CHAPITRE XIII--LES PLATS-CÔTÉS-DE-CHIENS.
Mission Saint-Michel (Fort Rae): latitude, 62,58; longitude, 116.
Visiteurs: PP. Grollier (1859).--Eynard (1859-60-61-63).--Gascon (1860-66-67-68-69-70-71).--Mgr Grandin (1862).--P. Petitot (1864).
Résidents: PP. Roure (1872-1911).--Ladet (1886-1889).--Duport (1903-1908; puis 1919-1920).--Dupire (1907-1909).--Bousso (1909-1915).--Laperrière (1911-1920).
Les dessertes principales du fort Rae sont:
1º La rivière Couteau-Jaune, 100 kilomètres au Sud du fort Rae. Elle est alternativement desservie par le fort Résolution.
2º Le lac la Martre (Tsan-triè, nom sauvage très réaliste), immense pièce d’eau, à 130 kilomètres à l’Ouest, et groupant une centaine d’Indiens.
3º Le Camp de Wetcho (nom d’un chef), à 240 kilomètres au Nord. On l’atteint après de nombreux portages, de lacs à rivières. Environ 200 Indiens.
4º Le Barren Land, à 320 kilomètres, direction Nord-Est. Là se trouvent les Gens du bout du bois.
Les Pères Bousso et Duport furent les grands coureurs de tous ces camps.
Plus loin, il n’y eut que le Père Petitot à s’aventurer. Ce fut en 1864. Il alla du fort Rae, très loin au delà du bois, dans l’intérieur du Barren, vers le Grand Lac de l’Ours, direction Nord. Il fit dans cette tournée 271 baptêmes, 319 si l’on compte ceux du fort Rae même. Les chrétiens qu’il laissa, et qui ne revirent plus jamais de prêtre, restèrent fidèles jusqu’à la mort, au dire des voyageurs indiens venus de ces contrées de temps à autre. Le Père Petitot planta des croix partout. Celle du camp de Wetcho est encore debout. Il donna à la série de rivières, portages et lacs considérables qu’il découvrit alors les noms de: Grandin, Faraud, Vandenberghe, Taché, Mazenod, Fabre, Tempier, Rey, etc...