‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 48 sur 61 · 48

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C’est le matin du mariage. Les invités et les curieux se pressent devant la maison des Quillouch. Au dernier coup de dix heures, Yann Quillouch paraît, sombre et soucieux.

Il apporte une grave nouvelle : Marie, souffrante les jours précédents, est tout à fait malade, ce matin ; le médecin lui défend de se lever. Il n’y a plus qu’à rentrer chacun chez soi. « Pas du tout ! s’écrie Lanec, qui tient au mariage immédiat…

… le père La Pipe remplace Alain ; y a qu’à prendre quelqu’un pour remplacer la mariée. Bécassine par exemple. » Les invités, qui craignaient de perdre le déjeuner promis, approuvent avec enthousiasme. Bécassine est enchantée. « Ça sera très drôle, une vraie comédie ! » déclare-t-elle.

Le cortège se forme. Bécassine marche au bras de son oncle Quillouch, mais à chaque instant, elle butte contre des cailloux, manque de tomber. « Regarde donc à tes pieds, lui dit son cavalier impatienté. — Je peux pas, oncle, faut que je louche en regardant le bout de mon nez, pour ressembler à Marie. »

Àla mairie, l’oncle Corentin très majestueux, attend la noce dans la grande salle, « Je ne vois pas la mariée, dit-il, surpris. — Elle est malade, explique Lanec. Bécassine la remplace ; ça peut-il aller comme ça ?

« — Oui, répond l’oncle Corentin, la loi le permet, mais c’est ennuyeux, il faudra refaire tous les papiers, des papiers si compliqués ! Enfin, j’arrangerai cela.

« … Maintenant, dépêchons-nous : tout le monde assis ; les mariés sur les fauteuils. » Bécassine s’empare du fauteuil de droite ; l’autre reste vide, le père La Pipe s’étant placé debout derrière M. le Maire, comme il a l’habitude de faire les jours de mariage. « Eh bien ! le marié… » dit l’oncle Corentin.

« — On demande le marié, crie La Pipe d’une voix de stentor. — Mais c’est vous. — Ah ! oui, c’est moi le marié… Faites excuse, je peux pas me mettre ça dans la tête. » Et il va enfin s’asseoir.

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