L'HOMME JUSTE. - L'HOMME JUSTE.
Je viens le consacrer en même temps au Dieu.
KARIÔN.
Le portais-tu, lorsque tu fus initié aux grands mystères?
Nullement; mais il m'a servi à grelotter treize ans.
KARIÔN.
Et ces chaussures?
Elles ont aussi pâti des hivers avec moi.
KARIÔN.
Les as-tu apportées aussi comme offrandes?
Oui, de par Zeus!
KARIÔN.
Ils sont charmants, les dons que tu apportes au Dieu.
UN SYKOPHANTE.
Hélas! Malheureux! C'est fait de moi, chétif! O trois fois, quatre fois, cinq fois, douze fois, dix mille fois malheureux! Iou! Iou! Je suis emmêlé dans une triste série d'infortunes.
KARIÔN.
Apollôn préservateur, et vous, dieux propices, quel mal est-il donc arrivé à cet homme?
LE SYKOPHANTE.
N'éprouvé-je pas aujourd'hui une cruelle infortune, ayant perdu tout ce que j'avais chez moi, grâce à ce Dieu? Puisse-t-il redevenir aveugle, si la justice ne nous a point abandonnés!