III
Le lendemain, le seigneur Bran demandait, de son lit :
— Sentinelle, sentinelle, dites-moi, ne voyez-vous venir aucun navire?
— Seigneur chevalier, je ne vois que la grande mer et que le ciel. —
Le seigneur Bran demanda encore à la sentinelle, à midi :
— Sentinelle, sentinelle, dites-moi, ne voyez-vous venir aucun navire?
— Seigneur chevalier, je ne vois que les oiseau.x de mer qui volent. —
Le seigneur Bran demanda à la sentinelle, le soir : — Sentinelle, sentinelle, dites-moi, ne voyez-vous venir aucun navire?
Àces mots, la sentinelle perfide sourit d’un air méchant :
— Je vois au loin , bien loin, un navire battu par les vents.
— Et quel pavillon, dites vite! est-il noir, est-il blanc?
— Seigneur chevalier, d’après ce que je vois, il est noir, je le jure par la rouge braise du feu! —
Quand le malheureux chevalier entendit ces paroles, il ne dit plus rien; Il détourna son visage pâle, et commença à trembler de fièvre.