‹ Zouaviana, étape de vingt-cinq ans, 1868-1893 [microforme]Chapitre 89 sur 108 · AD PTE D PRES NÉ AAA EEE EE · texte numérisé non relu

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BENE MERENTI 411

Lors de votre départ pour la Ville Eternelle, lors de votre arrivée dans vos foyers, quand vous avez tiguré dans les démonstrations nationales et religieuses, on s'est pressé pour vous admirer et partout les populations étaient fières de vous.

Sans doute, à côté de cet enthousiasme qui faisait frémir les masses, il y a eu des vociférations et des hurlements de rage. C'était encore un grand honneur

qu'on vous rendait, car s’il est des hommages qui insultent, il est aussi des injures qui glorifient.

Comment se fait-il qu'une poignée de soldats vaincus, meurtris, broyés, réveillent tant de sympathies...….. ou tant de haine ?

C’est, vous le savez, que vous représentez un principe religieux, base de l’ordre social.

C'est que votre uniforme, tout usé, tout troué qu'il est, s'annonce comme un drapeau : celui de la force du droit, qui proteste encore contre le droit de la force.

Et c’est en raison de cette attitude de votre part : c'est parce que vous avez continué à servir la cause qui vous faisait jadis monter la garde aux frontières des Etats pontificaux, que le Souverain Pontife vous offre aujourd’hui une médaille présentant d’un côté l'auguste image de Léon XIII et de l’antre ces paroles éloquentes dans leur laconisme : Bene :: renti ! à celui qui a bien mérité du Saint-Siège.

Nous sommes glorieux de le dire à tous ceux ici présents, qui nous entourent de tant de sympathies et au pays tout entier qui nous avait chargés de la sublime mission d'aller défendre la papauté : quand notre héroïque lieutenant-colonel, commandant le régiment

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des zouaves pontificaux, a fait l'appel des survivants restés dignes du rôle qu'ils s'étaient imposés, nous, les anciens, nous avons pu répondre pour les Zouaves canadiens sans exception : présents,

Nous nous sommes enquis et nous n'avons pas trouvé un seul d’entre nous qui ait démérité, qui ait dérogé. Pas un traître dans notre bataillon canadien, pas une défaillance, pendant plus de vingt ans d'attente du rappel sous les drapeaux.

Maintenant, camarades, ne sentez-vous pas le prix de cette décortion que nous offre Léon XIIT, Pape, comme l'était Pie IX, à nous ses zouaves, comme nous étions ceux de Pie IX ?

Vous saisissez, n'est-ce pas, ce que signifie ce témoignage et surtout l'engagement solennel que nous contractons en l’acceptant.

C’est pour nous un titre de noblesse, et comme le dit Charette, dans un ordre du jour daté de la Basse- Motte, 27 juin 1891 : “le diplôme qui l'accompagne sera pour vous le plus précieux papier de famille.”

Mais noblesse oblige, et n'oubliez jamais que cette éclatante reconnaissance de vos services doit être en même temps un gage de votre inébranlable fidélité.

Voyez avec quelle délicate attention le lieutenantcolonel commandant le régiment nous fait part de cette distinction.

Il à choisi pour nous communiquer cette faveur signalée, un prince du sang, l’un des descendants de ces Rois de France qui ont établi et soutenu le pouvoir temporel de la papauté.

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Il a choisi pour nous l'apporter un Comte Romain, Chevalier Grand-Croix de l'ordre de Saint-(Grrégoire-le- Grand, premier ministre de notre province.

Le duc d'Orléans, en nous faisant cette communication s'est dit honoré de cette mission. Et il a terminé en disant tout haut : “ J'aurais tant voulu être zouave !”

Et l'honorable comte Mercier a voulu faire de la remise de ces décorations, une démonstration qu'il inscrira avec orgueil dans les registres de sa famille. Il ouvre son castel à tous les zouaves, à tout ce qu'il y a d'important dans le pays, au clergé, aux députés de la province, et il nous a même ménagé les applaudissements des dames les plus distinguées, au premier rang desquelles brille madame la comtesse, sa femme.

Nous ne saurions, camarades, être trop reconnaissants envers Sa Sainteté, l'Auguste Pontife, si glorieusement régnant, dont les mots Bene Merenti, inscrits sur cette méduille, sont toute une récompense pour notre passé, et un lien pour toujours à sa cause sacrée qui est celle de la catholicité.

Reconnaissance à notre bien-aimé Commandant, le Baron de Charette, qui, en cette circonstance, comme toujours, a choyé si gracieusement ses zouaves canadiens, qu'il appelait ses Castors.

Hommage à l'honorable M. Mercier, qui, lui aussi, vient de recevoir du Pape sa médaille bene merenti, sous une forme qui sied à sa haute position sociale.

Pour moi, qui ai l’insigne honneur d’être choisi pour vous distribuer ces médailles, comme preuve que je comprends l'importance du rôle que l’on me confie, je choisis pour parrain l'honorable premier ministre de la

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province de Québec, Chevalier Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand et Comte Romain.”

Après ce discours, le président-général de l'Union Allet donna lecture de l’ordre du jour suivant de M. de Charette, lieutenant-colonel commandant le régiment des zouaves pontificaux.

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