PAR
M. pe BLAINVILLE.
PLancHe 9.
Parmi les genres d'Oiseaux dont la place dans la série ornithologique est encore douteuse, genres dont le nombre diminue cependant tous les jours, à mesure que les collections zoologiques se complétent ou s’enrichissent d’une maniere plus convenable, l’un des plus remarquables est, sans aucun doute , cet Oiseau d’un blanc de neige, à ailes aiguës, à jambes et pieds courts, robustes et peu élevés, à bec solide, épais, subconique et comme doublé à sa
base par une espèce de gaine, ce qui lui a valu le
nom français de Bec en fourreau. Les navigateurs lui ont donné depuis longtemps celui de Pigeon des Malouines à cause de sa forme générale et de sa taille, de son vol et même de la forme aiguë de ses ailes que l’on peut comparer à ce qui existe chez les Pigeons, et des lieux où cet Oiseau se rencontre le plus souvent. Les ornithologistes l’ont nommé, les uns Chionis, à cause de sa couleur de neige, les autres Vaginalis où Coleoramphus, à cause de l'espèce de fourreau de son bec, et quelquefois Vecrophagus, parce que sa nourriture consiste principalement, diton, en animaux morts qu'il rencontre sur le rivage. Le premier auteur qui en ait parlé, du moins scientifiquement, car il est probable que les premiers navigateurs qui ont double le cap Horn en avaient apercu quelques individus, paraît être Forster, le compagnon de Cook, dans la seconde cireumnavigation de ce célèbre marin. En effet, il en forma un genre distinct sous le nom de Chionis, et il le plaça dans la famille des Oiseaux aquatiques qui marchent à gué, c’est-à-dire parmi les Grallæ de Linné; c'est également ce qu'il fit dans son Enchiridion, ouvrage publié en 1788, et où il le mit entre les genres 7ringa et Rallus (1).
. Pennant, qui eut l’occasion de parler de cet Oiseau dans son Histoire naturelle des mers australes, crut
(1) Voici, au reste, les propres expressions de Forster : Hoc avis genus certé ad nüllum generum anteà notorum potui referre : itaque optimum duxi novum condere, idque mea quidem sententiæ proximo ad fulicas accedet has fortèé cum gallinis connectens.
également devoir en former un genre distinct, comme l'avait fait Forster ; mais il le désigna sous le nom assez mauvais de aginalis, dans le but d'indiquer son principal caractère , l'espèce de gaîne ou de fourreau qui est à la base du demi-bec ou de l’hémiramphe supérieur. Du reste, il en fit aussi un genre d'Échassiers. C'est ce qu'imita Latham dans son Synopsis avium publié en 1781; mais il fit mieux en donnant la première figure qui ait été publiée de cet Oiseau, et qui, bien qu'assez mauvaise , a été longtemps copiée dans les ouvrages d’ornithologie; il en fit, d’ailleurs, le dernier genre de son ordre des Grallæ, et le placa entre les Poules d’eau qui le terminent et les Phalaropes qui commencent l’ordre artificiel qu’il a nommé Pinnatipèdes.
En 1789, Gmelin, dans son édition du Systema naturæ de Linné, ouvrage qu'il a été longtemps de mode de considérer comme une compilation indigeste, et dans lequel ceux mêmes qui le qualifiaient ainsi ont cependant très-souvent puisé au moins des doutes et des indications, Gmelin suivit à peu près Latham sous le rapport du nom et de la définition; il en fit également un genre d’Échassiers qu’il placa entre les Foulques ou Poules d’eau et les Jacanas.
Bonnaterre, dans la partie ornithologique de l’Encyclopédie par ordre de matières, ne fit que traduire, en notre langue, le nom de Faginalis par celui de Bec en fourreau qui a prévalu en France ; et, du reste, comme Vieillot , l'auteur des tableaux d’ornithologie de la première édition du nouveau Dictionnaire d’his-
toire naturelle, il a suivi Latham pour la place et les caractères qu'il assigne à cet oiseau. MM. Blumenbach et G. Cuvier, dans leurs Éléments d'histoire naturelle, aussi bien que M. Duméril, dans sa Zoologie analytique, passèrent sous silence le Chionis. Aussi, de 1789 à 1806, cet Oiseau, qui n'existait, il est vrai, à cette époque, que dans une des collections d’Angleterre, fut, pour ainsi dire, oublié par les zoologistes systématistes, et principalement en France, car en Allemagne il n’en fut pas tout à fait ainsi.
En effet, des 1812, Illiger l'avait envisagé, on ne sait trop pourquoi , comme devant être le type d’une famille distinete qu’il nomma Vaginali, quoiqu'il le conservât à la tête de l’ordre des Grallatores ou des Échassiers, entre les genres Charadrias, qui termine son ordre des Cursores, et Glareola. Seulement, à l’aide des manuscrits de Forster, conservés dans la bibliothèque royale de Berlin, il étendit et perfectionna la caractéristique de ce genre.
M. Vieillot, en 1816, admit cette maniere de voir, c’est-à-dire qu'il en forma également une famille des Échassiers : seulement il lui donna le nom de Coléoramphes, traduction grecque de celui de bec en fourreau, qu'avait proposé le premier M. Dumont, dans le Dictionnaire des sciences naturelles, mais seulement dans un mot du renvoi, et il revint, pour le genre, au premier nom de Chionis donné par Forster, qu'il a cependant remplacé plus tard par celui de Necrophagus. Quant à la place qu'il assigne à sa famille des Coléoramphes, c’est entre les Grues et les
OISEAUX. 111 Cariamas, ce qui n’était certainement pas heureux.
M. Oken, dans son Manuel d'histoire naturelle, qui parut aussi en 1816, n'oublia pas ce genre d’Oiseaux ; et comme, dans le système d’ornithologie qu'il a suivi, le degré d’élévation dans la série semble être déterminé par celui de laptitude à la marche, le Chionis se trouve placé avec les Glaréoles, les Céréopsis et un genre démembré des Tringas, par Illiger, sous le nom de Burhines, dans une petite famille placée entre celle des Poules d’eau et celle des Perdrix, dans l’ordre des Gallinacés.
En 1820, M. Temminck, qui n’en avait pas dü parler dans la première édition de son Manuel d’ornithologie publié en 1815, exclusivement consacré aux Oiseaux d'Europe, et sans système général, adoptant ce genre sous le nom de Chionis, crut devoir encore changer sa position dans la série; il le mit, en effet, dans l’ordre des Palmipèdes, entre le genre Cereopsis, démembré des Anser, qui le commence, et celui des Rhyncops ou bec en ciseaux, qui est un véritable Larus ou une Mouette; mais sans donner non plus aucune raison de ce changement ni de ce rapprochement évidemment fort peu naturel.
Dans la même année, M. le professeur Goldfuss, dans son Manuel de zoologie, adopta aussi ce genre sous la dénomination proposée par Forster, mais il le placa encore différemment dans la famille des Hacrotarst, contenant les Kamichi et le Psophia, quorque le Chionis soit au contraire remarquable par Ja brièveté de ses tarses, et dans l’ordre des Gallinacés,
mais toujours, comme ses prédécesseurs, sans donner aucune raison de ce singulier rapprochement, et probablement par la seule considération de la forme du bec, qui n’a cependant rien de celui des Gallinacés, si on l’examine avec attention.
Cependant un individu de cette espèce d'Oiseaux, si rare alors dans les collections zoologiques, qu’aucun peut-être des ornithologistes cités ne lavait vu, si ce n'est ceux d'Angleterre, fut rapporté, en 1824, par MM. Quoy et Gaimard, de l'expédition de cireumnavigation de M. de Freycinet , et déposé dans les collections du muséum d'histoire naturelle de Paris. Dés lors, les ornithologistes français purent s'assurer par eux-mêmes, et de visu, des rapports naturels de cet Oiseau, sur lequel en outre MM. Quoy et Gaimard donnèrent quelques détails de mœurs, en même temps qu'ils en firent paraître une assez bonne figure, dans l’atlas de leur Voyage publié en 1924 (PL,30, p.436):
M. Vieillot en publia une autre d’après le même individu cependant, l’année suivante, 1825, dans sa Galerie d’Oiséaux rares, pl. 258, mais sans rien changer à ce qu’il avait dit précédemment de cet Oiseau. Aussi M. l'abbé Ranzani, dans la partie ornithologique de ses Éléments de zoologie, ne le crut-il pas encore assez connu pour le classer définitivement, et il le mit avec les genres Céréopsis, Grebifoulque, dans un chapitre d’incertæ sedis, ce qu’imita à peu près M. G. Cuvier en 1829, c’est-à-dire dans la seconde édition de son Règne animal, en mettant les
genres Chuionts, Glareola et Phénicoptère à la fin des Échassiers, et disant que chacun d’eux pourrait être le type d’une petite famille. Comme ses prédécesseurs, il ne donne pas non plus la raison de cette manière de voir, évidemment fort peu admissible. Cependant, avant la publication de cette seconde édition du Régne animal de M. Cuvier, la seule où il soit question du Chionis, MM. Lesson et Garnot avaient apporté, de leur voyage de cireumnavigation avec M. le capitaine Duperrey, un nouvel échantillon de cette espèce curieuse ; ils nous avaient même appris quelque chose de son organisation intestinale, et, entre autres, que l'intestin grêle était pourvu de deux cœcums et qu'il y avait un gésier à l'estomac. Toutefois M. Lesson, dans la premiere édition de son Manuel d’ornithologie , publiée en 1828, continuait de placer ce genre à la fin des Grallæ, dans une famille particulière qu’il nomma Chionidées au lieu de Coléorampkhes.
Malgré cela, les ornithologistes systématistes ne croyaient pas encore cet Oiseau suffisamment connu pour qu'il fût possible de lui assigner une place définitive. Bien plus, Wagler lui-même, dans son S$ystema aviun, publié cependant en 1830, revient encore à l'opinion ancienne, et le range à la fin de son quatrième ordre, celui des Gallinacés, dans la famille des Poules d’eau, entre les Foulques qui la terminent et les Colombes qui commencent l'ordre suivant.
M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, conduit à cela
par les rapports qu’il pense exister entre cet Oiseau et les deux nouveaux genres de l'Amérique méridionale nommés 7Zrochorus et Attagis , renouvelle la manière de voir de MM. Oken, Goldfuss et Wagler, en le rangeant aussi dans l’ordre des Gallinacés, dont il forme, avec les deux genres cités, la premiere famille.
C'est aussi cette maniere de voir que M. Lesson a appuyée, dans son Traité d’ornithologie, publié en 1832, en donnant pour raison que l'aspect de cet Oiseau est tellement celui d'un Gallinacé, que tous les navigateurs le désignent sous le nom de Pigeon antarctique, et que rien ne peut le décider à le placer parmi les Échassiers ; ce qui semble faire croire que M. Lesson est un peu de Pavis de ceux qui pensent que la voix du peuple est la voix de Dieu, ce que nous sommes fort éloignés d'admettre ici comme en tout.
Quoi qu'il en soit, d’autres zoologistes, et entre autres M. Charles Bonaparte, loin d'accepter l'opinion que c'était un Pigeon ou un Gallinacé, revenaient à celle, bien plus voisine de la vérité, que c'était un genre de Palmipèdes, et le plaçaient à la tête des Larus de Linn., par lesquels ils commencent cet ordre.
Ainsi, comme résultat de ce petit point d'histoire ornithologique, on voit que le Chionis ou Bec en fourreau a été successivement et alternativement considéré comme un Pigeon, comme un Gallinacé, comme un
Echassieret commeun Palmipède;rapproché de genres
OISEAUX. 115 très-différents, et même considéré comme formant une famille distincte ; tandis que plusieurs ornithologistes l'ont regardé, avec juste raison, comme trop peu connu pour qu'il füt possible de lui assigner sa place naturelle avec connaissance de cause. Aussi ont-ils proposé de le mettre provisoirement dans une sorte d’éncertæ sedis, ce qui est, suivant moi, la marche la plus convenable à suivre en pareil cas.
Sans doute, dans un conflit d'opinions aussi variées au sujet de cet Oiseau, il était fort possible que lune d'elles approchät ou même fût complétement dans la vérité; mais, n'étant pas plus appuyée que les autres sur des raisons, elle ne pouvait être acceptée à défaut de moyens de démonstration : aussi, depuis longtemps, ces moyens étaient-ils ce que je cherchais et ce que je demandais à toutes personnes que ce sujet pouvait intéresser.
Jusqu'en 1838, mes demandes, à cet égard, avaient été presque sans succès, c’est-à-dire que les voyageurs qui nous ont procuré quelqu'un de ces Oiseaux, dans les parages du cap Horn, avaient malheureusement toujours négligé de nous rapporter un Chionis entier et conservé dans l’esprit-de-vin, ou même les visceres à part et les parties principales du squelette. Mais, à l’époque des vacances de l’année 1838, ayant eu l’occasion de faire un petit voyage à Abbeville, j'eus le plaisir de recevoir de M. Baillon, correspondant zélé et bien méritant de notre muséum, aussi bien qu'observateur fort éclairé dans plusieurs parties de la zoologie, et surtout dans lornithologie, le tronc
desséché d’un Chionis, dont il avait monté la peau pour sa collection. Des lors, j'avais tous les éléments d’une appréciation rationnelle, le sternum et ses annexes étant les parties qui m'ont offert les meilleurs éléments pour juger les rapports naturels des animaux entre eux : en sorte que, en y joignant quelques détails d'organisation intérieure que je devais à M. P. E. Botta, qui avait eu l'avantage de se procurer un Chionis lors de son voyage de cireumnavigation sur /e Héros, bâtiment de commerce commandé par M. Duhautcilly, je pouvais espérer de résoudre le petit problème de sa place dans la série ornithologique, ce que je fis même presque immédiatement dans un mémoire que je destinais à l’Académie des sciences, et dont les résultats ont été annoncés dans le volume des comptes rendus pour 1836. Mais, sur ces entrefaites, M. Eydoux, auquel j'avais fortement recommandé ce point, apporta un de ces Oiseaux parfaitement conservé dans l'alcool, lors du retour de sa seconde circumnavigation sur /& Bonite, et, depuis lors, MM. Hombron et Jacquinot en ont rapporté un autre encore plus beau et également dans l’esprit-devin : en sorte qu'aujourd'hui il m’a été possible de faire faire un squelette du premier, et ainsi de mettre hors de doute que cet Oiseau doit être placé immé:diatement à côté de la Pie de mer ou de l’'Huitrier, malgré la grande différence dans la forme du bec et même dans le nombre des doigts.
Le Bec en fourreau est un Oiseau du volume d’un
assez gros Pigeon, c'est-à-dire d'environ quinze pouces
de longueur totale; dont le corps est ovale, assez épais; lecou également assez gros, peu allongé; la tête forte, un peu déprimée, terminée en avant par des mächoires coniques assez grosses, assez courtes, subégales et fendues jusqu’au delà des veux.
Les narines sont médiocres, ovales, transpercées, c’est-à-dire sans cloison intermédiaire complète, largement ouvertes à l'extérieur, vers le milieu de la mâchoire supérieure, et sans indices d’écaille operculaire , mais quelquefois cachées en partie par l’avance du fourreau du bec.
Les yeux, assez petits, sont de forme arrondie, bordés par des paupières blanches, épaisses et formant un bourrelet considérable, mais entourés de plumes.
Les oreilles ont leur ouverture extérieure fort considérable et à peine recouverte par les plumes.
Les ailes ou membres antérieurs sont en général assez grandes, mais surtout par l'augmentation qu’elles recoivent des pennes qui bordent lavant-bras, et surtout la main; et le pouce est pourvu à sa base d’un tubercule aplati et assez saillant.
Les membres postérieurs sont aussi généralement courts, forts et robustes; le tarse est à peine plus long que le plus grand doigt et sans aucune compression sensible.
Les doigts sont au nombre de quatre : le pouce ou postérieur, petit ou tout au plus médiocre, assez élevé au-dessus du plan de position, et cependant pou-
vant atteindre le sol. Quant aux trois autres, ils sont
subégaux, assez peu allongés, assez sensiblement réunis à la base, surtout les deux externes, par un repli de la peau, et, du reste, élargis dans toute leur longueur par une sorte d’épatement ou de plante épaisse et calleuse.
La peau, en général assez épaisse, est nue seulement dans l'intervalle entre le bec et l’orifice de l’oreille, formant une plaque comme guillochée sur la joue. De la partie antérieure de cette plaque part, vers les coins de la bouche, une masse de caroncules en forme de bande sinueuse qui va, en s’élargissant, se confondre avec celle du côté opposé, sur le dos de la racine du bec. Cette partie caronculée intestiniforme , qui n'existe que dans le mâle, estsans doute susceptible d’éprouver des changements de développement avec l’âge et peut-être avec la saison.
Sur le tarse et sur les doigts, la peau est couverte, à partir du talon seulement, d’un épiderme réticulé aussi bien en avant qu’en arriere, sur le premier comme sur les seconds, disposé en squames transverses, assez mince en dessus, et au contraire fort épais et fortement granulé en dessous.
L’extrémité du tubercule formé par la base de los du pouce est ‘également nue, mais couverte d’un épiderme assez mince, et sans ergot dans le mâle comme dans la femelle.
Dans tout le reste du corps, la peau est couverte de plumes larges, arrondies, assez peu nombreuses ou peu serrées, et pourvues à la base d’un duvet
CE 1 assez considérable.
Les pennes de la queue sont au nombre de six paires seulement, et presque égales, de manière qu’il en résulte une queue carrée et assez courte : elles sont, du reste, faibles, grêles, et malgré cela assez roides.
Celles des ailes sont bien plus puissantes et robustes dans les deux parties quiles constituent. À la main, elles sont au nombre de dix, et de seize ou dix-sept à l’avant-bras. Ces deux faisceaux étant presque égaux en longueur lorsque l'aile est fermée, il en résulte une aile fort large, très-voutée, en même temps qu'elle est aiguë et dépassant la queue, sans cependant se croiser. En effet, la proportion des pennés digitales ou primaires est telle que c’est la première, élant mesurées , qui est la plus longue; la seconde et la troisième décroissent peu; les cinquième et sixième diminuent un peu plus vite, les septième, huitième, neuvième et dixième encore plus rapidement; en sorte que ces dernières sont réellement fort courtes. Toutes les dix sont , du reste, étroites, effilées par le peu de largeur des barbes, même des postérieures.
Les pennes cubitales ou secondaires croissent de la premiére, qui est la plus grande et même un peu plus que la dernière de la main, jusqu’à la douzième, et décroissent ensuite de manière à former une partie presque aussi longue que la première.
Les pennes polliciales ou du pouce sont, du reste, assez peu distinctes; aussi le pouce lui-même est-il peu mobile.
Quant aux parties revêtues de corne, les ongles
sont forts, arqués, obtus, subégaux, à bords assez
tranchants, ce qui les rend un peu concaves en dessous ; et le bec, qui présente la partie la plus caractéristique du Chionis, est également robuste et fort solide , surtout dans le mâle.
L'hémiramphe supérieur, un peu arqué, à dos mousse, assez épais, de corne en avant et s’'amincissant en arrière, avec les bords tranchants bien entiers, est remarquable, parce qu’à sa racine il est comme doublé par une lame cornée, plus ou moins distincte , soulevée à son bord antérieur, et formant une sorte de gaîne ou de fourreau qui s’avance quelquefois assez pour cacher une partie des narines, surtout dans le mäle; il est en outre plus cannelé sur les côtés.
L'hémiramphe inférieur, un peu plus court que le supérieur, est cependant aussi assez fort; sa pointe est mousse, la symphyse fort longue, sans menton prononcé, et à son extrémité postérieure la corne s’'amincit au point de devenir membraneuse avant d'atteindre la commissure.
Enfin, pour terminer ce qui a trait aux parties extérieures du Chionis, nous rappelons que son système de coloration est complétement uniforme et entièrement d’un blanc plus ou moins sale, sauf les pieds qui sont de couleur rouge, suivant les uns, et grisätre, suivant les autres, différence qui tient sans doute ou à l’âge ou à l'époque de l’année à laquelle l'animal a été observé; le bec, qui est d’un blanc sale et noirâtre à la pointe, suivant M. Quoy, d’une couleur verte uniforme , avec la pointe noire et une tache
OISEAUX. 121 d'un rouge brun sur les côtés, d’après M. Lesson, est orangé, suivant M. Botta.
Liris, suivant M. Botta, est d’un brun doré, et, suivant M. Lesson, gris blanc entouré par un cercle rouge tout pres de la pupille.
J'ignore où M. Dumont à puisé les renseignements d’après lesquels il dit que ces Oiseaux paraissent éprouver beaucoup de variations dans leur couleur avant de parvenir à leur état parfait, et qu'on en a vu qui avaient les ailes brunes et les pieds noirs; d’autres dont les ailes étaient d’un bleu pâle , et d’autres enfin dont les ailes étaient noires et le bec brunâtre. (Diction. des sc. nat., tom. X, p. 36, 1828.)
Malgré ces légères dissidences sur la couleur de certaines parties, la plupart de ces particularités extérieures du Chionis étaient à peu près connues, et cependant elles n’ont pas été suffisantes pour déterminer positivement la place de cet Oiseau dans la série ornithologique; voyons si l'étude de son organisation intérieure pourra nous conduire à ce résultat d’une manière plus certaine.
D'abord, dans le squelette, qui indique un Oiseau à la fois marcheur et assez bon voilier, nous devons noter les particularités suivantes :
Il ÿ a douze vertebres cervicales, neuf thoraciques, dont une antérieure à côte incomplète ; onze lombaires et sacrées, et enfin huit coccygiennes, dont la derniére est assez dilatée par une crête verticale arrondie.
Le sternum est parallélogrammique, où plus long
3onite. — Zool, Tome I. Partie I. 9
que large, à bords presque droits, un peu recourbé en bouclier; son bord antérieur, presque entièrement occupé par l'articulation du prœiskion, est pourvu d’une apophyse médiane peu saillante et comprimée ; le bord costal est long, légèrement et assez également excavé dans toute son étendue, son angle antérieur étant fort peu saillant; le bord abdominal est entièrement occupé par deux échancrures, séparées par trois apophyses coupées carrément, l’externe plus large et plus profonde que l’interne qui tend à se convertir en trou.
La face externe de ce sternum est assez bombée, la crête d'insertion du moyen pectoral s'étendant obliquement dans toute la longueur de cette face, et la fossette du muscle sterno-ischiatique étant petite et profonde.
Quant à la crête médiane ou bréchet qui occupe toute la longueur du bouclier, elle est fort élevée, son bord étant assez profondément excavé en avant et arrondi en arrière sans que son angle le soit.
Les côtes sont en général grêles, c’est-à-dire étroites et faibles; elles ne sont qu’au nombre de neuf : deux asternales en avant, six sternales, dont cinq avec apophyse récurrente, et une asternale én arrière.
La ceinture des membres antérieurs se compose d’une omoplate fort longue, puisqu'elle atteint la dernière côte et qu’elle dépasse même l’épine antérieure de l'os des iles, en forme de sabre assez peu recourbé et assez étroit; d’une clavicule formant, avec celle du côté opposé, un os furculaire en fer à che-
OISEAUX. 123 val assez profond , médiocrement ouvert, à branches étroites et un peu aplaties, sans apophyse à la symphyse assez éloignée de toucher au sternum ; d’un prœæiskion assez court, assez aplati et fortement élargi à son extrémité articulaire avec le sternum , et surtout à son angle externe prolongé en une apophyse trés-prononcée et débordant un peu l'articulation sternale.
L'humérus, assez court, est surtout remarquable par la largeur de son extrémité supérieure, déterminée surtout par la dilatation de la lame apophysaire d'insertion du muscle moyen pectoral.
Les deux os de Favant-bras sont également assez courts, à peine d’un huitième plus longs que l'humérus, assez peu arqués, le radius beaucoup plus petit que le cubitus.
La main est au contraire fort longue, comme dans tous les Oiseaux qui portent une aile aiguë, et cela par le grand développement du doigt médian et de ses phalanges.
Le bassin n'offre rien de bien remarquable, seulement l'os des iles est large et assez profondément excavé en cuiller dans la fosse iliaque; le pubis est fort grèle, et l’iskion, large et aplati à son extrémité vertébrale, est inégalement bifurqué en arrière.
Le fémur est assez long et même assez fort, légèrement courbé dans toute son étendue.
La jambe est bien plus longue que la cuisse qu’elle surpasse de plus d’un tiers. Le tibia qui la forme est légèrement arqué et un peu comprimé; le péroné s’en
détache supérieurement par une petite tête arrondie, servant d’articulation avec le fémur.
Le tarse, dont la longueur égale à peine la moitié de la longueur du tibia, est, du reste, formé par un os robuste et subtétraèdre sans indice de compression.
Les doigts qu’il porte sont également peu allongés; aussi sont-ils formés par des phalanges en général courtes, arrondies, peu arquées, les trois premières du quatrième doigt presque égales entre elles.
Enfin toute la tête est aussi en général courte et épaisse ; les fosses occipitales, temporales et susorbitaires étant très-prononcées.
Les mâchoires sont également robustes et peu allongées , la supérieure commençant en haut par une sorte de bourrelet transverse frontal, et l’inférieure par un os carré court, ayant ses apophyses larges et égales. La mandibule elle-même présente des fosses et des crêtes très-prononcées.
Je n'ai rien'observé dans la myologie de cet animal qui mérite d’être signalé. Seulement les muscles du cou, et surtout le digastrique de la tête, le moyen pectoral, le temporal et le masseter m'ont paru dans des proportions assez fortes, au contraire du muscle accessoire du fléchisseur profond des doigts, qui ‘était cependant encore de médiocre grosseur.
Dans les organes de la digestion, nous noterons que la langue, de la longueur du bec, avait la forme d’une flèche, c’est-à-dire était triangulaire; qu'il n’y avait aucune trace de jabot, et que le gésier était petit et médiocrement musculaire ; que le foie et la vési-
OISEAUX. 125 cule biliaire étaient très-développés, et que l'intestin, dont la longueur totale était, sur un individu femelle, de 1,095" avait deux cœcums longs de 0,170" , à l’origine du rectum et à 0,055 de l'anus, et un troisième cœcum impair de 8 millimètres seulement, à 0,340" de l’origine des cœcums pairs, ou à 0,530" de la fin du gésier.
Les mœurs et les habitudes du chionis nous sont moins bien connues que son organisation. Nous savons cependant que cest un oiseau qui semble pélagien, puisque celui qu'a observé M. Botta avait été pris étant venu se reposer à bord de son bâtiment , au 55° degré de latitude méridionale et au 64° de longitude occidentale, pendant un vent de N. E. assez fort. Celui de M. Garnot avait également été pris à 8o lieues de la terre des Patagons la plus voisine. C’est aussi dans ces parages que plusieurs Chionis se sont montrés, pendant deux ou trois jours, autour de la corvette la Bonite ; le seul qui ait pu être recueilli par ce bâtiment, a été tué par 54° de lat. sud et par 61° de long. ouest, à peu de distance de la terre des États. Enfin celui que vient de rapporter l'expédition de lAstrolabe a été recueilli aux îles Powell, au 61° de latitude sud, environ. Cependant il est beaucoup plus probable que c’est réellement un oiseau de rivage et des parties les plus australes de Amérique (1).
(1) On lit pourtant dans l’article que M. Dumont à consacré à
cet oiseau dans le Dictionnaire des sciences naturelles, que les
navigateurs l'ont trouvé à la Nouvelle-Zélande et sur d’autres
Suivant M. Lesson, c’est un oiseau farouche, et cependant celui qu'a observé M. Botta s’est laissé prendre à la main; peut-être , il est vrai, par fatigue. Son vol, d’après le témoignage de ce dernier observateur, ressemble tout à fait à celui du pigeon; ce que l’on pouvait présumer de la forme et de l’étendue de ses ailes; et c’est sans doute ce qui a porté les marins à lui donner le nom de pigeon du Cap. M. Lesson nous dit cependant que le vol du Chionis est lourd et peu analogue à celui des oiseaux de haute mer, ce qui s'accorde encore avec les observations faites par les naturalistes de la Bonite.
On dit qu’il hante les rivages, cherchant sa nourriture, qui consiste, suivant les observateurs cités, en coquillages et en animaux morts. Ce qui est certain, c’est que M. Botta a trouvé dans l’estomac de celui qu'il a dépouillé, de petites pierres.
Quant à la puanteur de sa chair, fait signalé par Forster, MM. Quoy et Lesson assurent que les individus observés par eux ne leur ont offert rien de semblable; et M. Botta, en préparant la peau du sien, ne paraît pas non plus s'être apercu de cette particularité. Toutefois, comme Forster a toujours été regardé comme un observateur exact et consciencieux ;, on ne peut douter du fait qu'il rapporte; et alors il faut supposer, avec M. Quoy, que l'individu qu'a
points des mers australes; et M. Lesson, dans la Zoologie du Voyage autour du monde, du capit. Duperrey, dit aussi qu’on l’a rencontré au sud de la terre de Diémen , de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle-Hollande , mais sans citer aucune autorité.
vu le compagnon de Cook, s'était nourri de quelque charogne , et que sa chair en avait pris la mauvaise odeur, comme cela arrive pour d’autres oiseaux et entre autres pour les vautours. C’est en effet ce qu'avait reconnu Anderson , autre compagnon de Cook, sur des individus différents. On ne connait du reste rien sur la génération de ces oiseaux, ni comment ils nichent, ni combien ils pondent d'œufs, peu de navigateurs ayant visité la Terre des États, où est sans doute leur retraite habituelle. Malgré cela, ce que nous savons aujourd’hui de lorganisation du Chionis est tout à fait suffisant pour déterminer ses rapports naturels.
Prenant d’abord en considération le sternum et ses annexes, comme l'élément le plus certain pour y parvenir, comme nous l'avons montré depuis plus de vingt-cinq ans dans notre mémoire sur ce sujet, nous voyons qu'il ne peut y avoir aucune comparaison à faire entre l'appareil sternal du Chionis et celui des Pigeons , des Gallinacés, des Poules d’eau parmi les Échassiers, et enfin des Palmipèdes autres que les espèces du genre Larus.
Avec les Pigeons, il est évident qu'il n’y a aucun rapport ni dans la forme, ni dans la proportion des parties ; les deux échancrures postérieures sont beaucoup moins disproportionnées et bien plus terminales, le bord latéral étant plus long; aussi donne-t-il articulation à six côtes sternales, au lieu de quatre seulement comme dans les Pigeons; le bréchet moins arrondi et moins avancé dans son angle antérieur ;
los furculaire, si grêle dans les Pigeons, est plus robuste et plus arqué ; le prœiskion est plus court et bien plus dilaté à sa base; et enfin l'omoplate est bien autrement grande dans le Chionis que dans les Pigeons ; en un mot, il n'existe aucune ressemblance dans aucune partie de cet appareil chez les oiseaux en question.
Avec les Gallinacés proprement dits, dont le sternum est si particulier , la comparaison peut encore beaucoup moins s'établir; iln’y a en effet de ressemblance, ni dans la forme du corps du sternum et de ses échancrures si profondes chez les premiers , au contraire de ce qu’elles sont chez le second, ni dans celle du bréchet si étroit, si fuyant dans son bord antérieur chez les uns, et au contraire assez recourbé et en avant chez l’autre; dans le furculaire si faible el si caractéristique chez les Gallinacés ; dans le prœiskion bien plus long chez eux que dans le Chionis, et même aussi dans l’omoplate au contraire plus longue dans celui-ci (1).
En portant la comparaison avec les Poules d’eau, comme le voulait Forster , On ne trouve pas plus de ressemblance. En effet, dans toute cette petite famille dont le corps est toujours plus ou moins comprimé, le sternum est fort long, fort étroit dans son corps,
(1) Les Tinochores et les Attagis ont cependant, comme le Chionis, 6 paires de pennes à la queue, et les pennes primaires, au nombre de 10, décroissant de la première à la dernière. Mais leurs narines ont une écaille ; leurs tarses sont scutellés, et leur système de coloration est varié. Je n’ai pas vu leur squelette.
et n’est pourvu en arrière que d’une seule échancrure profonde. Le bréchet, long et fort étroit , est cependant dépassé par l'extrémité de lapophyse latérale qui borde l’échancrure. La clavicule ou le furculaire est trés-grêle et presque droit. Le prœiskion est aussi long et assez faible, et rien de tout cela ne se retrouve dans l’appareil sternal du Chionis.
Restent done à comparer avec le Chionis, les Échassiers et les Palmipèdes, et surtout la famille des Tachydromes ou des Coureurs du premier ordre, et les Mouettes ou Larus du second. C’est en effet avec eux que la comparaison se montre avec un plus grand nombre de points de ressemblance. Si l’on prend en effet la Pie de mer ou l’'Huitrier (Ostralegus, L.) parmi les Tachydromes, et une Mouette de même taille à peu près que le Chionis, parmi les Palmipèdes, on trouve que l'appareil sternal est presque semblable dans les trois genres : deux échancrures au bord postérieur, la supérieure un peu plus grande que l'inférieure ; le bord latéral presque aussi long que le bréchet, et ayant du reste la même forme ; les mêmes proportions dans la clavicule, le prœiskion et l'omoplate; le même nombre de côtes, et autant de vertèbres aux différentes parties de la colonne vertébrale.
Ces points déjà nombreux et surtout importants de ressemblance entre l’'Huîtrier, la Mouette et le Chionis, sont encore augmentés de ceux que fournissent le canal intestinal et le système pennaire. En effet, dans tous les trois , il n’y a pas de jabot, qui existe dans toutes les espèces connues de Pigeons et
de Gallinacés , et le gésier est bien plus petit que chez eux ; il y a deux cœcums au rectum bien moins longs cependant que chez ceux-ci, et de plus un petit cœcum médian qu'ils ne possèdent pas.
Quant au système pennaire, le nombre des pennes de la queue n’est que de six paires dans les trois genres; et ce nombre se trouve également chez les Pigeons. Mais à laile, où la similitude existe encore dans les trois genres que nous comparons, tous ayant l'aile aiguë, il n’en est pas tout à fait de même chez les Pigeons, chez lesquels elle n’est jamais que subaiguë, la plus longue penne n'étant jamais la première ni la seconde, mais la troisième.
Ainsi le Chionis doit être rapproché de lHuitrier parmi les Échassiers, ou des Mouettes parmi les Palmipèdes : reste maintenant à décider entre les deux.
Par la brièveté des tarses et surtout par le peu d’étendue de la partie nue des jambes, si même il y en a, le Chionis s’éloigne des Échassiers pour se rapprocher des Palmipèdes; mais par la non compression des tarses , par l'absence presque complète de palmature entre les doigts, et par la forme élargie de ceux-ci formant plante, il se rapproche évidemment des Échassiers coureurs. Ainsi l’on se trouve conduit à placer le Chionis à côté de l’Huîtrier ; ce que confirment l'étude plus minutieuse du sternum et deses annexes , celle de sa tête osseuse, remarquable dans lun comme dans l’autre de ces oiseaux , par l'étendue de la fosse susorbitaire ou surcilière servant à loger une glande en bourrelet considérable, ce qui est en
rapport avec la manière dont le frontal est relevé en barre transverse à la racine du front; enfin celle de toutes les autres parties du squelette, et, par exemple, la grandeur de lomoplate, l'étendue et l'élargissement aliforme de la tête de l’humérus, la forme de l'os du pouce élargi à sa base, dans l’un comme dans l'autre, par une apophyse tuberculeuse comprimée et celle de la tête du péroné et de la crête du tibia tout à fait semblable.
Les différences qui portent sur un peu plus de brièveté des tarses, sur l'absence du doigt postérieur, ce qui à lieu dans beaucoup d'oiseaux échassiers de la famille des Tachydromes, et sur la forme du bec, n'indiquent que des particularités dans le degré de vitesse à la course, et dans l'espèce ou même l’état de la nourriture, mais nullement une différence de famille naturelle. Le peu que l’on sait des mœurs et des habitudes du Chionis confirme ce rapprochement. C'est un oiseau qui comme l’Huîtrier vit sur le rivage, qu'il parcourt pour y chercher sa nourriture, laquelle paraît surtout consister, dit-on, en moules, qui sont en effet remarquables en nombre et en grandeur dans les parages qu'il habite. Cependant la forme et la force de son bec, et surtout le tranchant de ses bords, me porteraient volontiers à croire qu’il ne borne pas là sa nourriture , et qu'il s'attaque plus ordinairement à la chair des Phoques et des Cétacés morts que la mer fait flotter à sa surface ou rejette sur ses bords. Cette supposition expliquerait le fait observé par Forster de la mauvaise odeur de sa chair ;
et comme cet oiseau est évidemment un oiseau de rivage et nullement apte à nager, je serais aussi porté à penser que les individus rencontrés par les navigateurs à de grandes distances de la terre , y avaient été entraînés par la force des vents, si furieux dans les parages du cap Horn.
D'après des renseignements que vient de nous donner M. Hombron , chirurgien-major de lAstrolabe , le Chionis serait très-commun aux îles Powell. Dans une descente faite sur l’ilot de Wedel qui fait partie du groupe de ces îles, les matelots de l’Astrolabe et de la Zélée en tuèrent un grand nombre qu’ils mangèrent, ce qui prouverait que la puanteur de la chair du Chionis observée par Forster était un fait accidentel et dépendant de la nourriture de l'individu observé. D’après ces renseignements, les îles Powell seraient aussi un des principaux points d'habitation de cet oiseau.