‹ Apologie pour les nouveaux-richesChapitre 2 sur 2 · L'ART DE DÉPENSER

L'ART DE DÉPENSER

Francis de Miomandre, cet écrivain délicieux qui n'a pas encore eu le succès qu'il mérite, a publié de jolies réflexions sur l'_Art de dépenser_. Non sans tristesse, il demandait à ses lecteurs:

--«_Faudra-t-il en donner des recettes? Est-ce la peine de rappeler qu'il existe!_»

Puis:

--«_Serait-il vrai que l'argent est plus difficile à dépenser qu'à gagner, contrairement à ce que croit le vulgaire?_»

J'ignore si Marcel Boulenger a rien écrit sur ce sujet. Je le regrette. J'aurais eu plaisir à citer de lui quelque maxime, pour mettre dans mes pages un peu de couleur et d'autorité. Le public ne connaît pas la joie que procure, à celui qui la cite, une phrase citée au bon moment.

Il est certain que tout le monde ne sait pas dépenser. C'est un art délicat. En dépit des apparences, c'est un luxe qui n'est pas à la portée de toutes les bourses, surtout des mieux garnies. Cent Nouveaux-riches nous en fourniraient cent fois cent preuves. Ils commettent une erreur grave ceux qui affirment: «Je dépense, donc je suis.»

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Dépenser à tort et à travers, voilà le tort et voilà le travers. Ainsi font les Nouveaux-riches lorsqu'ils se mêlent de dépenser. Ils le font avec assurance, il est vrai, rendons-leur cette justice.

Inscrirai-je ici le nom de cet ancien tourneur d'obus qui, devenu propriétaire d'un des plus somptueux coffres-forts de Paris, se mit en tête d'avoir une belle bibliothèque? Cela se doit, n'est-ce pas, d'avoir une belle bibliothèque? Le dernier des épiciers vous dira que vous n'êtes pas riche, si vous ne possédez pas une édition des Fermiers Généraux.

Notre bibliophile était moins ambitieux. Pourvu qu'il eût chez lui de beaux livres, bien reliés, et d'un grand prix, le reste ne l'intéressait pas. Il n'avait pas, vous pensez, l'intention de lire. Il ne poussait même pas le scrupule jusqu'à vouloir, comme cette bourgeoise nouvellement promue dont l'_Opinion_ nous rapporta les goûts, des livres d'amateur, c'est-à-dire, expliqua-t-elle, des livres numérotés.

Il laissa carte blanche au libraire ahuri pour le choix des auteurs.

--«N'avez-vous aucune préférence?»

--«Non, non. Mettez ce qu'il vous plaira.»

--«Des romans? Des mémoires? De la poésie?»

--«Oui, oui, allez. Vous savez mieux que moi ce qui se met dans une bibliothèque. C'est pour mon fumoir.»

--«Parfait. Mais combien vous en faut-il?»

--«Combien?»

Le bibliophile répondit sans hésiter:

--«Il m'en faut dix-huit mètres.»

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Dès qu'il s'agit d'ameublement, les Nouveaux-riches perdent tout-à-coup ce sang-froid qui ne leur manqua jamais dans leur négoce. Ils pensent entrer dans un royaume magnifique où l'impossible n'existe pas. Tout s'y trouve merveilleux par nature. Mais rien ne surprend un Nouveau-riche.

_Fantasio_ nous a conté, parmi d'autres histoires, celle d'un provincial qui avait gagné plusieurs millions en vendant des vins plus ou moins portugais. Vous en souvient-il?

Étant à Paris pour ses affaires, il voulut tenir la promesse qu'il avait faite à sa fille, de lui acheter un piano à queue, mais un beau piano, quelque chose de riche enfin. Il se rendit donc chez le meilleur facteur de la place et lui exposa son envie. Il était prêt à tous les sacrifices.

On lui montra des pianos en palissandre, des pianos en noyer ciré, des pianos en citronnier, des pianos décorés de cuivres, des pianos rehaussés de peintures. Il s'arrêta devant un piano d'acajou massif, parce qu'on lui avoua qu'on n'en avait pas qui coûtât plus cher.

--«Combien?»

--«Soixante-mille.»

On peut vendre des pianos aux Nouveaux-riches les plus bêtes; il y a cependant des nombres qu'on ne prononce pas sans modestie. Le facteur prononça ce «soixante-mille» d'une voix indifférente, comme s'il eût juré que le client, tout de même, reculerait. Mais le client ne recula pas. Il avait probablement délibéré d'aller jusqu'à ce soixante-mille.

Il avait probablement délibéré d'aller au delà. Car il commanda, d'un ton bref:

--«Alors, mettez-en deux.»

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Néanmoins, tous les Nouveaux-riches n'ont pas tant d'estomac. Il en est qui n'acceptent pas sans marchander les premiers prix qu'on leur annonce: les vieilles habitudes sont dures à déraciner. C'est principalement chez les femmes que la vieille habitude résiste davantage. Il résulte d'étranges effets, de ces compétitions de l'économie et de la prodigalité.

Rappelons une anecdote qui a fait le tour de Paris:

Nous sommes chez une modiste de la rue de la Paix. Une cliente, dont la manucure n'avait pas encore pu sauver les ongles, se faisait montrer des chapeaux. Rien ne semblait la tenter. Elle était difficile. Quand on s'habille aux Champs-Élysées et qu'on a des bijoux--beaucoup de bijoux--de la place Vendôme, on ne peut pas ne pas être difficile. Celle-ci ne cachait pas sa déception, encore qu'en toute franchise, dans le fond du cœur, elle ne fût pas bien certaine d'être déçue. Mais on finit par la toucher, avec un petit chapeau, joli comme tout.

--«Un véritable amour, Madame», lui disait-on. «Un pur bijou de 1830.»

--«Oui», répondit la cliente, «il n'est pas trop mal.»

Puis, après examen:

--«1830?» fit-elle. «Oh! vous me le laisserez à 1800?»

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Il a été écrit:

«_Rien ne fait mieux comprendre le peu de chose que Dieu croit donner aux hommes, en leur abandonnant les richesses, l'argent, les grands établissements et les autres biens, que la dispensation qu'il en fait, et le genre d'hommes qui en sont le mieux pourvus._»

LA BELLE NAÏVETÉ

Candeur n'est point naïveté.

On disait jadis: «_La naïveté est l'expression de la franchise, de la liberté, de la simplicité ou de l'ignorance, et souvent de tout cela à la fois._» Voilà une définition dont je m'empare volontiers pour mes Nouveaux-riches.

De la franchise, ils en ont. Comme il n'est pas prouvé que l'argent ne soit pas tout, singulièrement dans une république pareille à la nôtre, les Nouveaux-riches ayant l'argent et donc toutes les possibilités, tout leur est permis, au grand jour. Ils n'ont rien à cacher, ni la façon dont ils s'élevèrent, ni les appétits qu'ils ont, ni la sottise qui leur illumine les yeux.

La liberté se passe de commentaires. Nous savons que ces Messieurs ont pu s'engraisser impunément. Nos droits cessent quand les leurs commencent. Leurs droits commencent tout de suite.

La simplicité, on me permettra de ne pas la confondre ici avec la modestie. Il s'agit d'autre chose.

Ignorance? Est-il besoin de poser un point d'interrogation? Un point suffit. Un point.

Mais illustrons ces généralités. Le conte fait passer la morale avec lui.

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Un soir, à la Comédie-Française, on jouait une pièce en vers et une pièce en prose, le _Misanthrope_ et _la Paix chez soi_.

Arrivés après le lever du rideau, deux Nouveaux-riches, aux fauteuils de balcon, de face, tâchaient à prendre contact avec le spectacle.

--«Où en est-on?» demandait la femme.

--«Attends un peu», répondait l'homme.

Le rideau tomba. Ils discutèrent.

--«Est-ce la pièce en vers, ou la pièce en prose?» demanda la femme.

--«Comment veux-tu qu'on distingue de si loin?» répondit l'homme.

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L'été dernier, un Nouveau-riche crut indispensable de visiter les châteaux de la Loire.

A Tours, il s'écria:

--«Voilà un beau fleuve, pour un fleuve de province.»

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Un autre avait préféré passer la saison chaude au bord de la mer.

Il n'avait jamais vu la mer. Comme il en craignait le mal, n'en ayant aucune idée, même vague, il estima prudent de ne pas aller pour ses débuts à Deauville. Il choisit une plage obscure de Bretagne.

S'il eut de grandes émotions, ce fut en silence. Pendant de longues heures, il restait muet. Il regardait l'océan. Tant d'espace perdu le troublait peut-être.

Trois îles proches de la côte fixaient le plus souvent ses regards. Les gens autour de lui ne s'en occupaient point. Il n'osait questionner personne. On savait, évidemment, mais lui ne savait pas, et on saurait qu'il ne savait pas. Il se tut. Il méditait.

Un jour, enfin, l'énigme fut résolue. Il avait trouvé, tout seul. Il se frotta les mains. Et le soir, sur la jetée, hochant la tête et montrant du doigt les îles, il gémit doucement:

--«C'est, malheureux tout de même. On ne prendra donc jamais de mesures contre ces sacrées inondations?»

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Ils ne sont pas tous de cette force. Certains ont une naïveté différente, à quoi ils joignent par exemple un sérieux souci de leurs devoirs d'hommes neufs. Tel l'ancien marchand de confitures qu'a célébré l'_Écho de Paris_.

Comme il se promenait un matin, à l'heure de la marée descendante, il rencontra sur la plage un voisin qui pêchait la crevette.

--«Tiens!» dit-il. «Vous les pêchez vous-même? Moi, je les fais pêcher par mon valet de chambre.»

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Les «dames» de ces Messieurs ne se privent pas non plus d'être franches, libres, simples et ignorantes à bouche-que-veux-tu. Vingt anecdotes sortent des mémoires. En voici une, que j'emprunte à _Fantasio_. Elle les résume toutes d'un trait.

La scène se passa dans une de ces boutiques qu'on ne saurait proprement appeler boutiques. On n'y vend pas des parfums, des pâtes épilatoires, des crèmes, des poudres de riz, ou des crayons à farder, bagatelles à l'usage des filles, des jeunes filles, et bientôt des petites filles. Non. Ce sont, vous n'en doutez pas, des instituts de beauté.

Donc, devant un comptoir tout ce qu'il y a de plus Louis XVI, une importante matrone demandait de l'eau de Cologne.

--«A quel prix, Madame?»

--«N'importe. La meilleure que vous avez.»

--«Et combien Madame en veut-elle?»

--«Un demi-setier.»

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De ce qui se fait ou ne se fait pas dans ce qu'ils nomment avec emphase le grand monde, les nouveaux-riches ont des connaissances curieuses. Comme ils aspirent de toute leur âme à compter, ou à être comptés, dans le grand monde, il n'est pas de somptuosité qu'ils se refusent.

Au début de 1920, d'après _Fantasio_, un des plus gros marchands de bois de France avait invité de nombreux amis à pendre la crémaillère dans son nouvel hôtel, qui n'est pas loin de la porte Dauphine.

Les amis admirèrent. Il y avait à admirer, dans tous les sens du mot. La chambre à coucher surtout était admirable. On n'y voyait pas moins de trois lits.

--«Pour qui ce troisième lit?» jugea bon de demander une jeune femme.

La marchande répondit:

--«Mais pour nous. Voici le lit de mon époux; voici le mien; et celui-ci, c'est celui où nous nous rencontrons.»

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Encore un mot d'intérieur.

Il fut dit le soir où un Nouveau-riche donnait pour la première fois un grand dîner. L'ancien maquignon triomphait de joie et d'orgueil.

Le maître d'hôtel, digne, annonça:

--«Madame est servie.»

Et le maître tout court, indigné:--«Eh bien!» fit-il, «et moi?»

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La chronique est pleine de mots semblables, On est obligé de prendre au hasard dans le tas. Les gazettes en ont publié de délicieux. Pillons, une fois de plus, l'_Écho de Paris_:

Un Nouveau-riche se promenait au Bois de Boulogne, dans sa limousine, bien entendu. Le chapeau sur la nuque, un cigare à la bouche, les cuisses écartées, il toisait les piétons.

Au premier tournant, il aperçut une amazone et deux cavaliers.

Notre homme haussa les épaules.

--«Ces cavaliers!» dit-il. «Ça crâne, et ça n'a même pas de quoi se payer une auto.»

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Arrêtons-nous sur celui-là. Nous sommes prêts maintenant à savourer ce fragment d'un vieux dialogue:

LE FINANCIER.--«_Il faut, je crois, bien de la force d'esprit pour mépriser les richesses?_»

LE SAGE.--«_Vous vous trompez, il suffit de regarder entre les mains de qui elles passent._»

CONSEILS AUX NOUVEAUX-RICHES

Les cuistres prétendent qu'avant 1789 les écrivains ne se faisaient pas scrupule de prendre leur bien où ils le trouvaient. On a souvent disputé s'ils eurent tort ou raison. Aujourd'hui la question est tranchée: nous créons tout; le plagiat est un crime; les anciens avaient tort.

Il n'y a pas lieu de s'étonner ici que les hommes de 1920, convertis à l'égalitarisme, prêchent d'une part la suppression de la propriété en général, et défendent cependant, avec la dernière violence, et la même candeur, la propriété littéraire en particulier. Acceptons les choses comme elles sont. Il est admis qu'on a le droit de partager tout avec son voisin, sauf ses œuvres imprimées.

Mais il n'est pas moins admis qu'un artiste est, par principe, révolutionnaire. On l'a dit aux bourgeois; ils l'ont cru; tant pis pour eux. On me permettra donc d'être révolutionnaire comme un autre, de l'être jusqu'au bout, de m'en tenir au sens propre des mots quand j'en aurai envie; et, une révolution vraiment digne de ce nom n'étant à l'origine que «le retour d'un astre au point d'où il est parti», on ne s'indignera pas si je retourne sans honte aux coutumes du vieux temps qu'on ne pratique plus, pour copier ci-dessous quelques bons _Conseils à un Nouveau-riche_ que j'ai tirés d'une gazette satirique.

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A UN NOUVEAU-RICHE.

--_Ne dites pas: «La guerre est un immonde fléau.» On aurait peine à vous croire._

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--_A table, ne vous attachez pas la serviette sous le menton. Laissez-la sur vos genoux, inutilement._

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--_Ne dites pas à vos invités: «Ces asperges coûtent neuf francs la livre.» Car ils ont faim peut-être._

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--_Pour saluer, tirez votre chapeau avant de tendre la main._

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--_Ne dites point «pardon», quand vous nous écrasez le pied. Ne nous l'écrasez pas, c'est plus poli._

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--_Ne parlez pas en mangeant. Il y a des gens dégoûtés._

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--_Ne citez jamais le nom de votre père: c'était un honnête homme._

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--_Si vous ne pouvez pas fumer sans cracher, ne fumez pas._

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--_Quand vous parlez de votre femme, ne dites pas: «mon épouse»._

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--_Achetez des livres nouveaux, mais laissez-nous les anciens. Nous les lisons._

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--_Ne dites pas: «Nous autres riches...». Vous n'êtes pas riches, vous avez de l'argent._

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--_Les pauvres, ne les regardez pas de travers. Ils vous regardent en face._

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L'auteur de ces conseils n'a cru devoir ajouter ni que les conseils sont faits pour ne pas être suivis, ni qu'ils ne sont profitables qu'aux moralistes qui se charment du bruit de leurs maximes et pensent en mériter quelque gloire.

L'imitant, je veux à mon tour donner des conseils aux femmes des Nouveaux-riches. Je les puiserai, ceux-là, dans mon propre fonds, sans avoir peur de me contredire, alors que j'ai établi plus haut qu'il est normal de prendre son bien où on le trouve. Mais les règles, on le sait, ont quelquefois besoin d'être violées. Le viol en effet contribue à régénérer le sang d'une famille, comme a dit, ou a pu dire, ou aurait dû dire notre maître Curnonsky, que je suis heureux de citer à cette place, même indûment. Toutes les femmes de mœurs légères seront de mon avis.

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A UNE NOUVELLE-RICHE.

--_Votre premier devoir, Madame, est de ressembler à tout, sauf à ce que vous êtes. Les professeurs de M. Jourdain ne vous seraient d'aucun secours. Ayez seulement:_

1º _Un bon couturier;_

2º _Un bon maître d'hôtel;_

3º _Une bonne cave._

_L'un obtiendra que vous soyez débinée par vos amies: triomphe savoureux; l'autre affermira votre réputation auprès des fournisseurs; quant à la bonne cave, elle vous attirera des madrigaux de vos invités les plus froids._

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--_S'habiller n'est rien. Savoir s'habiller, voilà le difficile. Persuadez-vous qu'avec de l'argent on arrive à tout, mais craignez que le grand couturier que vous aurez choisi parce qu'il sera le moins abordable, craignez qu'il ne s'offre votre tête dans les grands prix. Les couturiers qui se respectent, ne respectent leurs clientes que si elles sont capables de les diriger, ce qui n'est pas commode._

_En tout cas, si vous voyez par hasard que vous êtes fagotée, ne dites pas des femmes qui seront mieux que vous, que ce sont des grues. Votre injure ne porterait point. Il n'y a presque plus de femme à présent qui ne soit quelque peu flattée d'être prise pour une grue._

_Consolez-vous plutôt avec cet axiome que posa Pierre Louÿs: «On ne peut pas habiller les femmes.» Laissez-en l'esprit, gardez-en la lettre, et faites semblant de comprendre._

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_S'il a le souci de se montrer à la hauteur de sa fortune, votre mari sans doute entretiendra une sociétaire de la Comédie-Française ou une girl de l'Olympia. A aucun prix, il ne faudra vous en vanter. Il n'y a pas d'honneur à être cocu._

_Ne vous plaignez d'ailleurs devant qui que ce soit d'être trompée. Votre chagrin serait risible. Et puis rassurez-vous: vous ne pouvez pas être trompée. Votre mari ne vous trompe point. Il passe une heure chaque jour dans le cabinet de toilette de son actrice, assez de temps pour apprendre qu'il a plusieurs factures à régler; ou bien il dîne avec sa danseuse anglaise, qui lui reproche aigrement de ne pas savoir tenir sa fourchette._

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--_Ne mettez jamais les pieds à la cuisine. Ne demandez pas à votre chef s'il ne pourrait pas vous faire un bœuf miroton._

_N'engueulez pas la petite Alsacienne à cause des pommes de terre qu'elle épluche trop généreusement. Les Alsaciennes ont oublié d'être sottes. La vôtre riposterait: «Si Madame veut me montrer comment elle les épluche?»_

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Tels sont les conseils généraux, pratiques, et désintéressés, qu'il convient de faire entendre à la femme d'un Nouveau-riche.

Je ne les donne pas sans mélancolie. C'est que je songe à la petite-fille de cette épaisse maritorne. Ce sera peut-être une duchesse, plus tard, s'il se trouve qu'un duc ait besoin d'elle. Et voyez le moins drôle: elle sera peut-être fine, élégante, racée pour tout dire, et nul ne s'avisera d'imaginer quelle grand'mère nous aurons connue.

UTILITÉ DES NOUVEAUX-RICHES

Quand trois hommes se trouvent réunis, il est constant qu'il y en a deux qui se moquent du troisième. Ont-ils le bonheur d'être gens de lettres, le troisième personnage est sans exception tenu par les trois, à tour de rôle.

Dans les milieux où l'intelligence est moins professionnelle et l'esprit de dénigrement moins systématique, c'est à jamais le même individu qui sert de pantin aux autres: tel le notaire aux diplomates, le bourgeois aux artistes, le prêtre aux radicaux, et le député à tout le monde.

On se fatigue en effet sans profit, à chercher des travers en une personne qui n'en a peut-être pas. Or, dans une république ordinaire, nul ne se fatigue, s'il n'a pas l'espoir d'un profit. Pour peu, par surcroît, que le désordre du temps vienne d'une guerre conduite à la va-comme-je-te-pousse, mais bien gagnée enfin, il est naturel que, désireux de se venger de leurs misères, les riches d'autrefois et les pauvres de toujours se tiennent, au moment de dauber les Nouveaux-riches.

Il s'ensuit que, rééditant à leur dam le miracle du 2 août 1914 suscité par l'Allemagne, les Nouveaux-riches rassemblent contre eux les rancunes, et sur eux les brocards. D'eux est née une autre union sacrée, d'un genre spécial, conçue en dehors de toute crainte bolcheviste, qui n'a pas manqué de nous être salutaire, et plus d'une fois, depuis le 11 novembre 1918.

Loués soient donc les Nouveaux-riches!

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Nul n'ignore, on aime à le présumer, que le Traité de Versailles n'a pas eu pour conséquence immédiate de faire succéder l'âge d'or à l'âge du fer. J'avoue quant à moi qu'il ne me souvient pas très bien des apparences d'une pièce de vingt francs.

C'est plutôt l'âge du papier que fut le nôtre. Les billets de banque ont pullulé. Il y en eut de formats divers, et même de cinquante centimes, paraît-il; mais les receveurs de la compagnie des omnibus les gardaient au fond de leur sacoche. Les collectionneurs en eurent des joies insoupçonnées, sans aucun doute.

Cependant, s'il ne comprit pas d'abord que le nombre croissant des billets en diminuait la valeur et que le prix des denrées alimentaires montait en raison inverse de l'une et en raison directe de l'autre, le public, gros et simple public, s'aperçut qu'à force de n'avoir que des billets, même neufs, il finissait, lui aussi, par avoir un bon billet. Comme à La Châtre, il ne lui restait qu'à sourire. Il choisit de rire, précisément de ceux qui possédaient le plus de billets.

L'argent, dit-on, est un objet de mépris pour ceux qui n'en ont guère. Pour les autres, il est autre chose. Mais on ne méprise pas les gens riches qui aiment leur richesse. La morale en souffre, il est possible; toutefois, la morale est étrangère à ce chapitre: nous parlons de réalités. A-t-on vu quelqu'un se fâcher contre un avare? On rit d'Harpagon. On ne prend pas plus de peine. Et le rire est un merveilleux expédient, quand la fortune est mauvaise.

Qui rit, trompe sa douleur. Ce n'est point là une telle vérité de La Palice.

Dans les jours difficiles où le pain se vend vingt-six sous le kilo, et la viande entre huit et dix francs la livre, le rire sonne, cruel et préventif, comme un hiatus volontaire au huitième pied d'un alexandrin laborieux.

Nous avons ri des Nouveaux-riches. Loués donc soient-ils!

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Il y a mieux: les Nouveaux-riches nous ont préservés de la Révolution. On aurait pu croire qu'ils en seraient le prétexte. Il n'en fut rien. Ce point n'exige pas de longs commentaires.

Depuis des siècles, on le sait: un gouvernement est assuré de vivre quand il donne au peuple les jeux du cirque. Ce fut pour le nôtre une singulière habileté, de permettre la poussée insolente des Nouveaux-riches. Il offrait des distractions à nos quotidiens soucis. Je ne dis pas gratuites, car enfin, vous et moi, nous en faisions les frais; mais réfléchit-on?

Au théâtre, songe-t-on qu'on a payé pour se divertir?

Loin de le regretter, le spectateur qui laisse au guichet son argent, s'amuse avec moins de contrainte que son voisin, qui n'a rien déboursé. Il est établi que les auteurs dramatiques ne sont jugés sévèrement que de leurs amis entrés par faveur. Le cochon de payant, comme on l'appelle aujourd'hui de si élégante façon, il trouve toujours tout parfait.

Ainsi, nous avons beau grogner contre la vie chère, et crier contre les mercantis infâmes, et menacer, trois fois par jour, de chambarder la République à cause de son inertie coupable; nous rencontrons un couple de Nouveaux-riches: nous pouffons: la République est sauvée. Elle compte aller jusqu'à la centième. Nous avons ri. Nous avons payé. Tant mieux pour elle.

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Il semble donc assez difficile de nier l'utilité des Nouveaux-riches.

Le Nouveau-riche est un instrument de politique, au même degré que le bureau de tabac qu'on accorde à un marchand de vins, s'il est énergique en temps d'élections; comme la cravate de la Légion d'honneur qu'on suspend au cou des vieux dramaturges israélites, pourvu qu'ils soient chauves; autant que les promotions du Mérite Agricole, si émouvantes; autant que les urinoirs nauséabonds qui encombrent la voie publique à Paris; autant que les bals du Quatorze-Juillet; autant que la survivance inexplicable du notariat tel qu'il fonctionne chez nous.

Le Nouveau-riche n'était pas prévu par la Constitution de 1875; il est néanmoins devenu constitutionnel, par tacite complicité des parties, dupeurs et dupes.

Comme pour tant de belles choses à propos de quoi le dernier des journalistes se croit obligé de citer la phrase fameuse, on peut affirmer, sans peur d'être banal, que, si les Nouveaux riches n'existaient pas, il faudrait les inventer. Heureusement, ils existent.

Loués soient-ils!

CONSIDÉRATIONS DERNIÈRES

--Aimez-vous les vieux bouquins? Je ne parle, bien entendu, ni des premières éditions de Corneille, ni de tel Cabinet satyrique relié par Trautz-Bauzonnet: ce sont merveilles dont tout le monde aurait plaisir à peupler sa bibliothèque. Mais il en est de moins rares et de moins précieux qui ont leur charme aussi: ce sont les plus modestes des vieux bouquins, ceux qu'on trouve, encore à des prix abordables, parfois sur les quais, ceux que l'amateur ne recherche pas, les ordinaires, les courants, les anonymes, ceux qu'on méprise, ceux qu'on ne lit jamais, ceux qui font partie du prolétariat de la bouquinerie en quelque sorte: recueils de pièces non signées, ouvrages du XVIIIe siècle pour la plupart, choix de maximes, tableaux de mœurs, lettres supposées, récits de voyages, dissertations galantes ou politiques. J'ai pour ceux-là une tendresse particulière. Je n'en ai pas ouvert un seul sans y découvrir des pages amusantes, ou curieuses, et même belles.

Nous nous occupions des Nouveaux riches? Je tiens d'un ami un bouquin où il est question d'eux.

--Un vieux bouquin?

--Il est daté: _An VII de la République_. Il traite de maintes choses, de l'Opéra par exemple, puis du meilleur gouvernement; et, en passant, des Nouveaux-riches issus de la Révolution Française.

--De qui est-il?

--Je ne vous le dirai pas. Il est bon de laisser un peu de champ libre aux professionnels de la critique. Songez que le Nil n'a tenu longtemps son prestige que de l'ignorance où étaient les hommes, touchant ses sources. Permettez-moi donc, en réservant les miennes, de vous mettre un passage de ce livre sous les yeux. Vous ne vous en plaindrez pas.

C'est à l'endroit où l'auteur déplore le triste état des mœurs de l'an VII. Vous jureriez que cela fut écrit hier. Par une habitude chère à tous les moralistes, celui-ci compare son temps aux temps antérieurs, pour mieux fustiger ses contemporains, comme juste. Écoutez-le:

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--«_... On n'était point un grand homme; mais on était aimable. Au fond, même vide, même absence de caractère et de pensée, mais en général on y retrouvait de l'atticisme, de l'urbanité. Le goût, l'esprit, la grâce, une certaine fleur de politesse, une élégance exquise de manières, une délicatesse recherchée, l'art de plaire, l'art de vivre, y composaient une foule de jouissances fines et fugitives, dont le charme indicible échappe à celui qui veut les décrire, comme le parfum s'évapore sous la main qui cherche à le fixer. Les mœurs n'étaient point meilleures, mais les manières valaient mieux._

»_Les esprits ont-ils gagné en profondeur? Je ne sais; mais ils ont perdu en superficie. On a bien toute la corruption que donnent les richesses; mais on n'a plus cette facilité de ton, cette aménité de caractère, cette attention des bienséances (la bienséance est la sensitive), cet oubli de soi-même, enfin, ces égards pour les autres, qui caractérisent l'individu bien élevé, et qui obtenaient, pour l'homme opulent ou supérieur, l'indulgence qu'en bonne morale il est obligé de solliciter._

»_Dans tous les arts, et surtout dans celui de vivre, c'est d'une foule de riens inappréciables, et de minuties importantes, que résulte la perfection des jouissances._

»_Je vous proteste qu'il y a tel homme, pour lequel sa manière de cracher ou de tousser m'a donné une violente antipathie. Que dirai-je de celui qui n'écoute point lorsque vous lui parliez; qui adresse la parole à un autre, ou vous interrompt pour conter une histoire qu'il interrompt encore; qui rit d'un sot rire; qui, devant des femmes ou de jeunes demoiselles, mêlera, à une conversation intéressante, un jurement grossier, une expression cynique; qui, tout à coup, quittera le cercle pour se jeter, ou plutôt pour se rouler sur un sopha, dont il écrase pesamment tous les carreaux, et sur lequel il s'endort et ronfle en votre présence. Celui-ci ne sait ni entrer, ni sortir, ni marcher, ni s'asseoir, ni regarder; chacun de ses gestes est une gaucherie, chacune de ses paroles est une sottise. Cependant, il bourdonne, il importune, il domine, il écrase. C'est un parvenu._

»_Du moins, sous l'ancien régime, on sifflait le maltôtier et les Turcarets; le mépris balayait cette écume, cette ordure brillante. Aujourd'hui, les Turcarets sont les hommes les plus importants de la société._»

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Me voici bien embarrassé pour crier à présent contre nos Nouveaux-riches. Tout a été dit, même sur eux.

Si les mœurs étaient déplorables à ce point en l'an VII de la première République, dans quels termes déplorerions-nous ce que nous savons qu'elles sont en l'an L de la troisième République?

Mieux vaut y renoncer tout de suite et chercher là-même une consolation. Ce mal dont nous souffrons aujourd'hui, les Nouveaux-riches, il n'est pas si nouveau qu'un nom, trop vite forgé, pourrait le laisser croire. Il n'a fait qu'empirer. En le multipliant par le carré de la vitesse, nous le mesurerions exactement. Mais nous n'en étions pas morts. Nous n'en mourrons sans doute pas davantage.

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J'ai condamné le terme de Nouveaux-riches. J'ai eu tort. Il est fort habilement composé. Il a l'air de vouloir perpétuer un instant. Quelle jolie audace! Car, dans le temps même que nous disons d'une chose qu'elle est nouvelle, elle ne l'est déjà plus. Les philosophes en ont sophistiqué dans toutes les langues. Fions-nous donc à leur sagesse, puisqu'aussi bien nous n'avons pas d'autre ressource.

Les Nouveaux-riches ne seront pas toujours des nouveaux riches.

Les Nouveaux-riches sont provisoires.

Respirons.

Dans dix ans, il n'y aura plus de Nouveaux-riches. Il y en aura peut-être de nouveaux. Ce ne seront pas les mêmes. Les nôtres déjà ne seront plus. Les uns auront perdu leur fortune en quelque débâcle, les autres auront donné leurs filles à de joyeux galapiats qui ne respecteront pas cet argent mal acquis de la dot; certains seront ministres; beaucoup seront morts, d'indigestion; quelques-uns enfin, vous ne les reconnaîtrez plus: ils seront devenus honnêtes.

· · ·

Tout sera, dans dix ans, rentré dans l'ordre.

Les saisons se poussent en s'emboîtant l'une dans l'autre, tels ces gobelets magiques d'un prestidigitateur. De loin on ne distingue qu'un gobelet. S'il y en avait de truqués, qui s'en apercevra?

Le moraliste peut se morfondre, et le pamphlétaire s'enflammer. Que nous reste-t-il, après le mépris, qui ne durera pas plus? Le souvenir d'avoir dit à ces drôles qu'ils sont des saligauds? Mais nous l'avons dit du bout des lèvres, comme si nous avions peur de nous empoisonner en ouvrant la bouche pour le leur clamer à la face.

Un sage a écrit:

--«_N'envions point à une sorte de gens leurs grandes richesses: ils les ont à titre onéreux, et qui ne nous accommoderait point. Ils ont mis leur repos, leur santé, leur honneur, et leur conscience pour les avoir: cela est trop cher; et il n'y a rien à gagner à un tel marché._»

En attendant, ils ont le sourire.

[Οὕτω τὸ πλουτεῖν ἐστιν ἡδὺ πρᾶγμα δή.]

ARISTOPHANE.

Paris; 29 septembre 1920.

TABLE DES CHAPITRES

Généralités préparatoires 7 A la recherche des responsabilités 14 Un vieux portrait 20 Définition par l'absurde 24 Dictionnaire des épithètes 28 Parvenus et Nouveaux-riches 31 De Monsieur Jourdain 36 Le tort des Nouveaux-riches 41 Candeur des Nouveaux-riches 45 L'art de dépenser 50 La belle naïveté 56 Conseils aux Nouveaux-riches 64 Utilité des Nouveaux-riches 72 Considérations dernières 78

ACHEVÉ D'IMPRIMER le vingt-et-un janvier mil neuf cent vingt-et-un POUR LA SOCIÉTÉ DES TRENTE PAR BUSSIÈRE A SAINT-AMAND (CHER)

SOCIÉTÉ DES TRENTE

Publier trente volumes du même format, avec des caractères classiques, une justification agréable, un papier solide, ne publier que des ouvrages lisibles et bien écrits, avec de bons auteurs et sur des sujets intéressants, sans se soucier des modes littéraires et des habitudes d'un jour, en un mot contribuer au relèvement de l'édition et de la librairie, tel est le but de la _Société des Trente_, formée par un groupe d'amateurs et d'auteurs qui veulent montrer que l'on peut imprimer de beaux livres à un prix relativement peu élevé.

La Société des Trente publiera les trente volumes qui composeront sa collection en cinq ans, à raison de six par an.

Ces ouvrages seront tirés à 500 exemplaires sur papier vergé d'Arches numérotés à la presse, et 30 exemplaires sur papier Chine ou Japon.

Le format choisi est l'in-8 écu (140mm × 200mm), qui est celui de ce volume.

Le caractère est le Didot classique.

Les volumes seront vendus en librairie au prix de 10 francs l'exemplaire sur papier vergé, 30 francs sur papier du Japon.

La collection sera complète lorsqu'il aura paru trente volumes, qui ne seront jamais réimprimés.

_Nous avons déjà publié_:

MAURICE BARRÈS.--_Pour nos Églises_ (épuisé). ÉMILE BERNARD.--_Souvenirs sur Paul Cézanne_ (épuisé). HENRY MARTINEAU.--_L'Itinéraire de Stendhal_. ANDRÉ SALMON.--_La Jeune peinture Française_ (épuisé). RÉMY DE GOURMONT.--_Le Chat de Misère_ (épuisé). LUCILE DE CHATEAUBRIAND.--_Œuvres_. Étude de L. THOMAS. MAURICE BARRÈS.--_Autour des Églises de Village_. LAURENT TAILHADE.--_Quelques Fantômes de Jadis_ (épuisé). ALFRED CAPUS.--_Boulevard et Coulisses_. A. SÉRIETY.--_Vincent d'Indy_. CHATEAUBRIAND & ***.--_Journal d'un Conclave_. JULES DESTRÉE.--_Wallonie_. CHARLES MORICE.--_Quelques Maîtres Modernes_. MARCEL BOULENGER.--_Apologie du Duel_. RÉMY DE GOURMONT.--_Trois Légendes du Moyen Age_ (épuisé). ANDRÉ SALMON.--_La Jeune Sculpture Française_ (épuisé). ÉMILE BERNARD.--_Tintoret–Greco–Magnasco–Manet_. DIDEROT.--_Historiettes_. Recueillies par Suzy LEPARC. CHARLES MOULIÉ.--_Apologie des Nouveaux Riches_. CHARLES DU BOS.--_Notes sur Mérimée_.