exemple de M. Milne-Edwards, l’on ne consi-
(1) Ann. des Sc. nat., tom. III (3° série), 4845, pag. 114.
VERS. 657 dère encore comme une simple anomalie la forme binaire et parfaitement symétrique des organes de la génération. Cette disposition de l'appareil générateur, celle du tube digestif, les crochets céphaliques, et même la forme du corps, nous ont porté à rapprocher le genre Sagitta du type des vers, bien que nous nous empressions de reconnaître que, par d’autres de leurs caractères, par la forme du système nerveux, par leurs mœurs et leurs habitudes, etc., les Flèches s'éloignent d’une maniere encore assez ‘tranchée des animaux de cette classe, et constituent jusqu’à présent un genre très-anormal.