‹ Bertrand et Raton, ou l’Art de conspirerChapitre 10 sur 58 · Scène X.

Scène X.

ÉRIC, RANTZAU.

(Éric s’est montré à gauche pendant que Rantzau et Falkenskield remontaient le théâtre.)

ÉRIC.

Eh bien, monsieur le comte ?… je sèche d’impatience.

RANTZAU, froidement.

Vous êtes nommé, vous êtes lieutenant.

ÉRIC.

Est-il possible !

RANTZAU.

Àla sortie du conseil j’irai chez votre père choisir quelques étoffes, et je vous porterai moi-même votre brevet.

ÉRIC.

Ah !… c’est trop de bontés.

RANTZAU.

Un avis encore que je vous donne, à vous, sous le sceau du secret. Votre père est imprudent… il parle trop haut… cela pourrait lui attirer de fâcheuses affaires.

ÉRIC.

Ôciel ! en voudrait-on à sa liberté ?

RANTZAU.

Je n’en sais rien, mais ce n’est pas impossible. En tout cas, vous voilà avertis… vous et vos amis, veillez sur lui… et sur-tout du silence.

ÉRIC.

Ah ! l’on me tuerait plutôt que de m’arracher un mot qui pourrait vous compromettre. (Prenant la main de Rantzau.) Adieu… adieu, monseigneur.

(Il sort.)

RANTZAU.

Brave jeune homme !… qu’il y a là de générosité, d’illusions et de bonheur ! (Avec tristesse.) Ah ! que ne peut-on rester toujours à vingt ans !… (Souriant en lui-même.) Après tout… c’est bien vu !… on serait trop aisé à tromper… allons au conseil !

(Il sort.)

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