Scène III.
GŒLHER, CHRISTINE, FALKENSKIELD, LA REINE, KOLLER.
GŒLHER, entrant en donnant la main à Christine.
Oui, mademoiselle, je dois accompagner la reine dans sa promenade ; une cavalcade magnifique ! et si vous voyiez comme sa majesté se tient à cheval !… c’est une princesse bien remarquable… ce n’est pas une femme !…
LA REINE, à Koller.
C’est un colonel de chevau-légers.
CHRISTINE, à Falkenskield.
La reine-mère ! (Elle salue ainsi que son père et Gœlher.) Je me rendais chez vous, madame.
LA REINE, avec étonnement.
Chez moi !
CHRISTINE.
J’avais auprès de votre majesté une mission.
LA REINE.
Dont vous pouvez vous acquitter ici.
FALKENSKIELD.
Je vous laisse, ma fille ; j’entre chez le comte de Struensée… chez le premier ministre.
GŒLHER.
Je vous suis ; je vais lui présenter mes hommages et ceux de mon oncle, qui est ce matin légèrement indisposé.
FALKENSKIELD.
Vraiment !
GŒLHER.
Oui ; hier soir il avait accompagné la reine Mathilde sur son yacht royal… et la mer lui a fait mal.
LA REINE.
Àun ministre de la marine !
GŒLHER.
Ce ne sera rien.
FALKENSKIELD, apercevant Koller.
Ah ! bonjour, colonel Koller ; vous savez que je me suis occupé de votre demande.
LA REINE, bas à Koller.
Vous leur demandiez.
KOLLER, de même.
Pour éloigner leurs soupçons.
FALKENSKIELD.
Il n’y a pas moyen dans ce moment ; la reine Mathilde nous avait recommandé un jeune officier de dragons.
GŒLHER.
Charmant cavalier, qui au dernier bal a dansé la hongroise d’une manière ravissante.
FALKENSKIELD.
Mais plus tard nous verrons ; il est à croire que vous serez de la première promotion de généraux, en continuant à nous servir avec le même zèle.
LA REINE.
Et en apprenant à danser !
FALKENSKIELD, souriant.
Sa majesté est ce matin d’une humeur charmante !… elle partage, je le vois, la satisfaction que nous donne à tous la nouvelle faveur de Struensée. J’ai l’honneur de lui présenter mes respects.
(Il entre à droite avec Gœlher.)