‹ Boris GodounovChapitre 36 sur 52 · L’IMPOSTEUR

L’IMPOSTEUR

Peux-tu penser que je te craigne ? Et que l’on croira plutôt une jeune Polonaise que le tsarewitch russe ? Sache donc que ni le roi, ni le pape, ni les nobles polonais ne cherchent à vérifier mes actes et mes paroles. Que je sois ou non le tsarewitch, que leur importe ! car je suis le prétexte pour provoquer les guerres et les révoltes ; tel est leur seul désir ; quant à toi, je saurai bien te contraindre au silence. Adieu !

MARINA

Attends, tsarewitch, car j’ai enfin entendu un homme parler, et non un enfant ; pour tes paroles, je veux te pardonner ; j’oublie ta folle conduite, je reconnais Dimitri. Mais écoute-moi : réveille-toi enfin, et ne perds plus de temps ; rassemble tes armées, marche sur Moscou, libère le Kremlin, prends possession du trône ; alors tu enverras un messager demander ma main. Mais Dieu m’entend : c’est seulement le jour où tu auras gravi enfin les marches du trône russe, et lorsque de ta main Boris aura péri, c’est seulement alors que je daignerai entendre tes paroles d’amour.

(Elle sort.)

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