‹ A travers chants: études musicales, adorations, boutades et critiquesChapitre 16 sur 16 · L'ÉCOLE DU PETIT CHIEN

L'ÉCOLE DU PETIT CHIEN

L'_école du petit chien_ est celle des chanteuses dont la voix extraordinairement étendue dans le haut, leur permet de lancer à tout bout de chant des contre-_mi_ et des contre-_fa_ aigus, semblables, pour le caractère et le plaisir qu'ils font à l'auditeur, au cri d'un king's-charles dont on écrase la patte. Madame Cabel, il faut le reconnaître, à l'époque où elle pratiquait ce système de chant, atteignait toujours son but. Quand elle visait un _mi_ ou un _fa_, et même un _sol_ suraigu, c'était un _sol_, un _fa_ ou un _mi_ qu'elle touchait; mais on ne lui en savait aucun gré; tandis que ses élèves, ou imitatrices ne parvenant d'ordinaire qu'au _ré_ dièze s'il s'agit du _mi_, ou au _mi_ s'il s'agit du _fa_, excitent toujours ainsi des transports d'admiration frénétiques. Cette injustice et cette injustesse ont fini par dégoûter madame Cabel de son école. C'était fait pour cela. Maintenant elle se borne à chanter comme une femme charmante qu'elle est, et ne songe plus à imiter ni les petits chiens ni les oiseaux.

FIN

TABLE DES MATIÈRES

Musique 1

Étude critique des symphonies de Beethoven 15

Quelques mots sur les trios et les sonates de Beethoven 60

_Fidelio_, opéra en trois actes de Beethoven; sa représentation au Théâtre-Lyrique 65

Beethoven dans l'anneau de Saturne, les médiums 83

Les appointements des chanteurs 88

Sur l'état actuel de l'art du chant dans les théâtres lyriques de France et d'Italie, et sur les causes qui l'ont amené; les grandes salles, les claqueurs, les instruments à percussion 89

Les mauvais chanteurs, les bons chanteurs, le public, les claqueurs 105

L'_Orphée_ de Gluck, au Théâtre-Lyrique 108

Lignes écrites quelque temps après la première représentation d'_Orphée_ 122

L'_Alceste_ d'Euripide, celles de Quinault et de Calsabigi; les partitions de Lulli, de Gluck, de Schweizer, de Guglielmi et de Handel sur ce sujet 130

Reprise de l'_Alceste_ de Gluck, à l'Opéra 198

Les instruments ajoutés par les modernes aux partitions des maîtres anciens 214

Les sons hauts et les sons bas, le haut et le bas du clavier 216

Le _Freyschütz_ de Weber 219

_Obéron_, opéra fantastique de Ch. M. Weber; sa première représentation au Théâtre-Lyrique 225

_Abou-Hassan_, opéra en un acte du jeune Weber; l'_Enlèvement au sérail_, opéra en deux actes du jeune Mozart; leur première représentation au Théâtre-Lyrique 239

Moyen trouvé par M. Delsarte d'accorder les instruments à cordes sans le secours de l'oreille 244

La _Musique à l'église_, par M. Joseph d'Ortigue 246

Mœurs musicales de la Chine 252

A MM. les membres de l'Académie des beaux-arts de l'Institut 259

Le diapason 278

Les temps sont proches 289

Concerts de Richard Wagner, la musique de l'avenir 291

_Sunt Lacrymæ rerum_ 304

Symphonies de H. Reber, Stephen Heller 309

_Roméo et Juliette_, opéra en quatre actes de Bellini; sa première représentation au théâtre de l'Opéra; débuts de madame Vestvali 317

A propos d'un ballet de _Faust_; un mot de Beethoven 328

_To be or not to be_, paraphrase 330

L'école du petit chien 334

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.

PARIS.--IMPRIMERIE SIMON RAÇON ET Ce. RUE D'ERFURTH, 1.

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NOTES:

[1] Ce chapitre fut publié il y a une vingtaine d'années dans un livre qui n'existe plus et dont divers fragments sont reproduits dans ce volume. Le lecteur ne sera peut-être pas fâché de le retrouver avant de nous suivre dans l'étude analytique, que nous allons entreprendre, de quelques chefs-d'œuvre célèbres de l'art musical. H. B.

[2] Depuis que ces lignes furent écrites nous avons eu l'occasion en France et en Angleterre, d'entendre des musiciens arabes, chinois et persans, et toutes les expériences qu'il nous a été permis de l'aire sur leurs chants, sur leurs instruments, comme aussi les questions que nous avons adressées à quelques-uns d'entre eux qui parlaient français, tout nous a confirmé dans cette opinion.

[3] A quelque point de vue que l'on se place, si c'est là réellement une intention de Beethoven, et s'il y a quelque chose de vrai dans les anecdotes qui circulent à ce sujet, il faut convenir que ce caprice est une absurdité.

[4] Qu'on appelle toujours l'_adagio_ ou l'_andante_.

[5] Cet air, dans la partition, appartient au rôle d'Eurydice.

[6] Ajoutons qu'elle n'a pris avec le texte de son rôle aucune des libertés qu'on a dû lui reprocher dans _Orphée_.

[7] La lettre, en effet, a paru d'un style trop en dehors des habitudes académiques et n'a pas été lue en séance publique.

[8] J'emploie ici les termes adoptés généralement de sons _hauts_ et _bas_, et les verbes _monter_, _descendre_, qui n'ont point de sens réel, et qu'un usage absurde a pu seul introduire dans la langue musicale pour distinguer les sons à vibrations rapides des sons à vibrations lentes.

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