‹ Childéric, Roi des Francs, (tome premier)Chapitre 5 sur 15 · L'INDIFFÉRENCE.

L'INDIFFÉRENCE.

Depuis que l'indifférence De mon coeur bannit l'amour, Si je sens fuir la souffrance, Le bonheur fuit à son tour; Sans regret, sans espérance, Renaît et finit le jour.

Sans désir, sans rêverie, J'admire ici le printems; Mon ame n'est plus ravie, Mon coeur n'a plus de tourmens. Amour, ranime ma vie, Rends-moi mon coeur et mes sens.

Rends-moi ces momens d'ivresse, Mon espoir et mes malheurs; Rends-moi, d'une autre maîtresse, Les caprices, les rigueurs. Dieu charmant de la tendresse! Rends-moi tout jusqu'à mes pleurs.

Sans doute les dames alloient plaindre Eginard d'une aussi triste indifférence, peut-être même entreprendre de l'en guérir, mais l'arrivée de Théobard mit fin à ces jeux; il dit à Eginard que son maître l'attendoit dans son appartement, engagea les dames à se retirer, et pressa Berthilie de le suivre. Etonnée, inquiète, elle se précipite sur les pas de ce père tendrement aimé: tout annonçoit une nouvelle extraordinaire; elle alarme la sensible fille de Théobard; son père qui la soutient, la sent trembler et la presse contre son coeur; ce tendre mouvement ajoute encore à son effroi.

FIN DU LIVRE TREIZIÈME.

CHILDÉRIC.