‹ Armand de Pontmartin, sa vie et ses oeuvres, 1811-1890Chapitre 124 sur 124 · CHAPITRE XVII

CHAPITRE XVII

Les Dernières années.—Épisodes littéraires. La mort d’Armand de Pontmartin (1888-1890).

La dixième série des _Souvenirs d’un vieux critique_ et les _Péchés de vieillesse_. Une Revue qui paie royalement. M. Frédéric Masson et _les Lettres et les Arts_.—Vingt-quatre articles d’avance, _Episodes littéraires_.—Le dernier article, M. Émile Zola et _la Bête humaine_. Un souvenir de Virgile.—La dernière maladie. Visite de Léopold de Gaillard. Une mort chrétienne. Les obsèques d’Armand de Pontmartin. 483

IMPRIMÉ

PAR

PHILIPPE RENOUARD

19, rue des Saints-Pères

PARIS

FOOTNOTES:

[1] _Mélanges de philosophie, d’histoire et de littérature_, par M. Ch.-M. de Féletz, de l’Académie française, t. II, p. 124.

[2] Aujourd’hui commune de Pujaut, canton de Villeneuve-lès-Avignon (Gard).

[3] Au mot _Ferrar_.

[4] Commune des Angles, canton de Villeneuve-lès-Avignon.

[5] François-Joseph DOUBLE (1776-1842). Membre de l’Académie de médecine et de l’Académie des sciences, il refusa la pairie, en 1839, parce que le Roi y mettait comme condition qu’il renoncerait à exercer la médecine.

[6] Représentée sur le Théâtre-Français le 5 décembre 1823. Le rôle de Danville fut créé par Talma et celui d’Hortense par M^{lle} Mars.

[7] Voy., sur le chevalier de Grave et sur son _Adresse aux citoyens_ en faveur de Louis XVI, le _Journal d’un bourgeois de Paris pendant la Terreur_, par Edmond Biré, t. I, p. 337. M. de Grave publia en 1816 un _Essai sur l’art de lire_.

[8] Voir les _Contes d’un planteur de choux_.

[9] M^{me} de Guerry, après la mort de son mari, entra dans la congrégation dite de Picpus, consacrée à l’Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement sous l’invocation des Saints Cœurs de Jésus et de Marie. Elle y était depuis plus de trente ans, lorsqu’en 1853, à la suite de changements qu’elle considérait comme l’introduction d’une règle nouvelle, elle abandonna la communauté avec soixante de ses compagnes et résolut de porter dans une nouvelle maison l’intégrité des statuts édictés par les fondateurs de la Congrégation. Le pape Pie IX autorisa les religieuses séparées à vivre suivant l’ancienne règle, mais leur défendit de recevoir des novices ou d’admettre à la profession les novices qui les avaient suivies. C’est alors que M^{me} de Guerry, reprenant son nom, son titre et l’habit du monde, redemanda la fortune qu’elle avait apportée à la communauté de Picpus. Cette fortune était estimée par elle à une somme d’environ 1.200,000 fr. M. Émile Ollivier soutint devant les tribunaux la réclamation de M^{me} de Guerry, qui fut combattue par M. Berryer au nom de la communauté. Le tribunal de première instance de la Seine donna gain de cause à la communauté; mais M^{me} de Guerry triompha devant la Cour impériale de Paris (15 février 1858). Avant de mourir, elle s’est réconciliée avec son ordre et lui a rendu la fortune qu’elle avait revendiquée contre lui.—Sur le procès, demeuré célèbre, de la marquise de Guerry contre la Congrégation de Picpus, voir les _Œuvres de Berryer_, _Plaidoyers_, t. III, p. 153-310, et _l’Empire libéral_, par Émile Ollivier, t. IV, p. 35-46.]

[10] _Ville d’Avignon._ _Extrait du Registre des Actes de l’état civil._—«L’an mil huit cent onze et le dix-sept juillet, à neuf heures du matin, par-devant nous Charles-Pierre-Paul Blanchetti, adjoint du maire et d’icelui chargé par délégation des fonctions de l’état civil de cette ville, est comparu en notre bureau Monsieur Castor-Louis-Eugène Ferrar de Pontmartin, propriétaire foncier, domicilié aux Angles (Gard) et demeurant en cette ville d’Avignon, rue Sainte-Praxède, lequel nous a déclaré que Madame Marie-Émilie-Aimée-Augustine-Henriette-Charlotte de Cambis, son épouse, est accouchée le jour d’hier, à une heure et demie d’après-midi, dans sa maison d’habitation, d’un enfant mâle qu’il nous a présenté et auquel il a donné les prénoms d’Armand-Augustin-Joseph-Marie; en présence de M. Joseph-François-Marie Ferrar de Pontmartin, oncle paternel de l’enfant, âgé de vingt-neuf ans, et de M. Augustin-Marie-Jacques-François-Luc de Cambis, âgé de trente ans, oncle maternel de l’enfant, demeurant en cette ville, propriétaires fonciers; et ont signé avec nous après lecture faite, les jour et an susdits.—_E. de Pontmartin._—_J. Pontmartin._—_Aug. Cambis._—Blanchetti fils, adjoint.»

A noter, dans cet acte, l’absence de tout titre, même pour le marquis de Cambis; cela tient à ce que, sous l’Empire, les titres remontant à l’ancien régime n’avaient pas de valeur légale. Si je fais cette remarque, c’est uniquement pour aller au-devant de tout reproche possible d’usurpation à l’adresse d’Armand de Pontmartin, si éloigné de tout travers de ce genre et qui d’ailleurs, tout en se laissant donner le titre de son grand-père, ne le prit lui-même que très rarement.—Un mot sur ses quatre prénoms: _Joseph_ est celui du parrain, le cher oncle paternel; _Augustin_, celui de la marraine, Augustine de Grave, dame de Cambis, aïeule maternelle; celui de _Marie_ vient d’un usage pieux, particulièrement en honneur à Avignon; celui d’_Armand_ vient du culte que M. Eugène de Pontmartin et son frère, depuis l’émigration, avaient voué à la famille de Polignac, et surtout au duc Armand, frère aîné du prince Jules, le futur ministre de Charles X.

[11] Dans ses _Mémoires_ (t. I, p. 24), Pontmartin appelle _hôtel de Bernis_ la maison habitée par ses parents jusqu’à leur départ pour Paris, et que je viens de dénommer _hôtel de Calvière_. Les deux désignations sont exactes, car l’hôtel appartenait indivisément au marquis de Calvière et à sa sœur la comtesse René de Bernis. Chacune de ces deux familles s’était réservé un appartement dans cette immense demeure, et c’est ainsi que Pontmartin fut l’ami d’enfance du fils de M. de Calvière et des deux fils de sa sœur.

[12] Par ordonnance royale parue au _Moniteur_ du 13 février 1820, M. Decazes, président du conseil des ministres, avait été remplacé par le duc de Richelieu.

[13] M^{lle} de Sombreuil fut-elle forcée par les égorgeurs de l’Abbaye de boire un verre de sang pour racheter la vie de son père? La plupart des historiens n’ont voulu voir là qu’une légende, Pontmartin lui-même n’admettait qu’à demi cette tradition consacrée par Victor Hugo dans une de ses plus belles Odes: «Ce que je crois vrai, dit-il dans ses _Mémoires_, t. I, p. 24, c’est que le verre de sang lui fut présenté par les massacreurs de Septembre, qu’elle le prit, qu’elle allait le boire, et que, saisis d’un mouvement de pitié ou d’horreur, ces monstres le répandirent à ses pieds.» Ce mouvement de pitié, les massacreurs ne l’ont pas eu. C’est le poète des _Odes et Ballades_ qui est dans le vrai. Comment, en effet, conserver un doute sur la vérité de la tradition, en présence de l’attestation suivante, adressée à M. Adolphe Granier de Cassagnac par le fils de M^{lle} de Sombreuil:

«Ma mère, Monsieur, n’aimait point à parler de ces tristes et affreux temps. Jamais je ne l’ai interrogée; mais parfois, dans des causeries intimes, il lui arrivait de parler de cette époque de douloureuse mémoire. Alors, je lui ai plusieurs fois entendu dire que, lors de ces massacres, M. de Saint-Mart sortit du tribunal devant son père et fut tué d’un coup qui lui fendit le crâne; qu’alors elle couvrit son père de son corps, lutta longtemps et reçut trois blessures.

«Ses cheveux, qu’elle avait très longs, furent défaits dans la lutte; elle en entoura le bras de son père, et, tirée dans tous les sens, blessée, elle finit par attendrir ces hommes. L’un d’eux, prenant un verre, y versa du sang sorti de la tête de M. de Saint-Mart, y mêla du vin et de la poudre, et dit que si elle buvait _CELA_ à la santé de la nation, elle conserverait son père.

«Elle le fit sans hésiter, et fut alors portée en triomphe par ces mêmes hommes.

«Depuis ce temps, ma mère n’a jamais pu porter les cheveux longs sans éprouver de vives douleurs. Elle se faisait raser la tête. Elle n’a jamais non plus pu approcher du vin rouge de ses lèvres, et, pendant longtemps, la vue seule du vin lui faisait un mal affreux.

«_Signé_: comte DE VILLELUME-SOMBREUIL.»

(_Histoire des Girondins et des massacres de Septembre_, par A. GRANIER DE CASSAGNAC, t. II, p. 225.)

[14] _Jean-François Périer, évêque d’Avignon_, par l’abbé ALBERT DURAND, directeur au petit séminaire de Beaucaire.

[15] _Mes Mémoires_, par ARMAND DE PONTMARTIN, 1^{re} série, p. 31-33.

[16] T. I, p. 6-14.

[17] Aujourd’hui rue Bonaparte.

[18] En 1825, Armand de Melun était élève du collège de Sainte-Barbe, dirigé par M. Henri Nicolle, frère de l’abbé Nicolle, recteur de l’Académie de Paris. Intime ami du duc de Richelieu et aussi désintéressé que lui, l’abbé Nicolle n’avait accepté le rectorat qu’à la condition de n’en pas toucher les émoluments.

[19] _Le vicomte Armand de Melun_, d’après ses Mémoires et sa correspondance, par M. l’abbé BAUNARD, p. 14.

[20] Après avoir administré cinq ans le collège Saint-Louis, l’abbé Thibault le quitta pour devenir inspecteur de l’Université, en 1825. Il eut pour successeur un prêtre alsacien, l’abbé Ganser. En 1830, un proviseur laïque, M. Liez, fut placé à la tête du collège.

[21] L’abbé Léon Sibour, parent éloigné de M^{gr} Sibour, archevêque de Paris, avec lequel il était du reste étroitement lié, fut lui-même évêque _in partibus_ de Tripoli. M. Dumarsais devint curé de Saint-François-Xavier et chanoine de Paris.

[22] Ces religieuses furent remplacées plus tard dans le couvent de la rue de Vaugirard par les Dominicains, qui eux-mêmes ont cédé la place à l’Institut catholique.

[23] _Ma Carmélite_, dans les _Souvenirs d’un vieux critique_, t. IV, p. 62.

[24] En 1825, un terrible incendie avait dévoré la plus grande partie de la ville de Salins (Jura); elle a été rebâtie sur un plan plus régulier.

[25] Le 19 octobre 1826.

[26] Ce dernier nom cachait un banquier, M. Beudin, et un chef d’institution, M. Goubaux, qui avaient formé des dernières syllabes de leurs deux noms le pseudonyme de _Dinaux_. La première représentation de _Trente ans ou la Vie d’un joueur_ avait eu lieu le 19 juin 1827.

[27] Chap. 1, p. 1-54.

[28] Voir plus bas le chapitre sur _Armand de Pontmartin et l’Académie française_.

[29] Charles Alexandre (1797-1870), élève de l’École normale, professeur de rhétorique, proviseur, inspecteur général des études, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, auteur d’un _Dictionnaire grec-français_, qui est longtemps resté classique.

[30] _Mélanges de philosophie, d’histoire et de littérature_, par CH.-M. DE FÉLETZ, de l’Académie française, 6 vol. in-8, 1826-1828.

[31] _Revue des Deux Mondes_, chronique de la quinzaine, 1^{er} janvier 1854.

[32] _Nouveaux Lundis_, t. II, p. 13.

[33] _Annales des concours généraux_, par MM. BELIN et ROCHE. Classe de troisième, p. 97, L. Hachette, rue Pierre-Sarrazin, 12, Paris, 1826.

[34] Ancien président, sous l’Empire, de la section de législation au Conseil d’État. Son fils aîné fut vice-président de la République en 1848.

[35] Le marquis Auguste de Cambis-d’Orsan (1781-1860), député de Vaucluse le 15 novembre 1830, réélu le 5 juillet 1831, puis le 21 juin 1834; pair de France le 3 octobre 1837.

[36] Jean-Antoine Renouvier (1777-1863), député de Montpellier de 1827 à 1834; père de M. Jules Renouvier, l’archéologue, et de M. Charles Renouvier, le philosophe.

[37] Plus tard professeur d’histoire au collège Louis-le-Grand, et auteur d’une excellente _Histoire du règne de Louis XIV_, couronnée par l’Académie française. (Grand prix Gobert.)

[38] Emmanuel Daudé d’Alzon, né en 1811, comme Pontmartin, mort le 21 novembre 1880. Voir sur lui _Souvenirs d’un vieux critique_, t. I, p. 325-340.

[39] Henri-François-Marie-Auguste, comte de Cambis-d’Orsan, fils du marquis, né le 8 juin 1810; élu député d’Avignon le 13 août 1842, réélu le 1^{er} août 1846. Il mourut le 24 août 1847.

[40] François-Frédéric Poncelet (1790-1843). Il avait publié en 1827 un ouvrage qui se rattachait à ses préoccupations musicales et qui a pour titre: _Privilèges de l’Opéra_. On lui doit aussi un _Cours d’histoire du droit romain_ et un _Précis de l’histoire du droit civil français_.

[41] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. III, p. 70, 1883.

[42] Causerie du 22 août 1887, _Souvenirs d’un vieux critique_, t. X, p. 104 et 106.

[43] Lamartine, _Des Destinées de la poésie_.

[44] Jules Janin, _Histoire de la littérature française_, 1829.

[45] _Guillaume Tell_ a été représenté pour la première fois le 3 août 1829; le _More de Venise_, le 24 octobre 1829; _Fra Diavolo_, le 28 janvier 1830; _Hernani_, le 25 février 1830. Les _Orientales_ et le _Dernier jour d’un condamné_, de Victor Hugo, sont des premiers mois de 1829, ainsi que l’édition complète et définitive des _Poèmes_ d’Alfred de Vigny. Les _Orientales_ parurent au mois de janvier 1829, le _Dernier jour d’un condamné_ au mois de février, les _Poèmes_ de Vigny au mois de mai.

[46] Les _Contes d’Espagne et d’Italie_ furent publiés en janvier 1830, les _Consolations_ en mars, les _Harmonies_ le 14 juin. Les _Poésies_ de Théophile Gautier furent mises en vente dans les derniers jours de juillet; nous les trouvons en effet inscrites sous le n^o 4270 de la _Bibliographie de la France_ du 31 juillet 1830.

[47] La première édition des _Scènes de la vie privée_ a été publiée au mois d’avril 1830. _Les Chouans_ avaient paru au mois de mars 1829.

[48] Paul Huet était né le 3 octobre 1804. Il mourut le 9 janvier 1869. «Paul Huet, dit Théophile Gautier (_Portraits contemporains_), représente dans le paysage le rôle romantique, et il a eu son influence au temps de la grande révolution pittoresque de 1830. Sa manière de concevoir le paysage est très poétique et se rapproche un peu des décorations d’opéra par la largeur des masses, la profondeur de la perspective et la magie de la lumière... Nul n’a saisi comme lui la physionomie générale d’un site, et n’en a fait ressortir avec autant d’intelligence l’expression heureuse ou mélancolique.»

[49] T. I, p. 129-149.

[50] _Le Correspondant_ du 12 mars 1830.

[51] _Nouveaux Samedis_, t. XIII, p. 352.

[52] La population de Paris n’était alors que de 645,698 âmes; le nombre des décès fut donc de plus de 23 par 1000 habitants. Le chiffre de 18,406 s’appliquant aux seuls décès administrativement constatés, le chiffre réel a dû être plus élevé.

[53] Tome I, p. 212-224.

[54] _L’Époque sans nom_, _Esquisses de Paris_ (1830-1833), par M. A. BAZIN, t. II, p. 270.

[55] Père de M. Paul Thureau-Dangin, membre de l’Académie française.

[56] Voir _Monsieur Thureau-Dangin, vice-président général de la Société de Saint-Vincent de Paul_. _Notes et Souvenirs, 1811-1893._—Je lis à la page 8 de cette Notice: «M. Thureau fit son droit et c’est vers cette époque qu’il eut des relations d’amitié avec quatre jeunes gens à peu près de son âge qui ont laissé un nom dans les lettres et dans la politique: Louis Veuillot, Pontmartin, Montalembert et Léon Cornudet.»

[57] Louis-Gabriel-Eugène, baron Pertuis de Montfaucon (1790-1842). Nommé député du premier collège de Vaucluse (Avignon) le 13 juin 1840, il venait d’être réélu le 9 juillet 1842, lorsqu’il mourut (16 juillet) avant d’avoir pu reprendre séance. Il fut remplacé par Henri de Cambis.

[58] _Nouveaux Lundis_, t. II, p. 2.

[59] SAINT-PRIEST (Emmanuel-Louis GUIGNARD, vicomte de), né à Paris le 6 décembre 1789, mort au château de Lamotte (Hérault), le 27 octobre 1881. Il suivit sa famille à Saint-Pétersbourg lors de l’émigration et, en 1805, entra dans l’armée russe où il servit jusqu’à la chute de Napoléon. Colonel en 1814, il fut fait prisonnier; l’ordre de le fusiller, envoyé par l’Empereur, fut intercepté par les Cosaques. Il s’échappa, servit avec ardeur la cause du gouvernement royal, tenta pendant les Cent-Jours de soulever les populations du Midi, s’embarqua à Marseille à la nouvelle de la capitulation de la Palud, fut pris par un corsaire de Tunis, et, après quelques semaines de captivité, put gagner l’Espagne et rentrer à la seconde Restauration. Il fut alors nommé maréchal de camp, gentilhomme d’honneur du duc d’Angoulême et inspecteur d’infanterie. En 1823, il prit part à la campagne d’Espagne, où sa conduite lui valut le grade de lieutenant général. Ambassadeur à Berlin (1825), puis à Madrid (1827), il négocia le traité par lequel l’Espagne s’engageait à rembourser à la France, par annuités de 4 millions, sa dette de 80 millions. Au mois d’août 1830, il donna sa démission et fut nommé par le roi Ferdinand VII grand d’Espagne et duc d’Almazan. Devenu l’un des conseillers de la duchesse de Berry, il fut l’un des principaux organisateurs de la tentative royaliste de 1832. Après son acquittement, il alla rejoindre _MADAME_ en Italie. Élu en 1849 représentant de l’Hérault à Assemblée législative, il devint l’un des chefs de la majorité. Sous le second Empire, il fut l’un des serviteurs les plus zélés et les plus intelligents du comte de Chambord, qui lui écrivit en 1867, sur la situation politique, une lettre qui eut un grand retentissement.

[60] Voir le chapitre I, p. 16.

[61] M. de Saint-Priest allait, en effet, être traduit en cour d’assises, ainsi que les autres prévenus de l’affaire du _Carlo-Alberto_, M. de Kergorlay père et le comte de Mesnard, tous les deux anciens pairs de France, M. de Kergorlay fils, M. Adolphe Sala, M. de Bourmont fils, M^{lle} Mathilde Lebeschu, M. Antoine Ferrari, Génois, subrécargue du _Carlo-Alberto_. Ils comparurent, le 25 février 1833, devant le jury de Montbrison (Loire). Étaient poursuivis, en même temps qu’eux, les prévenus de «la Conspiration de Marseille», MM. de Bermond, de Candolle, de Lachaud, Layet de Podio, François Esig et Ganail. Les débats se terminèrent, le 15 mars, par l’acquittement de tous les accusés.

[62] LE CADUCÉE. _Souvenirs marseillais, provençaux et autres_ (par M. Cauvière), t. IV, p. 206,—1880.

[63] Henri Abel, né à Aix le 15 juillet 1796, mort à Marseille le 19 novembre 1861. Au milieu de ses travaux de polémiste, il a trouvé le temps de composer une _Histoire de France_ en cinq volumes.

[64] Attaché à la _Gazette du Midi_ dès 1832, Eugène Roux remplaça Henri Abel comme rédacteur en chef et conserva la direction du journal jusqu’à sa mort, en mars 1877.

[65] LABOULIE (Joseph-Balthazar-Gustave de) (1800-1867), avocat au barreau d’Aix, député de Marseille de 1834 à 1837, représentant des Bouches-du-Rhône à l’Assemblée constituante et à l’Assemblée législative. Doué d’un rare talent de parole, il obtint de grands succès de tribune, et fut, avec M. de Larcy, le meilleur lieutenant de Berryer.

[66] Maire de Marseille avant 1830; homme bienfaisant et tout dévoué à sa ville; éloge qui, du reste, pour les maires de la Restauration, est presque une banalité.

[67] Esprit REQUIEN, né à Avignon en 1788, mort à Bonifacio dans un voyage d’herborisation le 30 mai 1851. Il a fondé et donné à la ville d’Avignon un Musée d’histoire naturelle qui porte son nom. Sans se mêler aux luttes politiques et tout en ayant des amis dans tous les partis, il a constamment gardé l’attitude et le nom de ce que l’on appelait un vieux _blanc_.—Voir, sur M. Requien, les _Mémoires_ de Pontmartin, t. II, p. 55 et suivantes et les _Nouveaux Samedis_, t. X, p. 210 et 371.

[68] _Revue des Deux Mondes_ du 15 août 1834.

[69] Jean-Baptiste-Pierre LAFITTE (1796-1879), auteur dramatique et romancier. De ses nombreuses pièces de théâtre, deux surtout eurent du succès, _Jeanne Vaubernier_ (1832) et _le Pour et le Contre_ (1852). Il composa plusieurs romans historiques, dont deux, _le Docteur rouge_ (1844) et _le Gantier d’Orléans_ (1845), furent justement remarqués. Mais ce qui le sauvera de l’oubli, ce sont les _Mémoires_ du comédien _Fleury_ (6 volumes in-8^o, 1835-1837), ouvrage spirituel et agréable, dont il fut le rédacteur.

[70] 11, 15, 22, 29 décembre 1836; 9 et 19 mars 1837.

[71] Voy. Jules Janin, _Histoire de la littérature dramatique_, t. VI, p. 191.

[72] _Mes Mémoires_, t. II, p. 127.

[73] _Messager de Vaucluse_, du 22 décembre 1836.

[74] Le 10 février 1829.

[75] _Messager de Vaucluse_, du 9 mars 1837.

[76] _Messager de Vaucluse_, 29 juin et 9 juillet 1837.

[77] _Messager de Vaucluse_, 30 juillet et 6 août 1837.

[78] Joseph Eugène PONCET (1791-1866). Incorporé en 1813 dans le 4^e régiment des gardes d’honneur, il se distingua à Leipzig, reçut la croix de la Légion d’honneur et fit la campagne de France en 1814. Sous la Restauration, il se livra au commerce et conquit une situation importante. Après la révolution de Juillet, il devint colonel de la garde nationale, adjoint au maire, président du tribunal de commerce, conseiller général de Vaucluse. Il fut député de 1837 à 1840 et deux fois maire d’Avignon (1843 à 1847 et février à décembre 1852).

[79] M. Charles de Lacombe, dans sa _Vie de Berryer_, pourtant si complète, n’a rien dit de cette candidature avignonnaise de l’illustre orateur.

[80] Claude-Marie-Charles DEPLACE, entré dans la Compagnie de Jésus le 7 septembre 1824. Il professa la rhétorique dans plusieurs collèges, notamment à Saint-Acheul en 1828, avant les Ordonnances; puis, en 1833, au Passage, en Espagne. Il quitta l’Ordre vers 1838 et se voua entièrement à la prédication, où il obtint de très grands succès. L’abbé Deplace est mort à Vichy le 19 juillet 1871.

[81] Janvier et novembre 1838.

[82] Février 1838.

[83] Mars 1838.—Les _deux voyageurs_ étaient George Sand et Alfred de Musset. Dans sa pièce, écrite au moment de leur départ pour Venise (décembre 1834), Pontmartin exprimait l’espoir, peut-être un peu naïf, de les voir revenir bientôt «aux croyances religieuses, aux régions certaines et à Celui qui ne trompe pas».

[84] Première esquisse de l’une de ses meilleures nouvelles, _les Trois Veuves_.—Voir le volume des _Contes d’un planteur de choux_.

[85] _Les Écrivains modernes de la France_, par J. Chaudes-Aigues.

[86] Mars 1838.—L’_Album d’Avignon_, t. I, p. 169 et suivantes.

[87] Joseph MICHAUD (1767-1839), fondateur de la _Quotidienne_, auteur du _Printemps d’un proscrit_ et de l’_Histoire des Croisades_, membre de l’Académie française.

[88] François POUJOULAT (1800-1880), rédacteur de la _Quotidienne_ et de l’_Union_, représentant du peuple de 1848 à 1851, auteur de la _Correspondance d’Orient_ (en collaboration avec Michaud) et d’un grand nombre d’ouvrages historiques justement estimés: _Histoire de Jérusalem_; _Histoire de saint Augustin_; _le Cardinal Maury_; _le Père de Ravignan_; _Vie de M^{gr} Sibour_; _Vie du Frère Philippe_; _Histoire de la Révolution française_; _Histoire de France depuis 1814 jusqu’à 1865_, etc., etc.

[89] _Nouveaux Samedis_, t. XX. p. 152.

[90] Lettre du 20 octobre 1886.

[91] Au tome II de ses _Mémoires_, p. 141-153, Pontmartin parle assez longuement de ce duel; seulement il le place, non en 1839, qui est la vraie date, mais en 1834. Il appelle Deretz FABRICE DERVIEUX et transforme _la Mouche_ en _Ruche vauclusienne_. Il indique, comme l’un de ses témoins, M. GUY D’AVERTON; c’est le frère de Guy, Frédéric, ancien officier de la garde royale, qui servit de second à Pontmartin dans ce duel, moins épique assurément que le duel de Roland et d’Olivier en cette même île de la Barthelasse:

Ils sont là tous les deux dans une île du Rhône......

[92] _Gazette des Tribunaux_ du 21 juin 1839.

[93] Pontmartin, au tome II de ses _Mémoires_, p. 278, dit que les prévenus «eurent pour avocats MM. de Laboulie et Dugabé». M. Dugabé ne plaida point à Avignon; mais l’affaire étant venue en appel, selon la législation alors en vigueur, devant le tribunal correctionnel de Carpentras (8, 9 et 10 août 1839), M^e Dugabé prit place cette fois sur le banc des défenseurs, à côté de M^e de Laboulie. Il était le premier avocat du barreau de Toulouse, comme Laboulie était le premier avocat du barreau d’Aix. Les électeurs de l’Ariège (Foix) l’envoyèrent à la Chambre des députés, où il siégea du 21 juin 1834 au 24 février 1848.

[94] _Gazette des Tribunaux_ du 4 juillet 1839.

[95] _Mes Mémoires_, t. II, p. 280.

[96] Chaque livraison de l’_Album_ se terminait par un article qui, sous le titre de _Mosaïque_, n’était autre chose qu’une causerie littéraire et politique.

[97] Michaud était mort à Passy le 30 septembre 1839.

[98] Le _Livre des Orateurs_, par TIMON (M. de Cormenin), t. II, p. 231.

[99] _Notes sur M. Royer-Collard_, par son neveu M. Genty de Bussy, député du Morbihan.

[100] _Œuvres complètes de Henri Fonfrède_, t. X, p. 213.

[101] _Lettres de X. Doudan_, t. II, p. 346.

[102] _Journal des Débats_, 16 novembre 1839.

[103] Le cas devait en effet se réaliser. Berryer fut élu le 12 février 1852; il siégeait encore sous la coupole quand M. Cuvillier-Fleury fut nommé le 12 avril 1866.

[104] _Provence_, par Adolphe Dumas (12 juillet 1840); _Peintures d’Eugène Devéria à Avignon_ (24 juillet 1840); _Mathilde_, par Eugène Sue; _Colomba_, par Prosper Mérimée (15 août 1841); _Milianah_, par Joseph Autran (1^{er} juin 1842), etc., etc.

[105] _Le Puff en province_ (29 octobre 1840); _l’Angleterre en France_ (10 janvier 1841); _Euterpe en voyage_ (19 août 1843), etc., etc.

[106] 4 octobre 1842.

[107] 6 et 7 janvier, 10 et 11 février 1843.

[108] Jean-Toussaint MERLE (1785-1852), auteur dramatique et journaliste. Directeur du théâtre de la Porte-Saint-Martin de 1822 à 1826, il fut le mari de M^{me} Dorval.

[109] Le 25 novembre 1755, le Rhône grossit de dix-huit pieds dans une nuit.

[110] Le vicomte Édouard WALSH était directeur de la _Mode_ depuis le 25 septembre 1835. Il était le fils du vicomte Joseph Walsh, l’auteur des _Lettres vendéennes_ (1825), du _Fratricide ou Gilles de Bretagne_ (1827), du _Tableau poétique des Fêtes chrétiennes_ (1836), des _Journées mémorables de la Révolution française_ (1839-1840), des _Souvenirs de Cinquante ans_ (1844), etc.

[111] M^{lle} Cécile de Montravel était née, le 16 novembre 1819, au château de la Bastide de Sampzon, près Vallon, arrondissement de Largentière (Ardèche).

[112] M^{me} de Larochette mourut à 81 ans en 1849. Après sa mort, le Plantier échut à sa fille cadette; M. et M^{me} de Montravel durent se transporter dans une autre propriété qu’ils avaient achetée dans les environs, un peu au nord d’Annonay. Cette nouvelle résidence s’appelait la Mûre. De 1851 à 1862, Pontmartin y a fait chaque été un séjour de plusieurs semaines; puis deux séjours en 1864 et deux autres en 1868.

[113] Voir sur cette chapelle les pages que lui a consacrées Pontmartin dans son écrit sur _le Père Félix_ (1861), p. 19-21.

[114] Cet hôtel occupait, rue Neuve-Saint-Augustin, les anciens appartements du maréchal de Richelieu.

[115] _Correspondance de Lamartine_, t. III.

[116] Jules Sandeau était né le 19 février 1811. Il mourut le 24 avril 1883.

[117] Le fils de Jules Sandeau, devenu un brillant officier de marine, rentrait au pays après une campagne dans l’Extrême-Orient, lorsqu’il mourut d’une maladie contractée au service de la France. Son père, en arrivant à Toulon, n’y retrouva plus qu’un cadavre.

[118] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. IV, p. 39.

[119] Voici les titres des principales: en 1846, _Clarisse Harlowe_, de Jules Janin; _Nélida_, de Daniel Stern; _Passé et Présent_, de Charles de Rémusat; _la Cousine Bette_, de Balzac; _Madeleine_, de Jules Sandeau. En 1847, _Petite Causerie à propos d’une grande Histoire_ (les _Girondins_, de Lamartine), etc., etc.

[120] En 1847, Pontmartin fit le _Salon_ (26 mars et 26 avril).

[121] 15 juin 1846.

[122] 26 décembre 1847.

[123] Octobre, novembre et décembre 1847.

[124] Aujourd’hui rue Cambon.

[125] M. Duchâtel.

[126] Le marquis de Cambis.

[127] J’ai eu l’honneur de connaître M. Edmond Leclerc dans ses dernières années. C’était l’esprit le plus fin et le cœur le plus noble, type accompli de l’honnête homme. Il était le beau-frère du vicomte Henri Delaborde, secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts.—Voir dans la _Correspondance_ de Louis Veuillot, t. I, ses lettres à _M. Edmond Leclerc_.

[128] P. 351-354.

[129] Il parut dans la _Revue des Deux Mondes_ (juin-août 1846).

[130] _Le Puff._ Elle fut représentée le 22 janvier 1848.

[131] On s’étonnera peut-être de ne pas trouver ici le nom de George Sand. Elle avait cessé en 1841 d’écrire à la _Revue_, et elle ne reprit sa collaboration que dix ans après, en 1851.

[132] M. Victor de Mars, gérant de la _Revue_.

[133] _Nouveaux Samedis_, t. XV. p. 279.

[134] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. V, p. 317.

[135] François-Henri-Joseph BLAZE, dit CASTIL-BLAZE (1784-1857), était né à Cavaillon (Vaucluse). Sa fille Christine, sœur de Henri Blaze de Bury, avait épousé M. Buloz.

[136] _Nouveaux Lundis_, t. II, p. 3.

[137] On sait qu’on appelait ainsi, sous la Restauration et sous la monarchie de Juillet, le palais des Tuileries.

[138] Articles des 2 et 7 avril 1848.

[139] 25 septembre 1848.

[140] 25 novembre 1849.

[141] Pages 111-209.

[142] M. de Genoude mourut à Hyères, le 19 avril 1849, âgé de cinquante-sept ans.

[143] Alfred NETTEMENT (1805-1869), le plus fécond et l’un des plus remarquables journalistes du XIX^e siècle.—Voir _Alfred Nettement, sa vie et ses œuvres,_ par EDMOND BIRÉ. Un volume in-8^o, Librairie Victor Lecoffre, 1901.

[144] Théodore MURET (1808-1866), auteur de l’_Histoire de l’armée de Condé_, de l’_Histoire des Guerres de l’Ouest_, de l’_Histoire par le Théâtre_, etc.

[145] Née de la fusion de la _France_ et de l’_Écho français_ avec la _Quotidienne_, l’_Union_ avait commencé de paraître le 7 février 1847.

[146] Voir l’histoire complète de l’_Opinion publique_, dans mon volume sur _Alfred Nettement, sa vie et ses œuvres_, chapitres XIV, XV et XVI.

[147] THÉODORE MURET, _Souvenirs et Causeries d’un journaliste_, t. I, p. 198.

[148] Jacques-Honoré LELARGE, baron DE LOURDOUEIX (1787-1860). Il avait été directeur des Beaux-Arts, Sciences et Lettres sous la Restauration, qui le fit baron. Après la mort de M. de Genoude (avril 1849), il quitta l’_Opinion publique_ pour devenir propriétaire et directeur de la _Gazette de France_.

[149] Anne-Marie-Joseph-Albert, comte DE CIRCOURT, né en 1809, avait donné, à la suite de la révolution de 1830, sa démission d’officier de marine. Le 25 juillet 1872, il fut élu par l’Assemblée nationale membre du Conseil d’État. Outre sa grande _Histoire des Arabes d’Espagne sous la domination des Chrétiens_ (trois volumes in-8^o, 1845-1848), il a publié, en 1852, _Décentralisation et monarchie représentative_, et, en 1858, la _Bataille d’Hastings_.

[150] Alphonse BERNARD, vicomte DE CALONNE (1818-1902). En 1848, avant d’entrer à l’_Opinion publique_, il avait publié des brochures de circonstance, les _Trois journées de Février_, le _Gouvernement provisoire, histoire anecdotique et politique de ses membres_, et il avait été un des rédacteurs du _Lampion_, journal suspendu par le général Cavaignac (21 août 1848). Il essaya, avec le concours de Xavier de Montépin et de Villemessant, de le remplacer par la _Bouche de fer_, dont le premier numéro fut saisi le jour de son apparition. En 1850, il fonda une feuille hebdomadaire, _le Henri IV, Journal de la réconciliation_. Il devint, en 1855, directeur de la _Revue contemporaine_. Sous le semi-pseudonyme de A. DE BERNARD, il a publié un assez grand nombre de romans, dont les principaux sont: _Pauvre Mathieu_, _les Frais de la Guerre_, _le Portrait de la marquise_, etc. Devenu le doyen de la presse quotidienne, à quatre-vingt-trois ans il donnait encore au _Soleil_ des articles sur les questions artistiques.

[151] THÉODORE MURET, _op. cit._, t. I, p. 201.

[152] _L’Opinion publique_ des 2, 4, 8 et 15 mars 1849.

[153] PONSON DU TERRAIL (Pierre-Alexis, vicomte DE), né près de Grenoble, le 8 juillet 1829, mort à Bordeaux en janvier 1871.

[154] LOUIS MOLAND, né à Saint-Omer le 13 avril 1824, érudit et romancier. Ses principaux ouvrages sont: _Peuple et roi au XIII^e siècle_; _Origines littéraires de la France_; _Molière et la comédie italienne_, etc.

[155] HENRI DE PÈNE, né à Paris le 25 avril 1830. Il fut en 1868, avec M. E. Tarbé des Sablons, le fondateur du _Gaulois_. La même année, il créa un autre grand journal politique, _Paris_, qui devint bientôt _Paris-Journal_. Ses chroniques forment plusieurs volumes, publiés sous les titres de _Paris intime_, _Paris aventureux_, _Paris mystérieux_, _Paris effronté_, etc.

[156] _L’Opinion publique_ des 19 décembre 1849 et 17 janvier 1850.

[157] 3 mars 1851.

[158] L’_Opinion publique_ du 20 janvier 1850.

[159] Amédée DE NOÉ, dit CHAM (1819-1882). Il était le second fils du comte de Noé, pair de France.

[160] Auguste LIREUX, né à Rouen vers 1819, mort à Bougival le 23 mars 1870. Journaliste infatigable, il créa à Rouen le petit journal l’_Indiscret_; après quelques procès et duels, il vint à Paris, dirigea la _Gazette des Théâtres_, fonda la _Patrie_ en 1841, écrivit au _Courrier français_, à la _Séance_, au _Charivari_, au _Messager des Théâtres_, fit de 1850 à 1855 le feuilleton dramatique du _Constitutionnel_; quitta la littérature pour les affaires, où il s’enrichit. Ses derniers journaux furent la _Bourse comique_ et la _Semaine financière_. Directeur de l’Odéon, de 1842 à 1845, ce fut lui qui reçut et fit jouer, le 22 avril 1843, la _Lucrèce_ de François Ponsard.

[161] L’_Opinion publique_ du 17 décembre 1849.

[162] 9 avril 1850.

[163] 10 mai 1850.

[164] 13 juin 1850.

[165] 17 décembre 1848.

[166] 1^{er} octobre 1849.

[167] 8 juin 1851.

[168] 23 et 30 mars 1851.

[169] 19 novembre, 19 et 25 décembre 1851.

[170] 16 et 22 février, 2, 9 et 16 mars 1851.

[171] Leur publication y dura deux années, du 21 octobre 1848 au 3 juillet 1850.

[172] _Causeries du Lundi_, t. I. p. 406, et t. II. p. 138 et 505.

[173] 19, 20, 21, 22, 23 février 1850.

[174] 3 et 4 juin 1851.

[175] _La Mode_ des 5, 15 et 25 décembre 1849, 5 et 15 janvier 1850.

[176] Usine à gaz.

[177] M. Paul Rattier fut décoré pour l’héroïque bravoure qu’il avait montrée en ces terribles journées.

[178] Lamartine prononça cette parole à la Chambre des députés, dans son discours du 10 janvier 1839. «Mil huit cent trente, disait-il, n’a pas su créer son action et trouver son idée. Vous ne pouviez pas faire de légitimité: les ruines de la Restauration étaient sous vos pieds. Vous ne pouviez pas faire de la gloire militaire: l’Empire avait passé et ne vous avait laissé qu’une colonne de bronze sur une place de Paris. Le passé vous était fermé; il vous fallait une idée nouvelle. Il ne faut pas vous figurer, messieurs, parce que nous sommes fatigués des grands mouvements qui ont remué notre siècle et nous, que tout le monde est fatigué comme nous et craint le moindre mouvement. Les générations qui grandissent derrière nous ne sont pas lasses, elles veulent agir et se fatiguer comme nous. Quelle action leur avez-vous donnée? _La France est une nation qui s’ennuie!_»

[179] M^{gr} Sibour.

[180] _L’Opinion publique_ du 18 janvier 1849.

[181] _L’Opinion publique_ du 20 janvier.

[182] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. III, p. 200.

[183] La démission de M. de Falloux fut donnée le 20 octobre 1849. Il avait dû, depuis quelque temps déjà, en raison du très mauvais état de sa santé, remettre l’intérim de son ministère à son collègue M. Victor Lanjuinais, ministre de l’Agriculture.

[184] Henri-Ange-Alfred DE GONDRECOURT, né à la Guadeloupe, le 22 mars 1816, mort à Albi le 16 novembre 1876. Il devint colonel des chasseurs à cheval de la garde impériale, puis général de brigade. En 1866, il fut nommé commandant de l’École de Saint-Cyr. Son premier roman, _les Derniers Kerven_, avait paru en 1844. Il en a publié depuis un très grand nombre, parmi lesquels _Médine_, _le Bout de l’oreille_, _le Chevalier de Pampelonne_, _le Baron la Gazette_, _les Mémoires d’un vieux garçon_, etc.

[185] Alexandre CADOT, 17, rue Serpente, fut l’éditeur de Balzac, de Dumas père, de M^{me} Sand, de Frédéric Soulié, des premiers romans de Dumas fils, du marquis de Foudras, de Roger de Beauvoir, et enfin du colonel de Gondrecourt.

[186] _Épisodes littéraires_, par A. de Pontmartin, p. 262 et suiv.

[187] Elles eurent lieu le 13 mai 1849.

[188] Louis Veuillot a publié, dans la _Revue des Deux Mondes_, _le Lendemain de la Victoire_, scènes socialistes, 15 juillet et 1^{er} août 1849; _Une Samaritaine_, dialogue, 1^{er} novembre 1850.

[189] M. de Falloux a publié, dans la _Revue des Deux Mondes_, _Les Républicains et les Monarchistes depuis la Révolution de février_, 1^{er} février 1851.

[190] Léopold DE GAILLARD-LAVALDÈNE, né à Bollène (Vaucluse) le 20 avril 1820. Au lendemain du 24 février 1848, il avait fondé à Avignon, avec son ami Raousset-Boulbon, une feuille catholique et royaliste, _la Commune_. Après avoir été successivement rédacteur à l’_Assemblée nationale_ et directeur de la _Gazette de Lyon_, il devint le chroniqueur politique et le directeur du _Correspondant_. Le 26 juillet 1872, il fut nommé par l’Assemblée nationale conseiller d’État. Outre diverses brochures et deux volumes: _Questions italiennes, voyage, histoire, politique_ (1860); _les Étapes de l’opinion_ (1873), il a laissé un important travail historique, _l’Expédition de Rome en 1849_, avec pièces justificatives et documents inédits (1861). M. Léopold de Gaillard est mort à Bollène le 8 juin 1893.

[191] RAOUSSET-BOULBON (Gaston RAOULX, comte DE), né à Avignon le 2 décembre 1817. Dans son héroïque aventure au Mexique, il fit la conquête de la Sonora; mais, écrasé bientôt par des forces supérieures, il fut, le 12 août 1854, fusillé à Guaymas. Il laissait un très remarquable roman, qui avait dû paraître d’abord dans l’_Opinion publique_, et qui parut dans la _Presse_, en 1835, sous ce titre: _Une Conversion_.

[192] Pour l’Assemblée constituante.

[193] C’est sous ce nom que Pontmartin, dans la _Semaine des Familles_, désignait M. Buloz. On connaît le vers de Veuillot:

Buloz, qui d’un seul œil peut éclairer deux mondes...

[194] Les Angles sont situés dans le département du Gard.

[195] _La Semaine des Familles_, du 2 juin 1860.

[196] Le chiffre exact fut de 23 voix pour l’adoption du vœu, et 13 contre. (Procès-verbaux des séances du conseil général du Gard, Session de septembre 1851.)

[197] Charles-Paulin-Roger DE SAUBERT, baron DE LARCY (1805-1882); député de Montpellier de 1839 à 1846; représentant du peuple de 1848 à 1852; membre de l’Assemblée nationale de 1871. Ministre des Travaux-Publics dans le ministère de conciliation du 19 février, il reprit ce portefeuille dans le cabinet du duc de Broglie (26 novembre 1873-16 mai 1874), et fut élu sénateur inamovible le 4 décembre 1877. Par son talent, son courage et sa droiture, il marqua sa place au premier rang dans nos assemblées délibérantes. Il fut l’un des meilleurs amis d’Armand de Pontmartin. Voir sur lui les _Souvenirs d’un vieux critique_, t. III, p. 217-247.

[198] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. III, p. 228.

[199] Henri DE PONTMARTIN, né à Avignon le 21 novembre 1844.

[200] Ces trois articles sur Béranger terminaient les _Lettres d’un sédentaire_ (Lettres XIV, XV et XVI).

[201] Il était sorti, depuis quelques jours, de la prison de Vincennes, où il avait été transféré le 8 décembre. «Dans la nuit du 13 au 14 décembre, on vint réveiller Alfred Nettement, et on le fit s’habiller, sans vouloir lui apprendre ce qu’on allait faire; puis, on le conduisit dehors, en lui disant: Vous êtes libre. Il était à ce moment deux heures du matin. Trouver une voiture n’était pas chose facile. Il était cinq heures lorsqu’il sonna à sa porte. Ce fut M^{me} Nettement, toujours sur le qui-vive, qui entendit le premier coup de sonnette et qui vint lui ouvrir.» _Alfred Nettement, sa vie et ses œuvres_, par EDMOND BIRÉ, p. 416.

[202] Cette page était extraite de l’_Essai sur les principes générateurs des Constitutions politiques et des autres institutions humaines_.

[203] Voir la 73^e _Conférence de Notre-Dame de Paris_.

[204] Louis-Charles de Belleval, marquis DE BELLEVAL, né à Abbeville (Somme) le 16 mars 1814; mort à Paris le 6 juin 1875.

[205] Voir, dans les _Épisodes littéraires_, p. 209 et suiv., le chapitre sur la _Naissance d’une Revue_.

[206] Sa collaboration à la _Revue des Deux Mondes_, suspendue le 15 mars 1852, ne devait reprendre que le 1^{er} janvier 1854, pour s’interrompre le 1^{er} février 1855. Il y eut encore deux courtes réapparitions, en 1861 et en 1866.

[207] L’article sur _Louis XVII_ et ceux sur _Autran_ et sur _Ponsard_ ont été recueillis par Pontmartin dans le tome I de ses _Causeries littéraires_.

[208] Adrien, comte de LA VALETTE, né à Paris en 1814. Sous le second Empire, il prit part, non sans succès, au mouvement industriel et principalement à la construction, en Suisse, d’une ligne de chemin de fer, dite _la ligne d’Italie_, parce qu’elle devait y aboutir par le percement du Simplon. Il a fait la partie valaisane de la ligne, celle qui remonte le Rhône depuis le lac de Genève jusqu’à Brigue; il échoua pour le percement: l’heure n’en avait pas encore sonné.—L’_Assemblée nationale_ reparut, sous sa direction, en septembre 1877.

[209] Ses bureaux étaient situés rue Bergère, 20, près le boulevard Montmartre.

[210] _Vie de Berryer_, par Charles de Lacombe, t. III, p. 96.

[211] C’est la nouvelle qui avait paru dans la _Revue des Deux Mondes_, le 15 février 1847, sous le titre d’_Octave_.

[212] Ces quatre nouvelles de Balzac font partie des _Scènes de la vie privée_.

[213] Le marquis Auguste de Cambis, qui habitait à 11 kilomètres des Angles, le château de Sauveterre, commune de ce nom, canton de Roquemaure (Gard).

[214] Allevarrès était l’anagramme et le pseudonyme de M. Jules de Serravalle.

[215] _Moniteur_ du 6 février 1865.

[216] _Georgette_, par M^{me} Th. Bentzon, _Revue des Deux Mondes_ des 1^{er} et 15 octobre, 1^{er} et 15 novembre 1879.

[217] _Nouveaux Samedis_, t. XX, p. 32.

[218] _Nouveaux Lundis_, t. II, p. 18. Article du 3 février 1862.

[219] Après avoir commencé la série de ses _Lundis_ au _Constitutionnel_ en octobre 1849 et après être passé au _Moniteur_ à la fin de 1852, Sainte-Beuve était rentré au _Constitutionnel_ en septembre 1861.

[220] _Nouveaux Lundis_, t. II. p. 26.

[221] _Revue de Bretagne et de Vendée_, février 1862.

[222] _Nouveaux Lundis_, t. II, p. 25.

[223] _Nouveaux Lundis_, t. III, p. 44.

[224] Père de l’admirable abbé Perreyve.

[225] _Le Correspondant_ du 10 septembre 1888.—_Souvenirs d’un vieux critique_, t. X, p. 342.

[226] _Mélanges_ de Louis Veuillot, 3^e série, t. II, p. 209-233.—L’article est du 4 avril 1854.

[227] Voir ci-dessus, page 116.

[228] _La Mode_ du 28 mars 1847.

[229] Paul-Louis Courier définissait Béranger: «L’homme qui a fait de _jolies chansons_.»

[230] _Mélanges_ de Louis Veuillot, 1^{re} série, t. VI, p. 338, 342.—Avril 1855.

[231] Voir dans les _Mélanges_, 1^{re} série, t. VI, p. 538 à 574.

[232] Louis Veuillot avait cinq filles. Deux venaient de mourir, l’une à Reichshoffen, le 18 juin 1855, au château de M. de Bussières, et l’autre, le 3 juillet, à Versailles, chez sa grand’mère maternelle. Une troisième, Madeleine, devait mourir à son tour, peu de temps après, à Paris, le 2 août.

[233] _Correspondance de Louis Veuillot_, t. I, p. 355.—Cette lettre porte pour suscription: _A M. le comte A. de Pontmartin, à Serrières (Ardennes)_. Il faut lire: _A Serrières (Ardèche)_. Pontmartin était alors chez sa belle-mère, au château de la Mûre, à 8 kilometres du bourg de Serrières, qui était le chef-lieu de canton et le bureau de poste. Comme le nom de la Mûre avait souvent donné lieu à des confusions avec deux petites villes de l’Isère et du Rhône et entraîné de grands retards dans l’arrivée des lettres, la consigne de la famille était de mettre simplement sur l’adresse: _Serrières (Ardèche)_.

[234] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. X, p. 167.

[235] Voir, dans la biographie de _Montalembert_, par le P. Lecanuet, le chapitre VI du tome III.

[236] La première livraison du nouveau _Correspondant_—celui de Montalembert, de M. de Falloux et du prince Albert de Broglie—parut le 25 octobre 1855.

[237] Le dernier article de Pontmartin dans le _Correspondant_ parut le 10 mai 1890. Il avait pour titre: _Le Suicide d’un journal, L’Assemblée nationale_. Voir _Épisodes littéraires_, p. 254-321.

[238] _Épisodes littéraires_, p. 253.

[239] 25 décembre 1856.

[240] A propos des romans de M. Edmond About et de M. Gustave Flaubert.—25 juin 1857.

[241] _Causeries du Samedi_, t. I, p. 134-135.

[242] Édouard THIERRY, né à Paris le 14 septembre 1813. Après avoir été longtemps un de nos meilleurs critiques dramatiques, il devint, en octobre 1859, administrateur de la Comédie-Française, fonctions qu’il abandonna en 1871. Il fut alors nommé conservateur-administrateur de la Bibliothèque de l’Arsenal.

[243] _Le Fils naturel_, comédie en cinq actes et en prose, d’Alexandre Dumas fils, jouée sur le Théâtre du Gymnase, le 16 janvier 1858.

[244] _La Jeunesse_, comédie en cinq actes et en vers, d’Émile Augier, jouée sur le Théâtre de l’Odéon, le 6 février 1858.

[245] Lettre à Alfred Nettement, du 12 juin 1858.

[246] _Le Correspondant_ du 25 février 1857.

[247] 25 décembre 1859.

[248] 25 novembre 1860.

[249] 25 avril 1861.

[250] 25 décembre 1861.

[251] 25 décembre 1863.

[252] 25 février 1866.

[253] 25 mars 1866.

[254] Ce fut Michel Lévy qui, voulant faire entrer le volume dans une nouvelle collection à 2 francs, imagina de l’appeler _les Brûleurs de Temples_, ce qui contraria beaucoup Pontmartin, surtout au point de vue de la loyauté envers l’acheteur.

[255] _L’Enseignement mutuel_ ou _Un bien averti en vaut deux_, dans le volume des _Contes et Nouvelles_.

[256] Voir _Causeries du Samedi_, t. II, p. 378.

[257] Voir ci-dessus page 209.

[258] Sur le vicomte Eugène-Melchior de Vogüé, voir _Nouveaux Samedis_, tomes XV et XX; _Souvenirs d’un Vieux critique_, tomes V, VII, VIII et IX; _Derniers Samedis_, tomes I et II.

[259] Le baron Pougeard-Dulimbert.

[260] Son fils Henri qui suivait les cours du lycée Bonaparte.

[261] Théophile Gautier avait publié en 1856 un conte intitulé: _Avatar_.

[262] Je dois de pouvoir publier cette lettre et toutes les autres lettres à Autran qui vont suivre, à la gracieuse obligeance de la fille et du gendre du poète, M. et M^{me} Jacques Normand.

[263] P. 206-209.

[264] Le tome II des _Causeries du Samedi_, qui venait de paraître.

[265] Cette lettre de Louis Veuillot ne figure pas dans sa _Correspondance_.

[266] Voir Joseph Autran, _Œuvres complètes_, t. II, p. 342.

[267] Elles paraissaient le mardi, tous les quinze jours, à la troisième page du journal, sous le titre: _Variétés_. Comme elles avaient un très vif succès, M. de Riancey insista auprès de Pontmartin pour qu’il lui donnât non plus deux mais quatre articles par mois. On lit dans l’_Union_ du 28 décembre 1858: «A dater du 1^{er} janvier 1859, les Causeries littéraires de M. Armand de Pontmartin deviendront hebdomadaires; elles paraîtront régulièrement le samedi de chaque semaine dans le feuilleton du journal.»

[268] Le dernier secrétaire de Sainte-Beuve, M. Jules Troubat, a recueilli ces articles en 1876 sous le titre de _Chroniques parisiennes_. Un vol. in-18, Calmann-Lévy, éditeur.

[269] Cf. l’article de Sainte-Beuve sur la _Vie de Rancé_, par Chateaubriand, dans la _Revue des Deux Mondes_ du 15 mai 1844, et le chapitre LVIII des _Chroniques parisiennes_, du 4 juin 1844.

[270] Célestin-Joseph FÉLIX, membre de la Compagnie de Jésus, né à Neuville-sur-l’Escaut, près Valenciennes, le 29 juin 1810, mort le 6 juillet 1891 à Lille. Ses Conférences de Notre-Dame sur _le Progrès par le Christianisme_, prononcées de 1853 à 1872, forment dix-neuf volumes in-8.

[271] Un vol. in-32. C. Dillet, éditeur, rue de Sèvres, 15.

[272] Voir, au tome II des _Derniers Samedis_, p. 117, le chapitre sur le R. P. FÉLIX. «Je me souviens, écrit Pontmartin, de l’époque où j’avais le bonheur de l’entendre à Notre-Dame..... Que de fois j’ai entendu M. Cousin, auditeur attentif et assidu de ces conférences, me dire, au sortir de l’église, avec son exubérance habituelle de parole et de pantomime: «Je n’ai pas d’objection! je n’ai pas d’objection!»

[273] Les bureaux du _Correspondant_ étaient alors rue de Tournon, 29, à la librairie Ch. Douniol.

[274] Déjà, à la fin de 1857, Pontmartin s’était, encore une fois, rapatrié avec Buloz. Seulement, ce dernier voulait qu’il _redébutât_ par un article de critique, et Pontmartin voyait à cela plus d’un inconvénient. Il écrivait à Autran, le 16 janvier 1858: «Tout le monde ici, à commencer par ma femme, me dit que j’ai pris, depuis trois ans, une situation trop accentuée dans la critique, pour que ma rentrée à la _Revue_ puisse s’effectuer sans inconvénient. Buloz, il faut l’avouer, est plus anti-chrétien que jamais. Il est homme à se lever la nuit, une veille de numéro, pour changer, supprimer ou ajouter, dans un de mes articles, de quoi me faire passer pour un déserteur ou un _capitulateur_ en religion ou en politique. Il n’en faudrait pas davantage pour me faire fusiller, sur toute la ligne, depuis les Barbey du _Réveil_ et les Jouvin du _Figaro_, jusqu’aux Alloury et aux Rigaud des _Débats_. Et cette fois, ce serait sur des points plus graves que ce qui touche à la vanité littéraire. Il en résulte, de mon côté, des hésitations, des alternatives, des lenteurs, qui, se combinant avec toutes les aspérités de Buloz, amènent le résultat négatif que vous voyez. Mon désir serait de débuter par l’_Écu de six francs_, Buloz voudrait, au contraire, me faire commencer par un article de critique et ce petit tiraillement intérieur a encore tout ajourné.»—Pontmartin tenait bon pour sa Nouvelle; Buloz, naturellement, exigeait une refonte générale de l’_Écu de six francs_. Pontmartin se résigne, et, le 5 février, il écrit: «Je corrige à satiété, avec une docilité d’élève de quatrième, les dernières pages de ma Nouvelle, qui avait dû paraître _irrévocablement_ le 15 janvier, puis le 1^{er} février et qui me semble maintenant ajournée au 1^{er} mars.»

Le 1^{er} mars, rien ne paraît, et, le 4, Pontmartin écrit de nouveau à Autran: «Le 25 février, lorsque les 42 pages de ma Nouvelle étaient _composées_, corrigées par de Mars et par moi, lorsque le bon à tirer était donné, M. Buloz a déclaré que de Mars m’avait égaré, que ma première donnée était la bonne, qu’il fallait y revenir, mais que nous n’avions plus le temps pour le 1^{er} mars. Ce n’était là qu’une façon de prévenir mon irritation du premier moment. Hier, nous avons eu une longue conversation, et il m’a demandé de tels changements qu’il serait beaucoup plus court et plus simple d’écrire une œuvre toute nouvelle. Pourtant, dans ce naufrage, j’ai eu au moins un bonheur: je ne me suis pas emporté une seule minute; nous nous sommes quittés sans orage, et s’il y a séparation, il n’y aura pas rupture.»

Et puisque j’ai rouvert ces lettres de Pontmartin à Autran, je détacherai de celle du 15 décembre 1857 un mot typique de M. Buloz, qui avait perdu, le 13 décembre, son beau-père, M. Castil-Blaze, le très spirituel critique musical du _Journal des Débats_, où il signait: X. X. X. «Adieu, cher! écrivait Pontmartin; j’attends ma femme après-demain et j’aurai alors un peu plus de liberté. J’en profiterai pour aller recueillir çà et là quelques-unes de ces nouvelles que je ne vous donne pas aujourd’hui: ce que je sais de plus intéressant, ce sont deux enterrements: Castil-Blaze et Lefèvre-Deumier. Voici l’oraison funèbre de C. Blaze, adressée par Buloz à sa femme: «Votre père s’est toujours plu à me contrarier: le voilà qui meurt l’avant-veille d’un numéro!»—C’est tout ce qu’on a pu tirer du _Reviewer quand même_.»

[275] _Revue des Deux Mondes_, 1^{er} août 1861.

[276] 1^{er} octobre 1861.

[277] 1^{er} décembre 1861.

[278] M. Victor Fournel.

[279] Lundi 3 février 1862, _Nouveaux Lundis_, t. II, p. 1.

[280] _Le Correspondant_ du 25 décembre 1856.—_Causeries du Samedi_, t. I^{er}, ch. II.

[281] _Le Correspondant_ du 25 mai 1856.—_Causeries du Samedi_, t. I^{er}, ch. III.

[282] L’_Assemblée nationale_.

[283] M. Henry de Riancey, directeur de l’_Union_, où Pontmartin, depuis la suppression de l’_Assemblée nationale_, publiait ses Causeries littéraires.

[284] Pontmartin venait de publier dans l’_Union_ trois articles sur le tome I^{er} des _Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps_, par M. Guizot. Voy. ces articles au tome II des _Causeries du Samedi_.

[285] _Souvenirs de la Restauration_, par Alfred Nettement. Un vol. in-18, 1858.

[286] Le pseudonyme de _Curtius_ cachait le nom d’un sous-directeur du Timbre, M. Charles Bouglé: il avait publié autrefois dans la _Mode_, d’abord sous le titre des _Leçons de Neuilly_, puis sous celui de _l’Enfant terrible_, des dialogues extrêmement piquants et qui avaient eu leur quart d’heure de célébrité.

[287] Alfred Nettement, dans la _Semaine des Familles_, ne prenait pas moins de trois pseudonymes: _Félix-Henry_, _Nathaniel_ et _René_, si bien qu’il y avait souvent, dans la même livraison, sous trois ou quatre noms différents, trois ou quatre articles du directeur.

[288] Le _Réveil_ était un recueil hebdomadaire, dirigé par A. Granier de Cassagnac, avec la collaboration de Louis Veuillot, Barbey d’Aurevilly, Ernest Hello, etc.

[289] Lettre du 22 septembre 1887.

[290] Livraison du 15 janvier 1859.

[291] _Semaine des Familles_ du 12 février 1859.

[292] Livraison du 26 novembre 1859.

[293] Voir ci-dessus notre chapitre VII, pages 161 et suivantes.

[294] _La Madelène_ (Jules-François-Ézéar de), né en 1820, à Versailles, d’une famille originaire de Carpentras, mort en 1859. Ses œuvres principales sont, avec _le Marquis des Saffras_, _Brigitte_ et _le Comte Alighiera_.—Son frère Henry, auteur également de plusieurs romans remarquables, parmi lesquels je citerai en première ligne _la Fin du marquisat d’Aurel_ (1879), a publié, en 1856, _le Comte Gaston de Raousset-Boulbon, sa vie et ses aventures, d’après sa correspondance_.

[295] _Semaine des Familles_ du 16 juin 1860.

[296] _Nouveaux Lundis_, t. III, p. 35.

[297] _Lettres à l’Étrangère_, p. 303, 8 mars 1836.

[298] _Historique du procès auquel a donné lieu «le Lys dans la vallée»._ Mai 1836. BALZAC, _Œuvres complètes_, t. XXII, p. 436.

[299] _Nouveaux Lundis_, t. III, p. 36.

[300] _Nouveaux Lundis_, t. III, p. 42.

[301] Voir ci-dessus, chapitre VIII, p. 187.

[302] _Nouveaux Lundis_, t. III, p. 41.

[303] _Les Jeudis de Madame Charbonneau_, p. 65.

[304] Tome IV, p. 45.

[305] M. Buloz était alors commissaire du roi près le Théâtre-Français, en même temps que directeur de la _Revue des Deux Mondes_.

[306] _Revue des Deux Mondes_, 15 novembre 1891.

[307] _Correspondance de Jules Janin_, p. 224.

[308] _Le Correspondant_ des 25 juillet et 25 août 1862.—_Semaines littéraires_, t. II, p. 1-92.

[309] Aujourd’hui n^o 18.

[310] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. II. p. 252.

[311] Frédéric BÉCHARD était né à Nimes en novembre 1824. Journaliste, il a collaboré à l’_Artiste_, à la _Mode nouvelle_, à la _Patrie_, à la _Revue de Paris_, à la _Gazette de France_, etc. Romancier, il a publié les _Existences déclassées_ (1859), et _Jambe d’argent_, scènes de la grande chouannerie (1865). Auteur dramatique, il a fait jouer à l’Odéon les _Tribulations d’un grand homme_ (1847) et le _Passé d’une femme_ (1859), et au Vaudeville les _Déclassés_ (1856). Il était fils de Ferdinand Béchard (1799-1870), l’un des meilleurs lieutenants de Berryer, député de la droite de 1842 à 1846, puis représentant du Gard aux Assemblées de 1848 et 1849.

[312] Amable ESCANDE, né à Castres (Tarn) en 1810. De 1834 à 1848, il écrivit dans la _Gazette de France_, la _Mode_ et l’_Union_. Après le 24 février, il alla prendre la direction de l’_Écho du Midi_, à Montpellier. Un de ses articles fut l’occasion d’un duel fameux entre M. Aristide Ollivier, rédacteur en chef du _Suffrage universel_, et le comte de Ginestous. M. Ollivier, frère du futur ministre de l’Empire libéral, fut tué sur le coup, et M. de Ginestous grièvement blessé. A la suite de cette malheureuse affaire, Escande revint à Paris (1851) et rentra à l’_Union_, puis à la _Gazette de France_, dont il ne se sépara, après une longue et très active collaboration, que pour devenir directeur de la _Gazette du Languedoc_ à Toulouse.

[313] M. Gustave Janicot était, depuis 1861, directeur de la _Gazette de France_, où il avait succédé à M. de Lourdoueix, et où il défend encore aujourd’hui avec un talent toujours jeune et une inlassable vaillance la cause de la monarchie et celle de l’Église.

[314] Janvier 1863.—_Semaines littéraires_, t. II, p. 233.

[315] Lettre du 7 avril 1863.—Le comte Achille Treilhard, petit-fils du conventionnel, était depuis le 28 août 1862 directeur de la presse.

[316] _Le Correspondant_ du 25 septembre 1863.

[317] Lettre du 11 mai 1866.

[318] Pages 146-150. Les _Odeurs de Paris_ parurent en novembre 1866.

[319] Auteur d’une _Histoire de Christophe Colomb_. Voir sur lui les _Causeries du Samedi_, t. II, p. 312-323.

[320] M. Challemel-Lacour fut, pendant quelques mois, gérant de la _Revue des Deux Mondes_, après la mort de M. V. de Mars.

[321] Lettre pastorale sur _les Malheurs et les Signes du temps_.

[322] Lettre du 1^{er} juillet 1867.

[323] Situé dans la commune de Cabriès, canton de Gardanne, arrondissement d’Aix (Bouches-du-Rhône).

[324] Le château de Pradine, commune de Grambois, canton de Pertuis, arrondissement d’Apt (Vaucluse).

[325] Voir, dans les _Souvenirs d’un vieux mélomane_, le chapitre XVII, _une Partie de boules, Souvenirs des vacances de 1866_. Pontmartin y a placé une très exacte description de La Malle: «Sur l’ancienne route royale d’Aix à Marseille, à une distance à peu près égale entre la vieille capitale du Parlement et la nouvelle capitale de la Méditerranée, à deux portées de fusil du Pin, autrefois relais de la poste aux chevaux, aujourd’hui bureau de la poste aux lettres, on voit une jolie maison de campagne, qui a l’esprit de n’être ni un château, ni une villa, ni une _bastide_. De grands arbres, presque aussi vieux, mais beaucoup plus beaux que des académiciens, d’élégants massifs de marguerites, de dahlias et de chrysanthèmes, des allées plantées de sycomores et de saphoras, une gracieuse façade se tournant à demi du côté des champs et des collines, comme pour éviter les regards indiscrets ou la poussière du grand chemin: entre la maison et la route un quinconce d’ormeaux séculaires sur une terrasse séparée des passants par une grille.»

[326] Joseph-Louis D’ORTIGUE, né à Cavaillon (Vaucluse) le 22 mai 1802, mort à Paris le 20 novembre 1866. Il a fait la critique musicale dans la _Quotidienne_, l’_Ère nouvelle_, l’_Opinion publique_, le _Journal des Débats_, et publié plusieurs volumes de littérature et d’histoire musicales: _la Sainte-Baume_, _le Balcon de l’Opéra_, _la Musique à l’église_, _la Musique au théâtre_, etc.

[327] _Nouveaux Samedis_, t. IV, p. 148.

[328] Aurélien SCHOLL (1833-1902), auteur dramatique et journaliste. Il a, pendant un demi-siècle, alimenté de ses _chroniques_ une vingtaine de journaux, et il a créé une nuée de petites feuilles, la _Silhouette_, le _Nain Jaune_, le _Club_, le _Jockey_, le _Lorgnon_, etc., etc.

[329] Paul PARFAIT, né à Paris le 23 octobre 1841, journaliste et romancier. Il fut le secrétaire d’Alexandre Dumas père, qu’il accompagna en Italie, écrivit au _Charivari_, au _Rappel_, au _National_, à la _République française_, et publia plusieurs romans, _l’Assassin du bel Antoine_, _la Seconde vie de Marius Robert_, _l’Agent secret_, _les Audaces de Ludovic_, etc.

[330] Ce fut M. Challemel-Lacour qui rendit compte de la pièce dans la livraison du 1^{er} avril 1867.

[331] Autran souffrait alors d’une affection de la vue qui devait le conduire, dans les dernières années de sa vie, à une cécité presque complète.

[332] Lettre du 14 avril 1867.

[333] De Pontmartin (Note du Père Félix).

[334] _Le Progrès par le christianisme, Conférences de Notre-Dame de Paris._ Année 1867, page 237.

[335] Arthur DE BOISSIEU, né en 1835, mort à trente-huit ans le 29 mars 1873. Il avait débuté, sous le voile de l’anonyme, par les _Lettres de Colombine_, qui eurent une grande vogue dans le _Figaro_ et dont le mystère fut longtemps si bien gardé. Ses _Lettres d’un Passant_, publiées dans la _Gazette de France_ de 1865 à 1873, forment cinq volumes (1868-1875).

[336] _Lettres d’un Passant_, t. II, p. 137.—Juin 1867.

[337] Les bureaux du _Figaro_ étaient alors rue Rossini, 3. C’est seulement en 1874 que le journal de Villemessant se transporta rue Drouot, n^o 26.

[338] Les corbeaux le diront.

[339] Pierre-Eugène BASTÉ, dit GRANGÉ, né à Paris en 1812. Il a composé un grand nombre de vaudevilles, de comédies et de drames, dont les principaux sont: _Les Premiers beaux jours_ (1847), _Fualdès_ (1848), _les Domestiques_ (1861), _la Boîte au lait_ (1862), _le Supplice d’un homme_ (1865), _la Voleuse d’enfants_ (1865), _la Bergère d’Ivry_ (1866), _un Voyage autour du demi-monde_ (1868).

[340] _Du nouveau sur Joubert_, par l’abbé G. Pailhès, p. 46 et suiv.

[341] Séance du 2 décembre 1867.

[342] Les _Lettres d’un Passant_, d’Arthur de Boissieu, paraissaient le vendredi dans la _Gazette de France_.

[343] Voir, dans les _Lettres d’un Passant_, t. II, p. 147-169, la _Lettre d’un Japonais à sa fiancée_.

[344] Aujourd’hui rue Joseph-Autran.

[345] M. Guizot avait jusque-là voté contre Autran.

[346] Lettre à M. Jules Claretie, du 26 mai 1868.

[347] Lettre à M. Jules Claretie.

[348] Aux Angles.

[349] M. le V^{te} de Salvador, au Mas d’Auphan, par Raphèle, près Arles.

[350] Célestin Crevel, l’un des principaux personnages de la _Cousine Bette_. Il figure également dans _César Birotteau_ et dans le _Cousin Pons_.

[351] Autran avait alors en préparation un nouveau volume de poésies.

[352] M^{lle} Rachel s’était refusée à jouer le rôle de Méganire dans la _Fille d’Eschyle_, de Joseph Autran.

[353] Lettre du 20 novembre 1868.

[354] _Nouveaux Samedis_, t. IV, p. 240-270.

[355] Ces deux articles sur Lamartine, celui de l’_Illustration_ et celui de la _Gazette_, se trouvent au tome VII des _Nouveaux Samedis_.

[356] Christine NILSSON, cantatrice suédoise, née en 1843. Après avoir débuté à Paris, au Théâtre-Lyrique, le 27 octobre 1864, dans le rôle de Violette de la _Traviata_, de Verdi, elle fut engagée au Grand-Opéra, le 15 novembre 1867, pour créer le rôle d’Ophélie dans l’_Hamlet_ de M. Ambroise Thomas, et joua en 1869, dans le _Faust_ de Gounod, le rôle de Marguerite. Après son mariage à Londres, en 1872, avec un Français, M. Auguste Rouzeaud, fils d’un riche négociant de Jonzac, elle ne joua plus à Paris et ne fit que de courtes apparitions sur les scènes lyriques de la province et de l’étranger.

[357] Le tome VI des _Nouveaux Samedis_.

[358] Berryer était mort le 29 novembre 1868. L’étude de Pontmartin parut le 31 décembre 1868.

[359] _Victor Hugo et la Restauration_, par Edmond Biré. Un volume in-18; 1869.

[360] Pontmartin n’a pas consacré à Lamartine moins de neuf Causeries.

[361] _Nouveaux Samedis_, t. XIV, p. 225.—Quelques jours après la mort de Sainte-Beuve, Pontmartin écrivait, des Angles, à M. Jules Claretie: «En fait de rappel, il me semble que la littérature n’est pas épargnée par le tambour voilé de crêpe. Lamartine et Sainte-Beuve dans la même année, c’est trop!... Étranges natures que les natures littéraires qui pourraient se dédoubler de manière à produire un méchant et un bonhomme sous une même calotte de velours! Depuis deux ans, si j’avais osé, je serais allé dix fois lui serrer la main, à ce pauvre Sainte-Beuve, et je faisais des vœux bien sincères pour que ce maître, ce modèle, nous fût conservé encore quelques années. J’ai appris sa mort, et les détails de sa mort avec une douloureuse émotion.» (Lettre du 30 octobre 1869.)

[362] _Nouveaux Samedis_, t. VII, p. 342.

[363] Le 10 novembre 1869.

[364] L’élection eut lieu le 7 avril 1870. M. Émile Ollivier réunit 26 voix sur 28 votants.

[365] Henri CHEVREAU (1823-1903). Préfet de l’Ardèche à 26 ans, conseiller d’État et préfet de Lyon depuis 1864, il avait été nommé préfet de la Seine, le 5 janvier 1870, en remplacement du baron Haussmann. Le 10 août suivant, il fut appelé à prendre, dans le ministère Palikao, le portefeuille de l’Intérieur.

[366] M. Villemain était mort le 8 mai 1870.

[367] Prosper Mérimée mourut, en effet, peu de temps après, au mois de septembre 1870. Prévost-Paradol, hélas! était mort avant lui, à Washington, le 11 juillet.

[368] Le plébiscite du 8 mai 1870.

[369] M. Émile Ollivier, M. Chevandier de Valdrôme et leurs collègues furent renversés le 10 août 1870, et remplacés par le cabinet Palikao.

[370] _Journal d’un voyageur pendant la guerre_, avril 1871.

[371] Le mot est du républicain Lanfrey, _Moniteur de Seine-et-Oise_, Décembre 1870.

[372] _Lettre_ du 12 octobre 1870.

[373] Victor Cousin et Prosper Mérimée étaient morts tous les deux à Cannes, le premier le 13 janvier 1867; le second le 23 septembre 1870.

[374] Voir dans le _Correspondant_ des 10 août et 10 septembre 1871, _Cent jours à Cannes pendant les deux sièges_, et dans la _Mandarine_, p. 195-309.—Dans son récit, Pontmartin parle avec reconnaissance des personnes qu’il voyait pendant ce séjour à Cannes et dont l’amitié le soutint dans cette épreuve; mais il ne les désigne que par des initiales: «M. Ernest L...d, élégant et poétique traducteur des sonnets de Shakespeare, de Pétrarque, de Lope de Vega; l’abbé C...; M. Dubois d’A.; M. X., un des avocats les plus distingués de Paris; M^{me} Justin D...».—Voici les vrais noms: M. Ernest Lafond; l’abbé Chaix, du clergé de Cannes; M. Duboys d’Angers, premier président de la Cour d’appel d’Orléans à la fin de l’Empire; M. Grandmanche de Beaulieu; M^{me} Justin Durand, née de Zagarriga, femme de l’ancien député des Pyrénées-Orientales au Corps législatif, qui, à la veille de la guerre, exerçait une vraie royauté dans toute la région de Perpignan et de Montpellier. Pontmartin, qui sait encore sourire au milieu de ses larmes, parle d’elle en ces termes: «Madame Justin D..., type de charité, de grâce et de bienveillance, à qui j’ai vu faire quelque chose de bien plus extraordinaire qu’une aumône de cent mille écus ou une souscription de trois millions: chiffres qui n’eussent pas été en désaccord avec son immense fortune et les inspirations de son cœur généreux. En plein siège de Paris, elle trouva moyen de se procurer tous mes ouvrages, et je crois même, Dieu me pardonne, qu’elle les lut!»

[375] Alors directeur de la _Décentralisation_, de Lyon, après avoir appartenu à la rédaction de la _Gazette de France_. De Lyon il passa à Marseille, où il dirigea la _Gazette du Midi_ et où il est mort en 1899.

[376] John MARTIN, peintre anglais, 1789-1854. Ses meilleures toiles sont: _la Chute de Babylone_, _le Festin de Balthazar_, _la Destruction d’Herculanum_, _la Chute de Ninive_.

[377] L’article parut le 10 juillet 1871, dans le _Correspondant_, sous ce titre: _la Critique en 1871_.—Voir _Nouveaux Samedis_, t. VIII, p. 1-51.

[378] Voir, au sujet de cet épisode, l’éloquent écrit de M. Émile Ollivier: _M. Thiers à l’Académie et dans l’histoire_ (1880).

[379] Trois ans plus tard, le 4 octobre 1874, une brillante revanche fut prise pour ce même siège au Conseil général par Louis-Numa Baragnon, qui déploya dans la lutte, sur ce petit théâtre, un merveilleux talent. Pontmartin avait été le principal patron de sa candidature; il eut les joies de la victoire, sans en avoir les embarras.

[380] Voir ci-dessus chapitre XII, p. 317.

[381] Le _Filleul de Beaumarchais_ a paru dans le _Correspondant_ des 25 décembre 1871, 10 et 25 janvier 1872.

[382] Joseph-Othenin-Bernard DE CLÉRON, comte D’HAUSSONVILLE (1809-1884), membre de l’Académie française, auteur de l’_Histoire de la réunion de la Lorraine à la France_, de _l’Église romaine et le premier Empire_, etc.

[383] Arthur-Marie BUCHERON (1834-1902), connu sous le pseudonyme de _Saint-Genest_. Ses articles du _Figaro_ ont eu un grand retentissement. La plupart ont été réunis en volume: _La Politique d’un soldat_ (1872); _Lettres d’un soldat_ (1873), etc.—Voir sur lui _Nouveaux Samedis_, t. VIII, p. 140; tome XI, p. 178; t. XIV, p. 289.

[384] Pontmartin ne devait pas tarder à quitter le n^o 20 de la rue Laffitte pour prendre, au n^o 2 de la même rue, un petit appartement meublé dans l’immense immeuble qui était alors la propriété de sir Richard Wallace.

[385] _Nouveaux Samedis_, t. VIII, p. 52.

[386] Le 9 juin 1872, des élections partielles avaient eu lieu dans le Nord, dans la Somme et dans l’Yonne. MM. Deregnaucourt, Barni et Paul Bert, tous les trois républicains avancés, avaient été nommés.

[387] _Nouveaux Samedis_, t. VIII, p. 203.

[388] Canton de Châteaurenard, commune de Barbentane (Bouches-du-Rhône).

[389] Le général marquis Léon D’ANDIGNÉ pair de France, sénateur de Maine-et-Loire, fils du comte Auguste d’Andigné, l’auteur des _Mémoires_; il était le gendre du marquis de Barbentane. Il s’était conduit en héros à Reichshoffen et à Sedan. Dans la journée du 1^{er} septembre 1870, il avait été laissé pour mort sur le champ de bataille. Deux chevaux tués sous lui, ses deux jambes traversées, son bras droit fracassé par des balles, attestaient l’acharnement de la lutte soutenue.

[390] _Lis Isclo d’or_, par Frédéric Mistral, 1875.

[391] _Nouveaux Samedis_, t. IX, p. 68 et suiv.

[392] _Gazette de France_ du 13 octobre 1872.—_Nouveaux Samedis_, t. IX, p. 69.

[393] Edmond TARBÉ DES SABLONS (1838-1902), critique musical, romancier et auteur dramatique. Le 5 juillet 1868, il avait fondé, avec Henri de Pène, le journal _le Gaulois_, dont il resta, l’année suivante, l’unique directeur et qu’il ne quitta qu’en juillet 1879.

[394] _Nouveaux Samedis_, t. X, p. 296-343.

[395] La _Mandarine_ avait paru dans le _Correspondant_ du 10 juin 1870. Cette nouvelle, primitivement destinée à la _Revue des Deux Mondes_, avait dû s’appeler tout d’abord _le Feu de sarments_.

[396] _Nouveaux Samedis_, t. X, p. 111.

[397] Ce fut Ledru-Rollin qui l’emporta. Il fut élu le 1^{er} mars.

[398] Le _Correspondant_ du 10 janvier 1874.

[399] Le _Correspondant_ du 25 mars 1874.

[400] Voici le passage auquel fait allusion Joseph Autran: «M. de Pontmartin n’a eu de rival, comme critique, que Sainte-Beuve, à qui son talent n’avait rien à envier, et qui lui a, plus d’une fois, envié devant moi sa foi chrétienne et monarchique.» Le _Figaro_ du 25 mars 1874. Article signé _François Duclos_, pseudonyme qui cachait un des plus spirituels écrivains du temps.

[401] Jules Janin mourut le 19 juin 1874.

[402] Le Chancelier de fer, qui aimait à maximer ses pratiques, disait volontiers: _Beati possidentes!_ C’était aussi l’un des mots favoris de son maître Frédéric II.

[403] Lettre du 4 avril 1875.

[404] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. VII, p. 251.

[405] Edmond Rostand, l’auteur de _Cyrano de Bergerac_, des _Romanesques_ et de l’_Aiglon_.

[406] Académie française, séance du 4 juin 1903.

[407] C’était le titre sous lequel paraissaient, dans la _Gazette de France_, ses articles du samedi.

[408] _Nouveaux Samedis_, t. XIV, p. 366.

[409] Chez Baudouin frères, Pollet et Barba, rue de Vaugirard, n^o 17, rue du Temple, n^o 36, et au Palais-Royal.

[410] Le Théâtre du Gymnase, dont Eugène Scribe était le principal fournisseur et que la duchesse de Berry avait pris sous sa protection, porta, depuis le 8 septembre 1834 et jusqu’à la révolution de Juillet, le nom de _Théâtre de Son Altesse Royale Madame_.

[411] La Chambre des députés et le Sénat siégeaient encore à Versailles.

[412] Pontmartin eut beaucoup d’amis. J’en ai nommé plusieurs. Je me reprocherais de ne pas citer ici les trois amis d’enfance, de jeunesse et de toujours, avec lesquels il eut peut-être la plus constante intimité: Alphonse d’Archimbaud (1811-1865), fils du marquis d’Archimbaud, député de la Chambre _introuvable_, dont les réceptions cordiales et paternelles dans son château de Vérone, près Nyons (Drôme), avaient laissé à Pontmartin de tels souvenirs qu’il aimait à les évoquer sans cesse, surtout dans ses dernières années;—Isidore d’Athénosy (1806-1872), fils d’un haut fonctionnaire de l’administration pontificale à Avignon, un homme d’étude et de science, un royaliste militant, un catholique des anciens temps;—Eugène de Baciocchi (1807-1884), fils d’un officier corse marié à Avignon, authentiquement cousin des parents de Napoléon III, peut-être même cousin de l’Empereur. Il n’aurait eu qu’un mot à dire pour obtenir une préfecture ou tout autre haut emploi, que sa grande intelligence et son vaste savoir l’eussent rendu apte à remplir; mais ce mot, par fidélité royaliste et quoiqu’il fût pauvre, il ne voulut jamais le prononcer.

[413] M. Amédée de Jonquières, qui devait entrer, en novembre 1878, au noviciat de la Compagnie de Jésus, devenir profès de cette Compagnie le 15 août 1897 et avoir, en 1901, les honneurs de la proscription.

[414] Sur le tome XIV des _Nouveaux Samedis_.

[415] Le 23 juin 1877.

[416] M. Thiers était mort le 3 septembre 1877.

[417] M. Léon Lavedan était alors directeur de la presse au ministère de l’Intérieur.

[418] _Vie de M^{gr} Dupanloup_, par l’abbé F. LAGRANGE, t. III, p. 450.

[419] _Vie de M^{gr} Dupanloup_, t. III, p. 452.

[420] Voir ces trois récits dans les _Souvenirs d’un vieux Mélomane_.

[421] _Nouveaux Samedis_, t. X, p. 334.

[422] Le _Correspondant_ du 10 juin et du 25 juin 1878.

[423] Salon de 1850.

[424] Salon de 1863.

[425] _Le Correspondant_ du 25 décembre 1878. Article de M. Henri Lavedan.

[426] M. Villemain.

[427] _Nouveaux Samedis_, t. I, p. 164.

[428] _Les Jeudis de Madame Charbonneau_, p. 71.

[429] Montalembert était mort le 13 mars 1870; Villemain, le 8 mai; Prévost-Paradol, le 11 juillet; Prosper Mérimée, le 23 septembre.

[430] Au printemps de 1870 (les 7 avril et 19 mai), il y avait eu, non pas un _triple_, mais un quadruple scrutin; MM. Emile Ollivier, Jules Janin, Xavier Marmier et Duvergier de Hauranne avaient été élus en remplacement de Lamartine, de Sainte-Beuve, de M. de Pongerville et du duc Victor de Broglie. Pontmartin n’avait posé sa candidature à aucun des quatre fauteuils.

[431] Sur ce voyage de M. de Falloux à Versailles, au mois d’août 1871, voy. les _Mémoires d’un royaliste_, t. II, p. 469-511.

[432] Il venait d’être battu, comme candidat au Conseil général, dans le canton de Villeneuve-lès-Avignon, par un petit avocat d’Uzès, ex-sous-préfet gambettiste. J’extrais de sa lettre du 6 novembre ce menu détail: «Les mêmes électeurs qui m’ont repoussé comme trop aristocrate, trop féodal, c’est-à-dire, j’imagine, trop peu libéral, ont voté comme un seul homme, pendant la phase impériale, pour un chambellan qu’ils n’avaient jamais vu: voilà le suffrage universel!» Voir, sur ce petit épisode électoral, le chapitre XIII, p. 339.

[433] _Vie de M^{gr} Dupanloup, évêque d’Orléans_, par M. l’abbé F. LAGRANGE, t. III, p. 245.

[434] M. Thiers avait été le patron et le principal agent de l’élection de M. Littré.

[435] M. Duvergier de Hauranne, élu le 19 mai 1870, en remplacement du duc Victor de Broglie, n’avait pas encore pris séance; il ne le devait faire que le 29 février 1872.

[436] C’est, on le sait, le titre d’un des meilleurs recueils de Laprade.

[437] Le tome IX de ses _Nouveaux Samedis_.

[438] Taine n’avait pas encore publié le premier volume de son admirable ouvrage sur _les Origines de la France contemporaine_, qui parut seulement en 1876, et dans lequel il prenait si courageusement parti pour l’histoire contre la légende.

[439] L’élection en remplacement de M. de Ségur. Elle eut lieu le 1^{er} mai 1873.

[440] Voir, ci-dessus, chapitre XIII, p. 352 et suivantes.

[441] M. Pierre Lebrun était décédé subitement le 27 mai 1873.

[442] Voir, ci-dessus, chapitre XIII, p. 352.—Sous le pseudonyme de M. Bourgarel et sous le titre de _Fantaisies et Variations sur le temps présent_, Pontmartin avait inséré, dans son neuvième volume des _Nouveaux Samedis_, trois ou quatre chapitres humoristiques publiés au mois d’octobre 1872 et dont le premier était intitulé: «M. Gambetta, membre de l’Académie française.» Le discours du récipiendaire est écrit dans une langue si... gambettiste, qu’après l’avoir entendu, cinq quarts d’heure durant, les académiciens prodiguent des marques de l’aliénation mentale la mieux caractérisée: «M. Pingard danse la pyrrhique; M. de Laprade crie: Vive l’Empereur! M. le duc de Broglie donne un croc-en-jambe à M^{gr} le duc d’Aumale; M. Duvergier de Hauranne se croit métamorphosé en pain de sucre, et en offre un morceau à M. Guizot; M. Dufaure s’habille en Apollon du Belvédère et marivaude avec les trois Grâces; M. Lebrun demande une valse à M^{me} Mohl; M. Jules Favre calcule tout haut combien il entre de pouces cubes dans un moellon, et s’écrie en éclatant de rire: «Pas un!»—M. de Sacy risque trois calembours indécents; M. Littré dit: _JE CROIS EN DIEU!_ en quatorze langues différentes; M. Patin fait une déclaration d’amour à M^{me} Mathusalem; M. Saint-Marc Girardin ôte sa cravate pour y tailler deux paires de draps; le duc de Noailles jure comme un charretier. A la fin, M. Cuvillier-Fleury, seul maître de ses sens, propose à l’Académie de lui lire _Alexandre_, tragédie inédite de feu M. Viennet. Cette proposition insidieuse met tout le monde en fuite et les immortels se réveillent sur le pont des Arts, comme s’ils sortaient d’un mauvais rêve.» (_Nouveaux Samedis_, t. IX, p. 73.)

[443] Ce volume de Pontmartin avait paru au mois d’avril 1872.—Voir chapitre XIII, p. 347.

[444] Le château de Pradine, commune de Grambois (Vaucluse).

[445] L’élection eut lieu le 29 janvier 1874. Le fauteuil de M. Lebrun fut attribué à Dumas fils; celui de Saint-Marc Girardin, à M. Mézières; et celui de Vitet, à M. Caro.

[446] M. Guizot était mort le 12 octobre 1874.

[447] Voir ci-dessus chapitre XIV, p. 376.

[448] L’élection au fauteuil de M. de Loménie eut lieu le 14 novembre 1878. Taine, devenu le candidat de la droite de l’Académie, fut élu par 20 voix sur 26.

[449] Le château de la Combe de Lancey, appartenant à M. Albert du Boys.

[450] _Mes Mémoires_, tome II, chapitre 1.

[451] Depuis le printemps de 1888, un des deux canapés a cédé la place au très beau buste en marbre du Maître par Antoine Bastet.

[452] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. VII, p. 240. 1886.

[453] M. Edme Cade, docteur en médecine à Avignon. _Bulletin de l’Association amicale des anciens élèves de l’Ecole libre Saint-Joseph d’Avignon._ Juin 1890.

[454] François-Nicolas-Xavier-Louis BESSON (1821-1888), évêque de Nîmes de 1875 à 1888. Ses _Sermons_, _Conférences_, _Panégyriques_ et _Oraisons funèbres_ ne forment pas moins de quinze volumes. On lui doit en outre la _Vie de M^{gr} Cart_, évêque de Nîmes, la _Vie de M. l’abbé Besson_, ancien secrétaire général des Affaires ecclésiastiques, _Montalembert en Franche-Comté_, la _Vie du Cardinal Mathieu_, la _Vie de M^{gr} Paulinier_, archevêque de Besançon, etc., etc. Sur M^{gr} Besson, voir _Nouveaux Samedis_, tome XX, et _Souvenirs d’un vieux critique_, tomes III et VIII.—M^{gr} Besson avait succédé sur le siège de Nîmes à M^{gr} Plantier, évêque de 1855 à 1875, qui avait, lui aussi, comblé Pontmartin de prévenances et de marques de vraie amitié, et en qui l’auteur des _Samedis_ saluait un causeur encore plus remarquable que l’orateur et l’écrivain.

[455] Article du 12 octobre 1887.—_Souvenirs d’un vieux critique_, t. X, p. 278.

[456] Lettre du 12 janvier 1881.

[457] L’article de M. Emile, Zola avait paru dans le _Figaro_ du 27 décembre 1880, sous ce titre: _MONSIEUR LE COMTE_. Voyez la réponse de Pontmartin au tome I des _Souvenirs d’un vieux critique_, p. 355 et suivantes. J’en détache seulement ces lignes, où il répond au triomphant auteur de _Nana_ qui le raillait d’être «un vaincu».

«Oui, vous êtes un vainqueur; moi, je suis un vaincu, vaincu depuis cinquante ans, et je m’en fais gloire; vaincu, avec la justice, avec la vérité, avec le droit, avec l’honneur, avec la lumière, avec la liberté, avec l’Alsace, avec la Lorraine, avec la France;—je ne dis pas avec la Religion, plus victorieuse dans ses défaites que dans ses triomphes; vaincu en bien bonne compagnie, avec les nobles femmes condamnées à l’amende pour avoir protesté contre des effractions sacrilèges; vaincu avec les ordres religieux que l’on disperse, avec les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul que l’on expulse, avec les images sacrées que l’on déchire ou que l’on décroche, avec les Frères de la doctrine chrétienne que les médecins les moins dévots saluaient comme des héros pendant le siège et la guerre; vaincu avec les zouaves de Lamoricière et les zouaves de Charette, avec tout ce qu’il y a, dans notre malheureux pays, d’honnête, de loyal, de généreux, d’éloquent, d’illustre, de libéral, de fidèle aux lois immortelles du beau, du vrai et du bien!»

[458] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. V, p. 220,. 1884.

[459] Cette lettre n’est pas de la main d’Armand de Pontmartin; elle fut dictée par lui à son fils. Il en sera de même, à partir de ce moment, pour la plupart des lettres qu’il m’adressera.

[460] Le premier volume des _Mémoires_, avec ce sous-titre: _Enfance et Jeunesse_, parut dans le _Correspondant_ des 10 et 25 septembre, 25 octobre, 25 novembre et 25 décembre 1881.

[461] Ce second volume parut dans le _Correspondant_ des 25 novembre, 10 et 25 décembre 1885, 10 janvier, 10 et 25 février 1886.

[462] Voir ci-dessus, chapitre IV, p. 82, et chapitre V, p. 98.

[463] Voir ci-dessus chapitre XII, p. 312.

[464] _Mes Mémoires_, t. II, p. 218.

[465] _Correspondance de Jules Janin_, p. 265.

[466] Livraison du 25 décembre 1885.

[467] Dans le _Correspondant_ du 10 janvier 1886.

[468] _Le Correspondant_ du 10 septembre 1888.

[469] _Derniers Samedis_, t. III, p. 55.

[470] Le numéro _mille_ des _Samedis_ de la _Gazette de France_, qui eux-mêmes faisaient suite aux Semaines littéraires de l’_Assemblée nationale_, du _Spectateur_ et de l’_Union_.

[471] Il avait pour sujet la publication de M^{me} Charles Lenormant: LE TEMPS PASSÉ. _Mélanges de Critique littéraire et de Morale par M. et M^{me} Guizot._ Pontmartin ne l’a pas recueilli dans ses volumes de Causeries.

[472] Joseph ROUMANILLE (1818-1891), né à Saint-Rémy de Provence d’une famille de jardiniers, mort libraire à Avignon. Catholique et royaliste, il a publié, sous la seconde République, en langue provençale, de merveilleux dialogues en prose pour la défense religieuse et sociale, _le Choléra_, _les Clubs_, _un Rouge et un Blanc_, _les Partageux_, _la Férigoulo_ (c’est-à-dire le thym, emblème du parti rouge), _les Prêtres_, etc. Plus tard, sous la troisième République, il a fait, dans le même genre, _les Enterre-Chiens_; l’apostolat est resté identique; mais la verve a baissé. A la même époque que les premiers dialogues appartiennent les poésies, les _Marguerites_, les _Songeuses_, _la Part du bon Dieu_, les _Fleurs de songe_, et aussi un recueil de _Noëls_, œuvres exquises de sentiment, simples de forme, et qui conservent absolument la note populaire, quoique l’auteur soit un vrai lettré et même un humaniste.

[473] Augustin CANRON (1829-1888), né et mort à Avignon, n’a guère vécu ailleurs et se serait senti dépaysé partout, sauf dans les deux Romes, celle du Rhône et celle du Tibre. Il était le principal rédacteur de l’_Union de Vaucluse_. Son instruction était grande en toutes choses, mais, en histoire locale, elle était prodigieuse. Il avait déchiffré et classé tous les manuscrits de la région. Sa verve était à la hauteur de sa science, et quelquefois même elle lui nuisait: on l’accusait, à l’occasion, d’avoir inventé ce qu’il avait véritablement découvert. Catholique ardent, liturgiste consommé, sa piété très italienne n’excluait pas une grande liberté de langage quand il s’agissait de juger les évêques et les curés dans leurs rapports avec le pouvoir civil. En somme, personnage très intéressant, et peut-être encore plus amusant. Il avait le mérite de conserver une inaltérable gaieté au milieu d’une existence qui n’était qu’une lutte contre la pauvreté. Peu d’hommes ont plus honoré que lui, par son talent, son désintéressement et sa fidélité, la presse monarchique de province.

[474] Voir l’_Appendice_, à la fin du volume.

[475] Le P. Victor DELAPORTE, né le 6 novembre 1846 à Saint-Vandrille (Orne). Ses deux volumes de _Récits et légendes_ ont eu onze éditions. Une troisième série, _A travers les âges_, a obtenu un égal succès. On lui doit aussi des drames en vers, _Loc’h Maria_, _Saint Louis_, _Tolbiac_, _Pour l’Honneur_, _Patria_, etc., ainsi que plusieurs volumes de critique littéraire: _Du Merveilleux dans la littérature française sous le règne de Louis XIV_; _L’Art poétique de Boileau_, commenté par Boileau et ses contemporains; les _Études et Causeries littéraires_, etc.

[476] _Causeries littéraires_, 3 volumes; _Causeries du Samedi_, 3 vol.; _Semaines littéraires_, 3 vol.; _Nouveaux Samedis_, 20 vol.; _Souvenirs d’un vieux critique_, 8 volumes.

[477] _Souvenirs d’un vieux critique_, tomes IX et X; _Derniers Samedis_, 3 volumes.

[478] Notice sur Armand de Pontmartin, en tête des _Épisodes littéraires_.

[479] _Nouveaux Samedis_, t. IX, p. 317.

[480] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. V, p. 178.

[481] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. X, p. 197.

[482] La comtesse Diane de Beausacq.

[483] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. V, p. 132.

[484] _Nouveaux Samedis_, t. IV, p. 211.

[485] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. II, p. 296.

[486] _Semaines littéraires_, t. II, p. 333.

[487] _Nouveaux Samedis_, t. VIII, p. 330.

[488] _Nouveaux Samedis_, t. XVII, p. 155.

[489] _Nouveaux Samedis_, t. XIX, p. 362.

[490] _Nouveaux Samedis_, t. XX, p. 1.

[491] _Nouveaux Samedis_, t. XIX. p. 227.

[492] _Nouveaux Samedis_, t. XII, p. 1.

[493] _Nouveaux Samedis_, t. XVII, p. 279.

[494] _Souvenirs d’un vieux critique_, t. VIII, p. 1.

[495] _Nouveaux Samedis_, t. III, p. 267.

[496] _Causeries littéraires._—_Semaines littéraires._—_Nouveaux Samedis._

[497] Voir ci-dessus, page 369.

[498] _Géorgiques_, livre IV.

[499] Le livre fut saisi, et, pour arrêter les poursuites, il ne fallut rien moins que l’intervention de Gambetta. Je lis, à ce sujet, dans une lettre de Pontmartin à M. Jules Claretie, du 3 janvier 1875: «Que dites-vous de l’ami Barbey? Cette fois, c’est trop fort. Quand je conseillais la tolérance à ce fougueux absolutiste, je ne m’attendais pas à le voir conduire Joseph de Maistre dans une de ces maisons qui empruntent leur sous-titre à la plus belle des vertus chrétiennes. C’est dommage, car à ne juger son livre qu’en artiste, avec le dilettantisme impassible qu’on apporterait, par exemple, au musée secret de Naples, ce diable d’homme—66 ans—n’avait jamais rien fait de si fort. _Le Rideau cramoisi_, _Une Vengeance de femme_, et surtout _Un Dîner d’Athées_, sont trois magnifiques cantharides. Figurez-vous qu’au moment où j’ai appris la saisie, j’allais en parler, et je comptais plaider la _Possession_, comme on l’entendait au Moyen Age.»

[500] Pontmartin m’écrivait, des Angles, le 4 décembre 1879: «A peine avais-je fait partir ma dernière lettre, que je me suis reproché de vous avoir parlé de M. Barbey d’Aurevilly avec cette amertume et de ce ton tranchant qui me va si mal. Royalistes et catholiques, la charité chrétienne est pour nous, en pareil cas, non seulement une vertu, mais une habileté, en face de tant d’ennemis acharnés contre nos croyances. Mes bonnes résolutions ont persisté... 24 heures. Un de mes amis avignonnais, vieux, spirituel et lettré, est venu me voir, levant les yeux au ciel, agitant un journal au-dessus de sa tête, se livrant à une pantomime qui traduisait le: «Où allons-nous?» de J. Prudhomme. C’était un n^o de _Paris-Journal_ (21 novembre), renfermant un feuilleton de B. d’Aur... sur _le Mariage de Figaro_. Mon ami, après m’avoir demandé une tasse de tilleul pour calmer ses nerfs, m’a lu le passage suivant: «En regardant M^{lle} Reichenberg, en voyant, à _genoux_, aux _pieds_ de la comtesse, ces _jambes_ de femme qui ont leur _sexe_, je pensais aux _jambes_ sans sexe qu’il faudrait (je ne note que des indigences) à cette charmante et incertaine créature d’entre les deux _sexes_, qui s’appelle Chérubin; je songeais à ces jambes _si voluptueusement hermaphrodites_(!!) que Raphaël donne à ses _archanges_, et que montre en ce moment à tout Paris cette merveille d’Emma Juteau, _l’acrobate_ du Cirque.» Pas de commentaires, cher ami; mais encore un remerciement et une cordialissime poignée de main.»—Ce jour-là, on le pense bien, je n’essayai même pas de plaider les circonstances atténuantes en faveur de Barbey d’Aurevilly.

[501] Lettre du 24 octobre 1879.

[502] François-Victor FOURNEL (1829-1894), érudit, critique et romancier; ses principaux ouvrages sont: _les Contemporains de Molière_, _la Littérature indépendante_, _les Rues du vieux Paris_, _l’Ancêtre_, _le Roman d’un père_, _Esquisses et croquis parisiens_.

[503] Lettre du 1^{er} novembre 1865.

[504] Cuvillier-Fleury demeurait à Passy, avenue Raphaël, 4.

[505] _Journal des Débats_ du 28 novembre 1897.

[506] Parce qu’il était Nimois et aussi parce qu’il a beaucoup de talent et qu’il est un parfait galant homme, M. Gaston Boissier est un des écrivains dont Pontmartin a toujours parlé avec le plus de sympathie. Voy. _Nouveaux Samedis_, t. III.

[507] Voici les titres des sept nouvelles qui composent ce volume: _les Feux de paille_; _le Point d’orgue tragique_; _l’Impasse_; _English Spoken_; _la Veillée_; _la Véritable auberge des Adrets_; _Rachel à trois époques_.

[508] Lettre du 11 novembre 1886.

[509] Les _Épisodes littéraires_ ont paru dans le _Correspondant_ des 25 octobre, 10 et 25 novembre, 10 et 25 décembre 1889, 10 janvier et 10 mai 1890.

[510] Ci-dessus chapitre VII, p. 130.

[511] Il fut publié dans la _Gazette de France_ du 23 mars.—Au moment de sa mort (29 mars), Pontmartin avait _dix-huit_ articles d’avance aux bureaux de la _Gazette_. Ils parurent sans interruption pendant quatre mois. Le dernier, publié le 2 août 1890, est consacré au volume de M. Henry Houssaye sur _Aspasie, Cléopâtre, Théodora_. On le trouvera au tome I des _Derniers Samedis_; il est daté du 8 mars 1890.]

[512] _Derniers Samedis_, t. II, p. 372.

[513] _Nouveaux Samedis_, t. I, p. 114.

[514] _Notice sur Armand de Pontmartin._

[515] Le R. P. Elie Bonnet, de la Compagnie de Jésus. Il avait été aumônier militaire en Algérie, puis à Avignon pendant les cinq ou six ans où nos garnisons eurent des aumôniers. Il est mort au collège de Mongré (Rhône) en mars 1895.

[516] Le 19 mars.—_Joseph_ était l’un de ses prénoms, et aussi celui de l’oncle qui l’avait tant aimé.

[517] _Bulletin de l’Association amicale des anciens élèves de l’École libre de Saint-Joseph d’Avignon._ Juin 1890.

[518] 28 mars.

[519] Lettre du 2 avril 1890.

[520] Ci-dessus, page 458.