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Si l’héroïne de ces couplets se montre bien irrévérencieuse envers son père, la mélodie sur laquelle se chante sa rébellion n’est pas moins irrévérencieuse envers les règles de l’art musical.
Il est vraiment curieux pour un musicien d’entendre chanter avec tant d’aisance et de naturel, par des voix campagnardes, ces mélodies qui s’éloignent tant des règles établies. J’ai vu dernièrement un musicien (un musicien avancé) aux prises avec quelques mélodies populaires aussi caractéristiques que celle-ci, et qu’il se faisait fort d’harmoniser sans broncher. Il en faisait de belles !… De guerre lasse, et pour se consoler de son impuissance, il se leva du clavier en disant avec un beau dédain : c’est du plain chant !
Plusieurs variantes de cette chanson se chantent à la Rochelle et dans le Bas-Poitou.
Mon père a fait bâtir maison ; (bis)
L’a fait bâtir su’ l’ bout d’un pont.
Le beau temps s’en va,
Le mauvais revient ;
Je n’ai pas de barbe au menton
Mais il m’en vient.
L’a fait bâtir su’ l’ bout d’un pont.
— Mon père faites-moi-z-un don.
Le beau temps s’en va, etc.
Mon père faites-moi-z-un don ;
Donnez-moi donc votre maison.
Le beau temps s’en va, etc.
Donnez-moi donc votre maison,
— Ma fille, promettez-moi donc…
Le beau temps s’en va, etc.
Ma fille promettez-moi donc
De n’ jamais aimer les garçons.
Le beau temps s’en va, etc.
De n’ jamais aimer les garçons,
— J’estim’ rais mieux que la maison…
Le beau temps s’en va, etc.
J’estim’rais mieux que la maison (bis)
Serait en cendre et en charbons.
Le beau temps s’en va, etc.
Serait en cendre et en charbons,
Et vous mon pèr’ sur le pignon.
Le beau temps s’en va, etc.
Et vous mon pèr’ sur le pignon :
Vous vous chaufferiez les talons.
Le beau temps s’en va,
Le mauvais revient ;
Je n’ai pas de barbe au menton
Mais il m’en vient.
(Autre air)
On chante aussi Je n’ai pas de barbe au menton sur l’air noté ci-dessous et qui n’est autre que l’air noté page 64, mais un peu raccourci.