‹ Annette LaïsChapitre 21 sur 52 · XXI.

XXI.

FIANÇAILLES.

En sortant du théâtre, j'évitai à dessein M. Laïs et Philippe. Il était plus de minuit quand je regagnai l'hôtel. Le déjeuner du lendemain, comme on le pense, fut un peu orageux, bien que le président et sa femme ne connussent point encore l'emploi que j'avais donné à mes heures de bureau. Le président me dit qu'il avait écrit à mon père tout exprès pour l'informer de ce fait que j'avais enfin pris la résolution d'aller régulièrement au ministère. Ceci était une menace pour l'avenir et impliquait la condamnation du passé. Petite maman, opposition systématique et vivante à tous actes de son seigneur et maître, annonça qu'elle allait écrire à ma mère pour lui dire de moi tout le bien possible, mais quand le président eut quitté la table après son frugal repas, petite maman fit semblant de pleurer et j'eus une scène. Il fallait qu'elle fût tombée sur un mauvais cœur! Je lui arrachais les dernières illusions de sa jeunesse! Je n'y mettais pas même les formes! Je l'abandonnais brutalement! insolemment! J'étais ingrat comme peuvent l'être les cochers de fiacre! La baronne était venue et lui avait dit: On ne voit déjà plus le cousin! La vicomtesse était venue et lui avait dit: J'avais pronostiqué cela sans être sorcière! Une substitute enfin, hélas! oui, une substitute qui n'avait point passé vingt-huit ans, était venue et avait dit: C'est bien grave ici pour un garçon de son âge!

«Etais-je donc grave avec toi, René? Quel âge croient-elles donc me donner? Leurs calomnies ne peuvent pas faire que j'aie vingt-quatre heures de plus? Te faut-il des plaisirs? Mais je ne demande pas mieux! Nous irons tous les soirs au spectacle. Cet hiver, en domino, je peux très bien risquer le bal de l'Opéra. Et cet atroce Josaphat est venu aussi! Et sais-tu ce qu'il m'a dit? Il m'a dit: Quand on n'a pas soin de leur attacher un fil à la patte...... Mais c'est un homme, lui, au moins! J'avais payé quelqu'un pour arracher les yeux de la substitute! Qu'as-tu fait hier au soir?

--J'ai dîné avec des camarades de bureau,» répondis-je.

Je n'ai pas remords de ce mensonge. C'était de la bonté d'âme.

«Déjà! s'écria-t-elle. Du premier coup! Ces ministères sont de mauvais lieux! Et crois-tu que ton excellente mère t'ait envoyé à Paris pour de pareilles orgies! On s'échauffe la tête, on perd sa santé. Y avait-il des femmes?

--Nous étions entre hommes.

--Voilà qu'il apprend à mentir! s'écria Aurélie. Mettez les jeunes gens aux ministères! Et sais-tu ce que sont ces femmes qui vont avec les jeunes gens des ministères? Je vais écrire à Vannes. Ta maman était pour moi une sœur aînée, presque une mère: Je vais tout lui raconter, c'est mon devoir! Y en avait-il de jolies?

--Mais, petite maman.... voulus-je dire.

--Certes, certes! tu vas soutenir ton mensonge! Vous êtes Normands doubles en Bretagne! Ah! c'est la dernière fois! Ah! je ne m'y laisserai plus prendre! Ah! chevalier, vous m'avez fait aussi par trop de mal!»

Eh bien! vrai, ce n'était pas ma faute, car j'avais un fond de sincère affection pour ma cousine, qui n'était pas sans le mériter à de certains égards. Elle avait été bonne pour moi, en définitive; j'ajoute tout de suite qu'elle fut bonne pour moi dans la suite et jusqu'au bout. Ses ridicules, auxquels on pourrait appliquer un nom plus sévère, ne m'éloignaient point d'elle. Je lui pardonnais toutes ses anciennes faiblesses, en faveur de sa faiblesse actuelle dont j'étais le trop heureux objet. Je ne peux pas dire que je prisse fort au sérieux ses plaintes tragi-comiques, mais j'éprouvais le besoin de la consoler, à travers l'égoïsme même de ma préoccupation amoureuse.

Elle but son café trop chaud et m'en fit le reproche. J'étais cause, ce matin, de tous les malheurs.

«Encore, s'écria-t-elle tout à coup, monstre de bambin, si tu ne m'avais pas affichée vis-à-vis de toutes ces dames!»

Ici, je méritai mon pardon d'un seul coup: j'eus la force de comprimer le violent éclat de rire qui chatouillait tous les muscles de ma face.

«Je vais être la fable de tout notre petit cercle,» reprit-elle en versant une jolie dose d'eau-de-vie dans sa tasse.

Jusqu'à ce jour, elle n'avait même pas regardé l'eau-de-vie. Ses vaisseaux étaient brûlés. Outre ses vingt-huit ans, elle avait passé le Rubicon!

«Est-ce toi qui vas payer les verres cassés?» reprit-elle brusquement.

Le ciel sait bien que je n'avais cassé aucun verre.

Elle but son gloria d'un seul trait, car en touchant les lèvres d'une fille des croisés, ce vulgaire mélange ne pouvait devenir ambroisie.

Puis elle me regarda d'un air de défi et son œil prit une expression mauvaise, pour le coup.

«Là-bas, à Vannes, murmura-t-elle entre ses dents serrées, ils t'auront dit que j'avais quarante ans.»

Je protestai encore.

«Quarante ans! reprit-elle avec une amertume profonde. Madame Aurélie de Kervigné! La province est un tonneau où grouillent des vipères! Quarante ans! C'est absurde! Si on ne t'avait pas dit cela, je t'aurais tourné la tête! Voyons! la main sur la conscience, quel âge me donnes-tu?

--L'âge d'une femme charmante......

--Serpent! tu as fait une connaissance!»

Je maintiens ce mot qui, comme le gloria, franchit des seuils illustres.

Je dus rougir. Elle saisit ma chaise d'un bras vigoureux et la rapprocha de la sienne.

«Elles seraient trop contentes! s'écria-t-elle impétueusement. Si tu savais comme elles étaient jalouses! Ah! chevalier! chevalier!.... Je mettrais le feu à Vannes, vois-tu!

«Ce n'est pas que je sois à court, au moins? s'interrompit-elle ici en se redressant avec fierté. Tu as vu Sauvagel? C'est un garçon comme il faut et qui se tient bien. Mais tu leur avais plu à toutes: c'était un succès. Sauvagel est un peu nigaud et ses parents sont des bourgeois. Allons! je t'ennuie, petit. Embrasse-moi et n'en parlons plus.»

J'obéis de bon cœur, et le traité de paix fut signé aux conditions suivantes:

Article premier: comme j'avais affiché ma cousine, je m'engageai loyalement à ne rien faire qui pût modifier l'opinion de son cercle au sujet de nos prétendues relations; au contraire, je promis d'être amoureux devant ces dames et de désoler Sauvagel.

Article deux: franchise entière, récit complet de mes orgies avec les amis du ministère, description authentique des femmes, procès-verbaux de mes amours.

Article trois: pas d'attache! pas de passion sérieuse! voltige habituelle de fleur en fleur comme il convient à don Juan qui a l'honneur d'appartenir à la fois à la noblesse historique et à la jeune administration.

Je commençai tout de suite, et je lui fis un conte à dormir debout qui la divertit outre mesure.

«T'es-tu grisé? me demanda-t-elle.

--Un peu. Gaieté d'officier.

--Ah! il les sait déjà toutes! Je voudrais te voir gris.

--J'aurais honte, ma cousine.

--Il y aurait de quoi, chevalier. Jurez-vous, quand vous êtes gris?

--Comme un Polonais.

--Et les demoiselles?

--Comme des anges!

--Est-ce que tu ne pourrais pas me faire voir cela? dans un petit coin, par un trou de serrure?

--Nous chercherons le moyen.

--Tout est pour elles? conclut-elle en soupirant. Et cela nous jalouse! As-tu rendez-vous aujourd'hui?

--Certes.

--J'ai bien envie de te nouer un fil à la patte, comme dit le docteur.

--Ah! ma cousine!

--Si j'avais été homme!....

Ce ne fut pas un soupir qui acheva sa phrase, ce fut un ouragan.

Ah! qu'eût-elle fait, dieux immortels!

La matinée était bonne; tout se trouvait ainsi arrangé pour le mieux. A deux heures, je partis pour mon bureau de la rue Saint-Sabin.

En route, je me demandais ce qu'aurait dit ma cousine, si je lui avais raconté au vrai mon entrevue avec Annette.

Pauvre cher entretien dont le souvenir gardait mon cœur sous le charme et, en même temps, remplissait mon esprit d'étonnement. Se pouvait-il que nous ne nous fussions rien dit? Rien absolument. Tout cet amour qui débordait en moi, se pouvait-il que je n'en eusse point versé une seule goutte?

Et se pouvait-il cependant qu'il y eût dans mon âme l'impression nette et profonde d'aveux échangés, la saveur de toute une scène de passion, l'empreinte et la chère fatigue d'une adorable lutte d'amour.

Se pouvait-il? Cela se peut-il, en effet? Je n'ai vu rien de pareil en aucun livre, même dans ceux de ma tante Kerfily Bel-Œil.

Cela est, nous avions tout dit, je ne sais comment, sans même employer l'éloquent langage du silence. Je sentais qu'elle n'ignorait plus rien de moi, et je savais tout d'elle.

Mais que de choses pourtant j'avais encore à dire! surtout que de choses à entendre! Quand je n'étais pas auprès d'elle, j'avais un impérieux besoin de lui parler. Je lui parlais tout seul. Je l'échauffais et je me brûlais. Il me semblait que mon cœur s'épandait hors de ma poitrine et se faisait parole pour entrer dans le sien.

Je n'étais pas sans inquiétude. La veille au soir, j'avais laissé volontairement les choses en suspens. Annette était en quelque sorte chargée de soumettre à son père le résultat de l'examen subi par moi. En me reportant à cet examen, je ne pouvais certes pas être tranquille.

De mes déclarations, un seul fait positif ressortait: à savoir, que j'avais nom René tout court.

En dehors de ce fait qui n'était pas à mon crédit, il y avait le malheur du nom lui-même.

Plus j'approchais de la rue Saint-Sabin, où mon sort allait se décider, plus mon trouble augmentait. Il était au-dessous cependant, beaucoup au-dessous de ce qu'il aurait dû être, car en consultant les lois de la sagesse mondaine, je n'avais aucune chance de réussir. Bien plus, et suivant les mêmes lois, ma réussite même devrait constituer un cas d'accusation grave contre la famille capable d'accueillir un jeune homme dans ma situation. Cette dernière phase de la question m'échappait; quant à l'autre, j'avais conscience du pouvoir absolu d'Annette et j'étais sûr qu'Annette m'appartenait.

Je trouvai M. Laïs seul, et je pense qu'il avait éloigné ses enfants à dessein, parce qu'il comptait être très sévère. Il était pâle comme un malade qui a passé une nuit sans sommeil. Son regard morne et fatigué annonçait la souffrance. Involontairement, douloureusement aussi, je songeai à cette attente où il était de sa fin prochaine. J'avais traité jusqu'alors ses pressentiments avec légèreté. Je fus converti aujourd'hui d'un seul regard.

M. Laïs me sembla condamné.

Il ne me tendit pas la main.

«Monsieur de Kervigné, me dit-il avec une froide douceur, le fils peut ne point ressembler à son père, il ne m'étonne point que vous nous ayez caché un nom devant lequel la porte de notre maison se serait fermée d'elle-même. Ce qui m'étonne et ce qui m'indignerait si votre âge ne plaidait pour vous, c'est que vous ayez osé renouveler la tentative de votre père.»

Je n'étais pas bien habile, mais pourtant je compris tout de suite l'avantage que me donnait sur lui son erreur. Aussi ne l'interrompis-je point.

«Comme vous pouvez le penser, reprit-il, voyant que je gardais le silence, toute explication est désormais inutile.

--Permettez-moi de croire le contraire, monsieur, répliquai-je cette fois avec fermeté. Mon père est un loyal gentilhomme, qui a passé comme vous une vie déjà longue à se faire aimer et respecter dans une sphère modeste. Je ne suis pas le fils de M. le président de Kervigné.

--Ah!....» fit M. Laïs dont le front se dérida.

Car nous étions tous complices, et il ne demandait qu'à pardonner.

«Je ne juge pas mon cousin le président, poursuivis-je. Si j'avais ma femme à défendre, je saurais ce que je dois faire pour repousser des tentatives semblables à la sienne. Je suis son obligé jusqu'à ce jour, et Annette Laïs me semble tellement au-dessus de ces petites hontes que je ne garde même pas de rancune à celui qui l'a méconnue. J'établis seulement ce fait, que je suis le fils d'un honnête homme et d'une vertueuse femme.

--Ah!.... fit une seconde fois M. Lais.

Il me donna sa main en murmurant:

«Je vous demande pardon, monsieur de Kervigné, je vous demande pardon. Je n'avais pas l'intention de vous offenser.»

Puis, pesant sur ma main jusqu'à ce que mon front fût à portée de ses lèvres, il y mit un baiser en ajoutant:

«Je n'avais que cette objection-là, monsieur René. Le reste est une chose qui ne vaut pas la peine d'être dite. C'est un pressentiment: j'ai la crainte d'un malheur.

--Mon amour est profond et sincère, répliquai-je en serrant ses pauvres mains froides sur ma poitrine; c'est beaucoup contre le malheur.

--Ce n'est pas assez, si le malheur est tel que je le crains. Pensez-vous donc que j'aie moins peur pour vous que pour elle?»

Je ne pus me retenir de sauter à son cou. Il me pressa sur son cœur en un long et paternel embrassement.

«Vous êtes un cher jeune homme, reprit-il, et le mari d'Annette sera le plus aimé de mes fils. Elle m'a rapporté ce que vous vous êtes dit hier. Vous vous aimez saintement, et que faudrait-il, mon Dieu, pour que cet amour fût la consolation de ma dernière heure?»

Nous nous aimions, en effet, nous nous aimions saintement, s'il est vrai que l'amour parfait soit une sainte chose; mais que pouvait lui avoir rapporté Annette? Peut-être ce que nous nous étions dit sans parler. Je ne l'ai jamais interrogée à ce sujet, parce qu'il est entre nous des choses qui n'ont pas encore été exprimées, mais il arriva plus d'une fois dans les semaines qui suivirent que Philippe et M. Laïs firent des allusions à nos entretiens. Je répète que nos entretiens furent très longtemps de silencieux tête-à-tête, coupés par des observations si frivoles qu'il semblait y avoir gageure ou parti-pris. Ce que je pensais tout bas quand j'étais seul, moi qui n'avais point de confident, Annette le pensait tout haut devant son père et son frère. Elle traduisait en langage vulgaire le bizarre idiome de notre bonheur.

Il y avait, du reste, quelque chose de semblable en moi. Jamais ces entrevues muettes et insignifiantes en apparence ne me laissèrent un vide dans l'esprit ni dans le cœur. Et quand la langue d'aimer nous fut donnée, il nous parut que nous répétions les mélodies déjà connues d'un répertoire charmant. Ce fut du plaisir de plus, mais cela n'ajouta rien au bonheur.

M. Laïs aborda enfin, cette fois, les questions principales et sur lesquelles, avec tout autre que lui, j'aurais été renvoyé avec boules noires. J'entends parler de ma situation de fils de famille mineur et de la dépendance complète où j'étais sous le rapport pécuniaire. J'arrangeais cela de mon mieux sans rien avancer cependant qui ne fût rigoureusement vrai. Je mis en avant la tante Renotte, ma protectrice, et l'excellent naturel de mes parents. M. Laïs, esprit naïf et large, mais fin, toutes les fois qu'il consentait à fixer sur un objet l'œil de son intelligence, me montra qu'il voyait les endroits faibles de mon explication. Mais pour répéter un mot qui est écrit déjà, il me montra aussi qu'il était complice. Annette avait dit: Je veux, et Annette était reine.

Il fut convenu entre nous que je solliciterais sur-le-champ le consentement de mon père. Comme je me faisais fort de l'obtenir, et cela de la meilleure foi du monde, M. Laïs secoua la tête et murmura:

«Nous sommes des étrangers, des étrangers pauvres. On dit que les Bretons sont fiers et qu'ils sont obstinés. Tout ceci est entre les mains de Dieu.

--Vous êtes ici chez vous, monsieur de Kervigné, ajouta-t-il en se redressant avec une solennelle dignité. Je mets ma fille sous la garde de votre amour et de votre bonheur.»

Nous dînâmes ensemble ce jour-là. Le repas fut triste. J'appris qu'Annette et Philippe étaient allés ensemble au tombeau de leur mère.

Après le repas, qui finit de bonne heure, à cause du spectacle, Annette me dit:

«Il ne faudra jamais venir me voir au théâtre. Hier, c'était le théâtre qui nous empêchait de parler.

--Quand faudra-t-il venir? demandai-je.

--Le matin. Vous ne m'avez jamais entendue au piano. Je sais des airs qui m'entretiennent de vous: ils vous parleront de moi.»

Elle me donna son front. M. Laïs était retiré déjà. Philippe me dit:

«Quand j'ai passé une heure avec ma mère il faut que je sois seul le soir.»

Il me serra la main et je fus seul.

Mais de ces mélancolies, une délicieuse impression se dégageait pour moi. Annette ne m'en avait jamais tant dit. J'avais un désir fougueux d'entendre causer le piano d'Annette.

J'eus beau prendre le chemin des écoliers, j'étais à huit heures à la porte de l'hôtel. Il y avait longtemps que je n'étais rentré de si bonne heure. Aurélie m'entendit monter et m'appela. Sauvagel, en grande tenue de séducteur, perchait au coin d'une jardinière et gardait sur les lèvres sa dernière fadeur comme les enfants gourmands se barbouillent avec des confitures. J'eus pitié de lui, tant son métier me parut lamentable. Il fut congédié ignominieusement.

«Qu'avez-vous fait, chevalier? me demanda Aurélie. Vous prenez décidément votre pension hors de chez nous.

--Une invitation.... répondis-je.

--C'est convenu. Et il n'y a pas eu de débauche!

--Pas tous les jours.»

Son éventail frappa gaillardement le bout de mes doigts.

«Sais-tu pourquoi j'ai renvoyé M. Sauvagel?

--Parce qu'il vous ennuyait.

--Toujours. Ah! si vous aviez été un bon sujet. Mais c'est de l'histoire ancienne. J'ai renvoyé Sauvagel parce qu'il y a du nouveau et que je suis à la tête d'une magnifique idée.

--Voyons la nouvelle.

--Léa Mouton n'a pas vécu. M. le président a trouvé sur son œil un noir qu'il n'avait pas fait. Trop poli pour cela! Il s'est plaint; Léa Mouton, qui n'est pas polie, l'a décoiffé d'un coup de pied à hauteur de président. Devine le reste.

--Une autre Irma....

--Quelle autre? Je te la donne en cent.

--Je renonce.

-Annette Laïs! s'écria-t-elle en éclatant de rire. Laroche prétend qu'il a été battu déjà. Il va bien!»

Cela ne m'émut point.

«Et l'idée? demandai-je froidement.

--Puisque tu en es à faire des fredaines, petit, une de plus, une de moins, peu importe. Ne te fâche pas: on a beau être un amour comme toi, avec ces demoiselles, il faut le nerf de la guerre. Je t'ouvre un crédit de cinquante louis, si tu veux nous souffler Annette Laïs!»

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