‹ Aux jours de MaisonneuveChapitre 27 sur 34 · Scène 5

Scène 5

Maisonneuve, Dollard, Closse

Maisonneuve – Approchez, Monsieur, et dites au Major votre plan.
Dollard – C’est tout simplement d’aller au-devant des Iroquois au lieu de rester à les attendre, et de nous battre de façon à les épouvanter, – j’ai deux sauvages sûrs, Anatoha et Métriommey, qui nous conduiront à un défilé où il leur faut passer.

Closse, avec élan– C’est une inspiration, – c’est ce qu’il y a de mieux à faire, – mais il faut nous hâter, il faut partir au plus vite.

Maisonneuve – Major, jamais je ne consentirai à vous laisser partir. Votre place est ici, et Monsieur Dollard a déjà trouvé des compagnons.

Dollard – J’en ai seize, et c’est assez : – Jacques Brassier, Jean Tavernier, Nicolas Tillemont, Laurent Hébert, Alonié de Lestres, Nicolas Josselin, Robert Jurée, Jacques Boisseau, Louis Martin, Christophe Augier, Étienne Robin, Jean Valets, René Doussin, Mathurin Soulard, Blaise Tuilé, Nicolas Duval. Nous n’attendons que la permission de Monsieur le Gouverneur pour nous mettre en route.

Maisonneuve – J’approuve votre dessein, votre héroïque sacrifice. C’est la Sainte Vierge qui vous inspire.

Dollard – Permettez, Monsieur le Gouverneur, que j’aille avertir mes compagnons. Demain matin, nous assisterons à la messe pour la dernière fois. Nous y communierons tous, et nous ferons le serment solennel de combattre jusqu’à la mort.

Closse – Ah ! vous avez dans les veines du vrai sang de France, que je voudrais mourir avec vous.

Maisonneuve – Votre devoir est ici. Si Ville-Marie est assiégée, que ferais-je sans vous ? Et vous ne pouvez abandonner votre jeune femme.

Dollard – Elle vous aime d’un amour si grand.

Closse – Le bonheur ajouté au dévouement, – c’est une erreur.

Dollard – Vous avez tant fait pour Ville-Marie. Vous ferez tant encore. Il ne s’agit que gagner du temps. La France ne vous laissera pas toujours sans secours. La ville de Marie ne périra point. Monsieur de Maisonneuve, elle éclora, votre fleur blanche ensanglantée.

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