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DESCRIPTION ANATOMIQUE DE QUELQUES MOLLUSQUES MARINS

SSSSSLLSS SSSSSSISSISSISISISSISISISISISIISISESIIISISIIS LILI L ISIIS SSI OSISIISSISISISISISISISIS

GENRE CONE. — Conus. Linn.

CONE DE BANDA. — CoNUSs BANDANUS.

PLANCHE 69, fig. 7, 8, 9 et 10.

LE corps ou mieux la masse viscérale de ce mollusque est extrémement comprimée, moins en arrière qu'en avant, comme l'indique la forme involvée de sa coquille.

Le manteau est excessivement mince, sur-tout du côté de la columelle: il est libre dans toute sa circonférence, et nullement denticulé ni garni de tentacules, mais un peu épaissi sur ses bords. I est cependant adhérent à son extrémité postérieure, de manière à être partagé en deux grands lobes ,. dont le droït est plus grand, plus long , plus épais et un peu rebordé à sa circonférence. Au côté gauche de son extrémité antérieure, et en dessous, se voit une sorte de cornet épais, musculeux, assez long, et dont l'origine est au faisceau des muscles de la columelle; c'est le canal de la respiration.

Le pied est grand, ovale, étroit, pointu en arrière, et coupé carrément en avant, où il est un peu élargi; traversé de ce côté par un sillon marginal assez profond, il porte en arrière et le long de son bord postérieur un très-petit opercule ovale alongé.

La tête est médiocre; elle se prolonge en avant par une sorte

* Nous devons cette Description anatomique à M. le professeur de Blainville.

de ventouse infundibuliforme, coupée obliquement , au fond de laquelle se trouve la fente verticale de la bouche. A sa base et de chaque côté sont les tentacules, subcylindriques, de longueur médiocre, et portant les yeux du côté externe au dernier quart de leur longueur, qui forme ensuite une petite pointe terminale obtuse.

La cavité branchiale, située comme à l'ordinaire, est très-grande; elle renferme deux peignes inégaux, tous deux dirigés d’arrière en avant, le droit beaucoup plus long que le gauche et formé d'un seul rang de denticules, tandis que celui-ci en a deux.

L'anus est tout-à-fait à la partie postérieure de cette cavité et à l'extrémité d'un petit appendice cylindrique, flottant et coupé obliquement.

Les organes de la digestion ne nous ont rien offert de bien remarquable. Nous avons déjà dit que la bouche est formée par une fente verticale percée à l'extrémité d'une sorte de mamelon qui fait saillie dans l'intérieur de la ventouse labïale. La cavité buccale est fort petite et n'a pas de dents, maïs elle est pourvue d'une langue et d'un appareil salivaire tout-à-fait singulier. La langue est un organe cylindroïde, coudé à angle aïgu dans le milieu de sa longueur, et qui, né dans la ligne médiane de la cavité buccale, se porte en arrière à droite érau-dessus de l'œsophage. Les parois de cet organe sont épaisses et musculaires; elles sont tapissées à l'intérieur par une membrane plissée longitudinalement. Toute la cavité est remplie par deux rangées de crochets cornéo-calcaires fort longs et aigus au sommet, un peu élargis à la base, et qui, dirigés d'arrière en avant dans la première moitié de la cavité linguale, le sont en sens inverse dans l'autre.

L'appareil salivaire, outre les deux petites glandes ordinaires , comprend un autre organe que d'abord nous avions cru appartenir à l'appareil de la génération , tant il ressemble à un testicule pourvu de son canal déférent; il existe dans les deux sexes, occupe toute la partie antérieure du corps de l'animal au dessous de la

cavité branchiale. On y distingue, 1.° un organe glanduleux, subgélatineux, en forme de concombre, alongé, cylindrique, un peu recourbé, obtus aux deux bouts, et situé transversalement à la partie antérieure du muscle de la columelle; 2.° un canal excréteur extrémement long, cylindrique, qui, après être sorti de l'extrémité droite de l'organe, se porte transversalement à l'extrémité gauche, où il forme un premier paquet de circonvolutions; il revient ensuite À droite, où il en forme un second plus considérable, puis se dirige en avant, passe dans l'anneau nerveux æsophagien , se place sous l'æsophage au-dessus de la gaine linguale, et s'ouvre dans la cavité buccale.

Cette cavité buccale se continue sans rétrécissement bien sensible avec l'œsophage qui est cylindrique, très-gros, et qui, après un court trajet, se renfle insensiblement en un estomac membraneux, lequel se porte de droïte à gauche.

Le foie, d'un volume assez médiocre, forme une première masse subglobuleuse, située tout près de l'estomac, et y versant la bile par un seul canal assez gros dont la partie postérieure étoit détruite.

Le canal intestinal, né à gauche de la partie la plus large de l'estomac , se porte ensuite à droite, ne fait qu'un petit nombre de circonvolutions, et se termine comme il a été dit plus haut.

Nous avons déja donné aussi les organes de la respiration comme occupant une grande partie de la cavité branchiale. La veine qui sort de la plus grande branchie, se renfle peu-à-peu en une oreillette alongée, dirigée d'avant en arrière, et qui s'ouvre au côté droit d'un ventricule considérable terminé en avant par une sorte de cu-de-sac, et en arrière par une grosse et unique aorte. Celle-ci, peu de temps après sa sortie du cœur, se divise en trois gros troncs, l'un pour le foie, le second pour l'estomac et le troisième pour les organes de la génération.

L'appareil générateur ne nous est pas complétement connu : nous avons cependant observé un individu de chaque sexe; mais,

comme dans la plupart des mollusques conservés avec leur coquille dans l'esprit de vin, la partie postérieure des viscères étoit presque décomposée. Nous avons pourtant trouvé sur l'individu femelle , avec le foie, une masse gélatineuse qui sortoit de l'intérieur de la spire, et dont il naïssoit un énorme canal aplati, à parois également gélatineuses , et se renflant beaucoup par l'immersion dans l'eau. Nous nen avons pas vu la terminaison d'une manière certaine ; mais il nous a paru se continuer en un canal boursouflé qui traversoit obliquement la cavité branchiale et s'ouvroit à droite de cette cavité.

Dans l'individu mäle, le testicule étoit décomposé; mais on voyoit très-bien le canal déférent saïllir sous la peau sur le côté droit et se diriger obliquement vers la racine d'un organe excitateur aplati, assez alongé, situé sur le côté droit de la partie antérieure du corps, et ayant beaucoup d'analogie de structure avec celui des buccins.

Le cerveau forme une bande transverse assez épaisse, renflée

dans son milieu et de chaque côté en ganglions peu marqués. C'est

de ceux du milieu que naïssent les filets nerveux de la masse buccale , et des latéraux que sortent les nerfs considérables du pied et du muscle de la columelle, qui est large et épais.

PORCELAINE TIGRE. — CyrRÆA TicRis, Linn.

PLANCHE 70, fig. 1, 2 etr3.

LA forme générale du corps de ce mollusque est exactement traduite par celle de la coquille; il est, en effet, ovale, alongé, bombé en dessus et obtus aux deux extrémités.

Le manteau qui l'enveloppe, également ovale, n’est ouvert que dans toute la longueur de sa partie inférieure. Il est, en général, assez épais, sur-tout dans l'endroit où, ayant dépassé les viscères, il forme à droite et à gauche deux grands lobes dont le premier est un peu plus étendu que le second. Les bords mêmes de ces lches ne sont pas tentaculaires, maïs la plus grande partie de leur face interne est couverte de petits tentacules cylindriques formant une longue bande rétrécie en avant comme en arrière, et interrompue aux deux extrémités : c'est à l'endroit de cette interruption que le manteau doit former les doubles échancrures de la coquille ; mais il ne se prolonge pas en véritable tube respiratoire, comme cela a lieu dans le cône. L'attache des lobes du manteau se fait au muscle de la columelle par un grand nombre de muscles verticaux assez distincts, dont la séparation produit sans doute les dents de l'ouverture de la coquille.

Le pied de l'animal de la porcelaine est fort considérable, épais, ovale, alongé, un peu plus large en avant qu'en arrière, mais presque également obtus aux deux extrémités. Il est traversé en devant par un sillon marginal assez profond, et l'on voit dans le milieu de sa longueur un autre sillon beaucoup moins marqué, indiquant que, pour rentrer dans la coquille, il se plie longitudinalement. Nous n'avons pu découvrir aucune trace d'opercule à la face dorsale de sa partie postérieure.

Son pédicule d'insertion, constitué par le muscle de la colu- Voyage de l'Uranie. — Zoologie. s6

melle, est encore bien plus épais et même plus large que dans les cônes, puisqu'il occupe toute la longueur du pied; il forme une lame recourbée, entièrement musculaire, attachée dans toute l’étendue de la columelle.

La tête, assez peu distincte, maïs considérable à cause de la grosseur de la masse buccale, se termine en avant par une sorte de mufle percé d'un orifice médian, à bords épais, renflés et un peu plissés vers la circonférence.

Les tentacules, attachés à la racine de ce mufle, sont assez développés, sur-tout à leur base, où, d'abord aplatis, ils deviennent ensuite subcylindriques; ils portent un œil fort grand, circulaire, à l'extrémité du renflement, et ils se continuent ensuite en un flament conique, pointu , assez alongé et contractile.

La cavité branchiale est très-grande. Nous avons fait remarquer tout-à-lheure que le manteau qui la forme n'est pas augmenté par un véritable tube, quoïqu'il puisse se prolonger un peu pour doubler les échancrures de la coquille. Les branchies, assez antérieures dans la cavité, sont très-développées, sur-tout la droïte, qui forme un fer-à-cheval à branches assez serrées et ouvertes en avant: ses denticules sont très-nombreuses et fort longues. La branchie gauche, beaucoup plus petite et plus antérieure, occupe louverture du fer-à-cheval de la droite; elle est à-peu-près triangulaire.

On remarque encore dans cette cavité branchiale un énorme organe gélatineux, plissé, analogue dans son extérieur à celui que nous allons trouver dans la volute éthiopienne , maïs d'un volume bien plus considérable : mis dans l'eau, il a fourni une très-grande quantité de matière gélatineuse. Dans l'état de conservation assez incomplet où étoit l'individu que nous avons examiné, il nous a été impossible de disséquer suffisamment cet organe; maïs il nous a semblé qu'il différoit de l'appareil dépurateur, qu'il n'avoit pas même de canal excréteur, et que ce nétoit qu'un endroït de la peau

épaissie par une masse glanduleuse versant dans ses plis plus de matière muqueuse que dans tout autre endroit.

L'anus est à l'extrémité d’un tube assez gros et libre, s'ouvrant tout-à-fait à la partie postérieure de la cavité branchiale; aussi paroît-il probable qu'il puisse sortir un peu par l'échancrure postérieure de l'ouverture de la coquille.

Enfin, on remarque du côté droit, dans les individus femelles, l'orifice simple de loviduc, et, dans les mâles, un sillon creusé dans l'épaisseur d'un bourrelet assez saïllant qui a commencé par un orifice vers le tiers postérieur de l'animal, et qui, prolongé presque jusqu'à la tête, se continue ensuite dans toute la longueur d'un appendice excitateur, contractile, en forme d'oreille, placé à la racine du cou.

La bouche est au fond d'une sorte de trompe labiale, faite un peu comme celle des cônes. La masse buccale, considérable, est pourvue, avec des muscles constricteurs et rétracteurs proportionnels, d’une longue bande linguale étroite, qui se prolonge dans l'abdomen, un peu comme dans les cônes; elle est cependant plus longue que dans ces animaux, et les crochets qui l'arment sont beaucoup plus courts : ces derniers sont placés sur sept rangées, une médiane et trois paires latérales.

GENRE OVULE. — Ovuza. Brug.

OVULE DES MOLUQUES. — Ovura ovirormis. Lamk.

PLANCHE 75, fig. 2 et 3.

L'ANIMAL de l'ovule a la plus grande ressemblance avec celui de la cyprée, comme pouvoit le faire pressentir le grand rapprochement des coquilles; sa forme générale est tout-à-fait la même: son manteau est double; les cirres de la bande marginale, pédiculés et renflés en champignon à l'extrémité, sont moins nombreux et ont une autre forme que ceux des cyprées. En avant et en arrière, les deux lobes du manteau se continuent sous forme de canal, plus marqué en avant, où il présente un rudiment de tube. Le pied est celui d'une cyprée, c'est-à-dire, fort grand, ovale, à bords minces, l'antérieur traversé par un sillon marginal. Il présentoit, vers le milieu de cette extrémité, une sorte de ventouse assez profonde, à bords assez réguliers ; maïs n'ayant vu qu'un individu d'ovule, nous n'osons conclure que ce soit une disposition normale. .

Même identité pour la tête et la trompe qui paroît pouvoir se dilater en trompette; les yeux sont seulement un peu plus petits. Il existe un rudiment de dent labiale supérieure, fort étroite, en fer-à-cheval et collée à la peau de manière à n'avoir pas une grande action. La masse linguale, épaisse, ovale, en partie libre dans la cavité buccale, est armée de petits crochets comme à l'ordinaire. L'anus est à l’extrémité d'un petit tube flottant dirigé en arrière dans la cavité branchiale; celle-ci est immense et contient deux branchies, dont l’une très-grande, en fer-à-cheval, enferme la plus

petite dans son ouverture, qui est dirigée en avant. L'oviduc, terminé par un tube libre flottant dans la cavité branchiüale, est dirigé d'arrière en avant.

Aïnsi, la considération de l'animal de lovule exige presque la réunion de ce genre avec celui des cyprées.

GENRE RICINULE. — RrcINuULA. Lamk.

RICINULE MURIQUÉE. — RiciNuLA HorRIDA. Lamk.

PLANCHE 75, fig. 4 et S.

C’EST évidemment un genre extrêmement voisin et même peu distinct de celui des rex. Le manteau a les bords simples et minces; il est pourvu à gauche d'un canal assez épais et long.

Le pied a cela de particulier, qu'il est beaucoup plus large en avant qu'en arrière; cette largeur est due à une espèce d'auricule latérale.

L'opercule est placé longitudinalement dans l'ouverture de la coquille, qu'il ferme exactement; il est assez enfoncé et posé en travers sur le pied. Il a du reste la composition de l'opercule des murex, C'est-à-dire qu'il est corné, mince, avec un côté adhérent, luisant; des stries d'accroïssement viennent d'un sommet moins marqué vers la pointe que dans les zwrex.

La tête est sémi-lunaire en avant par la disposition des tentacules, qui sont triangulaires, aplatis, pointus, portant les yeux sur un renflement de leur base.

L'organe excitateur mâle est trèsgros, placé au côté externe du cou, et il se recourbe dans la .tavité branchiale, comme dans les buccins.

GENRE VOLUTE. — VozuT4. Lamk.

VOLUTE ÉTHIOPIENNE. — VoLura ÆrTaiopica. Linn.

PÉANCGHE 7 Net 2.

CE mollusque, le plus gros peut-être des gastéropodes conchylifères, a été décrit, quoique incomplétement, quant à ses parties extérieures, par Adanson, dans son Voyage au Sénégal.

La forme générale du corps est parfaitement indiquée par celle de la coquille ovale et globuleuse. Le manteau qui l'enveloppe, est, en général, assez mince, si ce n'est sur les bords, sur-tout à droite, où il s'épaissit un peu, mais sans trace de cirres ni de lobules.

* # Du dessous de la partie antérieure part un canal respiratoire fort considérable , très-épais, à la racine postérieure duquel existe un appendice tentaculaire.

Le pied est énorme relativement à son épaisseur et à son étendue; sa forme est ovalaire, très-bombée en-dessus, sans aucune trace de sillon transverse ni longitudinal ;il rentre en grande partie dans la coquille en se pliant dans ce dernier sens; aussi son pédicule d'insertion, ou le faisceau columellaire , a-t-il cette direction ; ïl est fort épais et fort large, quoïque moïns que dans les cônes.

La tête forme aussi une masse assez considérable, aplatie et bordée dans sa circonférence par une sorte de voile à bords épais, et susceptibles , sans doute, d’une assez grande extension.

Les tentacules sont latéraux, tres-distans entre eux, coniques, assez alongés et contractiles. Les yeux, remarquables par leur grandeur, sont également fort distans, tout-à-fait sessiles et placés en arriere des tentacules : nous avons remarqué dans ces organes une enveloppe blanche, probablement fibreuse, à travers laquelle perce la

couleur noire de la choroïde. Nous avons également vu l'orifice de la . pupille ouvert en avant, et un énorme cristallin remplissant toute la cavité et offrant une saïllie antérieure un peu comme dans les sèches ; il nous a aussi semblé voir deux petits muscles en arrière. La peau s’'amincit au devant de l'œil et forme une cornée transparente assez convexe. |

Au-dessous de la tête sort une trompe très-épaisse, subcylindrique, à ouverture petite et en fente verticale.

La cavité branchiale est, comme l'indique la forme de la coquille, extrêmement étendue, puisqu'elle occupe tout le dernier tour de celle-ci; nous avons vu qu'elle communique avec le fluide ambiant, à l'aide d'un syphon musculeux très-épais : on y remarque comme à l'ordinaire deux peïgnes branchiaux-assez considérables; le droit, plus grand que le gauche, est formé par un seul rang de denticules, au contraire de celui-ci, qui en a deux. En arrière se trouve l'orifice de l'anus, qui est assez petit, ovale et sessile, et placé au devante « d'une zone oblique de gros plis formés par la saillie externe de ” l'organe dépurateur ou de la viscosité.

Comme l'individu que nous avons observé étoit mâle, on voyoit sur le côté droit du cou, ou à la partie antérieure du pédicule du pied, lappendice excitateur de la génération, en forme d'oreille étroite, aplatie, dirigée d'avant en arrière.

Cette volute provient de la baie des Chiens-Marins.

GENRE VIS. — TEREBRA. Brug.

VIS TACHETÉE, femelle. — TEREBRA MACULATA.

PLANCHE 69, fig. 6.

LE corps de ce mollusque, dans sa partie viscérale, étoit trèsélevé, comme l'indique la forme turriculée de la coquille; cependant il étoit bien loin d'en occuper toute l'étendue, un grand tiers de la partie supérieure de celle-ci étant entièrement solide et rempli de matière vitrée.

Le manteau qui enveloppe cette partie du corps est mince, peu épais, et ses bords libres, qui débordent À peine l'ouverture de la coquille , n'offrent aucune trace de lobes ni de digitations. À sa partie antérieure et gauche, existe, comme dans tous les syphonobranches, un tube ou canal ouvert inférieurement, et qui peut sortir assez par l'échancrure de l'ouverture de la coquille.

La masse musculaire abdominale ou pied est assez épaisse, de peu d'étendue ; sa forme est ovale, peu alongée et presque circulaire , sans indice de sillon à son bord antérieur. On ne remarque pas non plus d'appendices ou de lobes de chaque côté de son pédicule d'insertion, qui est assez épais et court.

On voyoit très-bien, à la partie postérieure de la face dorsale, un espace ovalaire, aplati, indicateur de lattache d’un opercule ; l'opercule lui-même n'existoit pas et en avoit été détaché; mais nous l'avons trouvé sur l'animal d'une autre espèce de vis.

La masse céphalique est assez petite et ovale. A Ia partie supérieure du rebord labïal, par où sort la trompe, étoient deux trèspetits tentacules triangulaires, aplatis, peu distans l'un de l'autre,

et portant au sommet un petit point noir, sans doute oculaire. Voyage de l'Uranie. — Zoologie. 7

La trompe elle-même est fort longue, considérable, ovale, et un peu aplatie dans une grande partie de son étendue; elle se renfloit vers son extrémité en une sorte de tête, qui est peut-être extensible dans l’état de vie. On voyoït très-bien que cette énorme trompe étoit composée de trois couches de fibres musculaires ; une externe, oùelles étoientannulaires ou transverses; une médiane, longitudinale, et une interne, également transverse comme l'externe, mais moins épaisse. Elle ne renfermoit aucune trace de parties cornées ou de dents, ni à son orifice antérieur, ni à son origine dans la cavité buccale; on remarquoit seulement en cet endroit beaucoup de replis formés par la membrane muqueuse, qui se prolongeoïent dans la racine de la trompe. En arrière, à son origine , étoit la véritable masse buccale , petite, ovale, déprimée, saïllante dans la trompe comme dans un museau de tanche à ouverture transverse ; ses parois étoient épaisses : on y distinguoit fort bien les muscles rétracteurs et constricteurs, et la membrane interne y formoit des plis longitudinaux, presque réguliers, comme tranchans, plus blancs et plus durs que le reste.

L'anus étoit à l'extrémité d'un assez petit tube, à peu de distance de la terminaison de l'oviduc, qui s'ouvroit par un orifice trèsgrand.

Nous n'avons pas observé d'individu mâle.

GENRE PTÉROCÈRE. — PTEROGERA. Lamk.

PTÉROCÈRE ARAIGNÉE, — PTEROCERA CHIRAGRA.

PLANCHE 70, fig: 4uisuets 6:

LE corps de-ce mollusque est en général comprimé, et la masse des viscères remplit presque toute la spire de la coquille.

Le manteau est double, fort mince; ïl enveloppe le corps. Ses bords descendent assez et sont bien entiers, sans aucune indication de lobures ni de laciniures, même du côté droit, où la coquille est profondément digitée. Ils forment un ovale alongé bien ferme dans toute sa circonférence, et se prolongent en avant et en arrière, de manière à produire, sur-tout en avant, une sorte de gouttière, mais sans qu'ils soïent à peine plus épais qu'ailleurs.

Le pied, dans l'état de contraction, étoit petit, comprimé latéralement, du moins en arrière, où il sembloït presque tranchant. Ce n'étoit qu'en avant qu'il étoit élargi, aplati en-dessus, et qu'il paroissoit pouvoir servir à la locomotion. Nous n'avons pas remarqué de sillon transverse antérieur, maïs une excavation assez profonde. Il portoit, en arrière, presque tout-à-fait sur le dos de sa pointe, un petit opercule en forme d’ongle.

La tête, peu distincte, se prolongeoïit en avant par une sorte de trompe ou d'organe subcylindrique renflé à son extrémité, et dont l'ouverture, en forme de fente verticale, étoit plissée dans toute sa circonférence ; elle avoit du reste beaucoup de rapports, pour sa structure , avec la trompe des buccins, étant comme elle pourvue, dans la ligne médiane inférieure, d’un ruban lingual garni de dents ou d'aiguillons recourbés en arrière sur deux rangs principaux.

SA

A [a racine, et de chaque côté de la masse proboscidale , est un appendice subcylindrique, considérable , élargi et aplati à sa base; il devient à-peu-près cylindrique et dirigé en avant sans diminuer de grosseur, et porte à son extrémité arrondie et un peu renflée un œil évidemment plus gros que dans les autres mollusques de la même division. Vers la moitié environ de cet appendice, naît au côté interne un tentacule cylindrique, beaucoup plus grêle que le pédoncule oculaire, et qui paroît se terminer par une pointe mousse.

La cavité branchiale, très-grande, largement ouverte dans tout son bord antérieur, se continue en arrière assez au-delà du dernier tour de spire; elle ne contient qu'une seule grande branchie pectiniforme qui se prolonge autant qu’elle, et dont les lames, d’abord petites, s'alongent peu-à-peu, de manière que ce sont les plus antérieures qui sont les plus longues; elles ont du reste la structure ordinaire. OS

On remarque dans la cavité branchiale et à droite la terminaison un peu libre et flottante de loviduc; cet organe étoit rempli d'une matière blanche, et se contournoit en arrière en suivant la marche de la spire, laquelle renfermoit une substance albumineuse qui s'est gonflée considérablement par l'absorption de l'eau.

A la racine postérieure de cette terminaison de l'oviduc, se trouvoit un autre orifice plus enfoncé qui sans doute est celui du canal intestinal.

Sur un seul individu que nous avons eu à notre disposition et qui étoit assez mal conservé, nous n'avons pu étudier l'organisation intérieure d'une manière bien complète. Voici cependant ce que nous avons Vu :

L'œsophage, qui suit la trompe, est fort étroit ; il se porte, sans changer beaucoup de dimension, assez en arrière dans le second tour de spire;, où il se renfle en un estomac simple, petit, sur les paroïs duquel nous avons trouvé une lame en forme d'écaille, assez dure, qui pourroit bien être de la bile concrétée.

En cet endroit, l'estomac est entouré par les lobes du foie, ou au moins par ceux de la partie antérieure.

L'intestin qui en sort paroît faire peu de circonvolutions ; il se recourbe d'abord en avant; et après un trajet assez long, provenant de ce que l'estomac est très-reculé, il se porte au plancher de la cavité branchiale, accompagnant la partie gélatineuse de l'oviduc. Ce viscère se termine par un renflement assez considérable formant un gros mamelon au côté postérieur du plafond en se dirigeant en arrière. Le rectum étoit rempli par une matière blanche, évidemment crétacée, ce qui feroit croire que ces animaux percent la coquille d'autres mollusques pour en manger la chair.

Nous navons pu voir les organes de la génération que d’une manière encore plus incomplète. L'individu que nous avons disséqué étoit femelle; la partie gélatineuse de l’oviduc, très-considérable, faisoit beaucoup de circonvolutions.

GENRE HIPPONYCE. — XrppoNyrx. Defrance.

HIPPONYCE RAYONNÉE. — HippoNYx RADIATA.

PEANGHE 60 fo 10215 4iIeENt

Nous avons découvert cet animal appliqué ou plutôt enfoncé assez profondément à la face externe de la coquille du ptérocère décrit plus haut { planche 70, figures $ et 6). La coupe de l'enfoicement quil avoit produit dans cette coquille démontre d’une manière manifeste qu'une fois fixés, ces animaux ne doivent plus exécuter d'autres mouvemens que ceux d'abaissement ou d'élévation pour l'arrivée de l'eau et de la nourriture. C’est ce qui nous a déterminés à rapporter ce mollusque au genre hipponyce, établi dans ces dernières années par M. Defrance, quoïqu'il n'ait pas de support et que ce soit le corps étranger qui lui en serve.

Le corps de ce mollusque, quoique ayant beaucoup de rapports avec celui des patelles, est beaucoup plus déprimé, à peine plus bombé en-dessus qu'en-dessous ; ii est du reste ovale et presque circulaire.

Le manteau qui le recouvre , extrêmement mince sur la masse viscérale, est un peu plus épais à sa circonférence, que déborde à peine le muscle rétracteur du pied. En avant, il forme une petite cavité branchiale au-dessus du cou. Il n'offre, dans aucun point de son étendue, aucune trace de cirres.

Le pied ressemble beaucoup au manteau, en sorte que la masse viscérale paroît être comprise entre deux membranes fort minces au milieu et épaisses sur les bords, qui saïllent presque également dans la circonférence de l'animal, un peu comme dans certains mollusques bivalves dont les lobes du manteau sont réunis. Dans

ZOOLOGIE. dss le sion qui sépare les bords, il n'y a point de replis qu'on pourroit supposer branchiaux.

En-dessus comme en-dessous, on voit l'extrémité du muscle rétracteur du pied ou du museau de la columelle, un peu plus étendu en-dessous qu'en-dessus où il est au contraire un peu plus large et forme une sorte de fer-à-cheval ouvert en avant : aussi laïsse-t-il une impression de cette forme, non-seulement sur la coquille de l’hipponyce, maïs encore sur celle qui lui sert de support et à laquelle il adhère réellement autant.

La tête est bien distincte, globuleuse, un peu comprimée, parce qu'elle semble portée à l'extrémité d'un rétrécissement en forme de cou; elle est terminée en avant par deux petits appendices labiaux , coniques , tentaculiformes , au milieu desquels est la bouche.

Les véritables tentacules sont gros, bien distincts entre eux et terminés par une petite pointe contractile.

Sur les deux individus que nous avons observés en bon état de conservation, nous n'avons pu apercevoir de traces d'yeux, ce qui, joint à l'habitude de l'animal de ne jamais changer de place, me fait présumer qu'il n'en existe pas.

La cavité branchiale, située et conformée comme dans les autres cervicobranches, offre aussi des filamens branchiaux attachés à son plancher, comme cela à lieu dans les cabochons.

C'est aussi dans cette cavité et à droïte que se termine le canal intestinal par un anus presque sessile.

Au même côté, mais plus en avant, tout-à-fait à la racine de | la tête, est un appendice conique, recourbé, et qui simule un troisième tentacule. Seroit-ce un organe excitateur !

Enfin , dans la ligne médiane sous le cou, entre la tête et le bord antérieur du pied, est un autre appendice plus mince ressemblant à une spatule, dont nous ignorons complétement l'usage.

Quant à la coquille de cet hipponyce, elle est épaisse, ovale,

solide, subcirculaire, très-déprimée, à sommet peu marqué, submédian et très-reculé en arrière, sans cependant être complétement marginal; le bord subcirculaire est épais, irrégulier, plus concave au milieu, de manière à ne pas pouvoir s'appliquer sur une surface plane sans relever en avant et en arrière. A l'extérieur elle est d’un gris blanchâtre, assez profondément radiée, sur-tout vers la circonférence. A l'intérieur, elle est peu excavée, lisse, blanche, crénelée sur les bords, et offre une impression musculeuse en fer-à-cheval , bien fermée en arrière et largement ouverte en avant.

GENRE NAVICELLE. — Navicezza. Lamk.

NAVICELLE ELLIPTIQUE. — NavicELLA ELLIPTICA. N.

PLANCHE 71, fig. 3, 4, $ et 6.

CE mollusque offre, au premier aspect, une certaine ressemblance avec les patelles, sur-tout avec celles qui ne sont pas symétriques; mais en l'étudiant avec attention, il n'est presque aucun point d'organisation qui puisse confirmer ce premier aperçu. Son corps est ovale, plan en-dessous, convexe en-dessus. La masse viscérale forme une petite lame ou saïllie en arrière qui dépasse le pied, mais sans aucune indication de spire. Le manteau est assez mince, entier, sans trace de cirre, ni prolongement antérieur.

Le pied est elliptique, fort mince, débordant peu le pédicule viscéral; il se fixe à la coquille par un muscle columellaire double, en fer-à-cheval, dont les branches sont réunies en arrière par une très-petite bande transverse au-dessous de la saïllie des viscères.

La tête est large, assez déprimée; elle est pourvue de deux tentacules distans, coniques, extensibles, portant à l’extérieur de leur base, sur un renflement assez gros, un œil bien évident, subpédiculé. La bouche, placée en avant et en-dessous de la tête, est grande, ovale, un peu en forme de T dont la branche transverse seroit en arrière; elle est munie de deux espèces de lèvres longitudinales garnies de dents en crochet ; ces lèvres, par leur réunion en arriére, constituent une langue droite. L'œæsophage est fort étroit comparativement à la largeur de la bouche; ïl suit le côté gauche de la cavité viscérale, et se renfle en arrière en un estomac simple et de médiocre grandeur, placé transversalement entre les deux lobes

du foie. De son extrémité naît l'intestin qui, après une anse consi- Voyage de l'Uranie, — Zoolozie. 58

dérable touchant la bouche, se recourbe en arrière jusqu'au bord postérieur de la respiration.

L'anus est à l'extrémité d'un petit tube libre dirigé obliquement de gauche à droite et d’arrière en avant, vers le plafond de la cavité branchiale. Celle-ci, fort grande, largement ouverte en avant, contient une branchie unique, triangulaire, en forme de peigne.

Le cœur est à gauche, à la base de la branchie. On distingue trèsbien l'oreillette arrondie et le ventricule ovale, un peu plus gros, de l'extrémité postérieure duquel sort l'aorte.

Les organes de la génération sont séparés sur des individus différens. L'organe femelle se termine à droïte dans la cavité branchiale, comme à l'ordinaire, par un orifice fort grand. L'appareil générateur mâle a sa terminaison beaucoup plus antérieure, en avant et au-dessous de la racine du tentacule droit. L'organe excitateur occupe le côté droït de la tête; il est grand, plat, angulaire, pointu et ridé transversalement; peu rétractile, comme dans les mollusques dioïques, il fait plus ou moins de saillie et simule un troisième tentacule. Le testicule est arrondi, situé dans les lobes du foie; son canal déférent est très-flexueux.

La forme et sur-tout la position de lopercule sont tellement anormales, qu'on a pu dire que ce n'est pas un véritable opercule et qu'il est situé dans le pied. C'est un opercule évident, et sa place est au-dessus du pied comme dans tous les mollusques céphalés qui en sont pourvus : sa forme est subquadrilatère; il est adhérent par toute sa face inférieure, libre dans la supérieure, et terminé en arrière par une partie cartilagineuse par où il saugmente. Il est porté, comme dans les natices, par un très-petit appendice du pied, qui le déborde un peu en arrière. Maïs ce. qui le rend si anormal, c'est que le pied, qui est réellement sous-trachélien, c'est-àdire , seulement attaché au-dessous du corps, est réuni dans presque tout le reste de sa longueur à la masse viscérale par la continuation de la peau qui l'enveloppe, d’où il résulte que l’opercule semble

etre contenu dans une sorte de poche située entre le pied et les viscères, et dont l'ouverture, en forme de fente transversale, est à l'extrémité postérieure du corps. Cette disposition de l’opercule de la navicelle fait qu'il ne peut réellement plus servir comme tel. Aïnsi, ce mollusque, dont la coquille seule, bien étudiée par M. de Lamarck, avoit sufli pour déterminer la place dans la série, est un genre fort voisin des nérites. Il habite Ile-de-France, l'ile Bourbon et l'archipel des Mariannes : on le trouve dans les eaux douces et courantes; il se plaît sur-tout au milieu des cascades, et rampe très-bien à l'air libre sur les rochers simplement humectés.

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GENRE NÉRITE. — NErITA. Lamk.

NÉ RUN INR ra

PLANCHE 75, fig. 6 et 7.

CET animal, en tout semblable à celui de la navicelle, nous paroït différer beaucoup des natices. Le corps est ovale, plan en-dessous, arrondi en-dessus, un-peu plus large en avant qu'en arrière, où il se termine par une petite masse un peu tortillée en spirale et dirigée en avant.

Le manteau est plus épais sur son bord antérieur; sans canal ni échancrure, il fait le tour du pédicule viscéral et est libre dans sa circonférence.

Le pied est arrondi, épais, sans auricule ni sillon; il porte l'opercule à la face dorsale sur un appendice peu distinct. Cet opercule, placé dans une sorte de cavité peu profonde entre le pied et le bord postérieur du manteau, s’y fixe par le bord droit, et sa dent va s'attacher au muscle de la columelle du côté gauche. Le pied est attaché à la coquille par un muscle columellaire très-fort, très-épais, divisé en deux parties, l’une à droite et l’autre à gauche, de manière à former une espèce de fer-à-cheval, mais qui n'est pas fermé en arrière. é

La tête est large, très-plate; le bord frontal largement auriculé et bifide. Les tentacules, très-distans, sont coniques, à stries longitudinales. A leur base externe sont les yeux, très-grands, et placés sur de véritables pédoncules gros et courts. La bouche, inférieure,

= mr . . . . .

* Nous donnons ici l'anatomie d’un animal qui appartient bien certainement au genre des nérites, mais dont nous n’avons pu déterminer espèce, attendu que sa coquille étoit décolorée. ,

” ZOOLOGIE. 461 est située au milieu d'une sorte d'entonnoir à bord régulièrement frangé. Nous navons pas vu de dent supérieure, mais bien une langue à crochets.

L'anus est dans la cavité branchiale, comme à l'ordinaire. Cette cavité, très-grande, ne contient qu'une seule branchie obliquement dirigée de gauche à droite. Les sexes sont séparés, et l'organe mäle est en forme d'auricule sur le front à droite. .

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