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M. Alfred Malherbe lit à la Société une notice relative à la découverte qui a été faite dans le nord de la Nouvelle-Zélande d’ossements de quelques espèces d’oiseaux gigantesques dont M. le professeur Owen, de Londres, a formé un nouveau genre sous le nom de Dinornis.
M. le docteur Buckland ayant reçu de la Nouvelle-Zélande deux caisses contenant des os d’oiseaux recueillis dans la vase d’un petit lac alimenté par des ruisseaux découlant d’une haute montagne, les communiqua à M. Owen, qui les trouva parfaitement conservés et non entièrement fossilisés.
L’examen d’un tibia ayant 2 pieds 11 pouces anglais de longueur, fit penser à M. Buckland que l’oiseau auquel cet os avait appartenu devait être haut de 16 pieds. M. Owen, après un examen comparatif des ossements qui lui ont été soumis, a reconnu que cet oiseau, qu’il nomme Dinornis giganteus, n’avait que 10 pieds 5 pouces de haut.
Ce savant naturaliste a distingué aussi parmi les ossements envoyés quatre autres espèces de Dinornis, savoir : l’une ayant 6 pieds de haut, c’est-à-dire de la taille de l’autruche, qu’il a nommée par ce motif Dinornis struthioides ; la seconde de 5 pieds, c’est-à-dire de la taille de l’Émeu, est appelée Dinornis dromœoides ; la troisième, de 4 pieds, environ de la taille du Dronte, le Dinornis didiformis ; la dernière enfin de la taille de l’Outarde et qui a été nommée par cette raison Dinornis Otidiformis.
Toutes ces espèces appartiennent à l’ordre des Struthionidés et ont des rapports avec l’Autruche, le Rhea, le Casoar, l’Émeu, le Dronte, et surtout avec l’Aptéryx.
Des tarses et métatarses bien conservés ont prouvé que les Dinornis étaient tridactyles ou à trois doigts comme le Casoar, l’Émeu et le Rhea ; tandis que l’Aptéryx et le Dronte ont quatre doigts.
Après une description anatomique des ossements du Dinornis comparés à ceux des autres espèces du même ordre des Struthionidés, l’auteur ajoute que M. Owen regarde comme peu probable que l’on parvienne jamais à retrouver le Dinornis soit vivant, soit fossile dans d’autres parties du monde que dans les îles de la Nouvelle-Zélande.
Cette espèce, si elle est éteinte à la Nouvelle-Zélande, l’est depuis peu de temps, ainsi que le prouve la grande proportion de matière animale que contenaient encore les ossements envoyés à M. Buckland, et ce n’a été que postérieurement à la destruction du Dronte, qui était assez commun à l’île de Rodrigue et à l’île de France lors de la découverte de ces îles.
Toutefois, un fait postérieur au mémoire de M. Owen a vivement stimulé l’attention des naturalistes ; c’est la découverte récente de nids gigantesques que viennent d’opérer M. le capitaine Cook dans l’île Lézard, sur la côte nord-est de la Nouvelle-Hollande, et M. le capitaine Flinders à la baie du roi George, sur la côte méridionale de cette contrée si intéressante sous le rapport zoologique.
Ces nids, construits de branches et posés sur le sol, n’avaient pas moins de 26 pieds de circonférence et 2 pieds de hauteur.
On a estimé que les branchages dont ils étaient composés pouvaient remplir un char, et que l’oiseau qui s’est façonné un nid aussi prodigieux ne pouvait être qu’un oiseau de la taille du Moa ou Dinornis giganteus.
En effet, on conçoit très-bien que si cette espèce a disparu de la Nouvelle-Zélande, elle ait pu continuer à exister sous le climat plus chaud de la Nouvelle-Hollande, dans un continent immense et offrant des retraites assurées à cette grande espèce.
Aux États-Unis, M. le professeur Hitchcock a reconnu sur le nouveau grès rouge du Connecticut, des empreintes d’oiseaux tridactyles gigantesques, empreintes appelées Ornithichnites, qui auraient pu appartenir soit à des espèces du genre Dinornis, soit à d’autres oiseaux d’une taille à peu près égale, qui ont par conséquent vécu à une époque des plus reculées.