‹ Aristophane; Traduction nouvelle, tome premierChapitre 30 sur 33 · L'ESCLAVE. - L'ESCLAVE.

L'ESCLAVE. - L'ESCLAVE.

Prends le couteau et, en bon cuisinier, égorge la brebis.

TRYGÆOS.

Ce n'est pas permis.

Pourquoi donc?

TRYGÆOS.

La Paix ne se plaît point aux égorgements: on n'ensanglante pas son autel. Porte la victime à l'intérieur, immole-la, et apportes-en ici les cuisses: par ce moyen la brebis est réservée au khorège. (_L'Esclave sort._)

· · ·

LE CHOEUR.

Pour toi, qui restes ici, devant la porte, rassemble vite les branches et tous les accessoires utiles.

TRYGÆOS.

Est-ce que je ne te parais pas disposer les broussailles en vrai devin?

LE CHOEUR.

Comment ne serait-ce pas? T'échappe-t-il rien de ce que doit savoir un habile homme? Ne songes-tu pas à tout ce qui est nécessaire à quelqu'un de distingué par son esprit et par son audace féconde?

TRYGÆOS.

Le fagot allumé incommode Stilbidès. J'apporterai aussi la table, et il n'y a pas besoin d'esclave.

LE CHOEUR.

Qui donc ne louerait pas un pareil homme, qui, supportant mille maux, a sauvé notre ville sacrée? Jamais il ne cessera d'être un objet d'admiration pour tous.

· · ·

L'ESCLAVE, _revenant_.

C'est fait. Dépose les deux cuisses que voici. Moi, je vais chercher des entrailles et des offrandes.

TRYGÆOS.

J'aurai soin de cela; mais il fallait que tu fusses revenu.