L'ATHÉNIEN. - L'ATHÉNIEN. - L'ATHÉNIEN.
Voyons, Lakonien, il faut dire carrément ce qui est. Pourquoi êtes-vous ici?
LE LAKONIEN.
On nous envoie traiter de la paix.
Bien dit, et nous aussi. Que n'appelons-nous donc Lysistrata, qui seule peut nous mettre d'accord?
LE LAKONIEN.
Oui, au nom des Gémeaux, appelez même Lysistratos.
Nous n'avons pas besoin, ce me semble, de l'appeler: elle nous a entendus, elle vient d'elle-même.
LE CHOEUR DES VIEILLARDS.
Salut à la plus courageuse de toutes. Voici l'instant de te montrer redoutable et bonne, humble et vénérable, sévère et indulgente, afin que les chefs des Hellènes, séduits par tes charmes, s'abandonnent à toi et te remettent, d'un commun accord, le jugement de leurs griefs.
LYSISTRATA.
La besogne n'est pas difficile, si on les prend au milieu de leurs désirs et n'essayant pas de se consoler les uns les autres. Je le saurai bientôt. Où est la Paix?--Va prendre et amène-moi d'abord les Lakoniens, mais pas d'une main rude et arrogante: ne fais pas comme nos hommes les malappris, mais comme il convient aux femmes, en toute douceur. S'ils ne t'offrent pas la main, amène-les par où tu sais. Amène-moi aussi les Athéniens, et prends-les par où ils se donneront.--Lakoniens, tenez-vous près de moi.--Vous, de ce côté.--Écoutez ce que j'ai à dire. Je ne suis qu'une femme, mais j'ai du bon sens. De moi-même, je ne suis pas mal partagée en fait de raison; et de la bouche de mon père et des vieillards j'ai recueilli beaucoup de discours, qui ne m'ont pas mal instruite. Je veux vous adresser à tous en commun des railleries que vous méritez, vous qui, arrosant les autels de la même eau lustrale, en vrais parents, à Olympia, aux Thermopyles, à Pytho (et combien d'autres localités je pourrais citer, si je voulais m'étendre!), perdez, sous les yeux de l'armée des Barbares, vos ennemis, et les Hellènes et leurs villes! Voilà déjà une partie de ce que j'ai à vous dire.
UN ATHÉNIEN.
Moi, je meurs de désirs.
LYSISTRATA.
Pour vous, Lakoniens, car je m'adresse à vous, ne vous souvient-il plus comment le Lakonien Périklidas vint un jour à Athènes, en suppliant, et s'assit auprès des autels, pâle, vêtu de pourpre, demandant des secours? Car alors Messènè vous inquiétait, et un dieu ébranlait votre terre. Parti avec mille hoplites, Kimôn sauva Lakédæmôn entière. Traités ainsi par les Athéniens, vous ravagez le pays qui vous a rendu ce bon service.