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Chapitre 15 Post-scriptum

Un monsieur qui s’intitule ingénieur international m’adresse une lettre en laquelle il reproche aigrement au duc de Pauvrelieu, l’auteur de ce projet, de s’être inspiré d’une idée à lui, idée qu’il développa jadis dans les journaux spéciaux.

Il s’agit des routes flottantes, dont le souvenir est encore vivace (c’est l’ingénieur international qui l’affirme) chez toutes les personnes qui s’occupent sérieusement (sérieusement est souligné) des progrès de l’humanité.

Comme son nom l’indique, la route flottante est une longue queue de solides radeaux mis bout à bout, mouillés en mer au moyen d’ancres et de chaînes à ressort.

Ces chaînes à ressort permettent à nos radeaux de se disjoindre momentanément pour donner passage aux bateaux ; après quoi lesdits radeaux n’ont plus qu’à se rabouter 1.

De forts bourrelets ad hoc atténuent les inconvénients du heurt et du frottage.

L’ingénieur international affirme que rien n’est plus pratique que son idée et, dans un post-scriptum véritablement touchant, il m’offre, si je veux préconiser son entreprise et lui procurer, par moi ( !) ou mes amis, la dizaine de millions nécessaire à établir une route flottante Calais-Douvres, il m’offre, dis-je, une forte part dans les bénéfices.

Avis aux amateurs.

En plus des énormes profits que rapportera l’affaire, MM. les actionnaires auront droit à une carte de circulation sur les routes flottantes, pour eux et leur famille.

Avouez que c’est tentant.

D’autres communications me sont parvenues sur le même sujet.

J’y reviendrai, la chose en vaut la peine.

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