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LE corps de cette sciène est alongé, plus élevé dans sa partie antérieure , et décroissant rapidement jusqu'à la queue, où il est excessivement comprimé. La tête est grosse, renflée; le museau trèsobtus et arrondi; la bouche grande, la langue petite. La mâchoire supérieure, protractile, recouvre l'inférieure : l'une et l’autre sont pourvues de plusieurs rangées de petites dents en crochet. Les os pharyngiens et les arceaux des branchies ont aussi des dents. Les orifices des narines sont ronds et grands. Le contour du préopercule est arméde piquans, dont deux plus forts, dirigés en arrière et en bas, d’où ce poisson tire son nom spécifique. Au-dessus du front est une arête assez vive.
Les deux dorsales, médiocrement élevées, se touchent : la première a dix aiguillons; la seconde, un seul, et vingt-neuf rayons branchus. La queue est longue et efhilée ; sa nageoïre, légèrement arrondie, a dix-sept rayons; les pectorales, petites, falciformes et rapprochées des ventrales, en ont dix-huit: l'anale a deux aiguiïllons et huit rayons; elle se trouve placée à égale distance des ventrales et de la caudale. |
Les écaïlles sont rapprochées et denticulées; la tête et les joues en sont couvertes. La ligne latérale, d'abord recourbée en haut, devient droite dans le reste de son étendue.
La couleur générale de ce poisson est brun argenté. On remarque sur le dos des lignes obliques peu sensibles, dirigées d'arrière en avant, et formées de points bruns. Chaque rayon des nageoires dorsales a aussi un point de cette couleur à sa base.
Sa longueur est de cinq pouces; sa plus grande hauteur, de treize lignes , et l'épaisseur de sa tête, de huit.
Nous l'avons pris dans la baie de Rio de Janeiro.
GENRE PERCIS. — PERcis. Schn. L
PERCIS MONNOT. — PercIS NEBULOSA: N.
Percis leucophæa ; pinnä dorsal indvisä, cum maculä nigrà; caudä
bifurcatä.
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CETTE espèce a la tête grosse, raccourcie, arrondie; le corps un peu comprimé latéralement; la queue fourchue; les opercules armés de deux piquans, dont l'un est double; le préopercule largement dentelé ; la mâchoire inférieure munie par devant de six crochets très-recourbés, qui recouvrent une semblable rangée de dents implantées sur l'intermaxillaire, et derrière lesquelles il y en a d'autres en carde. La langue est osseuse, peu large.
Les yeux sont rapprochés et placés vers le sommet de la tête. La membrane des branchies a six rayons; les nageoires pectorales en ont dix-sept, les ventrales, six. La première dorsale, réunie a la seconde, commence sur la nuque, au-dessus des pectorales; elle est marquée d'une tache noire, et a cinq aïguillons recourbés : la seconde, qui vient immédiatement après, étend ses vingt-deux rayons jusqu'à la caudale, qui en a dix-sept ou dix-huit. Cette dernière est fourchue, filamenteuse aux deux bords.
L'anale a dix-neuf rayons; ils sont reçus, comme ceux de la dorsale, dans une raïnure, où ils ne paroïssent presque pas, lorsque l'animal les couche le long du corps.
La ligne latérale est droite. On remarque au-dessus des opercules deux lignes osseuses, saïllantes, dirigées obliquement d'avant en arriére. Les écailles sont serrées.
La couleur du poisson est d'un gris sale en dessus, blanchâtre sous le ventre. Une tache écailleuse, fine et argentée, occupe l'origme de chaque pectorale.
Ce percis a huit pouces de longueur; ïl se nourrit de petits crustacés, et habite les eaux peu profondes de la vaste baie des Chiens-Marins. Nous l'avons dédié à la mémoire de M. Monnot, chirurgien de la marine, mort de la fièvre jaune aux Antilles.
GENRE PERCOPHIS. — PErcoPais. Cuv.
PERCOPHIS FABRÉ. — PERCOPHIS BRASILIENSIS. N.
PLANCHE 53, 19. 10€t 2.
Percophis , corpore elongato, cylndraceo , cinereo suprà, subtis roseo; maxillà inferiore longiore ; caudä æœqualr.
By ie D Vo 2 PDAS2 IPS n9 IN META AS EC ENT.
CE nouveau genre, établi par M. Cuvier d'après un individu que nous avons rapporté du Brésil, tire son nom de sa ressemblance avec les percis, et de celle qu'on peut lui trouver avec un serpent, lorsque l'animal a ses nageoires supérieures et inférieures cachées dans les rainures propres à les recevoir.
Ce percophis a le corps alongé, efhilé, cylindrique au milieu, comprimé vers la queue. La tête est tout-à-fait aplatie; elle forme avec les ouïes le quart de la longueur du poisson. Le museau est alongé, pointu, la bouche grande. La mâchoire inférieure dépasse de beaucoup celle d'en haut, sur laquelle elle se replie. Toutes deux sont ‘armées de dents fortes et crochues, recourbées en dedans; les supérieures, plus grandes, très-fines , présentent d'abord plusieurs rangées sur l’intermaxillaire , dont l'extérieure est plus saïllante , et dix crochets à l'extrémité de cet os; puis viennent d'autres rangées sur le maxillaire et le vomer. Les arceaux des branchiés ont aussi des dents. La mâchoire inférieure n’a qu’une seule ligne de crochets espacés, entre lesquels se trouvent de petites dents; son extrémité est munie d'un court appendice charnu. La langue , aplatie et bien dégagée, s'élargit vers la pointe.
Les narines ont chacune deux ouvertures. Les yeux sont grands, rapprochés et placés au sommet de la tête. Les opercules sont alongés, sans piquans, et ils s'élargissent comme deux aïles. La membrane des branchies a sept rayons; et les branchies, quatre feuillets et demi.
La première dorsale est distante d’un pouce de la seconde; elle correspond aux deux tiers postérieurs des pectorales, et a neuf aiguillons. Les trente-deux rayons de la seconde occupent presque tout le dos et se terminent près de la queue, dont la nageoire, carrée, a dix-sept rayons. Les pectorales, très-larges, ont dix-neuf rayons. Les ventrales, placées tout-à-fait sous la gorge et au devant des pectorales , les touchent un peu dans le repos. L'opercule recouvre une portion de la base des ventrales.
L'anus, qui a deux ouvertures, est placé au point où se terminent les pectorales. L’anale a quarante-deux rayons prolongés jusqu'à la queue.
La ligne latérale est droite. Les écaïlles, arrondies, très-serrées, présentent cela de particulier, que les supérieures sont rudes et ciliées, à-peu-près jusqu'à la ligne latérale; et que celles d'en bas n'ont point ces deux caractères : la tête et les opercules en sont recouverts.
La couleur générale de ce percophis est grise en dessus et jusqu'au dessous de la ligne latérale, où commence une teinte rosée un peu argentée. Sa longueur est de quatorze pouces, et il habite la rade de Rio de Janeiro. À la taille efhilée de ce poisson, au développement de ses nageoires, au nombre de ses dents aïguës et à la grandeur de sa gueule , on juge qu'il doit être vorace et dangereux pour les petites espèces. és
Nous l'avons dédié à M. Fabré, l'un des officiers de /'Uranie.
Sous-GENRE PLATYCÉPHALE. — PzarycepHAzus. Bloch, éd. de Schn.
PLATYCÉPHALE D’'ENDRACHT. — PLATYCEPHALUS ENDRACHTENSIS. N.
Platycephalus, capite corporeque maxime depressis ; aculers duobus suborbiris ; maxillà inferiore longiore; caudä rotundä, trivittatä.
Br DEC AUD. TAMP 20 0V. FO TUA MAMIC I
La tête et une partie du corps de ce poisson sont larges et "excessivement aplaties ; le reste va en s'amincissant et s'arrondissant. La tête a la forme d’un triangle arrondi par devant; la bouche est grande, les mâchoiïres sont armées de dents aiguës; celles de l'intermaxillaire et du vomer sont en carde et celles des maxillaires en crochet ;il y en a aussi sur les arceaux des branchies. La langue est large, membraneuse, en forme de spatule; les yeux sont grands, placés au-dessus de la tête. L'orbite est épineuse, de même que la partie postérieure du crâne. Les sous-orbitaires présentent en avant et en arrière deux forts aïguillons réunis par leur base et dirigés dans ces deux sens ; il s’en trouve aussi un au milieu. Les ouïes sont grandes, très-mobiles et soutenues par sept rayons. L'opercule, membraneux, surmonté d'une épine , recouvre la base des pectorales, qui sont larges, arrondies et pourvues de vingt rayons ; ces nageoires s'appuient en partie sur les ventrales, lesquelles sont fixées par une pièce osseuse appartenant à l'épaule. L'anale, qui touche la caudale, à quatorze rayons.
La première dorsale, formée de six rayons, correspond aux
ventrales; la seconde, à-peu-près de même grandeur que l'anale, Voyage de l'Uranie. — Zoologie. 45
en a quatorze ; c'est aussi le nombre de la caudale, qui est arrondie: toutes ces nageoires sont tres-flexibles et couchées en arrière. Les écailles sont très-fines et légèrement argentées. La ligne latérale est droite. :
La couleur et la forme de ce poisson indiquent qu'il vit au fond des eaux; en effet, on a de la peine à le distinguer des sables sous lesquels il se cache; ïl est grisätre en-dessus, nacré et un peu rougeâtre en-dessous. Ses yeux sont argentés. La queue présente troïs bandelettes longitudinales noiïrâtres.
C’est de la baïe des Chiens-Marins, dans la terre d'Endracht, que nous avons rapporté cette espèce, dont la longueur est de sept pouces; la largeur, d’un pouce trois lignes pour la tête, et d'un pouce seulement pour le corps. Son épaisseur est de quatre lignes.
GENRE BAUDROIE. =- Zopaius. Linn.
SOUS-GENRE CHIRONECTE. Cuv.
BAUDROIE GÉOGRAPHIQUE. — Lorxius GEoGRarHicus. N.
PLANCHE 65, fig. 3.
Loplius, fronte unicornt ; corpore subflavo, maculs nigricantibus dstincto; caudä rotundä, tribus vittis notatä.
Vorci un poisson dont les couleurs sont aussi bizarres que les formes. Son corps est alongé, sa bouche presque verticale ; sur le front est un appendice charnu frangé. La première nageoïire du dos est étroite ; la seconde, beaucoup plus étendue: elles sont sémiadipeuses comme toutes les autres, c'est-à-dire qu'on n'aperçoit pas leurs rayons au travers de l'épaisseur des membranes qui les recouvrent. La caudale est arrondie, de même que l’anale. Les ventrales, réunies sous la gorge, s'écartent pour former des espèces de pieds à trois digitations. Les pectorales, assez larges, présentent cinq rayons, sous lesquels vient aboutir l'ouverture étroite des branchies.
L'œil est petit. Le fond de la couleur de l'animal est jaunâtre, marqueté irrégulièrement de taches et de lignes noires bordées de blanc. La caudale a troïs de ces bandes, parallèles, régulières, suivant son contour, avec un point blanc à chaque bord ; l'anale en a seulement une, accompagnée d'une tache de même couleur : la plus considérable de ces maculatures prend à la nageoire dorsale, descend jusqu'à la pectorale, et va former un rond près de
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la queue : l'abdomen est parsemé de petits lobes charnus blanchâtres.
Cette baudroïe fut pêchée et dessinée par M. Taunay, dans un calme, sous la Ligne, près de la Nouvelle-Guinée. Elle se trouvoit cantonnée, avec d'autres petits poissons, dans une touffe de fucus de même couleur qu’elle. Elle est représentée de grandeur naturelle.
Sous-GENRE THON. — THrNNus. Cuv.
THON BICARÉNÉ. — THYNNUS BICARINATUS. N.
PLANCHE 61, fig. 1.
T hynnus, corpore elongato, lines lateralibus duabus notato ; pinnulis superioribus septem, sex infrà; pinnà primà dorsal cœruleä ; caudà bica-
rinatà.
CE beau scombre, dessiné par M. Taunay, habite la baie des Chiens-Marins. Il est très-alongé ; la mâchoire supérieure dépasse l'inférieure, et les dents sont aiguës.
La première nageoiïire du dos, composée de douze aïguillons, prend naïssance au milieu des pectorales : il existe une légère “séparation entre elle et la seconde, qui est fortement échancrée ; puis viennent sépt autres petites nageoires. Les pectorales, assez larges, sont en faulx. L'anale, pointue, décroît insensiblement, et finit par toucher la première des six petites nageoires inférieures; la caudale est en croissant, avec ses lobes à-peu-près égaux. Sur les côtés de la queue, on voit deux petits osselets tranchans, d'où ce poisson a tiré son caractère spécifique. Toutes ses nageoires sont brunes, excepté la première dorsale, qui est bleu de ciel.
Le dessus de la tête est verdätre, ainsi que le ventre, les côtés et la queue. Le contour du dos est bleu ; après quoi vient une large bande longitudinale irrégulière, de couleur rose, au-dessous de laquelle on en voit une autre violacée. Les yeux sont jaunes. Deux lignes latérales , légèrement arquées en sens contraire, partent des pectorales ; l’une passe près du dos, et l'autre côtoie la partie inférieure du ventre. Ce poisson est représenté de grandeur naturelle.
Sous-GENRE CAR ANX. — Caranx. Lacép.
CARANX SIX BANDES. — CarANx SEXFASCIATUS. N.
PLANCHE 65, fig. 4.
Caranx flavo-viridis ; fascus transversahibus sex ; lineä laterali antice duplicr.
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CE poisson a le corps ovalaire, très-comprimé, le ventre un peu saïllant, le museau obtus, arrondi, la bouche grande, placée bas, les mâchoires égales avec une rangée de petites dents. L'œiïl est grand, de couleur d’or ; les narines ont chacune deux orifices trèsrapprochés. 1
Le ventre est d’un jaunâtre argenté; les joues et le dos sont . verdätres. Six bandes transversales de la même couleur, maïs plus foncée, occupent le corps et finissent en pointe.vers l'abdomen.
La première nageoiïre du dos, touchant presque à la seconde, est formée de neuf aiguillons, dont le premier est immobile, toutà-fait couché et dirigé en avant, comme dans les sidjans ; caractère qu'aucun naturaliste ne paroît avoir remarqué. Au devant de la seconde dorsale sont deux petits aiguïllons précédant dix-neufrayons branchus peu élevés. Les pectorales, en faulx, ont vingt-un rayons; les ventrales, six; et l'anale, dix-huit, dont le premier seul est aïguïllonné. Au-devant d'elle est la petite nageoiïre, soutenue par deux épines. On compte environ quinze rayons à la nageoire de la queue, qui est fourchue, et sept à la membrane branchiostége.
La ligne latérale est double par devant. La supérieure se courbe brusquement en haut pour devenir ensuite horizontale vers le
milieu du corps; simple d'abord, elle ne tarde pas à devenir carénée jusqu'à l'extrémité de la queue. L'inférieure, de moitié moins étendue, horizontale, part de l’opercule et se termine à la carène écaïlleuse. h
Cette espèce a deux pouces trois lignes de longueur, et dix lignes de hauteur. Elle a été dessinée, au sortir de l’eau, par M. Taunay, et nous croyons quelle habite les îles des Papous.