‹ Caroline de Lichtfield ou Mémoires extraits des papiers d'une famille prussienneChapitre 1 sur 1 · L'EDITEUR AU LECTEUR.

L'EDITEUR AU LECTEUR.

Et moi, cher lecteur, je ne puis résister à vous ramener quelques moments encore au milieu de cette aimable famille, en vous apprenant comment tous les événements et les détails que vous venez de lire sont parvenues à ma connaissance et à celle du public.

Des affaires particulières m'ayant appelée à Berlin, je fus recommandée par M. de Kateh..., gentilhomme russe, au comte de Walstein, qu'il avait connu lors de son ambassade en Russie.

Le comte me présenta à son épouse et à sa soeur. Cette charmante famille me combla de politesses, et me rendit le séjour de Berlin si agréable, que j'y passai près de deux années. Je vécus avec eux pendant tout ce temps-là dans la société la plus intime, sans y éprouver jamais un seul instant d'ennui. La conversation du comte, toujours variée, toujours instructive, animée par sa douce philosophie, par l'énergie de son âme; la sensibilité si touchante et si vraie de Caroline, et ses talents enchanteurs qu'elle cultivait avec soin; la gaieté, la vivacité, la complaisance du bon Lindorf; la charmante mutinerie de Matilde, qui faisait ressortir son esprit et ses grâces sans nuire à la bonté de son coeur: toutes ces différentes manières d'être aimable formaient les contrastes les plus piquants et les plus variés, sans altérer leur union. Ils ne se quittaient point; à Berlin, ils occupaient, dans le même hôtel, deux corps de logis différents, et l'été ils se réunissaient dans leur terres. J'allai avec eux à Walstein, à Risberg, à Rindaw. Une soirée d'automne, nous nous étions rassemblés en famille dans le charmant pavillon du jardin; je demandai l'explication des peintures, le comte me la donna. Caroline, attendrie au souvenir de son amie, ne put retenir ses larmes. Le comte s'approcha d'elle; il ne lui dit rien, mais il la serra dans ses bras avec l'expression du sentiment le plus tendre. Caroline essuya ses yeux, sourit à son époux, et lui dit un instant après: "Que ne peut-elle voir comme sa Caroline est heureuse!" Dans un autre coin du pavillon, Lindorf et Matilde folâtraient avec le fils aîné du comte, âgé de trois ans, et leur fille, à peu près du même âge: on ne savait lequel était le plus enfant et faisait le plus de bruit. J'étais au milieu de ces deux groupes; je les considérais avec attention, surprise de voir les caractères de ces époux si parfaitement assortis. Le comte et Caroline se convenaient aussi bien l'un à l'autre que Lindorf et Matilde. J'en fis la remarque avec eux, et j'ajoutai que la sympathie avait assurément agi sur leurs âmes, et décidé de leurs penchants au premier instant qu'ils s'étaient vus. Je le disais de bonne foi, ignorant leur histoire, et jugeant d'après leurs sentiments actuels. Caroline sourit encore en regardant le comte, qui s'était assis près d'elle, et lui prenant une main qu'elle serra contre son coeur: "Vous aurez donc peine à croire, me dit-elle, que je reçus cette main chérie en frémissant, et que mon premier soin fut de m'éloigner de lui pendant plus d'une année? -- Et croiriez-vous, interrompit l'époux de Caroline, que j'ai sollicité avec instance un divorce, et que je l'ai même obtenu? -- Si je voulais parler, dit Lindorf, je pourrais peut-être aussi surprendre madame. -- Taisez-vous, mon cher, lui dit Matilde en posant la main sur sa bouche; je veux ignorer toutes vos perfidies. Laissez-moi raconter à madame que je suis la seule ici qui n'aie rien à se reprocher. Toujours tendre et fidèle comme une colombe, je n'ai pas donné l'ombre d'une inquiétude à ce que j'aimais. Je l'ai dit cent fois; il n'y a ici que moi de bien sage, de bien raisonnable..."

Surprise à l'excès de ce que je venais d'entendre, je priai de mes amis de me développer ce mystère; mais je compris, à leur réponse, que ce récit ne pouvait se faire devant tous les intéressés. Cependant ma curiosité était vivement excitée, et je persécutai chacun d'eux en particulier. Caroline me jura qu'elle se rappelait à peine le temps où elle n'aimait pas son mari, et que souvent elle ne pouvait croire que ce temps eût existé. Matilde ne savait presque rien: le comte était trop occupé; enfin ce dernier me dit de m'adresser à Lindorf, auquel il avait donné tous les papiers relatifs à cet objet, et ajouta: "Nous nous sommes amusés, la première année de notre réunion, lorsque les événements étaient encore récents, à écrire chacun notre histoire, en disant au plus près de notre conscience ce que nous avions éprouvé dans telle ou telle circonstance. Tous ces papiers ont été remis à Lindorf, qui s'est chargé de les rédiger. Je crois qu'il l'a fait; mais jusqu'à présent il n'a point voulu nous montrer son ouvrage: peut-être aura-t-il plus de confiance pour vous." Je me préparais à en parler à Lindorf, mais il me prévint. Dès le lendemain il entra chez moi, son manuscrit à la main. "Vous avez paru désirer de nous connaître à fond, me dit-il; on n'a point de secret pour une amie telle que vous, et je vous apporte l'histoire de notre vie et nos sentiments. Ce manuscrit n'a d'autre mérite que l'exacte vérité, et pour vous celui que peut lui donner l'amitié. Je vous le laisse; emportez-le dans votre patrie; il vous rappellera quelquefois vos bons amis de Berlin, et vous vous croirez avec eux en le lisant." On comprend combien je remerciai l'aimable Lindorf du présent qu'il me faisait, et dont je sentais bien tout le prix. "Mais, lui dis-je, pourquoi le comte, Caroline, Matilde, ne l'ont-ils point vu? -- Ils l'ont vu et composé autant que moi, me répondit-il; et je puis vous montrer que j'ai travaillé exactement d'après ce que chacun d'eux avait écrit; j'ai seulement supprimé les répétitions, donné une suite à ces différents récits, et c'est ce que j'ai craint de leur laisser voir. Le comte m'aurait grondé d'avoir été trop vrai sur ses vertus; vous savez comme il est modeste; Caroline, d'avoir plaisanté sur son père et sur son amie. -- Et Matilde?... -- Eh bien! Matilde aurait trouvé peut-être son Lindorf bien léger. J'aime mieux qu'elle oublie un défaut dont elle m'a corrigé. Au surplus, j'abandonne le tout à votre prudence: ce manuscrit est à vous; faites-en ce que vous voudrez." Je lui promis de le garder pour moi seule, tant que je serais à Berlin; et j'étais près de mon départ. Revenue chez moi, je me suis délicieusement occupée à l'arranger à ma manière, et je n'ai pu résister à faire partager au public une partie du plaisir que cet intéressant petit ouvrage m'a fait éprouver. Je ne sais si mon amitié pour cette aimable famille me fait illusion; mais il me semble qu'après avait lu leur histoire on les aimera comme moi. La vérité, d'ailleurs, et la simplicité, ont toujours le droit d'intéresser. Heureuse si les vertus et le bonheur du comte de Walstein inspiraient à quelques jeunes gens le désir de l'imiter!

FIN.

PARIS. -- IMPRIMERIE DE FAIN ET THUNOT, IMPRIMEURS DE L'UNIVERSITE ROYALE DE FRANCE, Rue Racine, 28, près de l'Odéon.

Erreurs typographiques corrigées silencieusement:

=plus de bonheur pour Caroliné= remplacé par =plus de bonheur pour Caroline=

=fuyez moi pour toujours= remplacé par =fuyez-moi pour toujours=

=Eh, grand Dieu= remplacé par =-- Eh, grand Dieu=

=l'épouser bon gré malgré= remplacé par =l'épouser bon gré mal gré=

=excessive d'être unie= remplacé par =excessive d'être uni=

=si vous voyez surtout= remplacé par =si vous voyiez surtout=

=que crus aussi être conduit= remplacé par =que je crus aussi être conduit=

=Mais ces instruments= remplacé par =Mais ses instruments=

=son récit de plus loin= remplacé par =son récit du plus loin=

=que vous remplissez ici= remplacé par =que vous remplissiez ici=

=il est honteux pour vous de n'avoir pas su= remplacé par =il est heureux pour vous de n'avoir pas su=

=le cher comte aussi l'intéressa= remplacé par =le jeune comte aussi l'intéressa=

=distinctement de rien= remplacé par =distinctement rien=

=Depuis lors, Ah! Caroline= remplacé par =Depuis lors, ah! Caroline=

=que crus aussi être conduit= remplacé par =que je crus aussi être conduit=

=parlait à la troisieme personne= remplacé par =parlait à la troisième personne=

=qui peut être allaient= remplacé par =qui peut-être allaient=

=Elle est, lui dittil= remplacé par =Elle est, lui dit-il=

=céder l'objet de ma passion et la sienne= remplacé par =céder l'objet de ma passion et de la sienne=

=sa fille dans l'hôtel Walstein= remplacé par =sa fille dans l'hôtel de Walstein=

=Les jours suivants dûrent= remplacé par =Les jours suivants durent=

=Il ignore où le comte= remplacé par =Il ignore où monsieur le comte=

=c'est donc vrai, monsiegneur= remplacé par =c'est donc vrai, monseigneur=

=avait en tout ce temps-là= remplacé par =avait eu tout ce temps-là=

=Ah! Dieu! vous l'aurez affligée!= remplacé par =-- Ah! Dieu! vous l'aurez affligée!=

=du bras qui lui reste= remplacé par =du bras qui lui reste libre=

=je sens que suis digne de tous ces titres= remplacé par =je sens que je suis digne de tous ces titres=

=la seule supposition du contrare= remplacé par =la seule supposition du contraire=

=se tuer à présent que ne suis plus= remplacé par =se tuer à présent que je ne suis plus=

=Ah! puis-je en vouloir à mademoiselle= remplacé par =-- Ah! puis-je en vouloir à mademoiselle=

=auprès de Manteul, avant, d'avoir= remplacé par =auprès de Manteul, avant d'avoir=

=Et quand j'en aurais mille;= remplacé par =Et quand j'en aurais mille,=

[suivent les principales variantes avec l'édition originale:]

qu'en ma faveur mon sexe t'en impose

elle baise celles de la plus tendre des amies

raconte très-longtemps à Caroline, attentive à l'écouter, ce que nous allons abréger autant qu'il nous sera possible

depuis père de Caroline, mais alors jeune, libre, et, au dire

je serais trop injuste si je t'en rendais responsable

ton père a voulu les réparer;

se rapprocha d'elle et l'écouta avec encore plus d'attention

Penser à son infidèle, renouveler

lorsqu'une lettre de son perfide chambellan

à qui cette naissance coûtait la vie. Cette épouse existait encore, mais sans qu'il eût aucun espoir

Tourmentée du remords de sa perfidie, son unique désir

notre première entrevue auprès de la mère expirante

un Richardson pour la dépeindre

du soin de faire sa cour au roi

cet héritage qu'elle destinait à son élève chérie, était le moindre

Revenons avec elle recevoir la visite

il dit donc à sa fille les caresses les plus tendres

chercher par l'ordre du Roi pour plusieurs fêtes brillantes

mais la suite vint les arrêter

ou, si papa le permet, j'aime mieux n'y pas aller.

et si cela ne suffit pas, dit-elle, je vous l'ordonne.

lui conter tout ce qu'elle aura vu, la quitte baignée

de celles qu'elle versait elle-même, et qui furent bientôt

comment trouvez-vous ce séjour? Elle répondit bien vite: Je le trouve charmant, papa, mais quoi,

Ah! comme je me suis bien amusée

Je suis charmé de vous voir goûter le lieu où vous êtes appelée

(et ils étaient bien rares)

dont une walse ou une contre-danse anglaise

Si j'avais suivi ma belle passion, si je n'avais pas épousé votre mère

mais non pas de remplir tous les voeux

dit Caroline avec une émotion qui s'augmentait

Après avoir repris son fauteuil auprès d'elle, il lui dit d'un ton sentimental et pathétique: Vous ne connaissez encore, ma chère fille, que les beaux côtés

et vous ne savez pas combien nos chaînes

pas bien contente d'être dans quelques jours

Et ne crois pas d'après cela que je te destine

dont il jouit, et n'a guère plus de trente ans

les convenances; et cet établissement remplirait

Le chambellan remit de suite à Caroline une lettre

pour sa vie; et, dans ce doute, le chambellan n'avait pas voulu parler à sa fille d'un engagement qui peut-être allait rompre de lui-même

mais toutes mes craintes sont finies

le comte arriva hier au soir très-bien remis

Ma seule crainte était que, pendant ces deux mois de séjour à la cour, votre coeur

elle se leva brusquement, et courut à son pinao-forte

elle joua des contre-danses et des walses

le double de l'âge actuel de Caroline

que les hommes de trente, et les femmes de quinze, sont à peu près contemporains.

dit-elle en sautant, il y aura bien du malheur s'ils nous échappent

ses petits favoris. L'oiseau favori, le chien favori, le mouton favori, étaient toujours les plus jolis

Ce n'est pas qu'il fût amoureux de Caroline, qu'à peine il avait entrevue

Il le sentait trop tard, et s'en repentait mortellement

ne voulait que son bonheur, et la quitta en l'exhortant

Le malheureux qui se noie s'accroche, dit-on, à un brin de paille

à son monstre qui n'a qu'un oeil, qu'une jambe, une bosse et une perruque

dans l'âge où l'on porte tout à l'extrême, et la douleur et la joie

à présent elle se crut pour jamais délivrée du comte, et reprit à peu près

encore abattue, elle se coucha, s'endormit en pensant

dans le choix de leurs favoris, et protestant bien

Son sommeil fut aussi doux et son réveil aussi tranquille

tout en elle exprimait la reconnaissance et la joie

il croyait de bonne foi, et d'après da façon de penser, assurer le parfait bonheur de Caroline par un mariage aussi brillant, fait directement sous les auspices du roi et par l'ordre du roi. Très-décidé donc à le terminer

d'y parvenir par la douceur et le sentiment

jusqu'où peut aller l'amour et le respect de sa reconnaissante fille

ma chère enfant; et vous venez de décider de votre sort et du mien

il me tourna le dos et ne m'a pas redit un mot de la soirée

elle ne pensa ni à danser des walses, ni à courir

surprise par le roi dans son déshabillé du matin

sans avoir même jeté un coup d'oeil à son miroir

Le comte alors s'approchant, et prenant cette main

Elle fut obligée d'avoir encore recours à son flacon

eut même la force de dire que ce n'était rien, qu'elle était bien: et tout fut mis

ces trois jours de trouble, d'inquiétude et de chagrins, avaient plus avancé Caroline, ils lui avaient plus appris à réfléchir que n'auraient fait dix années d'une vie tranquille et passive

Le mariage était fixé à huit jours de là

les visites, les présens, etc. n'auraient lieu qu'après la célébration

Il était si content d'elle et de sa docilité

Il le lui promit et lui tint parole

Elle avait eu le temps de s'y préparer, et paraissait

La jeune épouse, plus occupée que triste

devenais pas votre épouse. Hé bien, je la suis; le roi doit être content

une tyrannie dont je suis la cause sans en être complice

votre confiance en moi, et je saurai la mériter en vous sacrifiant

Elle se sentit un plus vif désir que jamais de retourner dans sa retraite

son petit billet se roulait dans ses doigts, et s'effaçait

et fixant le comte en la lui rendant

la lettre de sa fille, et le tout le mit fort en colère

Caroline devait porter le nom de Lichtfield, et tout le monde ignorer qu'elle fût comtesse

n'en parlez pas, ne me nommez pas, etc. etc.

il la lui confiait de nouveau, etc.

l'on me laisse aller! et mon père, et le roi, et le comte, les voilà dans l'instant tous d'accord

elle cherchait à s'en rappeler les expressions

de la part du comte, c'était bonté tout pure

qu'elle affligeait, et puis un peu sur les plaisirs qu'elle abandonnait

Elle leur dit, en leur faisant à tous quelque amitié: Mes bons amis, je reviens vivre avec vous; n'êtes-vous pas bien aises de me revoir

de la chanoinesse, qui venait au-devant de tous le bruit

S'il n'en faut pas parler, tu sais bien que je n'en parlerai pas

condition qu'on y avait attachée, la bonne maman savait tout

il faut que le chambellan, ait perdu la tête, répétait-elle

ni la femme d'un borgne et d'un boiteux

et qui aura deux bons et beaux yeux

Le bel assortiment que ce comte et la charmante Caroline

et je n'en voulus plus entendre parler

s'aimer à la passion quand on se marie

faire supporter les peines de cet état

Les mariages de passion: voilà les seuls qui soient heureux

aussi n'en ai-je point voulu faire d'autre

il s'en retrouvera; et surtout qu'on ne me parle plus

Engagée, enchaînée pour toute ma vie

où l'on a passé son enfance, à la douceur d'être chérie de tout ce qui nous entoure, eut son effet ordinaire

Une expression nouvelle anima sa physionomie et ses traits. Ce n'est plus cette petite fille

elle avait cette justesse, cette flexibilité qui plaît bien davantage

une forêt de cheveux blonds cendrés

qui en était, il est vrai, tout extasiée

que les secours de la médecine: du moins elle le disait ainsi, et redoubla, s'il était possible, d'attachement pour cette aimable enfant qui venait de lui prouver si bien tout le sien. Elles eurent à son époque la visite

Alarmé, disait-il, du danger de son ancienne amie

Ce n'était assurément pas le moment

la première fois de sa vie qu'il remarquait et qu'il sentait tout le charme

Cette saison charmante qui redonne la vie à la nature, qui ranime tous les êtres

Une grande faiblesse dans les jambes et une fluxion sur les yeux la retenaient encore

tout avait été conduit par un enfant de seize ans

par un sentiment vif et tendre

son touchant silence, tout ce qu'elle sentait, et toutes les deux

Romance accompagnée de guitare et de clavecin

Caroline le reconnut à l'instant pour être exactement le même et véritablement l'homme au second dessus

Elle eut bien l'idée de faire courir un domestique après lui; mais après qui

comme il avait l'air ferme et sûr de son fait avant ce malheureux salut

en pensant au second dessus, et au cheval qui galope

ma corbeille qui est là commencée; et mes fleurs que je retrouverai

cette gaîté soutenue, cette insouciance qui te faisaient supporter

et rire et chanter les jours pluvieux tout comme ceux où le soleil

un léger nuage de pourpre donna quelques espérances; un vent frais les confirma

car, dans le vrai, si je n'étais pas restée

Au même instant elle fit plus que l'apercevoir

Elle sentit aussi que c'était bien pire que le salut

Son innocence du monde, sa parfaite ignorance lui cachaient

L'autel et les peintures le frappèrent. Il en demande

encore posées sur le clavecin, l'engagèrent à dire un mot

le premier à proposer de quitter la pavillon

ces deux jours de pluie avaient fait casser les cordes de sa harpe

et la seule qui l'intéressait n'arrivait point

il m'a donc trompée, et sans doute je ne le reverrai plus

ce cher pavillon, disait-elle en soupirant, je ne suis heureuse

rougir de sa dissimulation vis-à-vis de l'un et de l'autre! Soit qu'il parle

possession de la terre et du château de Risberg, qui touchait à la baronnie

hier au soir encore, je le nommais à Caroline

dont je vous parlais tout-à-l'heure, est-elle morte? est-elle mariée? Depuis bien des années

Mais ses yeux, toujours fixés sur Caroline, lui auraient dit

Déjà, hier au soir, vous m'avez frappée lorsque vous êtes rentrée; vous aviez l'air rêveuse, occupée. Vous m'avez quittée plus tôt

vous avez été d'une tristesse et d'une agitation singulière; vous aviez

Pour vous, monsieur, vous êtes jeune, ingambe, et ce ne sera qu'une promenade

et parvenir à tout. Malgré tant d'avantages, la fortune de Caroline, jointe à tout son bien, qu'elle lui destinait, et Caroline elle-même, n'étaient pas à dédaigner; enfin ils paraissaient

ou qu'elle y perdrait ses peines

son petit roman, et jouissait à l'avance des tendres scènes

Alors elle cherchait, elle imaginait tous les moyens

et n'en trouvait point qui ne la compromît

Caroline, indignée, faillit à le renvoyer à l'instant

occupée toute la nuit de son projet de mariage, qui l'enchantait

une tournure romanesque, une sympathie secrète qui lui donnèrent les plus grands espérances

Celui-ci n'ose-t-il pas déjà m'écrire

une de ses mains, elle la couvrait de baisers et de larmes

un autre papier. Elle rêva encore et dicta.

Tous les après-dîners, le baron arrivait de très-bonne heure

hélas! n'est-il guère plus libre que Caroline

insensiblement elle absorba toutes les autres

la profonde rêverie où elle était plongée

l'embarras qu'elle avait éprouvé en se trouvant chez lui, la présence de Lindorf n'avait point

Elle répondit à peine par quelques monosyllabes

Chère Caroline, tendre amie de mon coeur, vous lirez

Cet état ne dura pas longtemps, et celui qui le suivit

ils dormirent encore une bonne heure. Caroline passa à sa fenêtre

qu'à elle d'y jouir du plus beau des spectacles; et sans doute

Elle fit un cri perçant; mais elle ne put douter

lorsqu'à ce cri elle le voit s'élancer

je n'en sortirai pas que vous n'ayez décidé de mon sort

Lindorf, prévenu, continuait à interpréter

à la timidité; et, voulant enfin la vaincre et la forcer à parler

Chère Caroline, dit-il en le prenant, je n'ai pas un instant

s'asseyait, se relevait, appuyait sa tête

le soulagèrent un peu. Au bout de quelques moments il put se rapprocher d'elle

à cet excès le plus grand des bonheurs

écoute-moi: ton coeur m'a nommé; tu t'en défendrais

sa tête et son coeur: celle qu'elle le reverrait encore fut la première

Mais qu'est-ce qu'il pouvait avoir à lui confier

Et lui ayant baisé la main deux fois avec passion

et le voit encore qui s'éloignait avec rapidité

il déclara qu'il en reprendrait point de nouveaux liens

ou met en fuite ceux qui le poursuivaient

Le comte voulut lui répondre. Les sanglots étouffaient sa voix

je désirais de le connaître, de m'attacher à lui, de l'imiter, s'il m'était possible

Plusieurs années s'écoulèrent sans que la passion que j'avais de voir

Dans quel affreux détail je vais entrer! quel terrible aveu

serrement de coeur, qui l'empêchait de respirer

dans une université, je versai bien autant de larmes

avaient apporté à sa figure, et à l'impression qu'elle me fit

et pour cet effet, je m'étais mis à peu près comme lui

elle avait quelquefois l'air émue, attendrie

ne l'espérez pas; je ne le puis, je ne le puis; ce serait m'ôter

promis d'être huit jours sans voir Louise

je vous apprendrai de qui je tenais ces détails, et s'ils étaient fondés

rien que je ne fisse pour vous rendre à vous-même et au bonheur

la garde de tous les troupeaux du village. J'avais entendu

avait déjà tué plusieurs loups qui attaquaient son troupeau

pas paru qu'ils y eussent fait attention

m'assura que sa soeur penserait de même, et serait très-offensée

plus me taire; aussi bien je voudrais consulter M. le baron là-dessus

après m'avoir serré la main, il me laissa.

{fin du 1er volume}

Ma pâleur, le sang dont j'étais couvert les effraya

nous aidèrent de tout leur faible pouvoir

chercher des chirurgiens à la ville la plus prochaine

porté à l'étude plutôt qu'au militaire

avait obéi à son père et au roi en se vouant à cet état; mais qu'il était charmé

qu'il venait d'engager: c'était le pauvre Justin. Sa bonne mine

l'aimerais-je comme je fais depuis si longtemps

Elle montra au comte deux petite groupes très-joliment travaillés: l'un représentait Justin lui-même assis à ses pieds, et tous les deux assez reconnaissables; l'autre, mieux fait encore, offrait le jeune berger terrassant un gros loup

car mon frère m'assure qu'il le tuerait tout de suite. Au reste

Gardez-vous-en bien, monseigneur, avec le respect

ça vous tue un loup comme rien; jugez

Je remis à Justin son engagement de soldat, l'acte de donation de la ferme

concerté ensemble quelques projets dont l'exécution

l'heureux Justin, qui venait chez eux; il leur montra

chercher Louise, lui disant dans ce moment que je l'attendais chez elle; elle n'écouta que le premier mouvement de sa joie, courut à perte d'haleine, et me témoigna

et ce malheur n'arrivait jamais. Au reste

retraite avec lui formèrent plus mon caractère, mon jugement

entr'ouvrit seulement, et la refermant tout de suite avec une sorte de crainte respectueuse, comme si ses regards l'avaient profanée, elle la posa tout près d'elle

Au bout d'un mois, le roi sachant que son favori pourrait le voir

mais combien je fus confus intérieurement quand je l'entendis me faire des compliments

donnais au comte dans cette triste occasion, et sur les soins

Après quelques moments ils désirèrent d'être seuls; et nous sortîmes. Longtemps après mon père fut rappelé

Il m'arrêta par un regard, en pressant sa main

modérer le transport de ma vénération, de ma reconnaissance

Le comte, malgré qui j'écrivais ce que vous venez

obligé de lui dire que je l'avais brûlé; mais je le conservais avec soin

plaignez au moins le coupable, mais bien malheureux Lindorf

je me conduisais avec elle comme si elle l'eût été

ne m'inspirait point encore d'autres sentiments que celui d'une amitié

je ne fixais jamais le comte sans un renouvellement

Je savais que ce portrait existait

me le refusa absolument

possédait un portrait de son frère en médaillon

datée de Pétersbourg, d'un an environ avant son mariage

développe toujours quelque grâce nouvelle, quelque agrément

mais je crois... oui, en vérité, je crois Matilde pour le moins

j'ai su démêler l'âme la plus tendre, la plus capable de s'attacher

tel qu'il le faut pour être le frère, et le frère chéri de votre ami

ambassadeur à la cour de Pétersboug, incluse dans la précédente.

bien joyeux d'être au château, et qui s'amusent tant dans les jardins

à la santé de monseigneur, il ôte vite son petit bonnet

s'il ne m'ordonnait pas de lui donner des nouvelles

son petit, et le plus gros danse pendant que je joue. Nous sommes là comme les oiseaux

à sa femelle pendant qu'elle couve ses petits

la persuader encore de consentir à cette union

on avait en effet vu partir une berline

entre les lignes et les chiffres ce qui me regardait

ma tante m'a donné une liste à copier

Je suis fâchée d'attraper ainsi ma tante, mais elle... Comme elle m'a trompée! Jusqu'à ce soir

Ma liste ne ressemble plus à une liste à présent

Je reçus celle du comte aussitôt que possible, et vous la trouverez

elle n'aura point à rougir d'avoir écrit la première

Je lui écris aujourd'hui pour la consoler. Je lui fais entrevoir

dans trois ou quatre elle sera plus formée

du moment qu'elle ne serait plus la femme que vous préférez

ce rapport de goûts, cette confiance entière, cette liaison des âmes

usurpés sur un coeur engagé ailleurs, de séparer

pouvoir le servir actuellement dans un autre genre! Il a besoin

la comparaison de moi à l'objet aimé et regretté; on me regarderait

Je saurai la rendre malgré elle

comme le plus n'y gâte rien

répondrais pas de n'être pas jaloux

A présent je le suis beaucoup ici des affaires du roi

n'avoir pas trop le temps de vous écrire

prolonge aujourd'hui ce plaisir, etc. etc. etc.

Continuation du Cahier

Le temps s'écoule, Caroline, et les

faillit à succomber à sa douleur et à son effroi

arrivé à Berlin. Sa lettre avait bien tournure énigmatique

ce n'est qu'à présent que je me la rappelle. Je la reçus

mon oncle maternel. Il vivait, comme un solitaire, dans la terre

j'osai entrevoir le plus grand des bonheurs

à la croisée de votre pavillon, j'avais déjà passé dessous

du coeur et des sens que je trouvais auprès de Matilde

tout à mes yeux. Je portais votre idée sur chaque objet, ou plutôt je ne pensais qu'à vous seule au monde. Pendant deux mois, la seule lettre que j'écrivis, fut pour demander

Je posai la lettre, pendant longtemps il me fut impossible de l'achever; enfin je la repris, et ce qui suivait me rassura.

Je courus la cherche moi-même au bureau des postes

hors de la ville, que je descendis promptement de mon cheval, l'attachai à un arbre, et que je rompis ce cachet

Heureux Lindorf! Vous aimez: vous êtes sûr d'être aimé.

croyais pas possible qu'on pût la trouver ailleurs

le premier et le seul qui lui fait quelque impression

si l'on doit donner ce nom à ses sentiments pour vous

je prévoyais un peu ce qui vous est arrivé

aurai-je bientôt une amie à présenter à Matilde. Qu'elle la rende

Fin du cahier de Lindorf.

inondaient ses joues: elle veut les essuyer, tire son mouchoir

avec précipitation, sans savoir pourquoi, ni ce qu'elle fuyait... Un instant suffit pour la remettre. Elle rentra, trouva la chanoinesse

mais bien plus atterrée encore du billet d'adieu de Lindorf

et de soutenir aussi bien qu'il serait possible les regrets

de la part de Lindorf. Dans le vrai, elle le regrettait trop elle-même

et ce sujet continuel de conversation, tout pénible

le meilleur des hommes méritait un coeur tout à lui

c'était un état d'agitation continuel. Au moindre bruit

trouvait que ce n'était pas trop de toute une vie pour l'expier

Linforf faillit à le détromper; mais craignant

c'était le roi qui, sur les grands biens de Caroline, avait eu l'idée de ce mariage, et lui en avait écrit en Russie

me parut remplir parfaitement ce que je désirais depuis longtemps. Vous connaissez

qu'il avait la parole du chambellan, et à m'ordonner de partir tout de suite pour conclure mon mariage

une violente maladie, qui me mit à deux doigts de la mort. C'est alors

sa physionomie ingénue, des grâces répandues dans tout l'ensemble de sa figure, m'avaient frappé bien agréablement; et c'était là

on voyait qu'elle s'efforçait de prendre sur elle. J'en fus

en la lui remettant; lisez et voyez à quel point

que le pauvre Lindorf eut besoin de tout son courage

quelques larmes qu'il ne put retenir s'échappèrent sur ses joues.

Cher Lindorf, lui dit-il alors, lorsqu'il fut un peu calmé, vous partagez trop vivement ma situation; je crains

d'en être aimé autant que je puis l'être; et jamais je n'eus

à l'antipathie qu'elle a conçue contre moi

ni son coeur ni sa raison aux liens qu'on lui a donnés.

leur séparation, prochaine, et peut-être par la mort; car c'était bien le projet de Caroline, si on la forçait à quitter Rindaw, à se séparer de son unique amie. Depuis la perte de sa vue, la compagnie de sa chère Caroline était sa seule consolation. Elle disait souvent que le moment où elle en serait privée

ce qui désespérait le plus la sensible Caroline. Elle ne put donc

son père ne lui fixait point de temps précis

avant de l'ouvrir, et faillit à s'évanouir en voyant d'où

Je vous remets à mon tour l'entière décision de ce que vous voulez que je devienne, et je jure de me soumettre à l'arrêt que vous prononcerez. Mais puis-je

si vous préférez d'être encore pour tout le monde

Vous engagerez cette tendre et respectable amie

jamais quitter, à venir l'habiter avec vous

vous n'en trouverez jamais de plus tendre, de plus sincère qu'un époux

vous rend heureuse, mon but est également rempli.

Caroline mariée depuis plus de deux ans sans qu'elle s'en doutât

et combien j'ai de torts avec lui, ce n'est pas votre Caroline

je le vois beau comme un ange, et des sentimens d'une noblesse

d'admiration, ne demandait pas mieux qu'à s'épancher

la crainte de vivre avec une femme capricieuse, injuste, qui se laisse prévenir, avec un enfant volontaire, opiniâtre, déraisonnable

Qui sait encore s'il n'est pas instruit de me sentimens

à ses emplois, à la cour, à la position où il plaçait la faveur

Ah! c'est alors que je serais vraiment coupable

la solitude n'a rien du tout qui m'effraie

mais on peut croire au moins que ce fut le dernier

Le petit portrait sorti de sa boîte, fut suspendu

de la savoir à Berlin, que dans les pays lointains, voyageant avec Linforf.

pour l'inviter en son nom, à son nom, à se rendre à Rindaw

insista si fort, qu'elle n'osa pas la contrarier

j'oublierais bientôt que j'en ai connu de plus vifs, et que celui

douloureusement à tous les torts qu'elle avait avec son époux

n'avait garde d'imaginer que ce fussent elle et la baronne.

son lacet coupé, qu'on efforçait de sortir comme on pouvait de la berline; et la baronne tout en larmes, jetant les hauts cris, appelant l'univers

Il se ranime bientôt, mais c'est pour se livrer

c'est celle que j'adorai, qui n'existe plus

lui dit qu'il était là, et que Caroline se ranimait.

avec violence, puisqu'elle y arrivait mourante

c'est celle que j'adorai! Quoi! ce serait

le changement que deux années avaient apporté à la figure

son état actuel, il ne put longtemps la méconnaître

Trop faible pour rien articuler, elle retire

d'une voix bien faible, avec le ton du reproche

c'est elle-même que j'adorai sans la connaître

d'écrire pendant ce temps-là la lettre qu'on vient de lire

Ne pouvant plus résister ensuite au désir

la chambre où l'on avait mis Caroline

Elle s'y rendit tout de suite, étant tout aussi

on écrit votre histoire, c'en sera l'incident

si j'avais pensé... mais j'avoue que cela m'était totalement

obtenu de la chanoinesse de coucher dans un autre appartement

Peu de temps après, le médecin de la petite ville prochaine arriva

que plus alarmé. Il décidait que c'était la petite vérole

Les soins assidus qu'il en prenait, la douceur

qu'il entendait dire aux deux femmes qui le servaient, tout enfin y ajoutait

cette passion et son devoir, en étaient l'unique cause.

depuis vingt-quatre heures elle n'avait plus de connaissance

le comte seul pouvait l'obtenir. Elle n'était tranquille

qui pouvait tout au plus en avoir décidé le moment, mais qu'il attribuait

qui la menace n'empêchait de réparer... Il ne pouvait soutenir cette image

qui lui disent que M. le comte est auprès de sa femme

chambre inconnue, son père, son mari près d'elle, les reconnaît

celle qui était devenue l'unique objet de sa vie

le comte le regardait en silence, avec un air égaré

dans un tiroir, remettant à les lire à un moment

exactement à celle qu'il en avait reçue il y avait peu de temps

cette lettre qu'on a vue dans le premier volume, cette lettre, écrite

depuis cette lecture, elle s'était tant de fois reprochée. Ce n'était

toute sa philosophie l'abandonnèrent

Ce dernier lui jura que la comtesse vivait encore, et qu'il n'avait pas même

une autre scène, une autre émotion les attendait encore

se penche sur elle, et la serre avec force dans ses bras

auprès de lui sa bonne ou sa maman, elle lui tend

Mais, où sommes-nous? Je ne puis me rappeler

âme sensible, se réunira pour l'obtenir...

je ferai tout ce qu'on voudra, et ce sera ma réponse.

Son père fut donc introduit après d'elle. Il lui témoigna sa manière et son plaisir de la voir en aussi bon état, et celui de la laisser

Il entra là-dessus dans des détails

mais, mon père, dites-lui bien c'est pour elle, pour la revoir plus tôt; que sa Caroline n'aspire qu'à ce bonheur... Dites-lui bien aussi qu'elle soit tranquille

soit à la lui jouer de la flûte-traversière, sur laquelle il excellait. Ces sons pénétraient dans l'âme

un sentiment pénible, un trouble qui ne fut que trop remarqué, et qui confirma et les idées et les projets du comte

d'où venait cette crainte mortelle de me perdre, ce désespoir

en arrivant à Ronnebourg, et caché avec soin, qu'elle redemanda dès qu'elle eu repris la connaissance, et qui devint son bien

la certitude qu'il n'est plus au bout du monde

Car, tenez, cher frère, j'aimerais mieux mourir mille fois

cette gaieté folle dont vous me plaisantiez

comme l'ami de mon bon frère, mais comme le seul homme

à mon attachement pour vous, que vous eussiez pu m'intéresser

faire mon bonheur quand il la rendrait malheureuse

Son coeur est donné; elle aime ailleurs; celui qu'elle aime le mérite et l'adore à son tour

J'irai dans bien de temps voir par moi-même si votre coeur

aucune puissance sur la terre n'aura pas le droit de vous contraindre

il en joignit une pour sa tante de Zastrow. Il lui disait

plus tranquille sur le sort de Matilde, s'occupa du plan

mais non pas celle d'en être le témoin

je devais consacrer tout de suite le retour de mes forces

Ma bonne maman n'existe plus, je le vois; j'ai donc tout perdu

entrevit enfin l'avenir le plus heureux, et s'affligeait

Le comte, qui n'entendait rien aux mensonges, la renvoya au chambellan, qui ne tarderait pas à revenir

elle était seule héritière de la chanoinesse. Son testament

une augmentation de fortune fût un sujet de s'affliger. Hélas

émue à l'excès, se pencha sur lui, le releva tendrement

Je sais bien que ce n'est et ne peut être que celle de l'amitié

tantôt désirant avec passion le retour de Lindorf

tout l'empire des passions et leur tyrannique pouvoir

{Fin du second volume}

de ne point s'inquiéter s'il ne recevait pas encore la réponse

dont le comte l'avait chargé, etc., etc.

voilà ma fille qui désire avec passion de quitter

Le roi pourrait trouver mauvais une plus longue absence; il m'a chargé de hâter votre retour à Berlin, d'un ton qui ne permet pas de délai; et, quant à moi, je ne puis

Ainsi mon gendre, si vous voulez donner vos ordres

la permission d'être absent aussi longtemps

il n'était donc plus possible d'en faire un mystère

encore moins à l'amener à Rindaw, où tout nourrirait

de paraître à la cour et de voir compagnie, et qu'on la laisserait

et n'y recevoir personne les premiers mois de son séjour

Le comte ne vit plus aucun obstacle. Caroline serait

qu'elle ne douta plus du tout de son indifférence

sa confiance renaît, et de ce moment elle mit autant de soins

Souvent dépitée du peu de succès de ses soins

que je n'ai plus d'ami, etc., etc.

Cette lettre si forte, si pressante, étant restée sans réponse, il devait croire, et croyait en effet

comment aurait-il pu s'en défendre de ces douces illusions

l'avaient empêché d'y faire des progrès

paraissait désirer de prolonger le temps de sa retraite

ou bien n'est-ce point le souvenir de Lindorf qui l'anime

L'expression, l'attendrissement marqué avec lequel elle chantait, prouvaient assez qu'elle avait un objet; mais est-ce lui-même? est-ce Lindorf?

détachait de son cou un ruban noir qu'elle portait toujours, et que le comte avait pris jusqu'alors

Ce moment fut affreux pour lui

ou peut-être, et il en frémit plus encore, s'il l'avait revue

de l'envoyer tout de suite à Caroline, et de partir de Potsdam

à la passion dont il était tourmenté, à celle qu'il supposait à Caroline, plus il persista dans ce projet. Il en vint même

enfin la frapper. Elle -- elle aimée? ne l'est-elle pas?

à ma flamme, Ecouter le plus doux espoir. Mais puis-je m'abuser

peut-être pense-t-il qu'elle subsiste encore

Un laquais arrive; elle lui demande d'une voix tremblante

Il m'a chargé de les faire partir à ses ordres. Il ignorait où M. le comte veut aller

Caroline à peine a la force de le prendre

il renferme l'arrêt de sa mort ou de sa vie

Il était assez gros et adressé à Madame la comtesse

Cette singularité la frappa...

Elle renfermait un petit parchemin

tout lui confirme la réalité de son malheur

Non, ce n'est ni la haine, ni l'indifférence

et détachant vivement le ruban qu'elle avait

Mais par quelle magie étonnante ce portrait

lui dit-elle, en lui montrant l'acte de divorce

il éprouvait était au-dessus de l'expression

sa résolution de la veille de s'éclaicir avec lui

et je vais faire une fondation à perpétuité pour six mariages toutes les années

qui annonçait à la fois ses talents et sa candeur

monseigneur qui ait une plus belle femme, et c'est bien juste

y consentit. On était au mois de décembre

il n'est point de mauvaises saisons. Les jardins du comte

elle ne les vit guère mieux à présent, mais s'y arrêta

la ramena au château. Ils trouvèrent

Voyez mon bonheur, disait-elle, de l'avoir justement

avec tant de douleur. Cette preuve si forte

mais le comte ne peut plus me méprendre sur leur objet

ce moment les aurait tous dissipés: mais il n'en avait point

loin de la cour, et de toute autre ambition

oui, nous reviendrons, nous reviendrons ici, dit-elle

c'est hier, c'est hier matin que j'étais un insensé

mais vous quitter, Caroline, ou vous proposer un voyage dans cette saison rigoureuse, étaient au-dessus

la saison est toujours la belle quand on voyage

et nous jouirons, tous les quatre ensemble, de tout le charme de l'amour et de l'amitié. Chaque mot

l'enivrait de bonheur et d'amour. La manière franche

devait dissiper jusqu'à l'ombre même

l'absence seule de leur objet pouvait éteindre

ne pouvait se résoudre à lui ôter à l'avance

la présence du comte, celle de Matilde... Lindorf est surpris

Cet oiseleur donc avait attrapé par mille ruses un pauvre petit oiseau pour le faire tomber dans ses filets. Oh!

le voyage de Lindorf en Angleterre devint une inclination, et un projet

des liaisons de jeu avec quelques roués

sensation. Et cela se disait en se regardant

un homme bien blond, bien blanc, bien fat, bien vain, bien suffisant

un léger espoir de découvrir au moins si Lindorf était en Angleterre

je lui parlais de son départ prochain, de l'Angleterre; mais si je voulais

toujours garder pour soi quelque petite chose

Quelle bonté charmante! sacrifier les intérêts de son frère aux miens! Je craignis d'en abuser

La lettre était sortie; je me la laissai

me dit mon amie en la prenant, de n'être jamais qu'à lui

Oh, non, car je ne cesse de lui répéter

autorisée par une raison de vingt-cinq ans, je crus

de ne plus me fier du tout à ce sexe perfide

porta une atteinte douloureuse au coeur

que je haïssais tous les jours un peu davantage.

et je lui disais: Ma tante, ma chère tante

les hommes ont plus besoin de richesse que nous

et quand il s'agit de le confirmer encore, mon coeur se serra

mes sens, je repassai sur chaque mot que ma tante avait prononcé

les hommes ne se tuent pas toutes les fois qu'ils le disent

toutes celles que vous avez faites à Lindorf

peut-être moins sûr que ce que je vais proposer

On viendrait sûrement chez elle pour savoir si j'y étais

je pars sans vous demander une permission

me forcez-vous aujourd'hui à vous quitter, à m'éloigner

J'espère qu'il ne pensera plus à se tuer à présent que je ne suis plus

promis de me revoir, et vint en effet assez tard

à l'hôtel, elle ne me donnait pas deux heures avant d'être forcée d'épouser Zastrow

les ordres durent donnés tout de suite pour avoir une chaise

à la terreur, à l'effroi, à la consternation, à l'instant où je vois

Nous disons à la fois; Matilde, Lindorf

soutenait qu'elle devait avoir passé, et il envoyait

à un inconnu, et de son manque total de délicatesse

l'emportai dans la maison de poste

rassemblées, je ressortis tout de suite; et

mon rival, et la fuite de Matilde. Si cette assurance

à recommencer si vous ne renoncez pas à toutes vos prétentions sur Matilde, et si vous ne promettez pas de repartir pour Dresde

que Lindorf, dans ce moment là, crut l'aimer

Je crois même que pour être dans le grand costume, c'est moi

de ne pas prononcer un seul mot pendant deux années

Comment, mon frère, après tant de preuves de plus vif intérêt

pardonnez-nous à toutes les deux. Si vous saviez

sa jeune rivale était décidée à la ferme résistance

une suite de l'amour qu'elle a pour lui

et s'impatienter d'arriver pour ne plus se quitter

Les deux amis la partageaient cette impatience

mais les hommes sentent bien moins vivement

chercher à lui en inspirer pour un autre objet. O mon cher Lindorf

dans vos sentiments, que je ne puis comprendre

j'atteste cependant le ciel que, malgré

pour qui j'aurais mille fois sacrifié ma vie

à l'instant qui me découvrit mon crime

je vous écrivis une lettre, que vous aurez trouvée sur mon bureau

rapidement sans savoir où j'irais, et sans penser

où mon cheval me conduisait

Soit que le physique influe sur le moral

End of Project Gutenberg's Caroline de Lichtfield, by Madame de Montolieu