‹ Bibliographie Cornélienne, Description raisonnée de toutes les éditions des œuvres de Pierre CorneilleChapitre 94 sur 205 · IX

IX

816. LE CID, tragédie de P. Corneille, arrangée par J.-B. Rousseau(?).

Un anonyme, que l'on a cru être J.-B. Rousseau, fit représenter le Cid en 1728, en supprimant le rôle de l'Infante et quelques vers qu'il jugeait inutiles à l'action. Ces changements furent dès lors admis par la Comédie-Française, et, malgré le respect dû à Corneille, le public a paru donner raison à Rousseau. Son arrangement a été reproduit dans le recueil suivant:

PIÈCES DRAMATIQUES choisies et restituées, par Monsieur *** [J.-B. Rousseau?]. Amsterdam, François Changuion, 1736. In-12, titre grav.

Ce recueil contient: Le Cid, par P. Corneille; Don Japhet d'Arménie, par Scarron; Marianne, par Tristan l'Hermite; Le Florentin, par Champmeslé (et La Fontaine).

L'auteur de cette «restitution» a supprimé, dans le Cid, les trois rôles de l'Infante, de Léonor et du Page. Il a dû, pour opérer ce retranchement, faire de nombreuses coupures dans les autres rôles, faire disparaître notamment tous les passages dans lesquels Chimène s'adresse à l'Infante. Il a intercalé, au deuxième acte, en tête de la scène entre don Fernand, don Arias et don Sanche, les deux vers suivants:

Quoi! me braver encore après ce qu'il a fait! Par la rébellion couronner son forfait!

Les deux vers que prononce l'Infante au commencement de la dernière scène de la pièce:

Sèche tes pleurs, Chimène, et reçois sans tristesse Ce généreux vainqueur des mains de ta princesse.

sont remplacés par les deux vers suivants, mis dans la bouche de don Fernand:

Approche-toi, Rodrigue, et toi, reçois, ma fille, De la main de ton roi, l'appui de la Castille.

Ces vers sont imprimés entre guillemets dans l'édition que nous citons. Jusqu'à ces dernières années, ainsi que nous l'avons déjà dit (voy. ci-dessus, no 10), ils ont été fidèlement récités dans toutes les représentations données au Théâtre-Français.

817. RÉFLEXIONS GRAMMATICALES RESPECTUEUSEMENT HASARDÉES SUR QUELQUES ENDROITS DE LA TRAGÉDIE DU CID, par Lekain.

Mémoires de Lekain, précédés de Réflexions sur cet acteur et sur l'art théâtral, par F. Talma; Paris, Ponthieu, 1825, in-8, pp. 40-46.

Lekain s'est proposé dans ces Réflexions de corriger quelques «fautes grammaticales» échappées à Corneille et de remédier au manque de liaison que la suppression du rôle de l'Infante produisait entre les scènes. Voici, par exemple, les vers qu'il intercale à la fin de la scène IIe de l'acte IVe, pour motiver la scène de Chimène:

ELVIRE.

Madame, c'est assez d'éteindre votre flamme; Rodrigue est trop puni, s'il n'est plus dans votre âme.

CHIMÈNE.

S'il n'est plus dans mon âme!... Ah! ciel! tu peux penser Que jamais....

ELVIRE.

Il vient.

CHIMÈNE.

Dieux! fuyons sans balancer.

Les autres corrections de Lekain sont malheureusement de la même force.

818. Le Cid, tragédie en cinq actes, de Pierre Corneille, changée sur les observations de l'Académie française. Lausanne, 1780. In-8.

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