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(Extrait des Mémoires de l’Académie royale de Metz, année 1846-1847.)
J’ai publié en 1846, dans le Bulletin de la Société d’histoire naturelle de la Moselle, un catalogue raisonné des oiseaux que j’avais reçus de l’Algérie ; aujourd’hui je viens y ajouter quelques espèces dont deux sont entièrement nouvelles pour les ornithologistes.
Aquila rapax. J’ai reçu un sujet adulte de cette espèce qui paraît peu rare. C’est cette même espèce qui avait été confondue avec l’aigle Bonelli.
Aquila noevioïdes. On m’assure que cette espèce n’est pas rare en Algérie, et j’ai vu à Paris deux sujets provenant de cette partie de l’Afrique.
Falco punicus (Levaillant, Explorat. scientif. de l’Algérie, oiseaux, pl. I, 1847).
Cette notice était sous presse lorsqu’on m’a communiqué une des dernières livraisons du bel ouvrage intitulé : Exploration scientifique de l’Algérie, contenant les trois seules planches d’ornithologie qui ait paru jusqu’à ce moment. Aucun texte ne les accompagne. La première planche représente le Falco punicus que je ne connaissais point, et que je me contenterai d’indiquer comme différent du Falco peregrinus par la taille et par la couleur roux jaunâtre des parties inférieures.
Pica mauritanica (Malh., 1845). Explorat. scientif. de l’Algérie, pl. col. 8.
C’est à tort que j’avais cru l’espèce fort rare dans la province de Bône ; on m’écrit qu’elle se trouve communément près de Dréan et dans toutes les forêts du vaste pays des Hanninchas. Elle existe probablement dans toute l’Algérie.
Motacilla citreola (Pallas.). M. Ledoux, officier du génie, m’assure que cette espèce rare, observée jusqu’ici en Crimée, au Bengale et dans le nord de l’Italie, se retrouve aussi dans la province de Bône. Je n’ai pas encore reçu de sujet de cette espèce de bergeronnette.
Fringilla serinus (Linn.). L’espèce que j’avais indiquée comme étant rare en Algérie, se trouve au contraire assez répandue dans diverses provinces, notamment dans celle de Bône.
Picus numidicus (Malh., 1842, Mémoires de l’Académie de Metz. — G. R. Gray, the genera of birds, 1845, part. XVII.)
Cette espèce se trouve non-seulement dans la province de Bône, ainsi que je l’ai annoncé, mais aussi dans presque toutes les forêts de l’Algérie ; elle est toujours en petit nombre. J’en ai vu depuis 1842, deux exemplaires adultes provenant de la province d’Oran ; ils ne différaient nullement de ceux que j’ai décrits à cette époque.
Il existe dans la collection ornithologique du museum de Berlin, un pic innommé, identique avec le Picus numidicus et indiqué comme provenant de Whampoa, près Canton. Si cette indication est exacte, ainsi qu’on me l’a assuré à Berlin, cette espèce d’Algérie se retrouverait en Chine, fait extrêmement curieux.
Chloropicus (Malh.) ; Picus (Linn.) ; Gecinus (Boié) ; Brachylophus (Swains.) ; Vaillanth (Malh.).
Chlorop. chloropico cano (Linn.) multum affinis ; prœcipuè differt ; mas ; fronte cinerascente nigro variegata ; pileo occipiteque coccineis.
Foem ; fronte et pileo cineraceis nigro variegatis ; occipite coccineo.
J’ai déjà décrit en 1842, dans les Mémoires de l’Académie royale de Metz, l’espèce de pic (Picus numidicus) qui représente en Algérie le P. major d’Europe. Aujourd’hui il s’agit du représentant de notre pic cendré (Chlor. canus).
C’est ainsi que chaque année, nous reconnaissons que plusieurs espèces annoncées comme communes à l’Europe et à l’Algérie, sont en réalité de nouvelles espèces propres à cette partie du nord de l’Afrique. Le beau pic Levaillant, que j’ai appelé du nom du célèbre naturaliste voyageur qui a longtemps habité Metz, a été tué en 1846 dans les montagnes de l’Edough, cercle de Bône, et vient de m’être envoyé de l’Algérie.
Il diffère principalement du pic cendré d’Europe par les caractères suivants :
1 La moustache noire qui existe chez les deux sexes, sur le côté de la tête, et qui part de l’angle de la mandibule inférieure, est bien plus large et d’un noir plus profond chez le pic Levaillant, et par suite, l’espace blanc cendré du menton est de moitié moins large.
2 Le devant du cou et la poitrine sont d’un vert olive assez vif, au lieu d’être cendré olivâtre comme chez le Chlor. canus.
3 Le reste des parties inférieures est d’un jaune olivâtre avec une légère strie brune au milieu de chaque plume vers son extrémité. Ces mêmes parties sont cendré olivâtre chez le Chlor. canus. Je dois faire observer que les stries peuvent résulter de l’âge des sujets que j’ai reçus, les deux pennes caudales de chaque côté étant, comme cela a lieu aussi chez les pics cendrés encore jeunes, rayées de bandes transversales brun jaunâtre et de bandes brunes.
4 Le mâle du Chloropicus Vaillantii a les plumes du front noires, et finement frangées de cendré olivâtre, à la base grise ; le sommet de la tête et la nuque, d’un rouge vermillon, tandis que le mâle du Chlor. canus a sur le front seul une plaque rouge carmin.
5 La femelle de l’espèce algérienne, a le front, le sommet de la tête et moitié de l’occiput, recouverts de plumes noires, finement frangées de cendré olivâtre, et sur la nuque une large bande rouge vermillon, de près de deux centimètres de hauteur, tandis que la femelle du Chlor. canus n’a pas de rouge.
Un mâle de cette espèce a été déposé récemment dans les collections du museum de Paris.
Caprimulgus isabellinus (Temm., pl. color. 379). Caprimulgus Ægyptius (Licht., cat. des doubles du musée de Berlin, n 610).
Cet engoulevent qui a été reçu de l’Égypte, se retrouve aussi en Algérie. J’ai déposé dans la collection du museum de la ville de Metz, un sujet femelle que j’ai obtenu dans la province de Bône.
Anas (Erismatura, Bonap.) Leucocephala (Lath. ; Temm.) ; Anas Mersa (Pallas.). Ce canard, qui était assez rare jusqu’alors et que l’on n’avait observé qu’en Russie, en Sardaigne et rarement sur les marais de la Hongrie, se trouve en grand nombre en Algérie, notamment dans la province de Bône. J’en ai vu plusieurs à Paris, chez M. Parzudhaki, marchand naturaliste ; tous provenaient de l’Algérie. Le sujet que j’ai reçu a été tué sur le lac Fetzara.