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UNE CONSPIRATION DE SALON

L’après-dînée du 9 décembre 1718, le chevalier de Gavaudun, un des premiers gentilshommes de notre maison, entra dans ma chambre, M. de Valincourt était avec moi. Il nous dit : « Voici une grande nouvelle. L’hôtel de l’ambassadeur d’Espagne est investi, et son quartier est rempli de troupes. On ne sait encore de quoi il s’agit. » Je fus saisie d’effroi. Je tâchai pourtant de ne montrer que de la surprise de cet événement devant M. de Valincourt, qui ignorait la part que nous y prenions. Gavaudun était au fait ; il nous quitta, ne voulant que m’apprendre ce qui était arrivé. M. de Valincourt resta longtemps avec moi à raisonner sur cette aventure, dont il était fort étonné. Je ne sais comment il ne s’aperçut pas de mon trouble, que j’avais grand’peine à cacher. J’essuyai ensuite une visite de l’abbé de Chaulieu, qui me tint dans la même contrainte. L’ambassadeur arrêté et les conjectures à tort et à travers sur ce sujet firent encore toute la conversation.

Madame la duchesse du Maine, de son côté, n’avait pas moins de peine à faire bonne contenance au milieu du monde qui était chez elle. Tout ce qui arrivait débitait la nouvelle, ajoutait quelques circonstances, et ne parlait d’autre chose. Elle n’osait se soustraire à ce monde importun, de peur qu’on ne lui trouvât l’air affairé. Elle me fit pourtant appeler un moment dans sa garde-robe, et me demanda si je n’avais rien appris de particulier. Je lui dis que je ne savais que le bruit public, dont j’étais très alarmée. Elle l’était grandement aussi, quoiqu’elle ne vît pas encore où cela tendait. Elle m’envoya faire quelques perquisitions, dont je ne rapportai aucun éclaircissement.

Enfin nous apprîmes que les papiers que portait l’abbé Portocarrero avaient été pris, et que ceux de l’ambassadeur, arrêté à cette occasion, étaient pareillement saisis. C’est alors que nous nous vîmes plongés dans l’abîme, dont il n’y avait pas moyen de se tirer. Le lendemain, on sut que les marquis de Pompadour et de Saint-Geniès étaient à la Bastille. Deux jours après, madame la duchesse du Maine jouant au biribi, comme à son ordinaire (elle n’avait garde de rien changer dans sa façon de vivre), un M. de Châtillon, qui tenait la banque, homme froid qui ne s’avisait jamais de parler, dit : « Vraiment, il y a une nouvelle fort plaisante. On a arrêté et mis à la Bastille, pour cette affaire de l’ambassadeur d’Espagne, un certain abbé Bri… Bri… » Il ne pouvait retrouver son nom ; ceux qui le savaient n’avaient pas envie de l’aider. Enfin il acheva, et ajouta : « Ce qui en fait le plaisant, c’est qu’il a tout dit ; et voilà bien des gens fort embarrassés. » Alors il éclate de rire pour la première fois de sa vie.

Madame la duchesse du Maine, qui n’en avait pas la moindre envie, dit : « Oui, cela est fort plaisant. — Oh ! cela est à faire mourir de rire, reprit-il. Figurez-vous ces gens qui croyaient leur affaire bien secrète, en voilà un qui dit plus qu’on ne lui en demande, et nomme chacun par son nom. » Ce dernier trait jeta notre princesse dans la plus cruelle inquiétude, et la moins attendue ; car le comte de Laval lui avait fait dire que l’abbé était évadé, et les mesures si bien prises à cet égard, qu’il n’y avait rien à craindre. Elle soutint jusqu’au bout la pénible conversation de M. de Châtillon, sans donner aucun signe des divers mouvements dont elle fut agitée. Elle m’en fit le récit la nuit, quand je me retrouvai avec elle, et me montra ses frayeurs, que je ne pus dissiper, trop persuadée moi-même du triste sort qu’elle allait subir. On arrêtait tous les jours quelqu’un, et nous ne faisions qu’attendre notre tour.

Le chevalier de Menil fut mis aussi à la Bastille. L’abbé Brigaut, comme je l’ai dit, l’avait chargé de sa cassette et de ses papiers. Le chevalier ne se doutait de rien alors. Mais quand il apprit qu’on avait arrêté le prince de Cellamare pour affaires d’État : comme il savait que l’abbé était en relation avec lui, il jugea, par son départ précipité, qu’il pouvait être entré dans la même affaire, et se trouva fort embarrassé de ce qu’il avait reçu de cet abbé. Il n’ignorait pas la rigueur des ordonnances à ce sujet, mais il aima mieux s’y exposer que de manquer à quelqu’un qui, sans être son intime ami, s’était fié à lui. Il crut cependant devoir s’éclaircir de la nature du dépôt dont on l’avait chargé. Il ouvrit adroitement la cassette, et n’y trouva, comme l’abbé lui avait dit, que son testament et des papiers aussi indifférents. Il la referma sans qu’il y parût, et ensuite décacheta le rouleau de papiers, où étaient tous les projets, mémoires, et tout ce qui s’était écrit sur cette affaire d’Espagne, dont il n’avait eu aucune connaissance jusqu’à ce moment. Il n’eut pas le loisir de lire tant de pièces diverses ; mais il en vit assez en les parcourant, pour juger qu’il n’y avait rien ni contre le roi, ni contre l’État : et voyant les noms de beaucoup de gens de distinction qui allaient être impliqués dans cette affaire, si ce témoignage contre eux n’était soustrait, il prit le parti de jeter tous les papiers au feu.

Il y avait plusieurs intrigues distinctes de la nôtre, qui, sans se communiquer entre elles, aboutissaient toutes à l’Espagne, et traitaient séparément avec l’ambassadeur. Le comte d’Aydie et Magni, qui, au premier bruit, s’enfuirent en Espagne, avaient leur cabale particulière. Le duc de Richelieu, mis longtemps après les autres à la Bastille, avait la sienne. D’autres grands du royaume furent aussi soupçonnés d’avoir fait des partis.

Le lendemain de l’incendie qu’avait fait le chevalier de Menil, l’abbé Dubois, dont il était fort connu, et qui savait ses liaisons avec l’abbé Brigaut, l’envoya chercher, et s’informa de ce qu’il aurait pu en apprendre sur l’affaire en question. Le chevalier de Menil l’assura qu’il ne lui en avait jamais parlé, et lui avoua qu’il avait mis entre ses mains une cassette fermée, laquelle ne contenait, à ce qu’il lui avait dit, que des papiers concernant ses propres affaires. On envoya vite chercher la cassette, où tout se trouva selon l’exposé.

Cependant l’abbé Brigaut, que l’ambassadeur avait pressé de partir, cheminait lentement sur un cheval de louage, vêtu en cavalier. Il atteignit en trois jours Montargis, où des gens que le duc d’Orléans avait envoyés de tous côtés pour l’arrêter se saisirent de lui, le trouvant très ressemblant à la description qu’ils avaient de sa figure. Il se défendit d’abord d’être celui qu’on cherchait ; mais plusieurs lettres qu’on trouva sur lui, adressées à l’abbé Brigaut, dont il n’avait pas eu soin de se défaire, furent une conviction à laquelle il ne put rien opposer. On le ramena par le même chemin à la Bastille, plus promptement qu’il n’avait été à Montargis.

La frayeur le saisit en y entrant, et il se montra disposé à dire tout ce qu’on voudrait savoir de lui.

Messieurs d’Argenson et Leblanc, commis à l’examen de toute cette affaire, vinrent bientôt l’interroger ; et, pour entamer la conversation, ils lui dirent que sa servante était à la Bastille, et que le chevalier de Menil leur avait remis ce qu’il lui avait confié. « Eh bien ! dit-il, puisque vous avez ces papiers-là, vous savez tout ; car il n’y a rien qui n’y soit. » Cet aveu, qui se rapportait si peu à ce qu’ils avaient trouvé dans la cassette, leur fit voir que le chevalier n’avait fait qu’une confession tronquée. M. Leblanc l’envoya chercher, et lui dit la déclaration de l’abbé Brigaut. M. de Menil l’assura hardiment qu’il n’avait aucun autre papier de l’abbé, et dit que, pour s’en convaincre, on n’avait qu’à envoyer sur-le-champ visiter sa maison. Après avoir persisté quelque temps sur cette négative, se voyant seul avec M. Leblanc (les gens qui l’accompagnaient s’étaient retirés) : « Je vais Monsieur, lui dit-il, vous parler, non comme à un ministre d’État et à mon juge, mais comme à un galant homme qui fait cas des sentiments d’honneur. » Ce petit avant-propos achevé, il conta naïvement, sans rien déguiser, ce qu’il avait fait, et les raisons qui l’y avaient déterminé. M. Leblanc, touché de sa confiance, lui dit qu’il ne pouvait pas, sans trahir son ministère, garder le secret qu’il venait de lui confier ; mais qu’il ferait valoir sa franchise, et tâcherait d’excuser sa conduite auprès du régent.

M. Leblanc le retint chez lui, fut sur-le-champ au Palais-Royal, fit en effet tout ce qu’il put pour pallier l’action du chevalier de Menil, et serait parvenu à apaiser le duc d’Orléans sur son compte, si l’abbé Dubois, piqué personnellement d’avoir été trompé, n’avait jeté feu et flamme pour le faire mettre à la Bastille. Il y fut conduit le même jour, nonobstant les bons offices de M. Leblanc, et les sollicitations de Nocé son ami, un des favoris du régent, qui offrit de le garder chez lui.

Un marquis de Menil, d’une autre famille, alla trouver le duc d’Orléans pour l’assurer qu’il n’était ni parent ni ami du chevalier. « Tant pis pour vous, Monsieur, répondit le régent : le chevalier de Menil est un très galant homme. »

Je n’avais jamais ouï parler du chevalier de Menil, quand j’appris son aventure et sa prison. On donnait de grands éloges à son procédé généreux. J’entendis dire tant de bien de lui à cette occasion, que cela me prévint extrêmement en sa faveur.

Le régent, pour autoriser et justifier sa conduite violente, avait fait imprimer et répandre deux lettres du prince de Cellemare au cardinal Alberoni, prises dans le paquet que portait l’abbé Portocarrero, avec les autres écrits envoyés à cette Éminence par l’ambassadeur.

Ce soin d’envenimer l’affaire et de la rendre odieuse, la rigueur déjà exercée sur la plupart des prétendus coupables, annonçaient le traitement qu’on préparait aux personnes principales qui y étaient entrées. On en avait d’ailleurs plusieurs notions. Madame la duchesse du Maine fut positivement avertie, par plus d’une voie, qu’on songeait à l’arrêter. Elle m’entretenait souvent les nuits, et me disait qu’en quelque lieu qu’on la conduisît, elle demanderait que j’allasse avec elle. Je le souhaitais passionnément. Nous croyions alors qu’eu égard à son rang on la mettrait dans quelque maison royale, avec une suite convenable. Il n’était pas possible d’imaginer la dureté du traitement quelle essuya. Cette idée de prison ne l’effrayait pas trop ; et même elle en plaisantait avec moi, faisant des projets pour rendre sa retraite, sinon agréable, du moins facile à supporter.

J’étais dans cette triste attente, lorsqu’un soir, plus fatiguée qu’à l’ordinaire, je me jetai sur un lit de repos dans ma chambre, et m’endormis. Au fort de mon sommeil, je me sentis tirée par le bras ; j’ouvris les yeux à moitié, et, au travers de l’obscurité, j’entrevis une femme mal mise, que je ne reconnus point. Elle médit que sa maîtresse m’envoyait donner avis que madame la duchesse du Maine allait être arrêtée cette nuit ; qu’elle le savait par une voie si sûre qu’on n’en pouvait douter. Ce discours me réveilla tout à fait ; je lui fis plusieurs questions sur des particularités qu’elle ignorait. Je n’en tirai rien de plus : je sus seulement qu’elle était envoyée par la marquise de Lambert, à qui j’étais fort attachée, et qui l’était aux intérêts de madame la duchesse du Maine, quoiqu’elle ne fût pas dans sa confidence sur cette affaire.

Je fus aussitôt trouver la princesse, et lui dit l’avis que j’avais reçu. Il ne faisait que confirmer avec plus de précision ceux qui lui étaient venus d’ailleurs. Elle en fit part aux gens les plus familiers auprès d’elle et les plus initiés à ses mystères, et les retint pour passer la nuit dans sa chambre, en attendant le moment de cette catastrophe, dont elle était si peu troublée, qu’elle fit beaucoup de plaisanteries tirées du sujet, où chacun se prêta ; et cette nuit d’alarmes se passa très gaiement. Je pris un livre que je trouvai sous ma main, pour lui insinuer de dormir. C’était les Décades de Machiavel, marquées au chapitre des Conjurations. Je le lui montrai. Elle me dit en éclatant de rire : « Ôtez vite cet indice contre nous ; ce serait un des plus forts. »

L’attente fut vaine pour ce moment. Le jour vint et s’avança sans qu’on entendît parler de rien. Des mesures qu’il fallut encore prendre obligèrent le régent à remettre, de quelques jours, l’exécution de son dessein. Cependant madame la duchesse du Maine, persuadée qu’il y persistait, songeait à faire un mémoire qu’elle voulait laisser à madame la princesse sa mère, pour l’engager à demander, aussitôt qu’elle serait arrêtée, qu’on lui fît son procès, sachant bien qu’il n’y avait rien eu de criminel dans sa conduite, et que l’examen juridique qu’on en ferait obligerait le régent à la remettre en liberté. Quatre ou cinq jours s’étaient écoulés assez tranquillement, lorsque, après avoir passé une partie de la nuit à faire cet écrit et à m’en entretenir, elle s’endormit sur les six heures du matin, et je me retirai. Je commençais à m’assoupir, quand j’entendis ouvrir ma porte, où je laissais la clef. Je crus que ma dame la duchesse du Maine me renvoyait chercher. Je dis à moitié éveillée : « Qui est-ce ? » Une voix inconnue me répondit : « C’est de la part du roi. » Je me doutai d’abord de ce qu’il me voulait. On me dit tout de suite assez incivilement de me lever : j’obéis sans réplique. C’était le 29 décembre ; le jour ne paraissait pas encore. Les gens qui étaient entrés dans ma chambre y étaient venus sans lumière : ils en allèrent chercher ; et je vis un officier des gardes et deux mousquetaires. L’officier me lut un ordre qu’il avait de me garder à vue. Cependant je continuai de me lever. Je demandai ma femme de chambre, qui logeait un peu plus loin ; on ne voulut pas la laisser venir. Toute la maison était pleine de gardes et de mousquetaires ; et l’on ne pouvait aborder d’aucun côté. Elle tenta inutilement le passage, et fut toujours repoussée.

J’étais dans une horrible inquiétude de ce qui se passait chez madame la duchesse du Maine, que je ne doutais pas qu’on n’arrêtât en même temps ; mais je jugeais bien qu’on ne m’en voudrait dire aucune nouvelle. Je sus depuis que le duc de Béthune, capitaine des gardes de quartier, accompagné de M. de la Billarderie, lieutenant des gardes du corps, lui avaient porté l’ordre du roi pour la conduire en prison, auquel elle se soumit sans résistance avec une grande tranquillité. La Billarderie demanda à la femme qui était couchée dans la chambre de madame la duchesse du Maine si elle n’était pas la demoiselle Delaunay. Elle dit bien fort que non, n’enviant pas pour lors le traitement qu’on me destinait.

Je restai seule avec mes trois gardes, depuis sept heures du matin jusqu’à onze, sans rien savoir de ce qui se passait. Je demandai à l’un d’eux, avec qui je ne laissai pas de m’entretenir assez légèrement, si je ne suivrais pas madame, en cas qu’on la transférât en quelque lieu. Il m’assura qu’on ne lui refuserait rien de ce quelle demanderait. Cette espérance me tranquillisa, mais je n’en jouis pas longtemps ; car un autre garde vint dire au mien que la princesse était partie, et qu’ils pouvaient me laisser avec un seul mousquetaire ; ce qu’ils firent.

La nouvelle de ce départ, dont je ne me défiais pas, me serra le cœur. Ce fut la première émotion que j’éprouvai. J’étais si préparée à tout le reste, que je n’en avais senti aucun trouble. Je ne pus sa voir où l’on conduisait madame la duchesse du Maine. On me dit seulement qu’elle coucherait ce jour-là à Essonne, d’où je jugeai faussement qu’elle serait gardée à Fontainebleau. J’aurais été bien plus affligée si j’avais su alors qu’on la menait en Bourgogne, gouvernement de M. le duc, pour la mettre dans la citadelle de Dijon ; qu’elle allait dans des carrosses de louage, et n’avait pour toute suite que deux femmes de chambre. On lui envoya peu après, à la sollicitation de madame la princesse, mademoiselle Desforges, parente de M. de Malezieu, attachée depuis longtemps à elle sans aucun titre. C’était se voir étrangement réduite, pour une princesse, toujours environnée de monde, et qui se croit seule quand elle n’est pas dans la presse.

Le capitaine des gardes la quitta à Essonne, et M. de la Billarderie, avec les détachements des gardes du corps et des mousquetaires, l’amena à Dijon, où il resta quelque temps auprès d’elle. Il fut extrêmement touché du malheur de cette princesse, et ne songea qu’à adoucir, par ses soins et par ses services, les horreurs de sa captivité.

M. le duc du Maine fut arrêté à Sceaux, où il était resté pendant le séjour que madame la duchesse du Maine avait fait à Paris. On le conduisit dans la citadelle de Dourlens en Picardie, où il fut gardé par un officier nommé Favencour, qui le traita avec toute l’impolitesse et la dureté d’un véritable geôlier. M. de Malezieu, resté à Sceaux avec M. le duc du Maine, y fut pris : on saisit ses papiers en sa présence ; et l’on trouva dans son écritoire, sous le repli du contrat de mariage de son fils, l’original de cette lettre du roi d’Espagne au roi de France, dont il avait fait tant de perquisition et tant déploré la perte. Aussitôt qu’il l’aperçut, il se jeta dessus et la déchira ; mais M. Trudaine, qui faisait la visite de ses papiers, en reprit les morceaux, qui furent bien conservés, et on le mena à la Bastille.

Le fils de M. de Malezieu, lieutenant général d’artillerie, et le chevalier de Gavaudun, furent pris à Paris chez madame la duchesse du Maine, en même temps qu’elle. Sa fille d’honneur, mademoiselle de Montauban, quoiqu’elle n’eût pas grande part à sa confiance, eut le même sort. Deux valets de chambre de la princesse, quatre de ses valets de pied, deux trotteuses de son appartement, toutes ces personnes, prises d’un coup de filet, furent amenées le même jour à la Bastille. On fit l’honneur à l’abbé Lecamus et à cette comtesse ruinée, de les y mettre aussi, mais je crois un peu plus tard. On y fit venir peu après, du fond de sa province, le vieux marquis de Boisdavis, gentilhomme de Poitou, pour une lettre qu’il avait écrite au duc du Maine, remplie d’offres de services et d’assurances de dévouement à ses intérêts, qu’on trouva dans les papiers de ce prince.

Le cardinal de Polignac fut exilé à Anchin, une de ses abbayes en Flandre ; le prince de Dombes et le comte d’Eu son frère, envoyés à la ville d’Eu en Normandie, terre de M. le duc du Maine. La princesse sa fille fut mise, par madame la Princesse, au couvent de la Visitation de Chaillot. Toute cette maison fut ainsi dispersée.

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