‹ À l’ombre de mes dieuxChapitre 1 sur 30 · Le Grillon

Le Grillon

Jamais ton bruit ne cesse, ô Sainte Poésie,
Et toujours sur la Terre habite ton frisson :
Quand la chaleur fait rage, au temps de la moisson,
Et qu’à l’ombre l’oiseau muet se réfugie.
Quand tout gît accablé sur la route éblouie,
La sauterelle, inépuisable en sa chanson
Gaillarde, mène la pompe de la saison,
Et, dans les prés fauchés, stride avec frénésie.
Poésie ! ici-bas, jamais ton bruit ne meurt,
Quand la neige des pas étouffe la rumeur,
Et que l’hiver étreint le chaume, à la veillée,
La voix du grillon chante et l’homme, au coin du feu,
Songe à la sauterelle et, somnolent un peu,
Revoit l’éclat de la campagne ensoleillée.

Page 1