LXIII
LA «NOCHEBUENA»
Là-haut, sur le versant de la montagne d'où jaillit un torrent, se cache entre les arbres une cabane, construite sur des troncs tordus. Sur son toit de kogon [242], grimpent les rameaux, chargés de fruits et de fleurs, de la calebasse; des cornes de cerf, des têtes de sanglier, quelques-unes portant de longues défenses, ornent le rustique foyer. C'est la demeure d'une famille tagale, vivant de la chasse et de la coupe des bois.
A l'ombre d'un arbre, l'aïeul fait des balais avec les nervures des palmes, tandis qu'une jeune fille place dans un panier des oeufs, des citrons et des légumes. Deux enfants, un garçon et une fille, jouent à côté d'un autre pâle, mélancolique, aux grands yeux et au profond regard, assis sur un tronc renversé. A sa mine amaigrie nous reconnaîtrons le fils de Sisa, Basilio, le frère de Crispin.
--Quand ton pied sera guéri, lui disait la fillette, nous jouerons pico-pico avec cachette, je serai la mère.
--Tu monteras avec nous à la cime du mont, ajoutait le petit garçon, tu boiras du sang de cerf avec du jus de citron et tu engraisseras; alors je te montrerai à sauter de rocher en rocher par dessus le torrent.
Basilio souriait avec tristesse, examinait la plaie de son pied et regardait ensuite le soleil qui brillait splendide.
--Vends ces balais, dit l'aïeul à la jeune fille et achète quelque chose pour tes frères, c'est aujourd'hui Noël.
--Des pétards, je veux des pétards, cria le petit.
--Moi, une tête pour ma poupée! clama la petite.
--Et toi, que veux-tu? demanda le vieillard à Basilio.
Celui-ci se leva avec peine et s'approchant du grand-père:
--Señor, lui dit-il. J'ai donc été malade plus d'un mois?
--Depuis que nous t'avons trouvé évanoui et couvert de blessures, deux lunes se sont passées, nous croyions que tu allais mourir...
--Dieu vous récompense; nous sommes très pauvres, reprit Basilio, mais, puisque c'est aujourd'hui Noël, je veux m'en aller au pueblo voir ma mère et mon petit frère; ils m'auront cherché.
--Mais, fils, tu n'es pas encore bien et ton pueblo est loin; tu n'y seras pas arrivé à minuit.
--N'importe, señor! Ma mère et mon petit frère doivent être bien tristes; tous les ans nous passions ensemble cette fête... l'an dernier nous avons mangé un poisson à nous trois... ma mère aura pleuré en me cherchant.
--Tu n'arriveras pas vivant au pueblo, garçon! Ce soir nous avons de la poule et un morceau de sanglier. Mes fils te chercheront quand ils reviendront des champs.
--Vous avez beaucoup d'enfants et ma mère n'a que nous deux; peut-être me croit-elle déjà mort! Ce soir, je veux lui faire une joie, lui donner ses étrennes... un fils!
Le vieillard sentit s'humecter ses yeux; il mit la main sur la tête de l'enfant et, tout ému, lui dit:
--Tu es sage comme un vieillard! Va, cherche ta mère, donne-lui les étrennes... de Dieu, comme tu dis; si j'avais su le nom de ton pueblo, j'y serais allé quand tu étais malade. Va, mon fils, que Dieu et le Señor Jésus t'accompagnent. Lucia, ma petite-fille, ira avec toi jusqu'au prochain pueblo.
--Comment? tu t'en vas? lui demanda le garçon. Là-bas, en bas, il y a des soldats, il y a beaucoup de voleurs? Tu ne veux pas voir mes pétards? Pum purumpum!
--Tu ne veux pas jouer à la poule aveugle avec cachette? demandait la petite fille; t'es-tu caché quelquefois? Vrai, rien n'est plus amusant que d'être poursuivi et de se cacher?
Basile sourit, il prit son bâton, et, les yeux baignés de larmes:
--Je reviendrai bientôt, dit-il, j'amènerai mon petit frère, vous le verrez et vous jouerez avec lui; il est aussi grand que toi.
--Marche-t-il aussi en boitant? demanda la petite fille, alors nous en ferons la mère au pico-pico.
--Ne nous oublie pas, lui dit le vieillard; emporte cette tranche de sanglier et donne-la à ta mère.
Les enfants l'accompagnèrent jusqu'au pont de bambous, jeté sur le cours rapide et troublé du torrent.
Lucia le fit s'appuyer sur son bras et, bientôt, les enfants les perdirent tous deux de vue.
Basilio marchait légèrement malgré le bandage qui lui serrait la jambe.
Le vent du nord siffle et les habitants de San Diego tremblent de froid.
C'est la Nochebuena, et cependant le pueblo est triste. Pas une lanterne de papier pendue aux fenêtres, aucun bruit dans les maisons n'annonce la réjouissance comme les autres années.
A l'entresol de la maison de Capitan Basilio, près d'une grille, conversent le maître de la maison et D. Filipo--le malheur de ce dernier les avait fait amis,--tandis que par l'autre Sinang, sa cousine Victoria et la belle Iday regardent vers la rue.
La lune décroissante, commence à briller à l'horizon et argente les nuages, les arbres, les maisons, projetant de longues et fantastiques ombres.
--C'est une chance rare que la vôtre, sortir absous en ce moment! disait Capitan Basilio à D. Filipo; on vous a brûlé vos livres, c'est vrai, mais d'autres ont perdu plus.
Une femme s'approcha de la grille et regarda vers l'intérieur. Ses yeux étaient brillants, sa figure creuse, sa chevelure dénouée et éparse; la lune lui donnait un aspect singulier.
--Sisa! s'écria surpris D. Filipo et se retournant vers Capitan Basilio, tandis que la folle s'éloignait.
--N'était-elle pas chez un médecin? demanda-t-il, on l'a déjà guérie?
Capitan Basilio sourit amèrement.
--Le médecin a eu peur d'être accusé comme ami de D. Crisóstomo et il l'a chassée. Maintenant elle erre comme autrefois, toujours aussi folle; elle chante, est inoffensive et vit dans le bois...
--Quels autres changements se sont encore produits dans le pueblo depuis que nous l'avons quitté? Je sais que nous avons un nouveau curé et un nouvel alférez...
--Terribles temps, l'Humanité recule! murmura Capitan Basilio en songeant au passé. Voyez, le lendemain de votre départ, le sacristain principal fut trouvé mort, pendu dans le grenier de sa maison. Le P. Salvi fut vivement touché par cette mort et s'empara de tous les papiers du défunt. Ah! le philosophe Tasio est mort aussi, on l'a enterré dans le cimetière des Chinois.
--Pauvre D. Anastasio! soupira D. Filipo, et ses livres?
--Les dévots, croyant être agréables à Dieu, les ont brûlés. Rien n'a pu être sauvé, pas même les oeuvres de Cicéron... le gobernadorcillo n'a rien fait pour empêcher quoi que ce soit.
Tous deux gardèrent le silence.
En ce moment on entendait le triste et mélancolique chant de la folle.
--Sais-tu quand Maria Clara se marie? demandait Iday à Sinang.
--Je ne le sais pas, répondit celle-ci; j'ai reçu une lettre d'elle, mais je ne l'ouvre pas par crainte de le savoir. Pauvre Crisóstomo!
--On dit que si ce n'avait pas été à cause de Linares, Capitan Tiago était pendu; que devait faire Maria Clara? observa Victoria.
Un enfant passa en boitant; il courait vers la place d'où partait le chant de Sisa. C'était Basilio. L'enfant avait trouvé sa maison déserte et en ruines; après beaucoup de demandes il avait appris que sa mère était folle et vaguait par le pueblo; de Crispin on ne lui avait pas dit un mot.
Basilio essuya ses larmes, étouffa son chagrin et, sans se reposer, partit à la recherche de sa mère. Il arriva au pueblo, s'informa d'elle et bientôt le chant vint frapper ses oreilles. Le malheureux, malgré la faiblesse de ses jambes, voulut courir pour se jeter dans les bras de sa mère.
La folle quitta la place et arriva devant la maison du nouvel alférez. Maintenant comme autrefois une sentinelle est à la porte et une tête de femme se montre à la fenêtre; mais ce n'est plus la Méduse, c'est une jeune femme: alférez et mal partagé ne sont pas toujours synonymes.
Sisa commença à chanter devant la maison, regardant la lune qui régnait dans le ciel bleu entre des nuages d'or. Basilio voyait sa mère et n'osait pas s'en approcher; il espérait peut-être qu'elle quitterait cet endroit: il allait d'un côté à l'autre, mais évitant toujours de s'approcher du quartier.
La jeune femme qui était à la fenêtre écoutait attentive le chant de la folle; elle commanda à la sentinelle de la faire monter.
Sisa, à la vue du soldat qui s'approchait, à sa voix, terrifiée se mit à courir, et Dieu sait comment peut courir une folle. Basilio la vit s'enfuir et, craignant de la perdre, oubliant la douleur de ses pieds, il se jeta à sa poursuite.
--Regardez comme ce gamin poursuit la folle! s'écria indignée une servante qui se trouvait dans la rue!
Et voyant qu'il ne cessait pas sa course, elle prit une pierre et la lança contre lui en disant:
--Quel malheur que le chien soit attaché.
Basilio sentit un coup frapper sa tête, mais il continua à courir sans s'en occuper. Les chiens aboyaient, les oies criaient, quelques fenêtres s'ouvraient pour donner passage à la tête d'un curieux, d'autres se fermaient par crainte d'une nouvelle nuit de troubles.
Promptement, ils furent hors du pueblo. Sisa commença à modérer sa course; une grande distance la séparait de son poursuivant.
--Mère! lui cria-t-il quand il la distingua.
La folle entendit à peine la voix qu'elle reprit sa course.
--Mère! c'est moi! criait l'enfant désespéré.
La folle n'entendait pas, le pauvre petit la suivait haletant. Les champs cultivés étaient maintenant dépassés, déjà ils étaient sur la lisière du bois.
Basilio vit sa mère y entrer; il l'y suivit. Les buissons, les arbustes, les joncs épineux, les racines des arbres saillant hors de terre entravaient leur marche. L'enfant suivait la silhouette de sa mère, éclairée par instant des rayons de la lune, traversant les branchages touffus. C'était le bois mystérieux de la famille d'Ibarra.
Basilio plusieurs fois trébucha et tomba, mais il se relevait, insensible à la douleur; toute son âme se concentrait dans ses yeux qui ne perdaient pas de vue la figure chérie.
Ils passèrent le ruisseau qui murmurait doucement; les épines des roseaux, tombées sur le bord du rivage, s'enfonçaient dans ses pieds nus: il ne s'arrêtait pas pour les arracher.
A sa grande surprise, il vit que sa mère s'enfonçait dans les fourrés et entrait par la porte de bois fermant la tombe du vieil Espagnol au pied du balitî.
Il s'efforça de la suivre, mais la porte était fermée. De ses bras décharnés, de sa tête échevelée, Sisa défendait l'entrée, maintenant la porte fermée de toutes ses forces.
--Mère, c'est moi, c'est moi, c'est Basilio, votre fils! cria l'enfant exténué en se laissant tomber.
Mais la folle ne cédait pas; s'appuyant des pieds contre le sol, elle offrait une énergique résistance.
Basilio frappa la porte de son poing, de sa tête baignée de sang, pleura, tout fut vain. Se levant péniblement il regarda le mur, pensant à l'escalader, mais il ne trouva rien qui l'y aidât. Il en fit alors le tour et vit une branche du fatidique balitî se croisant avec une de celles d'un autre arbre. Il grimpa; son amour filial faisait des miracles, de branche en branche, il parvint au balitî, et vit sa mère soutenant encore avee sa tête les planches de la porte.
Le bruit qu'il faisait dans les branches appela l'attention de Sisa; elle se retourna, voulut fuir, mais son fils, se laissant tomber de l'arbre, la saisit dans ses bras, la couvrit de baisers, puis, épuisé, s'évanouit.
Sisa vit le front baigné de sang; elle s'inclina vers lui; ses yeux tendus à sortir de leurs orbites se fixèrent sur cette figure dont la mine pâlie secoua les cellules endormies de son cerveau; quelque chose comme une étincelle en jaillit, elle reconnut son fils, et, poussant un cri, tomba sur l'enfant évanoui, le pressant sur son coeur, l'embrassant et pleurant.
Mère et fils restèrent immobiles.
Quand Basilio revint à lui, il trouva sa mère sans connaissance. Il l'appela, lui prodigua les noms les plus tendres et, voyant qu'elle ne respirait pas, qu'elle ne se réveillait pas, il se leva, courut à l'arroyo chercher un peu d'eau dans un cornet de feuilles de platane et en arrosa le pâle visage de sa mère. Mais la folle ne fit pas le moindre mouvement, ses yeux restèrent fermés.
Epouvanté, Basilio la regarda; il appuya son oreille sur le coeur de sa mère, mais le sein amaigri et flétri de la pauvre femme était déjà froid, le coeur ne battait plus: il posa les lèvres sur ses lèvres et ne perçut aucun souffle. Le malheureux embrassa le cadavre et pleura amèrement.
Dans le ciel la lune brillait toujours majestueuse, la brise soufflait en soupirant dans les branches et, dans l'herbe, les grillons fredonnaient.
La nuit de lumière et de joie pour tant d'enfants qui, au foyer bien chaud de la famille, célèbrent la fête des plus doux souvenirs, la fête qui rappelle le premier regard d'amour que le ciel envoya à la terre, cette nuit où toutes les familles chrétiennes mangent, boivent, dansent, chantent, rient, jouent, aiment, s'embrassent... cette nuit qui, dans les pays froids, est magique pour l'enfance avec son traditionnel sapin chargé de lumières, de poupées, de bonbons, de bibelots que regardent éblouis ces yeux arrondis où se reflète l'innocence, cette nuit n'offrait à Basilio que la solitude et le deuil. Qui sait? Peut-être au foyer du taciturne P. Salvi des enfants jouent-ils, peut-être y chante-t-on
La Nochebuena vient La Nochebuena s'en va...
L'enfant pleura et gémit beaucoup; quand il leva la tête, un homme était devant lui qui le contemplait en silence.
L'inconnu lui demanda à voix basse:
--Tu es le fils?
L'enfant affirma d'un signe de tête.
--Que penses-tu faire?
--L'enterrer.
--Au cimetière?
--Je n'ai pas d'argent et le curé ne le permettrait pas.
--Alors...?
--Si vous voulez m'aider...
--Je suis trop faible, répondit l'homme qui se laissa tomber peu à peu sur le sol, en s'appuyant des deux mains à terre; je suis blessé... il y a deux jours que je n'ai ni mangé ni dormi... Personne n'est venu cette nuit?
L'homme restait pensif, regardant l'intéressante physionomie du jeune garçon.
--Écoute? continua-t-il d'une voix plus faible; je serai mort, moi aussi, avant le jour... A vingt pas d'ici, de l'autre côté de l'arroyo, il y a un gros tas de bois; apportes-en, fais un bûcher, places-y nos deux cadavres, recouvre-les et allume du feu, un grand feu, jusqu'à ce que nous soyons réduits en cendres...
Basile écoutait.
--Ensuite, si personne ne vient... tu creuseras ici, tu trouveras beaucoup d'or... et tout sera à toi. Étudie!
La voix de l'inconnu se faisait de plus en plus inintelligible.
--Va chercher le bois... je veux t'aider.
Basilio s'éloigna. L'inconnu tourna la tête vers l'Orient et murmura comme s'il priait:
--Je meurs sans voir l'aurore briller sur ma patrie...! vous, qui la verrez, saluez-la... n'oubliez pas ceux qui sont tombés pendant la nuit!
Il leva ses yeux au ciel, ses lèvres s'agitèrent, comme murmurant une ultime oraison, puis il baissa la tête et lentement, tomba à terre...
Deux heures plus tard, soeur Rufa était dans le batalan [243] de sa maison, faisant ses ablutions matinales avant d'aller à la messe. La pieuse femme, regardant vers le bois voisin, vit monter une grosse colonne de fumée; elle fronça les sourcils et, saisie d'une sainte indignation, s'écria:
--Quel est l'hérétique qui dans un jour de fête fait kaiñgin [244]? C'est de là que viennent tant de malheurs! Va-t'en au Purgatoire, et tu verras si je te tire de là, sauvage!
ÉPILOGUE
Comme beaucoup de nos personnages vivent encore et que nous avons perdu de vue les autres, un véritable épilogue est impossible. Pour le bien de tous, nous les tuerions avec plaisir en commençant par le P. Salvi et en terminant par Da. Victorina, mais ce n'est pas possible... Qu'ils vivent! c'est le pays et non nous qui doit les nourrir...
Depuis que Maria Clara est entrée au couvent, le P. Dámaso a quitté son pueblo pour habiter Manille, comme le P. Salvi qui, en attendant une mitre vacante, prêche souvent à l'église de Santa Clara, au couvent de laquelle il occupe un emploi important. Peu de mois après, le P. Dámaso recevait du T. R. P. Provincial l'ordre de retourner comme curé dans une province très lointaine. On dit qu'il en eut une telle contrariété que le lendemain on le trouva mort dans son lit. Selon les uns, c'était l'apoplexie qui l'avait tué, selon les autres un cauchemar, le médecin dissipa tous les doutes en déclarant qu'il était mort subitement.
Personne maintenant ne reconnaîtrait Capitan Tiago. Quelques semaines déjà avant la prise de voile de Maria Clara il était tombé dans un abattement tel qu'il commença à maigrir; en même temps son caractère changea: il devint triste, méditatif, méfiant comme son ex-ami, le malheureux Capitan Tinong. Aussitôt que se furent fermées les portes du couvent, il ordonna à sa cousine désolée, la tante Isabel, de recueillir tout ce qui avait appartenu à sa fille et à sa défunte épouse et de s'en aller à Malabon ou à San Diego car, désormais, il voulait vivre seul. Il s'adonna avec furie au liampô et à la gallera, et commença à fumer l'opium. Il ne va plus à Antipolo, il ne commande plus de messes; Da. Patrocinio, sa vieille concurrente, célèbre pieusement son triomphe en ronflant pendant les sermons. Si quelquefois, à la tombée de la nuit, vous passez par la première rue de Santo Cristo, vous verrez, assis dans la boutique d'un Chinois, un homme petit, jaune, maigre, courbé, les yeux creusés et somnolents, les lèvres et les ongles sales, regardant les gens comme s'il ne les voyait pas. À la tombée de la nuit, vous le verrez se lever avec peine, et, appuyé sur un bâton, se diriger vers une étroite impasse, entrer dans une cahute sale sur la porte de laquelle on lit en grandes lettres rouges:
FUMADERO PUBLICO DE ANFION [245].
C'est là ce capitan Tiago si célèbre, aujourd'hui complètement oublié, même du sacristain principal.
Da. Victorina a ajouté à ses fausses frisures et à son andalousement, si l'on nous permet cette expression, la nouvelle manie de vouloir conduire elle-même les chevaux de la voiture, obligeant D. Tiburcio à rester tranquille. Comme la faiblesse de sa vue est cause de beaucoup d'accidents, elle fait usage de lorgnons qui lui donnent un aspect bizarre. Le docteur n'a plus voulu être appelé pour assister personne: nombreux sont les jours de la semaine où les domestiques le voient sans dents, ce qui, on le sait, est de très mauvais augure.
Linares, seul défenseur de cette malheureuse, se repose quelque temps à Paco, victime d'une dyssenterie et des mauvais traitements de sa parente.
Le victorieux alférez est parti en Espagne, lieutenant avec le grade de commandant; il a laissé son aimable femme dans sa chemise de flanelle dont la couleur est déjà inqualifiable. La pauvre Ariane, se voyant abandonnée, s'est consacrée, comme la fille de Minos, au culte de Bacchus et à la culture du tabac; elle boit et fume avec une telle passion que les jeunes filles ne sont plus seules à la craindre, mais aussi les vieilles femmes et les enfants.
Beaucoup de nos connaissances du pueblo de San Diego vivent probablement encore, s'il ne s'en est pas trouvé parmi les victimes de l'explosion du vapeur
«Lipa» qui fait le voyage de Manille à cette province. Comme personne ne s'est inquiété de savoir quels furent les malheureux qui périrent dans cette catastrophe, ni à qui appartenaient les bras et les jambes éparpillés dans l'Ile de la Convalecencia et sur les rives du rio, nous ignorons complètement si, parmi ces malheureux, se trouvait quelqu'un de nos amis. Nous sommes satisfaits, comme le furent alors le gouvernement et la presse, de savoir que le seul moine qui était dans le vapeur s'est sauvé et nous n'en demandons pas davantage. Le principal pour nous est la vie des prêtres vertueux dont Dieu prolonge le règne aux Philippines pour le bien de nos âmes [246].
De Maria Clara on ne sut plus rien sinon que le sépulcre semblait l'avoir gardée dans son sein. Nous nous sommes informé près de diverses personnes de beaucoup d'influence, mais aucune n'a voulu nous en dire un seul mot, pas même les dévotes bavardes, qui reçoivent de la fameuse friture de foies de poules et de la sauce plus fameuse encore, appelée «des religieuses», préparées par l'intelligente cuisinière des Vierges du Seigneur.
Cependant:
Une nuit de septembre, l'ouragan rugissait et frappait de ses gigantesques ailes les édifices de Manille; le tonnerre résonnait à chaque instant, les éclairs illuminaient par moments les ravages du vent déchaîné et plongeaient les habitants dans une épouvantable terreur. La pluie tombait à torrents. Aux lueurs qui zébraient l'obscurité on voyait parfois un morceau de toit, un volet emportés par le vent, s'abattre avec un horrible fracas: pas une voiture, pas un passant ne se risquait par les rues. Quand l'écho rauque du tonnerre, cent fois répercuté, se perdait au loin, on entendait le soupir du vent qui faisait tourbillonner la pluie, produisant un trac-trac répété contre les conchas des fenêtres fermées.
Des gardes s'étaient abrités dans un édifice en construction près du couvent: c'étaient un soldat et un distinguido [247].
--Que faisons-nous ici? disait le soldat; il n'y a personne dans la rue... nous devrions aller quelque part; ma maîtresse demeure dans la calle del Arzobispo.
--D'ici là, il y a un bon bout, et nous nous mouillerons, répondit le distinguido.
--Qu'est-ce que cela fait, pourvu que la foudre ne nous tue pas?
--Bah! n'aie pas peur; les religieuses doivent avoir un paratonnerre pour se garer.
--Oui, dit le soldat, mais à quoi sert-il quand la nuit est aussi obscure.
Et il leva les yeux pour voir dans l'ombre: en ce moment, un éclair répété brilla, suivi d'un formidable coup de tonnerre.
--Naku! Susmariôsep [248]! s'écria le soldat en se signant. Et, secouant son camarade: Allons-nous en d'ici!
--Qu'as-tu?
--Allons-nous en, allons-nous en d'ici! répéta-t-il en claquant les dents de terreur.
--Qu'as-tu vu?
--Un fantôme! murmura-t-il tremblant.
--Un fantôme?
--Sur le toit... ce doit être la soeur qui recueille des braises pendant la nuit.
Le distinguido avança la tête et voulut voir.
Un autre éclair brilla, une veine de feu sillonna le ciel, laissant entendre un horrible éclat.
--Jésus! s'écria-t-il en se signant à son tour.
En effet, à la lueur brillante du météore, il avait vu une figure blanche, debout, presque sur le faîtage du toit, les bras et la figure dirigés vers le ciel comme pour l'implorer. Le ciel répondait par ses éclairs et son tonnerre! Après le coup de tonnerre on entendit une triste plainte.
--Ce n'est pas le vent, c'est le fantôme! murmura le soldat comme répondant à la pression de mains de son compagnon.
--Ay! ay! ce cri traversait l'air, dominant le bruit de la pluie; le vent ne pouvait couvrir de ses sifflements cette voix douce et plaintive, pleine de désespoir.
Un autre éclair brilla avec une intensité éblouissante.
--Non, ce n'est pas un fantôme! s'écria le distinguido, je l'ai vue autrefois; elle est belle comme la Vierge... Allons-nous en d'ici!
Le soldat ne se fit pas répéter l'invitation et tous deux disparurent.
Qui donc gémit ainsi au milieu de la nuit, malgré le vent, la pluie et la tempête? Qui, la timide vierge, l'épouse de Jésus-Christ; elle défie les éléments déchaînés et choisit la nuit redoutable et le libre ciel pour, d'une hauteur périlleuse, exhaler ses plaintes à Dieu? Le Seigneur aurait-il abandonné son temple dans le couvent, n'écouterait-il plus les supplications? Les voûtes saintes ne laisseraient-elles pas les soupirs de cette âme monter jusqu'au trône du Très-Miséricordieux?
La tempête hurla furieuse presque toute la nuit; pas une étoile ne brilla; les cris désespérés, mêlés aux soupirs du vent continuèrent, mais la nature et les hommes étaient sourds; Dieu s'était voilé, il n'entendait pas.
Le lendemain quand, le ciel débarrassé des nuages obscurs, le soleil brilla de nouveau au milieu de l'éther purifié, une voiture s'arrêta à la porte du couvent de Santa Clara, un homme en descendit qui excipa de sa qualité de représentant de l'Autorité et demanda à parler immédiatement à l'abbesse et à voir toutes les religieuses.
On raconte qu'il en parut une portant un habit tout mouillé, en lambeaux, qui demanda en pleurant la protection de cet homme contre les violences de l'hypocrisie et qui dénonça des horreurs. On raconte aussi qu'elle était très belle et avait les yeux les plus beaux et les plus expressifs qui se puissent voir.
Le représentant de l'Autorité n'accueillit pas cette plainte; il parlementa avec l'abbesse et, malgré ses larmes et ses prières, abandonna la malheureuse. La jeune religieuse vit se fermer la porte derrière lui, comme le damné doit voir se fermer les portes du ciel, si toutefois le ciel est aussi injuste et aussi cruel que les hommes. L'abbesse avait déclaré que la pauvre fille était folle.
L'homme ne savait-il pas qu'à Manille est un'hospice pour les déments? ou bien encore jugeait-il que le couvent de religieuses n'était par lui-même qu'un asile de folles? Encore que l'on prétende qu'il était suffisamment ignorant pour ne pas reconnaître quoi que ce soit, surtout s'il s'agissait de décider qu'une personne était ou n'était pas en possession de sa raison.
On raconte encore que, lorsque le fait lui fut connu, le général Sr. J. [249], en eut une opinion différente. Il voulut protéger cette folle et demanda à la voir.
Mais cette fois, aucune jeune fille belle et désespérée n'apparut et l'abbesse, invoquant le nom de la Religion et les Saints Statuts, ne permit pas que l'on visitât le cloître.
On ne parla plus jamais ni de cet incident ni de la malheureuse Maria Clara.
FIN
TABLE
José Rizal V Ma dernière pensée, vers XIII Dédicace: A ma Patrie XVI
I. Une réunion 1 II. Crisóstomo Ibarra 13 III. Le dîner 17 IV. Hérétique et flibustier 23 V. Une étoile dans la nuit obscure 31 VI. Capitan Tiago 33 VII. Idylle sur une terrasse 44 VIII. Souvenirs 54 IX. Choses du pays 59 X. Le pueblo 65 XI. Les souverains 68 XII. La Toussaint 73 XIII. Présages de tempête 78 XIV. Tasio le fou ou le philosophe 83 XV. Les sacristains 92 XVI. Sisa 96 XVII. Basilio 103 XVIII. Ames en peine 109 XIX. Aventures d'un maître d'école 117 XX. L'assemblée dans le tribunal 127 XXI. Histoire d'une mère 140 XXII. Lumières et ombres 148 XXIII. La pêche 152 XXIV. Dans le bois 165 XXV. Chez le philosophe 179 XXVI. La veille de la fête 193 XXVII. A la brume 201 XXVIII. Correspondances 209 XXIX. La matinée 217 XXX. A l'église 223 XXXI. Le sermon 228 XXXII. La chèvre 239 XXXIII. Libre-Pensée 250 XXXIV. Le repas 254 XXXV. Commentaires 265 XXXVI. Le premier nuage 272 XXXVII. Son Excellence 276 XXXVIII. La procession 286 XXXIX. Doña Consolacion 291 XL. Le droit et la force 302 XLI. Deux visites 311 XLII. Les époux Espadaña 314 XLIII. Projets 328 XLIV. Examen de conscience 331 XLV. Les persécutés 338 XLVI. La gallera 345 XLVII. Les deux dames 356 XLVIII. L'énigme 363 XLIX. La voix des persécutés 366 L. La famille d'Elias 377 LI. Commerce 385 LII. La carte des morts et les ombres 389 LIII. Il buon di si conosce da mattina 395 LIV. 401 LV. La catastrophe 408 LVI. Ce que l'on dit et ce que l'on croit 415 LVII. Væ victis 423 LVIII. Le maudit 432 LIX. Patrie et intérêts 436 LX. Maria Clara se marie 448 LXI. La chasse sur le lac 461 LXII. Le P. Dámaso s'explique 468 LXIII. La nuit de Noël 472 Épilogue 481
Fin de la table des matières
Imprimerie Générale de Châtillon-sur-Seine.--A. Pichat.
NOTES
[1] Inter. Archiv. für Aetnographie, 1897, tome X.
[2] C'est le même Despujols qui, comme gouverneur de Barcelone, présida aux horreurs de Montjuich.
[3] Carreaux de faïence colorés.--N. des T.
[4] Un autre tableau semblable existe au couvent d'Antipolo.--N. de l'Ed. esp.
[5] Bâton à pompons que portent les gobernadorcillos, petits gouverneurs ou chefs de pueblos (villages), et qui est l'insigne des représentants d'une autorité.--N. des T.
[6] Feuilles de bétel recouvertes de chaux éteinte et enroulées autour d'un morceau de noix de bonga (Areca Catechu L.) On se sert, non de chaux vive, mais de chaux fortement hydratée. En langue tagale, buñga signifie: le fruit par excellence.--N. des T.
[7] Mendieta, personnage populaire à Manille, concierge de l'Hôtel-de-Ville, impresario de théâtres enfantins, directeur de chevaux de bois, etc. Quiapo, village des environs de Manille.--N. des T.
[8] Platano, fruit des palmiers du genre platano. Morisqueta, riz cuit à l'eau qui forme la base de la nourriture des indigènes.--N. des T.
[9] Bals populaires.--N. des T.
[10] Ragoût.--N. des T.
[11] Savalls, célèbre chef de bande carliste, renommé pour sa férocité, que l'ignorance monastique de Fr. Dámaso confond avec Schwartz.--N. des T.
[12] Chevas, autre chef de bande, même confusion.--N. des T.
[13] Jeu de mot intraduisible, chino qui signifie chinois étant parfois, et par extension, employé dans le sens de niais.--N. des T.
[14] Pero Grullo, M. de la Palisse naturalisé espagnol.--N. des T.
[15] Dans le dialecte de Cavite et des Indiens de Manille appelé español de cocina (de cuisine), ces mots signifient: Il dit qu'il ne veut pas et précisément c'est ce qu'il désire.--N. des T.
[16] Les Philippins illettrés changent d'ordinaire le n en ñ (gn liés).--N. des T.
[17] Pour donner une idée de la façon dont les Chinois prononcent les langues européennes, il suffit d'indiquer que le mot Pidgin n'est autre que le mot anglais Business; le Pidgin-English, c'est l'anglais des affaires, la langue commerciale.--N. des T.
[18] On sait que le gouvernement espagnol qualifie de flibustier tout homme qui par la parole, la plume ou les armes, réclame des réformes.--N. des T.
[19] Tulisanes, nom particulier des bandits des Philippines et que parfois les Espagnols appliquent aussi aux flibustiers.--N. des T.
[20] Étoffe faite avec la fibre de l'ananas piña (Bromelia ananas).--N. des T.
[21] Buyo mâché.--N. des T.
[22] Propriétaires fonciers.--N. des T.
[23] Lieu où se livrent les combats de coqs. V. le chap. XLVI.--N. des T.
[24] Herbe à fourrage, zacate ou talango, Russelia junceum?--N. des T.
[25] Étoffe de coton fabriquée aux Indes.--N. des T.
[26] Coq déjà armé d'un éperon.--N. des T.
[27] Sinigang, potage fait de poisson cuit à l'eau et assaisonné de quelques fruits acides. Dalag (Ophiocephalus), poisson pullulant dans les rivières, les lacs et les marais, envahissant dans la saison des pluies les rizières et les champs inondés. Alibambang, Bauhinia malabarica Roxb.--N. des T.
[28] Sangleyes, marchands ambulants chinois.--N. des T.
[29] Palmeta, férule; le jeu de mots se comprend de lui-même.--N. des T.
[30] Nipa fruticans. Burm. On appelle aux Philippines casas de nipa les maisons indigènes dont les toits sont faits de la large feuille de cet arbre.--N. des T.
[31] Du nom de Torres Amat, archevêque de Tarragone, auteur d'une traduction de la Bible.--N. des T.
[32] Le Cantique des Cantiques.--N. des T.
[33] Cabello de angel (tête d'ange) ou Cidra cayote, cucurbitacée, Cucurbita citrulus.--N. des T.
[34] Aviron fait d'une seule pièce de bois.--N. des T.
[35] Petits coquillages (Cypræa moneta), servant de monnaie comme les cauries. On en exporte beaucoup au Siam.--N. des T.
[36] Sintak et Siklot, jeux d'enfants.--N. des T.
[37] Gage payé par le perdant qui doit recevoir des coups sur les bras.--N. des T.
[38] Jeu philippin pour deux personnes fait d'une pièce de bois percée de trous où l'on jette de petites pierres.--N. des T.
[39] Savon fabriqué avec la racine triturée de l'Entada scandens, Benth. ou de l'Entada purseta (mimosées).--N. des T.
[40] Chapeau fait de roseaux et de fibres d'anajao, Coripha minor.--N. des T.
[41] La Escolta est une des principales rues de Manille et la plus commerçante; il y a quelques années, on donnait le nom de Camarines à certains vieux bâtiments, d'un seul étage, d'aspect délabré, où étaient établies de petites boutiques tenues par des Chinois.--N. des T.
[42] Guindilla, dans le calo de Madrid équivaut à sergot ou flic dans l'argot parisien.--N. des T.
[43] Lieu où se font les exécutions. Rizal y fût fusillé.--N. des T.
[44] Bonga, Areca catechu, L. C'est avec la noix de bonga que se fait le buyo.--N. des T.
[45] Ou abaca, chanvre de Manille, fabriqué avec le tronc d'une des nombreuses variétés de bananiers dont le fruit n'est pas comestible, mais dont l'écorce renferme un filament semblable à celui de l'aloès. Cette plante atteint de 4 à 5 mètres de hauteur, sans compter le développement des feuilles. Elle appartient à la classe It. Escandria, ordre Monoguna, genre Musa. Les variétés aujourd'hui connues sont en grand nombre (René Menant). On en fait un très grand commerce.--N. des T.
[46] Palais du Capitaine général des Philippines.--N. des T.
[47] Nous n'avons pu trouver aucun pueblo de ce nom, mais nous en avons vu beaucoup dans les mêmes conditions.--N. de l'Éd. esp.
[48] Caryota urens.--N. des T.
[49] Figuier banyan des Indes; cet arbre atteint des proportions gigantesques.--N. des T.
[50] Papayas, Carica papaya, L.--Lomboi, Eugenia Jambolana, Lam.--N. des T.
[51] Sorte de treillis fait de roseaux.--N. des T.
[52] V. O. T. Venerable Orden Tercera, Vénérable Tiers Ordre de S. François.--N. des T.
[53] Sorciers.--N. des T.
[54] Le nito est une sorte de liane.--N. d. T.
[55] Solanum sanctum, L.--N. des T.
[56] Nom vulgaire du genre Tabernæ montana, apocinacées.--N. des T.
[57] Jasminum Sambac, Ait.--N. des T.
[58] Le père La Trique.--N. des T.
[59] Cananga odorata ou Uvaria aromatica, anonacée.--N. des T.
[60] Calamus maximus, sorte de bois très dur.--N. des T.
[61] Cuadrilleros, membres de la Sainte-Hermandad, (Fraternité) sorte de milice formée sous Isabelle la Catholique, pour la poursuite des brigands et des hérétiques.--N. des T.
[62] Les autres sont suspendus dans les espaces vides.--N. des T.
[63] Aujourd'hui tu seras avec moi en Paradis.--N. des T.
[64] Il faut croire que le Purgatoire existe avant le jugement pour les fautes légères.--N. des T.
[65] Avec l'Église catholique, enseignée par l'Esprit-Saint, etc.--N. des T.
[66] Ce que tu auras lié sur la terre.--N. des T.
[67] Jusqu'au Purgatoire.--N. des T.
[68] Mot chinois désignant la mèche d'une petite lampe.--N. des T.
[69] Parquet fait de tiges de roseaux.--N. des T.
[70] Faîtage du toit.--N. des T.
[71] Lézard habitant les maisons indigènes des Philippines et remarquable par son cri qui répète plusieurs fois le mot toco.--N. des T.
[72] Diminutif de Basilisa, Narcisa, et d'autres noms de même terminaison.--N. des T.
[73] Le noir s'assit, le rouge le regarda; un moment s'écoula et le cocorico retentit.--N. des T.
[74] Buceros hydrocorax.--N. des T.
[75] Réponds-moi.--N. des T.
[76] Petite lampe d'argile.--N. des T.
[77] Songe ou réalité, nous ne savons pas que ceci soit arrivé à aucun franciscain; du Père augustin Piernavieja, on raconte quelque chose de semblable.--N. de l'Éd. esp.
[78] Nephelium glabrum, Noronh.--N. des T.
[79] Kuriput, mesquin, avare.--N. des T.
[80] Bénie-soit-ta-Pureté et Mon-Seigneur-Jésus-Christ, Père-très-doux-pour-la-joie.--N. des T.
[81] Hemionitis incisa, espèce de chou originaire de la Chine que Baillou nomme pak-choï.--N. des T.
[82] Amargoso, Momordica balsamino, dont le fruit s'emploie à la confection du potage. Patola, Luffa ægyptica Mill.; son fruit est très apprécié aux Philippines. Zarzalida ou salsalida, Mollugo subserrata.--N. des T.
[83] Petites barques, les paraos sont ornés de roseaux.--N. des T.
[84] Ciruela, personnage proverbial, dont on donne le nom à ceux qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas.--Note des T.
[85] On appelle tribunal aux Philippines, la mairie qui, en Espagne, porte le nom de ayuntamiento.--N. des T.
[86] Chef de barangay ou balangay c'est-à-dire d'un groupe de 50 à 60 familles, officier municipal. «A une époque inconnue mais certainement très lointaine, les Malais, ancêtres des Philippins, débarquaient sur les rivages des îles et s'y établissaient à demeure: le nom de balangay ou barque, donné encore de nos jours aux villages, rappelle le temps où l'équipage, la barquée, désormais campée sur la grève, avait à peine changé son genre de vie et travaillait d'abord comme si elle s'était encore trouvée sur son banc de rame. Plus tard, les colons chinois vinrent à leur tour sur des sampan ou nefs «à trois planches» et l'appellation de cet esquif, hissé sur l'estran, est également devenue celle des groupes d'habitations qu'ils élevèrent. Chaque balangay, chaque sampan était le berceau d'une colonie.--Elisée Reclus».--N. des T.
[87] C'est le titre que l'on donne aux gobernadorcillos.--N. d. T.
[88] Jeu chinois.--N. des T.
[89] Suivant la croyance populaire, les âmes des enfants morts-nés se transforment en duendes, en tianaks ou en tikbâlangs. Ces derniers sont des géants qui tiennent à la fois de Tantale, du Juif-Errant et des Génies des contes orientaux.--N. des T.
[90] Marie du Makiling, le Makiling est une montagne de l'île de Luzon.--N. des T.
[91] Guérite.--N. des T.
[92] Kasuy, Anacardium occidentale, L.; lanzones, fruit du Lancium domesticum. Jac.--N. des T.
[93] Gouvernails.--N. des T.
[94] Fourneaux, fogones.--N. des T.
[95] Mélange d'eau, de miel et de gingembre dont on fait usage contre la toux.--N. des T.
[96] Kalaycaguay, nom indigène d'une poincillade des Philippines.--N. des T.
[97] Enclos de pêche.--N. des T.
[98] Fruits de l'Averrhoa Carambola L.--N. des T.
[99] Ficus payapa.--N. des T.
[100] Air qu'on joue sur la corne du même nom.--N. des T.
[101] Casaque jaune que l'Inquisition faisait revêtir à ses condamnés pour les auto-da-fé.--N. des T.
[102] «Vous qui entrez, laissez toute espérance.» Inscription placée par le Dante au-dessus de la porte de l'enfer.--N. d. T.
[103] Sorte de sabre, à lame courte et large, ressemblant au machete.--N. des T.
[104] Cebú, l'une des îles de l'archipel des Philippines. N. des T.
[105] Carica papaya, L.--N. des T.
[106] Uniforme des franciscains.--N. des T.
[107] Prends garde de tomber.--N. des T.
[108] Kupang ou Copang, Mimosa peregrina.--N. des T.
[109] De Palillo, cure-dents.--N. des T.
[110] Lanzones, Lansium domesticum, Jack. Ates, fruits de l'Anona Squamosa. Chicos, fruits de l'Achras Sapota L. Mangas, fruits du Mangifera indica.--N. des T.
[111] Assaisonnement que l'on prépare en faisant macérer dans le vinaigre des bourgeons tendres de choux palmistes ou de bambous.--N. des T.
[112] Étoffe faite avec de la soie.--N. des T.
[113] Kaluskús, rameaux de roseaux.--N. des T.
[114] Mesure équivalant à un demi-cahiz; le cahiz équivaut à la charge d'un mulet.--N. des T.
[115] Alocasia macrorhiza. Schott.--N. des T.
[116] Sorte de graine noire et ronde d'une papillonnacée, Abrus precatorius.--N. des T.
[117] Jeu d'origine chinoise.--N. des T.
[118] Sorte de Nelumbium.--N. des T.
[119] Si, la figure douce et l'air caressant, Quand tu arrives, il vient vers toi, Alors, plus que jamais, prends garde. C'est un traître, un ennemi masqué.
N. des T.
[120] C'est le hop! des cochers de Manille.--N. des T.
[121] En espagnol on dirait la Casa de Tócame-Roque, en français l'Auberge des Quatre-Vents.--N. des T.
[122] Archevêque de Tolède, primat des Espagnes.--N. des T.
[123] Abréviation de quien beso su mano, qui vous baise la main.--N. des T.
[124] Nom indien des chapeaux de Panama.--N. des T.
[125] Toile fabriquée avec le filament d'une variété de l'abaca, nommée albay.--N. des T.
[126] Airs andalous.--N. des T.
[127] En français dans le texte.--N. des T.
[128] Ils parleront toutes les langues.--N. des T.
[129] Inutile d'observer que Cicéron n'a jamais employé ce barbare latin de cuisine. Le bon moine veut dire: L'erreur cette chose humaine, errare humanum est.--N. des T.
[130] Les Chinois changent le d en l: Pale Lámaso pour Padre Dámaso.--N. des T.
[131] Mes frères en Christ.--N. des T.
[132] Vénérable saint patron.--N. des T.
[133] Ce mot peut se traduire par sapristi!--N. des T.
[134] Le texte contient ici un jeu de mots intraduisible en français: filosofillos ó pilosopillos, de piloso, velu, poilu, ou de pillo, fripon.--N. des T.
[135] Castorine, étoffe soyeuse et légère.--N. des T.
[136] Expression de déférence respectueuse.--N. des T.
[137] En français dans le texte.--N. des T.
[138] Prononciation espagnole.--N. des T.
[139] Sorte de pochette faite d'étoffe indienne; cette étoffe porte en français le nom de calicot.--N. des T.
[140] Dillenia philippinensis.--N. des T.
[141] Ugenia semihastata.--N. des T.
[142] Corruption de comadre, commère; cumpare est une corruption semblable de compadre, compère.--N. des T.
[143] Jeu de mot impossible à rendre en français: Quien necesite de peritos es un perrito!--N. des T.
[144] Corruption de filibustero, flibustier, nom dont les Espagnols désignent tout partisan de l'indépendance des colonies--N. des T.
[145] Tarantado, piqué de la tarentule; saragate, brouillon, agité.--N. des T.
[146] Indigène professant la religion catholique.--N. des T.
[147] Corruption de Vete á la porra, qui pourrait se traduire par: Va-t'en au diable!--N. des T.
[148] Suspecho, suspect.--N. des T.
[149] Allusion aux prières des morts.--N. des T.
[150] Ministère qui, en Espagne, correspond à ceux du Commerce, de l'Agriculture et des Travaux Publics en France.--N. des T.
[151] Poésie religieuse à la louange d'un saint.--N. des T.
[152] On appelle ainsi les vieillards du quartier.--N. des T.
[153] Aux Philippines, les fenêtres des maisons sont en bois avec, en guise de vitres, des écailles de nacre blanches, fines et transparentes; on les dispose en treillis, par carrés et par losanges.--N. des T.
[154] Politicien espagnol, auteur d'ouvrages sur les Philippines: Las Islas Filipinas, Madrid, 1880, Recuerdas de Filipinas, Las I. F. de todo un poco.--N. des T.
[155] Sorcier.--N. des T.
[156] Airs, chansons.--N. des T.
[157] Mélange de tagal et de castillan: Allons donc, chante!--N. des T.
[158] Corruption de Europea, Européenne.--N. des T.
[159] Philippines.--N. des T.
[160] Mot intraduisible.--N. des T.
[161] Philippe.--N. des T.
[162] Péjoratif de Franceses, Français.--N. des T.
[163] Pour ministro, irritation, invitacion, indigno.--N. des T.
[164] Jeu de cartes prohibé, analogue au lansquenet.--N. des T.
[165] Permettez-vous?--Entrez!--N. des T.
[166] Boutique.--N. des T.
[167] En 1879.--N. de l'Ed. esp.
[168] Un fait semblable s'est passé à Calamba.--N. de l'Éd. esp.
[169] Héroïne de la guerre de l'Indépendance espagnole qui se fit remarquer au siège de Saragosse (1809).--N. des T.
[170] Félix de Samaniego, célèbre fabuliste espagnol.--N. des T.
[171] Jury chargé de l'examen des aspirants au doctorat en médecine.--N. des T.
[172] A ceux qui viennent tard les os.--N. des T.
[173] Sorte de soupe de laboureurs.--N. des T.
[174] Dans le texte: Casáronse ó cazáronse pues, ils se marièrent ou se chassèrent donc; calembour intraduisible.--N. des T.
[175] Sous-gouverneur.--N. des T.
[176] Da. Victorina donne au duc de la Tour le titre de comte du Clocher; l'erreur est peu excusable chez une personne de catégorie.--N. des T.
[177] Diospyros sp.--N. des T.
[178] Diminutif familier de Carlos.--N. des T.
[179] Tanauan ou Pateros?--N. de l'Ed. esp. Pateros, village renommée pour l'élevage des canards (pateros).--N. des T.
[180] Du verbe soltar, lâcher.--N. des T.
[181] Corypha minor.--N. des T.
[182] Les habitués, les fervents.--N. des T.
[183] Rueda, roue, cercle.--N. des T.
[184] Lasak, coq blanc et rouge, talisain, coq de couleurs criardes. Bûlik, coq blanc et noir.--N. des T.
[185] En Europe, ces chapeaux portent le nom de Panama.--N. des T.
[186] Le favori et le délaissé (outsider).--N. des T.
[187] Abréviatif de compadre, compère.--N. des T.
[188] Le texte porte: entre galos parisienses lo mismo que entre gallos filipinos. Le jeu de mots sur galos (Gaulois, Français) et gallos (coqs) est intraduisible.--N. des T.
[189] Partie.--N. des T.
[190] Sorte de calèche.--N. des T.
[191] C'est le hop! des cochers de Manille.--N. des T.
[192] Jean Bonasse, Jean Bêta, etc.--N. des T.
[193] Molave mucho, Vitex geniculata, Bl.; molave hembra (femelle), Vitex op. Dungon, Heritiera littoralis ou Heritiera sylvatica Vid. Ipil, Afzelia bijuga ou Eperua decandra, P. Bl., légumineuses. Langil, Mimosa lebbek (?), P. Bl. Tindalo ou balayon, Eperua rhomboidea, Bl. Malatapay, Diospyros embriópteris, Bl., Pino ou palo-pino, Pinus merkusii, Jungh et Vrieuse, Pinus insularis, Lindl. Narra colorada, bois rouge de grande dimension ressemblant à l'acajou, Pterocarpus Santalinus, L.; narra blanca ou arana, Pterocarpus pallidus, Bl.--N. des T.
[194] Propriétaires de biens fonciers qu'ils faisaient exploiter par des Indiens asservis.--N. des T.
[195] Cheval et vache.--N. des T.
[196] Criminelle, prostituée, bâtonnée.--N. des T.
[197] Nom philippin des Eugenia.--N. des T.
[198] Mot d'argot qui pourrait se traduire à Paris par: Raseuse.--N. des T.
[199] «Les Visayas ou Bisayas sont une population d'origine malaise qui, lors de l'arrivée des Espagnols possédait déjà une civilisation et une écriture spéciales. Ils demeurent dans les îles qui portent leur nom, excepté ceux qui se sont établis au Nord et sur la côte Est de Mindanao, dont la population musulmane se bisayarisera de plus en plus car certaines tribus ont accepté le christianisme et apprennent dans les écoles la langue bisaye. Au temps de la découverte, ils étaient tatoués; aussi avaient-ils reçu des Espagnols le nom de Pintados qui leur est resté jusqu'au XVIIIe siècle. Ils sont chrétiens; leur langue comprend plusieurs dialectes dont les plus importants sont le Cebuano et le Panayano.» F. Blumentritt.
En ces derniers temps, ils ont manifesté quelque disposition à séparer leur cause de celle des Tagals et à proclamer une République des Visayas, indépendante du gouvernement institué par Aguinaldo.--N. des T.
[200] Va-t'en!--N. des T.
[201] Dès le matin on connaît la belle journée.--N. des T.
[202] Franc-maçon.--N. des T.
[203] Je suis homme et rien d'humain ne me reste étranger.--N. des T.
[204] Fermez les ruisseaux, esclaves, dernier vers de la 3e élogue de Virgile. Traduction libre: c'est assez!--N. des T.
[205] Vers du Dies iræ: Tout ce qui était caché sera révélé, rien ne restera impuni.--N. des T.
[206] Sorte de felouque.--N. des T.
[207] Instrument de torture fait de deux pièces de bois entaillées où l'on place les jambes du prisonnier.--N. des T.
[208] Sandoricum indicum, Cav.
[209] Desmodium canescens de De Candolle.--N. des T.
[210] Quart de la vara soit environ 21 centimètres.--N. des T.
[211] Mesure de longueur équivalant à 83 centimètres 1/2.--N. des T.
[212] Du verbe timbâ, tirer de l'eau d'un puits.--N. des T.
[213] Demi-idiot.--N. des T.
[214] Procureur du roi.--N. des T.
[215] De mauvais augure.--N. des T.
[216] Nom philippin des typhons.--N. des T.
[217] La Nature a horreur du vide.--N. des T.
[218] Que vois-je? Pourquoi?--N. de l'Éd. esp.
[219] Que demandez-vous? Il n'est rien dans l'intelligence qui d'abord n'ait existé pour les sens. On ne désire pas ce que l'on ne connaît pas.--N. de l'Éd. esp.
[220] En quel lieu du monde sommes-nous?--N. de l'Ed. esp.
[221] Le soulèvement étouffé d'Ibarra contre l'alférez de la Garde Civile! Et à présent?--N. des T.
[222] Ami, Platon est mon ami, mais je lui préfère la vérité.--N. de l'Ed. esp.
[223] L'affaire est mauvaise et je crains que ces choses n'aient une horrible fin.--N. de l'Ed. esp.
[224] On argue en les fustigeant contre ceux qui nient les principes.--N. de l'Ed. esp.
[225] Catolis pour qui tollis. Heureusement que le Dieu qui écoute les prières des dévotes en rectifie le latin et qu'il a plus de considération pour leur foi que pour leur science!--N. des T.
[226] Malheur à eux! Où il y a fumée, il y a feu! Chacun recherche son semblable; aussi, si l'on pend Ibarra, tu seras ensuite pendu.--N. de l'Ed. esp.
[227] Je ne crains pas la mort dans le lit mais sur l'échafaud de Bagumbayan.--N. de l'Ed. esp.
[228] Corruption en latin de cuisine du proverbe espagnol: Dádivas quebrantan peñas, les offrandes brisent les rochers.--N. des T.
[229] Les écrits sont des témoins. Ce que ne guérissent pas les médicaments, le fer le guérit; ce que ne guérit pas le fer, le feu le guérit.--N. de l'Ed. esp.
[230] Dans les extrémités, les moyens extrêmes, ou, en français, aux grands maux les grands remèdes.--N. des T.
[231] Ah! tu voulais le garder, scélérate?--N. des T.
[232] Allez, maudits, dans le feu du fourneau.--N. des T.
[233] Société, compagnie.--N. des T.
[234] Proverbe espagnol: Elève des corbeaux, ils te crèveront les yeux.--N. des T.
[235] Crois-moi, cousin... ce qui arrive, arrive. Rendons grâces à Dieu de ce que tu n'es pas aux Iles Mariannes, à semer des camotes.--N. de l'Ed. esp.
Camotes, genre de la batata de Malaga, patates douces, tubercules de Convolvulus Batatas, P. Bl.--N. des T.
[236] Espagnol prononcé à la chinoise: No sea Usted tonto, es la Virgen de Antipolo! Esa puede mas que todo; no sea Usted tonto. Ne soyez pas bête; c'est la Vierge d'Antipolo! Celle-là a plus de pouvoir que tous; ne soyez pas bête.--N. des T.
[237] Si no es hombre y no se muere, será una buena mujer. Si ce n'est pas un homme et s'il ne meurt pas, ce sera une bonne femme.--N. de l'Ed. esp.
[238] Saint Jacques protège l'Espagne! Cri de guerre semblable au Montjoye Saint-Denis! des chevaliers français.--N. des T.
[239] Auditeur, juge d'un tribunal, magistrat.--N. des T.
[240] Ce mot en tagal signifie: pierre large. Il désigne une roche escarpée qui domine le fleuve. En face est établi un poste de carabiniers dont la fonction est de surveiller les marchandises apportées à Manille par le Pasig.--N. des T.
[241] La bonne nuit, la nuit de Noël.--N. des T.
[242] Graminée longue et flexible dont on se sert pour recouvrir les cases indiennes, Saccharum Koenigii, L. ou Imperata arundinacea Brgn.--N. des T.
[243] Parvis.--N. des T.
[244] Semailles, labour.--N. des T.
[245] Fumoir public d'opium.--N. des T.
[246] 2 Janvier 1883.--N. de l'Éd. esp.
[247] Grade inférieur à celui de caporal, correspondant à celui de premier soldat dans l'armée française.--N. des T.
[248] Oh! là là! Jésus, Marie, Joseph!--N. des T.
[249] Jovellar(?)--N. des T.
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14.--Biribi, armée d'Afrique, roman, par Georges Darien. Un volume in-18, 2e édition. Prix. 3 50
15.--Le Socialisme en danger, par Domela Nieuwenhuis. Un vol. in-18, avec préface par Elisée Reclus. Prix. 3 50
16.--Philosophie de l'Anarchie, par Charles Malato. 1 vol. in-18, 2e édit. Prix. 3 50
17.--Les Inquisiteurs d'Espagne. Montjuich. Cuba. Philippines, par F. Tarrida del Marmol. Un vol. in-18, avec préface par Charles Malato, 2e édition. Prix. 3 50
18.--L'Individu et la Société, par Jean Grave. 1 vol. in-18, 2e édition. Prix 3 50
19.--L'Evolution, la Révolution et l'Idéal anarchique, par Elisée Reclus. Un vol. in-18. Prix 3 50
20.--Soupes, nouvelles, par Lucien Descaves. Un volume in-18, 2e édition. Prix 3 50
21.--L'Homme nouveau, par Charles Malato. br. in-18. 1 fr.
22.--La Commune, par Louise Michel. 1 vol. in-18,2e édit. 3 50
23.--Sous la Casaque, notes d'un soldat, par Dubois-Dessaule. 1 volume in-18. Prix 3 50
24.--Le Militarisme et la Société Moderne, par Guglielmo Ferrero; traduction de M. Nino Samaja. 1 vol. in-18. 3 50
25.--Au Pays des moines (Noli me tangere), par le Dr Rizal; traduction de H. Lucas et R. Sempau. Un vol. in-18. 3 50
26.--L'Amour libre, par M. Charles Albert. Un vol. in-18, 2e édition 3 50
Sous Presse:
L'Anarchie. Son but, ses moyens, par Jean Grave.
L'Etat, par Pierre Kropotkine.