VOYAGE AUX INDES-ORIENTALES
subglobuleuses. Ces tubes sont distans, séparés par des sillons plus ou moins profonds , parfois rapprochés, accolés et même soudés, arrondis sur leur surface libre , qui est très finement striée de cannelures verticales. Chaque tube est complétement ouvert au sommet en cellule ronde unique, creusée en soucoupe conicoconcave , formée de six ou huit grandes lamelles, et de six ou huit plus petites, ou, en les comptant toutes, de douze à six loges. Ces lamelles rayonnantes , partant du fond de la tige, sont verticales , étroites , et se terminent au rebord ou cercle marginal mince, sans le dépasser , bien distinctes en cela de celles des caryophyllées , et surtout leur bord étant en biseau et nullement relevé en bourrelet.
Les stries verticales qui masquent la surface externe des cylindres de ce polypier sont guillochées , c’est à dire très rapprochées , très fines et comme porchées ; les lamelles des cellules terminales sont étroites et aboutissent à l’axe basal du cylindre. Une épaisse enveloppe charnue, colorée en rouge de sang des plus éclatans, enveloppe toute la matière calcaire, qui est friable , celluleuse, où du moins peu compacte. Cette teinte brillante disparaît aussitôt que ces polypes, sortis de l’eau, viennent à mourir , et passe au noir. Chaque cellule est donc tapissée d’un repli de cette membrane animalisée rutilante, et se trouve occupée par un polype attaché à ses parois par la base, de forme arrondie , court, terminé par une petite aire sub-hémisphérique, percée d’un trou exactement rond et bordée de huit
bras simples, alongés, médiocres , filiformes, libres dans toute leur étendue, excepté à leur base , légèrement arrondis, et un peu renflés à leur terminaison. Ces polypes sont en entier, d’un jaune très brillant , et les huit bras sont étendus dans les cloisons qu'ils dépassent un peu.
La tubastrée écarlate forme comme des sortes de tètes globuleuses fréquemment supportées par des parties dépouillées qui ont dû être les premières formées, et dont les animaux ont péri par des causes accidentelles. Nous la croyons trés rare, car nous n’en trouvämes que quelques échantillons maigres, sur l’immense récif qui se découvre à marée basse, à l'entrée de la baie de Benla , et qui sert de ceinture à Berabora , l’une des iles de l’archipel de la Société.
LE SARCOPHYTE LOBULÉ.
Sarcophyton lobulatum, Less., PL. IX, + &.\.
Les sarcophytes sont des animaux polypes à huit bras simples, arrondis , grêles, libres, excepté à la base, où ils sont enchàssés dans une membrane perforée au milieu, couronnant un corps membraneux, cylindrique, extensible, à huit côtes verticales très marquées, aboutissant aux huit bras. Ce corps est rarement exsertile, et le plus habituellement caché dans une cellule arrondie, bordée de huit points correspondant aux huit côtes longitudinales du polype; les cellules sans nombre qui logent les polypes