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Je ne connais rien pour guérir de la dyspepsie ou du spleen anglais comme de courir le lièvre. On fait asseoir deux personnes sur deux chaises placées l’une vis-à-vis de l’autre et séparées par une distance de quelques pieds. Debout, les mains sur les dossiers des chaises, se tiennent deux jeunes gens, représentant un chasseur et un lièvre, qui n’attendent que le signal convenu pour courir l’un après l’autre. Quelqu’un de la compagnie se met alors à chanter :
Qui veut manger du lièvre
N’a qu’à courir après…
Celui qui fait le chasseur bondit à la première note et se met à la poursuite du lièvre, qui se sauve de son mieux en tournant autour des deux chaises. Il est permis de changer brusquement le sens de la course, de tourner subitement à droite après avoir couru à gauche, mais ni l’un ni l’autre des coureurs n’a droit de passer entre les deux chaises.
Lorsque le chanteur dit : Accorde, accorde ! cela équivaut à un armistice : les coureurs doivent s’arrêter aussitôt et s’appuyer les mains sur les dossiers des chaises, — chacun la sienne, — jusqu’à ce que le couplet qui commence par ces mots soit terminé et qu’on en ait commencé un autre. Or, comme ces couplets se chantent sans ordre régulier, on comprend que le chanteur a ici les prérogatives d’un président d’assemblée législative, et qu’il peut souvent favoriser la partie pour laquelle il a le plus de sympathie ; ainsi, il peut fort bien, lorsqu’il voit le chasseur sur le point d’atteindre sa proie, chanter aussitôt : Accorde, accorde ! pour favoriser celle-ci.
Un des refrains de cette ronde a évidemment quelque lien de parenté avec ce refrain de La petite Lingère, que l’on chante en France, dans le Poitou et l’Angoumois :
A-t-on jamais vu
Coudre, aussi m’ nu coudre ?
A-t-on jamais vu
Coudre si menu ?
autre refrain :
autre refrain :
Qui veut manger du lièvre
N’a qu’à courir après.
Coure après ton lièvre,
Là-bas, dans ces forêts.
LàLa belle, en vous aimant,
LàPerdrai-je mes peines ?
LàMoi qui vous aime tant,
LàPerdrai-je mon temps ?
Attrappe, attrappe, attrappe !
Attrappe si tu peux !
Si tu n’attrappes pas
Ton lièvr’ gagn’ra le bois.
LàLa belle, en vous aimant, etc.
Accorde, accorde, accorde !
Accorde sur le champ !
Si tu n’accordes pas
Ton lièvr gagn’ra le bois.
LàLa belle, en vous aimant,
LàPerdrai-je mes peines ?
LàMoi qui vous aime tant,
LàPerdrai-je mon temps ?
autre refrain :
C’est mon ami que je veux,
Courons tous ensemble ;
C’est mon ami que je veux,
Courons tous les deux.
autre refrain :
A-t-on jamais vu
Courir, tant courire ?------
A-t-on jamais vu
Courir si menu ?