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PLANCHE 3, FIGURES

Nous donnerons, sous ce titre, l'indication d’une espece de Loutre qui nous semble différente de celles que l’on a décrites, mais sur laquelle nous ne pouvons malheureusement fournir que des renseignements fort incomplets.

M. Gaudichaud s'est procuré, à San -Lorenzo du Pérou, une portion de crâne trouvée sur la plage, et qui provient incontestablement d’une Loutre. Toute la partie pariétale et occipitale de ce crâne manquait : le front, le palais et les dents des deux mächoires, ainsi que la partie osseuse des màchoires, étaient seuls intacts. À la mâchoire inférieure adhérait encore un morceau de peau, recouverte de ses poils, et ceux-ci étaient de couleur jaunätre.

Cette portion de crâne a appartenü à un animal parvenu à l’âge adulte, et dont la taille devait, à peu de chose près, égaler celle de la Loutre commune d'Europe, Lutra vulgaris. Par la forme en quadrila-

tèére de son chanfrein ou espace inter-orbitaire et

frontal, elle se rapproche des Zutra enhydris et lalaxina, espèces américaines; et elle indique un animal intermédiaire à ces deux sortes de Loutres. Mais il y a surtout une grande ressemblance entre nôtre portion de cräne de la Loutre du Pérou et les mêmes parties chez une Loutre de la capitainerie de Rio-Grande, au Brésil, dont la tête osseuse a été rapportée au Muséum d'histoire naturelle par M. Aug. de Saint-Hilaire. Cette Loutre du Brésil est fort différente du Z. brasiliensis. Le crane, dans Fun et dans Pautre, est un peu moins grand que celui du Zutra enhydris adulte’; les apophyses post-orbitaires sont plus saillantes, et l’étranglement post-frontal est moins large.

Toutefois, la Loutre de San-Lorenzo, au Pérou, n'est pas précisément la même que celle du Brésil; et voici, dans le peu où il nous soit permis de les comparer , les différences qui peuvent être signalées :

Dans la Loutre du Pérou, le bourrelet externe de la molaire postérieure d'en haut, au lieu de venir aboutir au milieu du tubercule postérieur, a une courbure moins ouverte, et il arrive entre le tubercule postérieur et antérieur ; les dents sont en général un peu moins fortes, et les trous sphénopalatins sont arrondis au lieu d'être ovalaires. Ajoutons que lapophyse orbitaire postérieure est beaucoup plus petite dans la Loutrt du Brésil citée plus haut et que dans le L. laxatina.

Ainsi donc, on doit supposer au Pérou l'existence d'une Loutre du même sous-genre que les Lutra la-

taxina et enhydris, mais spécifiquement différente,

Cette Loutre est probablement aussi distincte d’une \ FRC A autre espece du Brésil rentrant dans le même sous-

genre qu'elle.

GENRE BASSARIS. -— Bassaris, Lichtenstein.

BASSARIS RUSÉ.

Bassaris astuta, Licht.

Bassaris asTuTA, Lichtenstein, Saugethiere, pl. 43 ; fig. copiée dans Le

le Dict. sc. nat., Suppl. 1847.

Le Bassaris mâle, dont nous avons fait représenter le squelette, a vécu à bord de /a Bonite, où il avait été recu aux îles Sandwich, comme provenant de la Californie. Cet animal, à la fois rare et fort curieux, n’a pu être ramené vivant Jusqu'en France.

Son poil est généralement gris, un peu lavé de fauve et de brun; ses oreilles, peu velues, sont grandes et pourvues d’un pli ou dédoublement à leur bord externe; le mufle est petit, et les doigts sont velus en dessus et jusque dans leurs commissures ; les tarses sont également velus et les métacarpiens sont seuls dénudés en dessous. La queue a huit anneaux brun-noir, incomplets en dessous; sa pointe est occupée par un de ces anneaux; les moustaches sont noires, et les ongles fortement arqués comme dans les paradoxures.

Nous n'avons pas fait représenter cet animal en peau, M. Lichtenstein ayant déjà pris soin de le faire, et la figure qu'il en a donnée ayant été nouvellement reproduite dans PAtlas supplémentaire du Dictionnaire des sciences naturelles. Mais l'étude des parties anatomiques du Bassaris méritait une mention particulière, et il nous a paru convenable de réserver une planche spéciale à l’iconographie de son squelette.

La langue du Bassaris est douce; son intestin a 3 pieds 7 pouces, dont 6 pouces de gros intestin; il n'y a pas de cœcum. Üne petite plaque crypteuse circumanale existe à la terminaison de lintestin, comme dans les Mangoustes, mais elle est moins grande que dans ces animaux, et à sa surface débouchent de même les deux conduits des glandes anales. Il n’y a point de poche odoriférante au scrotum, comme dans certains Viverra.

Les poumons ont deux lobes à gauche et trois à droite.

Le foie a cinq lobes : le premier de ces lobes ou le plus externe est prolongé en pointe; le troisième est bilobulé, et la vésicule biliaire est entre ses deux lobules; le quatrième est le plus petit, et le cinquième , qui est unilobulé, est le plus considérable après le second.

Les vertèbres du Bassaris sont ainsi réparties : sept cervicales, douze dorsales, six lombaires, trois sacrées et vingt-deux caudales, dont la dernière fort petite. Ses côtes, au nombre de douze paires, se partagent en neuf vraies et trois fausses. Il y a huit pièces au ster-

num ou sternébres. Celles-ci sont comme dans la majorité des Carnassiers, et particulièrement les Mustéliens et les Viverriens. C’est aussi de ces animaux que le squelette du Bassaris se rapproche par la composition des membres. L’humérus rentre dans la catégorie de ceux qui ont un trou au condyle interne pour le passage du nerf médian, et qui manquent de trou olécranien ou intercondylien.

Les longueurs des principaux os des membres sont les suivantes : Aumérus, 0,060 ; cubitus, 0,047; fémur, 0,069 ; péroné, 0,060; tibia, 0,063.

La verge est soutenue par un os considérable, et qui à 0,050 en longueur. Il offre à sa base une espèce de tête; ensuite il est comprimé dans une partie de sa longueur et courbé légèrement, puis courbé en sens inverse, et déprimé à mesure qu'il approche de son extrémité libre, dont le bout est élargi et très-déprimé. La presque totalité des genres de Mustela ont pour caractère commun d’avoir un os dans le pénis, et sous ce rapport le Bassaris leur ressemble et diffère au, contraire des Viverriens. Le cràne de cet animal n’est pas précisément, par sa forme, celui des Viverra, non plus que des Mustéliens : il a cependant une certaine analogie avec celui des Fouines, qui sont de la seconde de ces familles. Mais la partie appendiculaire où la face en est plus étroite; Papophyse orbitaire postérieure est plus saillante. Chez les Viverriens le front est moins large qu'il ne l’est dans le Bassaris, et l’apophyse orbitaire du

jugal est moins saillante : caractère qui, joint à la fai-

ORDRE DES CARNASSIERS. 21 blesse de l'apophyse postorbitaire, distingue surtout les Viverra des Mangusta dont Porbite tend à être de plus en plus complet. Les Genettes, parmi les Viverriens, se rapprocheraient davantage, sous ce rapport, des Bassaris, dont elles ont la queue annelée; mais leur tête est beaucoup plus effilée; ses crêtes occipitale et pariétale sont plus marquées, et les crotaphytes sont séparés par une simple crête, au lieu de l'être, comme dans notre animal, par un espace en fer de lance rétréci a sa base.

La formule dentaire du Bassaris est celle-ci : 3 1.2 C. = M., dont 2 av. mol. ư carn. el? arr. mol.; formule qui se retrouve aussi chez les Viverra, c’est-à-dire, chez les Civettes, Zibeths, Genettes, Hémigales, Paradoxures, etc.

Les incisives, chez le Bassaris, n’offrent rien de particulier; elles sont assez serrées, et celles de la deuxième paire inférieure sont un peu rentrées, comme cela se voit dans les genres voisins. Les canines sont assez faibles, quoique notre animal soit mâle et adulte. Leur longueur est de 0,009.

La carnassière, ou la dent principale de lamächoire supérieure, est remarquable en ce qu’elle présente, outre le tubercule ou talon antérieur interne des autres carnassiers, le rudiment d’un second tubercule séparé du précédent par une petite vallée, et qui se trouve en face de la grande pointe latérale externe. La pointe externe antérieure est à peine sentie. La dent tuberculeuse qui vient apres celle-ci est plus large que longue, et la tuberculeuse postérieure à sa

coupe triangulaire à sommets émoussés, c’est-à-dire, qu’elle est à peu près prismatique comme dans certaines Mangoustes. La dent carnassière d'en bas, ou la cinquième, a ses trois pointes antérieures assez peu élevées et son talon postérieur n'offre rien de particulier. La dernière dent ou la sixième est à quatre tubercules et sa coupe est ovalaire, à grand diamètre antéro-postérieur.

Tels sont les principaux traits caractéristiques que nous offre le Bassaris, et qui indiquent un animal intimement lié aux Viverra, en même temps qu'il se rattache aux Musteliens par quelques autres dispositions. C’est donc un genre intermédiaire, pour ainsi dire, aux uns et aux autres, et qui, réuni aux Viverriens, ainsi que le comporterait la considération exclusive de son système dentaire, représenterait seul en Amérique les animaux de cette famille, jusqu'ici particuliers aux parties chaudes ou tempérées de l’ancien monde.

Les Mangoustes sont dans la famille des Viverra, telle que M. de Blainville ladopte, les animaux qui semblent le plus voisins du Bassaris, et il est même à noter que c’est de certaines Mangoustes de Madagascar appelées par M. Is. Geoffroy Galictis et Galidia que le Bassaris se rapproche davantage. La forme du crâne a même une analogie assez remarquable, ces Mangoustes ayant aussi sous ce rapport quelque chose des Mustela et en particulier des Fouines. On pourrait encore trouver de l’analogie entre le sys-

tème de coloration du Bassaris et celui d’une des

espèces dont il vient d’être question , nous voulons parler du Galidia elegans, décrit par M. Is. Geoffroy dans le Magasin de zoologie, et dont le corps est à peu près unicolore et la queue également annelée. Les couleurs seules sont différentes.

L’exemplaire que nous avons étudié provient de Sebashes (Milbanck Sound), sur la côte nord-ouest d'Amérique; il a été donné à l’un de nous (M. Eydoux) par M. le D. Rooke.

Le

GENRE CYNOGALE. — Cynogale, Gray.

CYNOGALE DE BENNETT.

Cynogale Bennettii, Gray.

Cynocaze BENNETTII, J. E. Gray, Magazine of nat. hist., series 2, T.I, p. 579 (1837); Viverra (LamicTis) carcHaRIASs, de Blainv., Comptes rendus, Acad. sc. 1837, 2° sem., p. 596 ; Ann. sc. nat., 2° série, VII, 273, pl. 8, 1837 ; POTAMOPHILUS BARBATUS, S.

Mull., Zoogdieren von den indischen archipel, pl. 17.

Quoique l'animal qui fait le sujet de notre planche ne soit parvenu que depuis fort peu de temps à la connaissance des naturalistes, il a déja été le sujet de plusieurs dissertations.

L’exemplaire qui fait partie des collections de /a Bonite est jeune, et présente encore sa première dentition ; C'est ce qui nous a surtout engagé à nous y arréter dans cel ouvrage.

La formule dentaire de l'espèce est, comme celle des Viverra, 21 2 C 5 mol.; celle de notre sujet peut être

ainsi formulée : 5, [. !, C £ Mol., dont les n° 2, 3 et 4

sont des dents de lait (1).

(1) Nous avons voulu indiquer par le signe prime, placé après le numéro représentant les dents, que celles-ci appartiennent à la

première dentition.

Les dents de la mâchoire supérieure ne diffèrent réellement que par des dimensions un peu moindres que celles de l'adulte. La première fausse molaire est une dent persistante, et les trois autres, à droite comme à gauche , auraient été bientôt remplacées par des dents à peu près semblables. La troisième ou avant-derniere est cependant bien distincte par le plus grand développement de sa petite pointe postérieure, et par une petite pointe antérieure qui n'existe pas dans la dent de remplacement.

A la mâchoire inférieure, la différence entre le Cynogale jeune et l'adulte a plus d'importance. La dent qui occupe la troisième place représente par sa forme le numéro quatre de l'adulte, ou celle que M. de Blainville nomme principale. C’est à si peu de chose près le même aspect, que nous négligerons d’indiquer les différences qu'elles offrent entre elles. Quant à la quatrième du jeune âge, qui est la troisième et dernière molaire de lait, elle semble au premier abord ne pas avoir de représentant chez l'adulte, car elle diffère beaucoup de sa correspondante. Chez les carnassiers digitigrades autres que les chats et les hvènes, deux genres d’animaux chez lesquels elle est tout à fait particulière, cette dent, que F. Cuvier appelle la carnassière , présente en avant trois pointes disposées en triangle, et en arriere un talon plus ou moins tuberculeux. Chez les paradoxures, les pointes sont surbaissées, et elles dépassent à peine en volume les tubercules du talon; et chez le Cynogale adulte, la dent elle-même, dans la totalité

3onite. — Zool. Tome I. Partie I. 3

de sa couronne , est un peu ovale, et comme creusée au milieu par suite de la disposition des tubercules à son pourtour. Le jeune Cynogale a la dent de lait correspondante à celle-ci beaucoup plus longue proportionnellement que celle de l'adulte, et surtout plus comprimée en avant, où elle à les trois pointes de la carnassière offertes par la plupart des autres espèces du même ordre, et dont il a été question plus haut. Mais ces pointes y sont placées presque sur une même ligne longitudinale , et en arrière d'elles existe un talon aussi distinct que celui des autres animaux carnassiers que nous citions. Ce talon est donc de même séparé des pointes antérieures de la dent, et, ce qui n’a plus lieu dans l’âge adulte pour le Cynogale, il est un peu creusé dans son milieu, et disposé de manière à ce que l’on puisse d’abord supposer que la dent de remplacement qui lui succédera représente uniquement ce talon, et manque de la partie antérieure ou tricuspide, comprimée et festonnée. Les incisives de lait de la seconde paire d’en bas sont moins hors de rang que celles de l’âge adulte.

Le crâne du Cynogale adulte a été décrit et figuré avec soin par M. de Blainville, aussi n’insisterons-nous pas sur les caractères qu’il présente. Son squelette offre la particularité remarquable de n'avoir point le condyle interne de lhumérus percé par un trou, ce qui a lieu aussi pour les chiens et les ours , parmi les carnassiers, et n’est pas un des caractères propres aux Viverra. De même que chez les chiens, il y a une perforation de la fosse olécranienne.

On compte quatorze vertèbres dorsales, six lombaires, trois sacrées et vingt coccygiennes.

L'intestin de cette espèce indique un animal trèscarnassier. Son cœcum est tres-court; le gros intes- Un a six pouces de longueur, et lintestin grêle trois pieds quatre pouces seulement.

L'aspect extérieur du Cynogale n'est pas moins remarquable. Ses doigts sont palmés antérieurement et postérieurement, mais ils sont peu allongés, et la marche est digitigrade; le corps est bas sur jambes; la queue est courte et cylindrique; la tête est garnie sur ses côtés de tres-fortes moustaches, et les oreilles sont de petite dimension. Le poil est partout très-abondant, surtout dans sa partie laineuse, qui forme une bourre épaisse et moelleuse, bien plus abondante que celle de la loutre. Cette bourre est de couleur brun rougeûtre où cannelle ; à sa base elle est grisätre; les poils soyeux, qui sont surtout apparents au dos, dépassent un peu ceux de la bourre, et comme ils sont terminés de blanc, ils donnent au pelage une teinte générale glacée.

Cet animal fréquente les eaux fluviatiles. On le trouve à Bornéo , et probablement aussi dans la presqu'’ile de Malacca. M. Gray le donne comme de Sumatra. Ses moustaches, composées de soies roides et nombreuses, contribuent à donner à sa physionomie

qnelque chose de tout à fait particulier.

Genre HÉMIGALE. — Hemigalus, Jourdan.

HÉMIGALE ZÉBRÉ.

Hemigalus zebra.

PARADOXURUS DERBIANUS, Gray, Proceedings zool. soc. Lond., 1837, p. 67; Hemicazus zeBra, Jourdan, Comptes rendus, Acad. sc., 1837, 2° sém., p. 442; Blainv., ‘bid., p. 593; Viverra Boxer, Mus. de Leyde, fide Temminck; Viverra Dersyr, Temminck, Monogr. Mammal., W, 343.

L'animal remarquable que nous avons fait figurer dans notre planche 5, n'avait point encore été représenté; mais il est déjà fort bien connu, dans ses caractères extérieurs du moins, par les publications: de MM. Gray, Jourdan et Temminck.

M. Temminck en donne la description suivante : taille un peu plus forte que celle de la Fossane (Viverra fossa); formes à peu près les mêmes, mais à queue plus longue; oreilles ovoïdes, nues intérieurement , poilues à claire voie vers la pointe du bord extérieur : à la base externe du lobe se trouve une échancrure profonde; pieds à peu près digitigrades, pourvus d'ongles grêles et pointus. Tout

ORDRE DES CARNASSIERS. 29 le pelage est d’une teinte jaunâtre ou isabelle plus ou moins foncée; il est d'égale longueur partout, sans longs poils, soyeux, doux et bien fourni; les quatre extrémités sont d’un brun clair à pointe des poils jaunâtre ; le bout de la queue, depuis la moitié, est noir où brun noirâtre. Une raie brune s'étend sur toute la longueur du crâne, depuis le museau jusqu’à l’occiput; une autre, de chaque côté, va du museau au bord de lorbite; cette bande varie en longueur, ce qui rend les interstices jaunätres plus ou moins marqués; une bande longitudinale et brune est dessinée de chaque côté de la nuque; ces deux bandes aboutissent à la première large bande transversale disposée sur les omoplates ; cette première bande est pleine ou bien imparfaite, probablement selon l’âge des sujets; on compte cinq et jusqu’à sept de ces larges bandes transversales distribuées à intervalle sur toute l'étendue du dos, depuis la nuque jusqu'à la croupe, tandis que la base de la queue est plus ou moins distinctement marquée de demi-anneaux bruns.

Longueur totale, 2 pieds 4 pouces, dont la queue prend r1r pouces; distance du bord des yeux à la pointe du nez, 1 pouce 6 lignes. Un second sujet porte des dimensions un peu plus fortes; il diffère aussi par le nombre des larges bandes brunes du dos qui est de sept, tandis que le moins grand n’en à que cinq.

M. Temminck remarque que la forme du crane,

ainsi que le nombre et la nature des dents, correspon-

dent exactement à ceux de la Genette de l'Inde (#iverra indica) , comme de la Fossane (7. fossa). Mais cette ressemblance n’est cependant pas absolue, et nous pourrions insister sur quelques particularités caractéristiques de lHémigale, si MM. Jourdan et de Blainville ne les avaient fait connaître avec détail dans le recueil cité plus haut.

Le squelette d’un Hémigale nouvellement préparé pour la collection anatomique du Muséum présente le nombre suivant de vertébres : 13 dorsales ; 7 lombaires; 3 sacrées , dont une seule en rapport avec l'os iliaque; 27 coccygiennes. Les paires de côtes sont nécessairement en nombre égal à celui des vertebres dorsales.

Le condyle interne de l’humérus a un trou pour le passage du nerf médian, comme chez les autres Viverriens, et 1l n’y a pas de perforation à la fosse olécranienne.

La langue est garnie de papilles cornées; le gros intestin a 6 pouces de longueur, et le cœcum 1 pouce; il est ample et peu musculeux; l'intestin grèle mesure 4 pieds 3 pouces. |

L'Hémigale zébré a quelque analogie extérieure avec l’animal dont il est question dans les mémoires de M. Hardwicke, sous le nom de Lisang, et que M. Horsfield appelle Fe/ës gracilis ; mais la dentition de cette dernière espèce est assez différente à en juger par la figure publiée par M. Horsfield. M. S. Muller le donne comme de Java et de Sumatra. Bornéo,

d'apres le même auteur, serait uniquement la patrie

ORDRE DES CARNASSIERS. 31 de l’'Hémigale. Les dents de lHémigale ont par leur forme une analogie remarquable avec celles du Canis megatolis, Desm., dont M. de Blainville a fait con:naître avec soin toutes les particularités dans son mémoire des Annales d'Anatomie et de Physiologie ; mais le nombre est ici comme dans la plupart des Viverriens, c'est-à-dire six molaires, de chaque côté de chacune des mâchoires.

Genre MANGOUSTE. — Herpestes, Wliger.

MANGOUSTE DE TOURANNE.

Herpestes exilis , nob.

PLANCHE 3, Ficures 7-9.

On admet que le Mangusta javanica ne diffère pas de l'espèce que M. E. Geoffroy avait nommée Herpestes ruber. La Mangouste de Touranne dont il est ici question, et dont le nom français rappellera la localité d’où elle a été rapportée, ressemble beaucoup au Mangusta javanica, et c'est un animal qui doit rentrer avec lui, le Nems, le Mangusta malaccensis ou ponticeriana et quelques autres petites espèces, dans le même sous-genre.

Sa taille et ses caractères extérieurs sont, en effet, les mêmes que chez ces animaux, et son pelage se

rapproche assez, par ses teintes, de celui du Mangusta

Javanica; mais le rouge ferrugineux y est moins

abondant.

Ses poils sont marqués de plusieurs anneaux alternativement jaunes clairs et noirs, ce qui leur donne un aspect tiqueté; le jaunâtre est remplacé par du roux cannelle à la tête et presque tout le long de l’épine dorsale; les pattes passent au noir. Le dessous de la gorge et le ventre n'ont presque pas de poils

tiquetés; ceux de la gorge sont roux clair, et le

ORDRE DES CARNASSIERS. 39 ventre les a de couleur pâle, brun enfumé à la base. La queue présente la couleur et le tiqueté des flancs; elle est bien velue et en balai, mais non pénicillée. Les tarses sont en partie dénudés ; une bande étroite nue se prolongeant jusqu'au calcaneum; le carpe et les mains sont complétement nus.

Il y à cinq doigts aux pieds de derrière comme à ceux de devant.

L'intestin a un cœcum d’un pouce de longueur.

Longueur du corps et de la tête, ro pouces 6 lig.

— derlarquent.:. 2 UT MESMREE »

L'individu ici décrit est une femelle.

Son crane, figuré sur la planche 3 de cet ouvrage, est plus petit que celui des Mangusta malaccensis et rubra, sur le modele desquels il semble pour ainsi dire établi.

GENRE CHAT.— Felis, Linne.

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