‹ Chant d’allegresseChapitre 2 sur 2 · POVR LA STATVE DE Charlemaigne, vers Latins.

POVR LA STATVE DE Charlemaigne, vers Latins.

Nomen Alexandro Magni dedit inclyta fama,
Pompeióque comes triplicis fortuna triumphi.
Et mihi qui rexi Ligerim, Rhenúmque, Padúmque,
Nomen idem peperit gestarum gloria rerum.
Nunc tibi natus adeſt, mea Gallia Carolus alter
Imperij magni, Magni quoque nominis hæres.

Vers François.

Charles voici vôtre aïeul Charlemaigne,
Que la Victoire & la Fame accompaigne,
Pour demonſtrer que les fais glorieux
Des puiſſans Rois, tant ſoient victorieus,
Seruent bien peu, ſi leur gloire animée
Maugré le tems, ne ſuit la renommée.
Et ſi leur nom d’âge en âge ſuiuant,
Aprés la mort au monde n’eſt viuant.
Or ce grand Roi fut vaillant en ſa vie,
Außi ſa mort de l’oubli n’eſt ſuiuie :
Mais en forçant de la Parque l’effort
A ſurmonté les ſiecles de la mort.
(Vous Charles Roi) qui tenés ſa prouince,
Vrai heritier des honneurs de ce Prince,
Qui tant de fois amoureus de Vertu
A tant de Rois en guerre combatu :
Vous ſerés tel, ou ſerés plus encore,
Et vôtre nom depuis le ſablon More
Ira au Scythe, & iuſqu’ou le Soleil
Ouure ſes ieus & les ferme au ſommeil.
La renommee ira de vos loüanges
Remplir les cœurs des nations eſtranges.

Vers Latins pour la ſtatue de Victoire.

Necto tuo capiti ſacras Victoria Lauros,
Carole, quæ ſemper merita cum laude virebunt.

Pour la ſtatue de Renommee.

Patrem, & Auum, & Matrem, téque, & tua, Carole, facta,
Nunquam defeſſo tollam ſuper altra volatu.

Vers François pour la ſtatue de France.

Regarde ici France victorieuſe
De ſes haineus, ſuperbe & glorieuſe,
Que maint trophee, & maintes ſortes d’armes,
Et maint harnois, deſpoüille de gendarmes,
De tous côtés haultement enuironnent.
Ce ſont les cieus qui tel honneur lui donnent,
Par la vertu qui conduit la puiſſance
D’un ieune Roi, du monde l’eſperance.
Des autres Rois les forces furent grandes :
Ils ont ſous eus fait marcher de grand’s bandes :
Ils ont acquis maint ſceptre par la guerre :
Mais celui ci a conſerué ſa terre :
Et jeune d’ans, auec ſa mere, a fait
Que l’âge d’or en France s’eſt refait.

Pour les ſtatues de Pieté & Iuſtice.

La Pieté & la Iuſtice außi,
Sont les deus poincts qui font regner ici
Les Rois, qui font de Dieu l’Image ſainte.
La Pieté leur engendre la crainte
Et l’Eternel, qui remerque des cieus
Les Rois qui font vers lui deuotieus.

Et la iuſtice ordonne par les villes
Status, & lois, ordonnances ciuiles,
Er le proffit du peuple va cherchant,
Loïer du bon, la terreur du meſchant.
Brief tout ainſi qu’vn corps ne vit ſans ame,
Vn Roi ne peut, ſi Pieté ne l’enflame,
Et ſi Iustice eſt morte dedans lui,
Bien gouuerner ſoimeſmes ni autrui.
Vous nôtre Roy, Charles, qui de ieune âge
Aués du ciel ces deus biens en partage,
Vous regnerés ſeurement en ce lieu,
Faiſant iustice & deuôt enuers Dieu.

Vers Latins pour France.

Imperij ſceptrum donec geſtabit auiti
Carolus, innumeris florebo ornata trophæis.

Pour Iuſtice.

Carolus vt victor victum bene temperet orbẽ
Legibus, in terras Aſtræa relabor ab aſtris.

Pour Pieté.

Iuſtitiæ Pietas volui comes eſſe ſorori.
Carolus è cœlo nuper reuocauit vtranque.

Vers françois pour les ſtatues de Pallas & Cybele.

Cette Pallas qui l’Oliue inuenta,

Et l’inuenteur du cheual ſurmonta,
Cybele außi de tours enuironnée,
Montrent, ô Roi, que tu as ramenée
La paix tranquille, aïant de toutes pars
Veincu l’horreur de Bellonne & de Mars :
Et que la Terre au iourdhui recommence
A ſ’engroſſer d’vne heureuſe ſemence :
Et qu’Amalthée encores nous produit,
Pour t’honorer, ſon vaiſſeau plein de fruit.

Vers Latins pour la ſtatue de Pallas.

Artibus antiquis patriam dum Carolus ornat,
Delphica Palladiæ concedat laurus Oliuæ.

Pour la ſtatue de Cybele.

Alma Phrygum Cybele, Phrygio de ſanguine creto
Effundo Regi pleno mea munera cornu.

Vers françois pour la Pyramide.

Tu ſeras nôtre Hector, nous ſerons tes Troïens,
Tes treshumbles ſuiets, tes loïaus citoïens,
Et tes vaſſaus iſſus de la gent Priamide
Or tout ainſi qu’on voit ferme la Pyramide.
Sans iamais s’esbranler, nous aurons enuers toi
Vn cueur ferme & conſtant, digne d’vn ſi bon Roi.

Vers Latins pour la Pyramide.

Non hæc Niliaco moles inſana labore

Pyramis extructa eſt, quæ vertice ſidera tangat.
Eſſe ſuæ fidei populus monimenta Trecenſis,
Rex inuicte, cupit. nanque hæc vt marmora cernis
Stare loco ſemper, nec ab vlla parte moueri :
Sic conſtans & firma fides eſt noſtra futura,
Quàm nec vis hominum nec flecteret ira deorum.

Vers françois pour la ſtatue du Roy ſainct Loys.

Ici tu vois la Iustice & Prudence,
Dont ſainct Loys honora ſon enfance,
Qui des François fut couronné le Roi
Aïant atteint âge pareil à toi.
Or tout ainſi qu’il ſuiuit de ſa mere
Le bon conſeil, au tems de ſa miſere,
Sui le conſeil de la tienne, & enſui
La Sapience & Iuſtice de lui.

Vers Latins pour la ſtatue de ſainct Loys.

Hos olim populos primis Lodoicus in annis
Matris conſilio iuſtéque piéque regebat :
Cum tibi nunc eadem, Rex Carole, floreat ætas,
Contigerítque ſimul prudentia ſumma parentis,
Iuſtitia populos, populos Pietate gubernes.

Vers François pour vne table d’attente miſe deuant la maiſon Epiſcopale.

Dieu eſt au Ciel gouuernant l’vniuers :
Qui a donné par les peuples diuers
Des Rois, portraits de ſon diuin image,

Auſquels il fault que l’homme face hommage,
Les connoiſſans venus en ce bas lieu
Pour commander, par le vouloir de Dieu.
Imitant donc la diuine ordonnance
De Dieu, qui a defur les Rois puiſſance,
Nous offrons tous à vôtre Roiauté,
Deuoir, honneur, ſeruice, & loiauté.

Vers Latins pour la meſme table.

Vt reget æternùm cæli fulgentia templa
Iuppiter, Aetnæi metuendus fulminis ira :
Sic hominum turmis, ſceptro gladióque timendi,
Iura dabunt ſemper louis alto à ſanguine Reges.
carolvs his maior pietate, potentior armis,
Oceano eſt regnum, famam incluſurus Olympo.
Cui Regi nobis maior parere voluptas
Quàm terrarum orbem ſub noſtras mittere leges.

Pour la fille qui preſenta l’anneau au Roi.

Par le portrait de cette bague ronde
Qui ſe commence & ſe finit en ſoi,
Nous vous offrons le ſeruice, & la foi,
Et ſi pouuions, tout l’Empire du monde.

Fin.

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