‹ Chants et chansons politiquesChapitre 22 sur 29 · La Société des Gourdins-réunis

La Société des Gourdins-réunis

Air : Veillons au salut de l’empire.

Veillons au salut de l’empire,
Veillons au maintien des Gandins ;
On aura beau faire et beau dire :
L’empire a besoin de gourdins.
Rallions-nous au chant des Pompiers de Nanterre ;
Ce chant patriotique est bien digne de nous !
Vous verrez, à ce cri de guerre,
Paris succomber sous nos coups, (bis)
Saint-Gourdin il faut que tu croies
À nos privilèges sauvés ;
Le Capitule avait ses oies,
L’empire a ses petits-crevés.
Rallions-nous, etc.
Remplaçons la gendarmerie,
Par nos bons gourdins-réunis,
Basile est de la confrérie ;
Nous irons tous en paradis.
Rallions-nous, etc.

Figaro porte la soutane
Et révère Saint-Chassepot,
Depuis qu’il met sa tête d’âne
Dans le chapeau rond de Veuillot.
Rallions-nous, etc.
Le bon Veuillot, cet honnête homme,
A foi dans Saint-Martin-Bâton ;
S’il nous revient jamais de Rome,
Nous le mettrons dans du coton.
Rallions-nous, etc.
Villemessant, en politique,
Est une personnalité
Qui vaut bien la statue antique
Qu’on appelle la Probité.
Rallions-nous, etc.
Par zèle, dans les cas extrêmes,
Nous parcourrons les boulevards ;
Nous nous ferons mouchards nous-mêmes
Pour mieux moucharder les mouchards.
Rallions-nous, etc.
Et dans notre rousse nouvelle
Nous mettrons Cochin, Janicot,
Coquille et toute leur séquelle
Pour graisser la patte à Jocko.
Rallions-nous, etc.

Faisons grand pour sauver l’empire
Son docteur le dit au plus bas ;
Si le ridicule conspire
L’empire n’en reviendra pas.
Rallions-nous, etc.
Guizot, Thiers et les deux chambres
Au moribond tâtent le pouls ;
Pour le saigner aux quatre membres
Il ne manque plus que Falloux.
Rallions-nous, etc.

9 mars 1870.

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