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CLASSE CINQUIÈME

POISSONS

LesPoissons prennent rangaprèslesautres animaux vertébrés dans la classification naturelle ; et en réalité, ils leur sont inférieurs sous presque tous les rapports, ce qui n’exclue cependant pas une grande diversité dans la conformation de leurs organes. On se tromperait, en effet, si l’on croyait que ces animaux sont construits d’après un type absolument uniforme. L’examen, même superficiel, de leurs principales particularités anatomiques, nous montre au contraire des dispositions aussi variées que remarquables, et parmi lesquelles il en est de très importantes sous le double point de vue de la physiologie et de l’anatomie comparées. C’est à cause de ces dispositions, dont l’étude a souvent conduit à des résultats scientifiques tout à fait inattendus, que les naturalistes attachent aujourd’hui une grande importance à bien connaître, sous le rapport anatomique et physiologique, les nombreux genres de la classe des Poissons; l’utilité que beaucoup de ces animaux ont pour l'homme, et l’intérêt géologique qui se rattache à l’examen de leurs espèces éteintes, font aussi de l’ichthyologie une branche importante de la zoologie.

Caractères des Poissons. — Les Poissons se laissent aisément reconnaître aux nageoires paires, presque toujours multiradiées et multiarticulées, qui représentent leurs membres, ainsi qu’aux nageoires impaires, qui, jointes aux précédentes, constituent leurs appendices locomoteurs. Un autre caractère également important de ces animaux est fourni par leurs organes respiratoires qui sont branchiaux et toujours appropriés à la respiration aquatique. Ces branchies sont placées dans l’arrière-bouche, et attachées aux os hyoïdiens, ici très développés. L’eau qui leur apporte l'air respirable s’y rend par l’ouverture buccale et elle en sort par des orifices latéraux nommés ouïes, qui sont simples ou multiples suivant les groupes de poissons que l’on examine.

Presque tous ont d’autres systèmes d’organes fournissant aussi des caractères importants qui ne permettent pas de confondre, les nombreuses espèces de la classe des Poissons avec celles d’aucune autre.

généralités.

Ainsi leur cœur n’a que deux cavités, une oreillette et un ventricule, et il répond au cœur droit, ou cœur à sang noir des vertébrés supérieurs. Le ventricule y est habituellement suivi d’une dilatation contractile dite bulbe artériel, dont les valvules, difiérennnent disposées suivant les groupes, montrent des particularités susceptibles d’être utilement employées dans la classification. Le sang qui revient des branchies après y avoir subi le bénéfice de 1 oxygénation, passe directement dans le système aortique sans retourner à 1 organe central d impulsion. Ses globules sont presque toujours elliptiques (1) et sa couleur est presque constamment rouge. On cite cependant quelques Poissons, tels que l’Amphioxus ou Branchiostome et un petit nombre de genres marins voisins des Anguilles, chez lesquels le sang est incolore comme celui de la plupart des animaux sans vertèbres.

Nous avons dit plus haut que les Poissons respirent au moyen de branchies. Nous devons ajouter que ces branchies sont assez diversifiâmes, mais que dans un grand nombre d’espèces elles ont la forme de peignes. C est ce qui a lieu chez les Poissons ordinaires, et en particulier chez ceux dont le corps est couvert d’écailles. Chez d autres, tels que les Sélaciens, les branchies sont fixées par leurs deux extrémités, et il y a plusieurs paires de trous pour la sortie de l’eau. Chez les Lamproies, elles sont renfermées dans de véritables sacs et leurs orifices sont également multiples.

Tout le monde sait que les Poissons manquent de poumons. Cependant il ne faut pas considérer ce caractère comme absolu, car le Lépidosirène, qui est cependant bien un animal de cette classe, a des poumons véritables, ce qui ne l’empêche pas d’avoir en même temps des branchies, et sous ce rapport il est comparable aux Amphi biens pérennibranches, quoique ses branchies soient intérieures.

U ailleurs les autres Poissons ne sont pas toujours dépourvus d’organes analogues, et, pour n’avoir le plus souvent qu’une fonction hydrostatique, leur vessie natatoire n’en est pas moins comparable a un sac pulmonaire. Cette vessie est simple ou double, suivant les genres que l’on examine. Elle approche plus dans certaines espèces que dans d’autres de la disposition pulmoniforme ; elle communique avec l’amère-bouche, ou reste close de toutes parts; et, ce qui n’est

!1) Voici les dimensions des globules sanguins de quelques espèces de poissons, exprimées en millimètres :

lata clavala, ^ sur ^ ; Torpédo ocutala, £ sur ^ ; Acipenser sturio, £ sur yprinus carpio , £ sur^; Anguilla vulgaris, £ sur ,;T ; Perça / luviatili i surTr, 5 Syngnalkus acus, ^ sur ^ Pelromyton Plancri

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pas moins curieux, elle peut exister dans certaines espèces, et manquer dans certaines autres appartenant cependant au même genre; ainsi il n’y en a pas dans le Maquereau de l’Océan Scomber scombrus) et l’on en trouve toujours une dans les Maquereaux de la Méditerranée [Scomber pneumatophorus et oolias) . Des espèces appartenant aux genres Scombrésoce, Polynôme, etc., présentent une différence analogue. La membrane composant la vessie natatoire des Poissons est formée d’une substance gélatineuse qu’on recherche pour la fabrication de l’ichthyocolle.

La vessie natatoire est remplie d’un gaz qu’elle parait sécréter elle-même, et dont la composition se rapproche à certains égards de celle de l’air; toutefois l’azote y est en très grande quantité comparativement à l’oxygène.

Le canal digestif des Poissons n’offre pas une grande complication. La bouche est ample et en communication avec l’appareil branchial; l’estomac présente souvent auprès de sa région pvlorique des appendices en forme de cæcums, qui remplacent le pancréas; l’intestin proprement dit a, dans certains genres, une disposition spirale comparable à celle de la vis d’Archimède, et l’anus est quelquefois situé dans l’angle de la mâchoire inférieure, par conséquent très près de la bouche. Beaucoup de Poissons se nourrissent de substances animales. Leurs dents sont souvent nombreuses, presque toujours uniformes, sans racines proprement dites, et il y en a parfois jusque sur les arcs branchiaux. Elles se prêtent à de nombreuses distinctions caractéristiques.

Le système nerveux de ces animaux est moins volumineux que celui des vertébrés des premiers groupes. Cependant les Poissons sélaciens l’emportent à cet égard sur les Batraciens et sur beaucoup de Reptiles par la masse et la complication de leur cerveau ; on a cherché dans ces derniers temps à démontrer que toutes les parties caractéristiques de l’encéphale des mammifères pouvaient être retrouvées chez les Poissons, mais cette manière de voir n’est pas partagée par tous les anatomistes.

Les organes des sens spéciaux sont ici assez différents de ce qu'on voit ailleurs, du moins dans certaines de leurs dispositions.

La langue n’est pas disposée pour une gustation délicate, et la partie qui porte ce nom dans la Carpe constitue un appareil bien distinct dépendant principalement du palais, quoique susceptible, si l’on en juge par sa structure, de suppléera l'imperfection ordinaire de l’organe du goût.

Les narines ne sont presque jamais en communication avec Par-

rière-bouche. Ce sont dos espèces de poches plissées dans leur intérieur, et qui sont placées sur les côtés du museau ou à sa face supérieure. Chez les Diodons elles ont l’apparence de petits tentacules charnus, et non celle de cavités. Dans tous les cas, la partie du système nerveux céphalique qui s’y rend est considérable, et elle nous montre que les Poissons, quoique vivant dans un milieu différent du nôtre, ont des sensations olfactives très délicates.

Les yeux manquent de paupières proprement dites, et ils restent par conséquent invariablement ouverts, sauf chez certaines espèces inférieures ou destinées à vivre dans des lieux obscurs. Chez

celles-ci, la peau passe au-devant d’eux sans s’ouvrir absolument, comme cela arrive chez les Reptiles fouisseurs, ou chez certains mammifères dont les moeurs sont analogues. Habituellement les yeux des Poissons acquièrent un volume considérable, et leur cornée transparente manque de convexité. Cependant ceux des Anguilles et de quelques autres Poissons restent beaucoup plus petits. Chez tous les animaux de cette classe le cristallin est de forme sphérique. Un autre caractère de l’oeil des Poissons est d’être pourvu d’un ganglion vasculaire particulier, auquel on donne le nom de glande choroïdienne.

Il n’y a d’oreille externe chez aucun Poisson, et la véritable oreille moyenne manque également; en outre l’oreille interne n’a jamais de limaçon. On n’y trouve que le vestibule et les canaux semi-circulaires, lesquels sont même réduits au nombre de deux chez les Lamproies. Chez beaucoup de Poissons osseux le vestibule renferme une concrétion solide, essentiellement formée de carbonate de chaux, que l’on appelle la pierre auditive. Chez les Raies et autres Sélaciens, cette substance n’a qu’une consistance amylacée.

Le squelette est très différent de celui des autres vertébrés. Cependant quelques-unes des particularités qui le distinguent commencent déjà à se montrer chez certains Batraciens. Telles sont en particulier la persistance plus ou moins grande de la corde dorsale et la forme biconcave des corps vertébraux.

La corde dorsale, dont la structure est fibro-celluleuse, est le premier état sous lequel apparaît l’axe solide du corps qui deviendra plus tard la série des centres vertébraux ; elle persiste plus longtemps chez les Poissons que chezles autres vertébrés, dans lesquels il faut le plus souvent la chercher pendant les premiers temps de la vie embryonnaire, si l’on veut constater sa présence. Quelques Poissons la conservent même durant toute leur vie. Cependant chez beaucoup de ces animaux, et plus particulièrement chez ceux dont

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le squelette est osseux, elle fait place, à une époque plus ou moins précoce, aux vertèbres dont la segmentation ne tarde pas k se manifester, de sorte qu’on voit dans chaque Poisson osseux la succession des trois états fibreux, cartilagineux et osseux de l’axe vertébral, et dans différents groupes de la même classe des exemples permanents des deux premiers de ces mêmes états. En effet, tandis que les corps vertébraux de certains Poissons deviennent osseux, chez d’autres ils restent cartilagineux et dans d’autres encore la corde dorsale est persistante (1).

Dans les Poissons dont la charpente devient osseuse, le squelette présente des particularités tout à fait curieuses, mais qui trahissent toujours d’une façon plus ou moins évidente l’infériorité relative des animaux de cette classe. Telles sont entre autres la multiplicité des éléments osseux du crâne et la persistance à peu près complète de leurs sutures. A côté de cela le squelette de certains Poissons montre néanmoins dans quelques-unes de ses parties des cas remarquables de coalescence.

Dans tous les Poissons le crâne s’articule avec la colonne vertébrale par un seul condyle, comme cela a également lieu chez les Oiseaux et chez les Reptiles. Il faut cependant noter que ce condyle présente en général une concavité au lieu d’une convexité.

Des variations assez nombreuses se remarquent dans les membres des Poissons, qui constituent leurs nageoires paires, ainsi que dans leurs autres appendices locomoteurs ou nageoires impaires. Ceux-ci se distinguent en nageoires dorsale, caudale et ventrale. On les a regardés généralement comme étant des éléments à la fois étrangers au squelette des vertébrés supérieurs, et différents de ceux qui constituent les nageoires paires ou membrales. Cependant, si l’on considère que les rayons des nageoires impaires ont, dans leur structure, une analogie incontestable avec ceux dont l’association forme les nageoires paires des mêmes animaux, c’est-à-dire avec leurs membres véritables, et qu’il est souvent possible de décomposer chacun d’eux en un double élément, on est naturellement conduit à se demander s’ils ne seraient pas homologues avec ces derniers, et si l’état d’isolement dans lequel ils restent les uns par rapport aux autres ne résulterait pas de ce que

(1) Cette dernière particularité se retrouve fréquemment chez les Poissons des formations secondaires inférieures et elle est constante chez tous les Poissons de la série paléozoïque, même chez ceux qui appartiennent à la sous-classe des Poissons osseux de Cuvier.

chacun d'eux, tout en se soudant à celui de la même paire que lui, conserve plus complètement ses rapports avec le segment squelettique dont il est tributaire. Alors on pourrait regarder les rayons impairs, soit ceux de la dorsale et de banale, soit ceux de la queue, comme autant de rayons homologues avec ceux des membres, mais coalescents paire par paire, et ils seraient, ainsi que nous le disions tout à l’heure, identiques avec les rayons qui forment les membres proprement dits sur d’autres points du corps.

La présence de semblables rayons ou éléments membraux au dos des Poissons en même temps qu’à la partie inférieure de leur corps ne saurait être considérée comme une objection à cette manière de les envisager. On conçoit en effet très bien que les arcs supravertébraux ou les neurapophyses, qui dans les Poissons ressemblent tant aux arcs inférieurs ou hémapophyses, puissent avoir comme eux leurs appendices libres ou membres, et qu’il y en ait à peu près pour tous les ostéodesmes ou zoonites. Chez les vertébrés supérieurs, dont les arcs nerveux et viscéraux du squelette sont beaucoup plus dissemblables entre eux qu’ils ne le sont chez les Poissons, les rayons membraux de l’arc supérieur manquent constamment, et ceux de l’arc inférieur ne se développent pas tous. Ceux qui restent isolés chez les Poissons, et qui constituent les nageoires impaires de ces animaux, feraient alors régulièrement défaut chez les vertébrés aériens, et leur absence devrait donc être considérée comme étant un premier acheminement vers la diversité des deux arcs, telle que nous l’observons chez les vertébrés supérieurs. Elle s’explique aussi par la diversité des ostéodesmes, dont l’ensemble forme le squelette proprement dit chez les mêmes animaux. C’est au contraire un des caractères des Poissons que d’avoir leurs vertèbres de plus en plus semblables entre elles, et leurs arcs supérieur et inférieur si peu différents l’un de l’autre pour chaque vertèbre, qu’on a souvent de la peine à reconnaître lequel des deux est inférieur et destiné au système vasculaire, lequel au contraire est supérieur et propre au système nerveux.

D’ailleurs la nouvelle interprétation des rayons natatoires des Poissons, que nous venons d’exposer, ne saurait nous occuper dans tous ses détails; sa démonstration exigerait même des recherches que nous n’avons pu terminer encore. Cependant nous avons cru utile d’en indiquer sommairement les bases. Il est facile de comprendre en effet que si de nouvelles observations venaient à en démontrer l’exactitude, et, en la modifiant à certains égards, réussis-

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saient à lui donner un caractère définitif, on serait conduit par elle à établir d’une manière plus rationnelle qu’on n’a pu le faire jusqu’à ce jour l’archétype du squelette vertébré, c’est-à-dire la formule générale des dispositions ostéologiques dont la charpente osseuse de l’homme et celle de chacun des autres animaux à vertèbres ne sont que des cas particuliers.

L’appareil squelettique des Poissons est riche en gélatine. Leurs muscles et leur peau renferment aussi une grande proportion de ce principe, ce qui contribue à donner un caractère tout particulier à l’alimentation ichthyque. Leur chair a d’ailleurs des qualités fort diverses, suivant les espèces, ce qui tient à des différences dans la nature et la proportion des principes chimiques qui la constituent.

Les parties musculaires des Poissons qui ont le plus d’importance au point de vue de la locomotion, comme sous celui de l’usage culinaire que l’on peut faire de ces animaux, sont les grands muscles latéraux de leur tronc, qui forment une couche épaisse de chaque côté de la colonne vertébrale et de ses apophyses neurales et hémales. Ces deux faisceaux sont sépai’és l’un de l’autre non-seulement par la partie ostéodesmique du squelette, mais aussi par les os des nageoires impaires, et dans leur longueur ils sont fractionnés par des lames aponévro tiques, en autant de divisions transversales qu’il y a de vertèbres, ce qui est un retour à la disposition en zoonites, telle qu’on la trouve avec tant d’évidence chez les animaux articulés. C’est cette même disposition qui rend si facile de découper la chair des Poissons que l’on a soumis à la cuisson, et qui donne à ses différentes parties l’apparence écailleuse ou feuilletée, dont les muscles du Merlan nous fournissent un exemple bien connu.

Des muscles moins importants que les précédents, et beaucoup plus grêles, régnent le long du dos et sous le ventre, où ils ne sont sensiblement interrompus que par les nageoires dorsale et anale aux bases antérieures et postérieures desquelles ils s’attachent.

Il y a aussi des muscles propres à la nageoire caudale, aux nageoires dorsale et anale, à l’épaule, au bassin, aux nageoires ventrales, aux mâchoires, à l’arcade palato-tympanique, à l'os hyoïde et à la membrane branchiostége, ainsi qu’aux appareils branchial et pharyngien; mais ils sont très loin d'avoir l'importance de ceux que nous avons signalés de chaque côté du corps.

Les mouvements des Poissons sont très variés ; la plupart ont

dans la partie caudale de leur corps un moyen puissant d’impulsion à l’action duquel viennent encore s’ajouter les efforts des autres nageoires. Mais il y a des genres dont la queue est grêle, allongée, ou même tlagelliforme, comme cela se voit dans la famille des Raies. Alors les membres antérieurs, toujours notablement élargis, se confondent extérieurement avec le corps, et la locomotion peut être comparée à une sorte de vol. Ces animaux planent dans le liquide comme les oiseaux le font dans l’air. Les muscles de leurs nageoires pectorales sont très étendus; ce sont eux qui forment la plus grande partie de la chair mangeable des Raies.

Nous ne saurions nous étendre sur toutes les particularités curieuses que présente l’organisation des Poissons. L’une des plus singulières est la présence d’organes spéciaux pour la production de l 'électricité. Plusieurs sécrétions cutanées des Poissons sont également remarquables ; ces animaux sont les seuls chez lesquels on observe les tubes dits de Sténon et les glandes mucipares externes.

Beaucoup de Poissons ont la génération ovipare, et leurs œufs, qui sont fort nombreux, ne sont fécondés qu’après la ponte. L’ovaire est considérable, mais les parties accessoires de l’appareil reproducteur sont peu compliquées. Certaines espèces, analogues sous le rapport anatomique, sont néanmoins ovovivipares, et l’on ne saurait par conséquent douter qu’il n’y ait chez elles une fécondation intérieure; elle parait être le fait d’un simple rapprochement des orifices extérieurs.

Chez les Raies et chez les Squales les choses ne se passent pas d’une manière aussi simple. Il y a des organes spéciaux de copulation fournis par les membres postérieurs, dont certains rayons sont modifiés d’une manière particulière et les organes internes sont également fort compliqués, ce qui donne à ces Poissons une supériorité comparable à celle qu’ils ont sur tous les autres par leur système nerveux.

En général les testicules ressemblent beaucoup aux ovaires par leur grandeur et par leurs dispositions.

Le foie est volumineux et chargé d’une matière huileuse abondante.

Les reins acquièrent aussi un développement considérable ; ils forment deux corps allongés placés au-dessous de la colonne vertébrale, et qui s’étendent souvent depuis la base du crâne jusqu’au commencement de la région caudale.

Bans les Raies et dans les Squales, les uretères et les canaux qui conduisent au dehors le produit de la génération aboutissent à une

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sorte do cloaque commun. Chez les Poissons ordinaires les uretères sont de longueur variable, et ils conduisent à une dilatation commune qui tient lieu de vessie. Celle-ci verse l’urine au dehors par un orifice qui est placé immédiatement derrière l’anus, aussi bien que celui des organes génitaux, mais encore en arrière de ce dernier; disposition inverse do ce que l’on voit chez les Mammifères.

Classifications ichthyoloyiques. — Un certain nombre de classifications ickthyologiques ont été proposées depuis Kay et Willugby, naturalistes du dix-septième siècle; Artcdi, ami et contemporain de Linné, s’est occupé de ce sujet, et G. Cuvier, de Blainville, et plus récemment MM. Agassiz et Muller, se sont principalement appliqués à perfectionner sous ce rapport les résultats auxquels étaient parvenus leurs devanciers.

G. Cuvier a admis neuf ordres de Poissons qu’il a caractérisés de la manière suivante :

1° Poissons osseux.

Bayons de la nageoire dorsale ) en partie épineux. )

Rayons de la \ ,

J , , \ en arrière \

nageoire dorsale J , , }

° . I de 1 abdomen )

presque tous l sous ieS i mous: t , }

, ’ \ pectoraux i

membres 1 1 , '

. . / nuis. . .

pelviens J

Branchies en forme de houppes

Mâchoire supérieure soudée au crâne

Mâchoire

Supérieure

mobile.

Branchies en forme do peignes, J

Acanthoptérygiens.

Malacoptérygiens abdominaux.

Malacoptérygiens sub -b R a ch les s.

Malacoptérygiens apodes.

Lophobranches.

Plectognathes.

2® Poissons cartilngineux ou chondroptérygiens .

Branchies libres, n une seule paire d’ouïes

Branchies adhérentes par leurs deux hords.

Mâchoire inférieure mobile. . .

Mâchoires soudées en cercle immobile

Sturioniens.

Sélaciens.

Cyclostomes.

Postérieurement à G. Cuvier, M. Agassiz a réduit à quatre le nombre des ordres des Poissons, et il leur a donné de nouveaux noms, savoir :

1° Les Ganoïdes, auxquels se rapportent les Lépisostées et les Polyptères ainsi que les quatre groupes des Silures, des Sturioniens ou Esturgeons, des Lophobranches et des Plectognathes.

2° Les Cténoïdes, ou les Poissons acanthoptérygiens ou malacoptérygiens, qui ont des écailles pectinées comme le sont celles des Perches et de beaucoup d’autres.

3° Les Cycloïdes, ou les Poissons ordinaires, qui ont les écailles arrondies et sans dentelures.

IC Les Placoïdcs , ayant des boucles ou la peau grenue comme les Raies et les Squales.

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Nous partagerons les Poissons en dix ordres, mais en donnant à chacun de ces ordres des limites assez différentes de celles que leur assignait G. Cuvier, ce qui nous force à employer pour presque tous des noms également différents des siens, et nous porterons le nombre des sous-clas9es de deux à quatre.

Voici le tableau de cette classification.

il. Sélaciens.

( 2. Chimériens.

( 5. RHOlIBlFÈRESOuGnnoï- < des proprement dits.

(4. Sïurioniens.

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