Scène VI.
CHRISTINE, RANTZAU, FALKENSKIELD.
FALKENSKIELD, étonné.
M. de Rantzau chez moi ! à une pareille heure !
CHRISTINE, courant à lui en sanglotant.
Ah ! monsieur le comte, parlez… est-il donc vrai ?… ce malheureux Éric.
FALKENSKIELD.
Silence ! ma fille.
CHRISTINE, avec égarement.
Qu’ai-je à ménager maintenant ? Oui, monsieur le comte, je l’aimais, je suis cause de sa mort, je m’en punirai.
RANTZAU, souriant.
Un instant ! vous n’êtes pas si coupable que vous croyez, car Éric existe encore.
FALKENSKIELD et CHRISTINE.
Ôciel !
CHRISTINE.
Et ce bruit que nous avons entendu.
RANTZAU.
Venait des soldats qui l’ont délivré.
FALKENSKIELD, voulant sortir.
C’est impossible ! et ma vue seule.
RANTZAU.
Pourrait peut-être augmenter le danger ; aussi moi qui ne suis plus rien, qui ne risque rien, j’accourais auprès de vous, mon cher et ancien collègue.
FALKENSKIELD.
Pour quelle raison ?
RANTZAU.
Pour vous offrir, ainsi qu’à votre fille, un asile dans mon hôtel.
FALKENSKIELD, stupéfait.
Vous !
CHRISTINE.
Est-il possible !
RANTZAU.
Cela vous étonne ! N’en auriez-vous pas fait autant pour moi ?
FALKENSKIELD.
Je vous remercie de vos soins généreux, mais je veux savoir avant tout. Ah ! c’est M. de Gœlher ! eh bien ! mon ami, qu’y a-t-il ? parlez donc !