‹ Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre CorneilleChapitre 98 sur 205 · XXII

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824. OBSERVATIONS SUR LA TRAGÉDIE DE NICOMÈDE, par Lekain.

_Mémoires de Lekain_; Paris, Ponthieu, 1825, in-8, pp. 46-101.

Les changements proposés par Lekain pour _Nicomède_ ne valent guère mieux que ceux qu'il avait introduits dans le _Cid_ (voy. le no 817). Ils prouvent, comme dit Andrieux, que «l'art de Lekain était de jouer la tragédie, de réciter les vers, et non de les composer».

825. CHANGEMENT PROPOSÉ POUR LA TRAGÉDIE DE NICOMÈDE, de P. CORNEILLE, par Andrieux.

Cet arrangement, imprimé d'abord à la suite à'_Anaximandre, ou le Sacrifice aux Grâces, comédie en un acte_ [par Andrieux]. Paris, Léopold Collin, 1805, in-8, a été reproduit dans les _OEuvres de François-Guillaume-Jean-Stanislas Andrieux_ (Paris, Nepveu, 1818-1823, 4 vol. in-8).

Andrieux raconte, dans un avant-propos, que l'idée de ces changements lui vint dans une conversation qu'il eut un soir avec Talma. Il lui parla «du chagrin qu'on éprouvait quelquefois, aux représentations de certaines tragédies de Corneille, lorsque, auprès des plus sublimes beautés, on trouvait des disparates fâcheuses, des expressions vieillies ou triviales, qui faisaient murmurer ou sourire l'auditoire. Nous désirions tous deux, ajoute-t-il, qu'il y eût moyen de faire cesser cette espèce de scandale.»

Andrieux entreprit donc de remanier _Nicomède_, ce qui lui eût été impossible s'il se fût proposé de faire des vers cornéliens, «mais il ne s'agissait que de supprimer des longueurs, d'ôter des trivialités, de polir des vers incorrects.» Il voulut faire ce travail moins pour le public que pour Corneille, sans rien sacrifier de l'énergie de l'original, et l'on peut dire que si l'on pouvait accepter le principe des changements, ceux qu'il propose seraient parfois assez heureux; mais aujourd'hui l'on comprend autrement la critique littéraire et l'on tend de plus en plus à respecter le texte des classiques, même dans les endroits les plus faibles.

Les changements d'Andrieux furent adoptés au Théâtre-Français en 1804 et en 1805; «ils ont complétement réussi, dit l'auteur; ils sont inscrits sur l'exemplaire de la comédie et paraissent adoptés pour toujours.» Nous croyons que cette espérance ne s'est pas réalisée, et que, lors de la reprise de _Nicomède_ par M. Beauvallet, le 6 juin 1861, les acteurs s'en sont tenus au texte de Corneille.

XV.--TRADUCTIONS OU IMITATIONS DES OUVRAGES DE CORNEILLE EN DIVERSES LANGUES.

I. Traductions en latin.