Scène VI.
JEAN, MARTHE.
MARTHE, voulant retenir Éric.
Mon fils ! mon fils ! S’il allait s’exposer !…
JEAN.
Laissez-le donc… lui !… le fils de notre maître… il ne risque rien, il ne court aucun danger… que d’être porté en triomphe, s’il veut ! (Regardant au fond.) Voyez-vous d’ici comme il parle aux messieurs qui entourent la voiture ? des jeunes gens de la rue, je les connais tous… ils s’en vont… ils s’éloignent.
MARTHE.
Àla bonne heure !… Mais mon mari… je veux savoir ce qu’il devient… je cours le rejoindre.
JEAN, voulant l’empêcher de sortir.
Ypensez-vous ?
MARTHE, le repoussant et s’élançant dans la rue à droite.
Laisse-moi, te dis-je, je le veux… je le veux.
JEAN.
Impossible de la retenir. (Appelant à gauche dans la rue.) Monsieur Éric !… monsieur Éric !… (Regardant.) Tiens, qu’est-ce qu’il fait donc là ?… il aide à descendre de la voiture une jeune dame, qui est bien belle, ma foi, et bien élégante. Eh ! mais, est-ce qu’elle serait évanouie ! (Redescendant le théâtre.) Elle a eu peur de ça… est-elle bonne !
ÉRIC, rentrant et portant dans ses bras Christine qui est évanouie, et qu’il dépose sur un fauteuil à gauche.
Vite des secours… ma mère…
JEAN.
Elle vient de sortir pour avoir des nouvelles de notre bourgeois.
ÉRIC, regardant Christine.
Elle revient à elle. (À Jean qui la regarde aussi.) Qu’est-ce que tu fais là ? va-l’en !
JEAN.
Je ne demande pas mieux. (À part.) Je vais retrouver les autres et les aider à crier !
(Il sort par le fond.)